Otton de Looz

Otton est probablement le premier comte de Looz.

BiographieModifier

Son existence est longtemps méconnue et la liste des comtes de Looz commençait par son fils Gislebert. C'est l'analyse des Gesta Abbatem Trudonensis qui mit en évidence son existence. En effet, celle-ci relate l'installation de Baldéric comme évêque de Liège, qui est dit frère de Gislebert, comte de Looz, et, plus loin, fils d'Otton, comte de Looz et de Liutgarde de Namur.

Il y a là un problème, car les frères Giselbert, Baldéric et Arnulf ne peuvent pas être des enfants de Liutgarde de Namur. En effet, on sait que les parents de celle-ci, Albert Ier de Namur et Ermengarde de Basse-Lotharingie (fille du duc Charles), se sont mariés en 990 ; Liutgarde ne peut donc pas naître avant 990 ou 991. Or Baldéric devient évêque de Liège en 1008. On ne peut raisonnablement concevoir qu'il ait été nommé prince-évêque de Liège alors que sa mère n'avait pas plus de 17 ou 18 ans[1] : s'il était possible de nommer un adolescent évêque avec une dispense papale, il est plus difficile de concevoir un évêque nommé dès la petite enfance ou le berceau, surtout pour succéder à Notger.

La Vita Arnulfi propose une version différente en mentionnant "Lugerdam, Godam, Ermengardam" comme les trois sœurs de "Albertus comes Namurcensis", et ajoute que Liutgarde fut la mère de "Emmonem et Ottonem fratrem eius". Si aucune source primaire ne mentionne clairement le nom du père d'Emmo et d'Otto, la chronologie ne s'oppose pas à ce que ce dernier soit Giselbert, fils d'Otton de Looz. Si cette hypothèse est correcte, alors Giselbert de Looz serait le véritable mari de Liutgarde de Namur.

La reconstruction généalogique probable est donc qu'il y eut erreur sur la génération de Liutgarde de Namur : celle-ci ne serait pas la mère du comte Giselbert de Looz, mais son épouse. Et donc elle ne serait pas l'épouse d'Otton de Looz, mais sa bru.

Gislebert était autrefois considéré comme fils de Rodolphe, comte en Betuwe cité en 967, et d'une fille d'Emmon, comte de Vliermal, en Hesbaye. Il n'est pas déraisonnable d'ajouter une génération et de donner Otton comme fils de Rodolphe[2]. Chronologiquement, cela a même plus de sens ; par ailleurs, le fait que le prénom Otton revienne plusieurs fois dans les générations ultérieures des comtes de Looz est cohérent avec le fait qu'il s'agissait du prénom de l'un des premiers ancêtres de la famille.

Otton est spécifiquement qualifié de comte de Looz par les Gesta Abbatem Trudonensis, en 1008. Il fut parfois objecté que les moines purent lui avoir attribué un titre qu'il ne porta pas de son vivant, et qui ne fut porté que par son fils Gislebert. Cependant une charte du 30 août 967, du vivant d'Otton, mentionne bien "Comes Otto de Los" comme témoin d'une donation faite à l'abbaye de Stavelot par "Dux Fredericus et Stabulensis advocatus"[3]. C'est probablement à partir des terres que la famille possédait en Hesbaye que fut créé le comté de Looz.

De son épouse, qui est inconnue pour les raisons expliquées ci-dessus qui disqualifient Liutgarde de Namur comme épouse potentielle, il eut :

Notes et référencesModifier

  1. « Liutgarde de Namur », sur http://fmg.ac (consulté le 18 décembre 2020)
  2. Pierre Lambert de Saumery (ill. Remacle Le Loup), Les délices du Païs de Liége : Description geographique topographique et chorographique des monumens sacrés et profanes de cet Evêché-principauté et de ses limites, t. I, Liège, Everard Kints, 1738-1744, 378 p., in-folio (lire en ligne)
  3. « LOTHARINGIA (LOWER) NOBILITY », sur http://fmg.ac

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Lien externeModifier