Palais de Tokyo (centre d'art contemporain)

centre d'art contemporain situé dans le 16e arrondissement de Paris

Le Palais de Tokyo est le nom de baptême d’un « site de création contemporaine »[1] créé en 2002, situé dans le lieu de même nom — bâti en 1937, dont il occupe l'aile ouest, l'autre aile du palais étant affectée au musée d'Art moderne de Paris.

Palais de Tokyo
Logo du Palais de Tokyo.png
Image dans Infobox.
Vue intérieure du Palais de Tokyo lors de La Triennale 2012.
Informations générales
Type
Ouverture
Dirigeant
Guillaume Désanges
Surface
22 000 m2
Site web
Bâtiment
Article dédié
Architecte
Localisation
Pays
Région
Île-de-France
Commune
Paris
Adresse
Coordonnées
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Le Palais de Tokyo s’est inscrit en quelques années dans le paysage culturel français et international : il est avec 22 000 m2 de surface le plus grand centre d’art contemporain d’Europe[1] et l’un des plus fréquentés avec plus de deux cent mille visiteurs par an[2].

HistoriqueModifier

L'aile ouest avant 1999Modifier

Avant de devenir le site de création contemporaine actuel, l'aile ouest du bâtiment a été principalement occupée par le musée national d'Art moderne. La vocation du lieu, toujours dédié aux arts, sera ensuite incertaine pendant près de vingt ans, plusieurs entités occupant les lieux successivement ou en parallèle. Du milieu des années 1980 au milieu des années 1990, l'idée principale est de consacrer le Palais aux arts de l'image puis au cinéma. Définitivement abandonnée en 1998, l'aile ouest est laissée majoritairement inoccupée et partiellement rénovée[1].

Création du centre d'art contemporainModifier

 
Vue d'une exposition au Palais de Tokyo - Site de création contemporaine, en 2003.
 
La cafétéria du Palais de Tokyo - Site de création contemporaine. Au sol, une œuvre de l'artiste Michael Lin, en 2005.

En 1999, Catherine Trautmann, ministre de la Culture et de la Communication, décide de rouvrir partiellement l'aile ouest du bâtiment en y implantant un centre d'art contemporain, avec un accent mis sur la scène émergente, notamment française et européenne, partant du constat que le Centre Pompidou s'est institutionnalisé depuis sa création[3].

Une partie du palais de Tokyo est alors dévolue à une association, dénommée Palais de Tokyo[4] présidée d'abord par le critique d'art contemporain Pierre Restany puis, après son décès en 2003, par Pierre Cornette de Saint-Cyr.

Un concours est lancé au terme duquel, en juillet 1999, Nicolas Bourriaud et Jérôme Sans sont nommés directeurs pour une période de trois ans à partir de l'ouverture, qui eut lieu le , le Palais de Tokyo - Site de création contemporaine ayant été inauguré par Lionel Jospin le . Le mandat des deux directeurs est prolongé jusqu'en 2006[3].

Depuis 2006Modifier

En , Marc-Olivier Wahler est nommé directeur pour trois années, renouvelé à l'issue jusqu'en février 2012. Il a ensuite été présidé par Jean de Loisy (2012-2019) puis Emma Lavigne (2019-2021). Le commissaire Guillaume Désanges a été nommé à sa tête en janvier 2022[3].

Le Palais de Tokyo rouvre le agrandi et rénové, passant de 8 000 m2 à 22 000 m2. Au fil des années, une boîte de nuit est créée (le Yoyo), ainsi que des restaurants (Monsieur Bleu et, en 2021, Bambini)[3].

PrésentationModifier

Dans des espaces réaménagés par les architectes Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal, le Palais de Tokyo est un lieu interdisciplinaire consacré à la création contemporaine sous toutes ses formes : peinture, sculpture, design, mode, vidéo, cinéma, littérature, danse. Le site, grande coquille courbe, très modulable, est dédié à la création émergente ainsi qu’aux artistes plus confirmés issus de la scène française ou internationale, la programmation est rythmée par des expositions thématiques et monographiques, des interventions artistiques d’envergure, et des cartes blanches invitant des artistes à investir l’intégralité de ses espaces. En les transformant à chaque saison de manière inédite, les artistes placent le visiteur au cœur de leur geste et induisent un rapport renouvelé à l’œuvre d’art.

En écho aux expositions présentées en ses murs, le Palais de Tokyo développe une politique éditoriale qui s’articule autour du magazine Palais et d’une collection de livres monographiques.

Il a animé de 2002 à 2017 une résidence d’artistes, le Pavillon Neuflize OBC, laboratoire de création, dirigé par Ange Leccia et qui contribue activement au rayonnement de la scène française à l’étranger, à travers la conception, chaque année, de plusieurs expositions hors-les-murs montrées à l’occasion de grands rendez-vous internationaux de l’art.

Le Palais de Tokyo développe également une programmation culturelle au croisement du mouvement, du son et de la parole, et a lancé en 2015 un festival annuel, DO DISTURB.

Lancé à l’automne 2017, la Manutention est un format qui encourage l’exploration et l’expérimentation, en fournissant aux artistes l’opportunité de développer leur pratique et de produire des performances inédites lors de quatre soirées performatives échelonnées sur un mois, permettant au public de découvrir un travail et d’en suivre l’évolution.

Le lieu a innové également par des horaires d'ouverture inhabituels pour un lieu culturel : il est ouvert du lundi au dimanche (sauf le mardi), de midi à minuit.

Financement

Le Palais de Tokyo est financé à environ 40 % par une subvention du ministère de la Culture, délégation aux arts plastiques. Le reste du financement provient des ressources propres et privées : partenariats et mécénat, billetterie[3]. Il prend la forme d'une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) de droit privé, l’actionnaire unique étant l'État.

Expositions depuis 2003Modifier

  • GNS (Global Navigation System) (2003)
  • Notre histoire... (2006)
  • Cinq milliards d'années [1] (2006)
  • M, nouvelles du monde renversé (2007)
  • La Marque noire (2007)
  • The Third Mind [2](2007)
  • Cellar Door, Loris Gréaud (2008)
  • Superdome (2008)
  • D'une révolution à l'autre (2009)
  • Gakona (2009)
  • Spy numbers (2009)
  • Chasing Napoleon (2010)
  • Pergola (2010)
  • Dynasty (2010)
  • Fresh Hell (2010-2011)
  • L'Odyssée des espaces (2011)
  • Imaginez l'imaginaire - Exposition collective (2012)
  • Soleil froid - Exposition collective (2013)
  • Nouvelles vagues - Exposition collective (2013)
  • Anywhere, Anywhere Out of the World de Philippe Parreno (2013)
  • L'Etat du Ciel - Exposition collective (2014)
  • Inside - Exposition collective (2014 - 2015)
  • Le bord des mondes - Exposition collective (2015)
  • Le Bel Aujourd'hui - Exposition collective (2015)
  • L'Usage des formes, Artisans d'art et artisans - Exposition collective (2015)
  • Ugo Rondinone : I love John Giorno de Ugo Rondinone (2015-2016)
  • Seul celui qui connaît le désir de Ragnar Kjartansson (2015-2016)
  • 反复[fanfu] de Mélanie Matranga (2015 - 2016)
  • L’Aventure des détails de Jean-Michel Alberola (2016)
  • The Light of the Light de Florian & Michael Quistrebert (2016)
  • La redite en somme, ne s’amuse pas de sa répétition singulière de Sara Favriau (2016)
  • El Brujo de Louidgi Beltrame, lauréat du Prix SAM pour l’art contemporain 2014 (2016)
  • Not Not Knocking On Heaven’s Door de Simon Evans (2016)
  • Les roses et les verts (une fête galante) de Stéphane Calais (2016)
  • Automne Hiver de Stéphane Calais et Ordre et progrès de Héctor Zamora (2016)
  • Double Je, artisans d'art et artistes - Exposition collective (2016)
  • Exposition Rester vivant de Michel Houellebecq (2016)
  • Exposition FOXP2 de Marguerite Humeau (2016)
  • Nothing at All / Modes Idiorythmiques de la Coexistence de David Ryan et Jérôme Joy (2016)
  • Exposition Untitled (of Occult Instability) [Feelings] de Dineo Seshee Bopape (2016)
  • In This Vessel We Shall Be Kept de Ayoun Kim (2016)
  • L’intervalle de résonance de Clément Cogitore (2016)[5].
  • Exposition monographique de Mika Rottenberg (2016)
  • Carte Blanche àTino Sehgal (2016)
  • Pan de Taro Izumi (2017)
  • L'exposition et les performances Pierre et Œuf de Abraham Poincheval (2017)
  • Dangerous on-the-way de Mel O’Callaghan, lauréate du Prix SAM pour l’art contemporain 2015 (2017)
  • Sous le regard de machines pleines d’amour et de grâce - œuvre collective (2017)
  • Rites and Aftermath de Dorian Gaudin (2017)
  • Black Dancing de Emmanuel Saulnier (2017)
  • Liste à puces de Anne Le Troter (2017)
  • Dioramas - Exposition collective (2017)
  • Le rêve des formes - Exposition collective (2017)
  • Days are Dogs - Carte blanche à Camille Henrot (2017)
  • Projet L'ennemi de mon ennemi de Neïl Beloufa (2018)
  • L'un et l'autre de Kader Attia et Jean-Jacques Lebel (2018)
  • Daimyo, Seigneurs de la guerre au Japon, par George Henry Longly (2018)
  • Enfance - Exposition collective (2018)
  • Ring, sing and drink for trespassing de Laure Prouvost (2018)
  • ON AIR Carte blanche à Tomás Saraceno (2018/2019)
  • Amalgam de Theaster Gates (2019)
  • Quand faire c'est dire de Angelica Mesiti (2019)
  • « les lumières affaiblies des étoiles [...] l’eau, ma fièvre (...) » de Julien Creuzet (2019)
  • Au bord de la route de Wakaliga de Louis-Cyprien Rials, avec Ramon Film Productions (2019)
  • Die mimik der Tethys de Julius Von Bismarck (2019)
  • More is less de Franck Scurti (2019)
  • Poésie Sonore - Exposition collective (2019)
  • carte blanche à Anne Imhof, 2021.

RéférencesModifier

  1. a b et c « Le Palais de Tokyo - Le lieu & son histoire », sur palaisdetokyo.com (consulté le )
  2. « Discours de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, prononcé au palais de Tokyo »(Archive.orgWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), ministère de la Culture et de la Communication, .
  3. a b c d et e Roxana Azimi, « Temple de l’art contemporain, le Palais de Tokyo fête ses 20 ans en regrettant l’éclat de ses débuts », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  4. Association déclarée sous ce nom à la Préfecture de police le 28 janvier 2000, publiée au Journal officiel le 26 février 2000
  5. https://clementcogitore.com/work/lintervalle-de-resonance

Liens externesModifier