Ostara (revue)

Ostara sous-titré Briefbücherei der Blonden und Mannesrechtler (Magazine des hommes blonds et virils), est une revue racialiste et darwiniste de langue allemande, parue entre 1905 et 1913, qui traitait de thèmes de l'histoire et des coutumes des anciens peuples germaniques.

C'est dans cette revue qu'Adolf Hitler, qui en était lecteur lorsqu'il était étudiant à Vienne, aurait trouvé les arguments racistes et les symboles du folklore germanique néo-païen repris pour former le mysticisme nazi à la base du National-socialisme.

Fondation de la revueModifier

La revue a été fondée par un moine cistercien défroqué, Jörg Lanz-Liebenfels (1874-1954), comme organe d'un mouvement raciste en faveur de l'amélioration de la race aryenne. Celui-ci avait déjà fait plusieurs publications qui permettent de retracer les étapes d'un cheminement intellectuel qui commence avec un article critiquant les principes du catholicisme, représentés par les jésuites, et se poursuit avec le libre examen de la Bible qui donne lieu à la publication de plusieurs articles dans une revue d'études bibliques: Anthropozoon biblicum (1903), Zur Theologie der Gotishen Bible (1903), Theozoologie oder die Kunde von den Sodoms-Äfflingen und dem Götter-Elektron (1905), où il s'interroge sur la question de savoir si les homosexuels peuvent faire partie des élus, Das Breve "Dominus ac redemptor noster" (1905), puis de fonder la revue Ostara.

Celle-ci avait comme symbole la croix gammée[réf. nécessaire].

Principaux thèmesModifier

Son nom ostara est présenté comme celui d'une ancienne fête germanique de l'équinoxe de printemps, mais c'est une réfection à partir d'une fête saxonne de l'été (Easter) avec pour nom Easterer que Georg Lanz transcrit librement en vieil allemand sous la forme Ostara.

La revue mélange des thèmes völkisches et racistes, pour aboutir à un eugénisme antisémite.

Ses idées étaient aussi influencées par celles du mouvement théosophique.

Principaux lecteursModifier

Joséphin PéladanModifier

Dietrich EckartModifier

Parmi les abonnés figurait Dietrich Eckart (1868-1923).

Adolf HitlerModifier

Cette proposition, qui n'a rien d'étonnant, ne fait pas consensus chez les historiens. Dans Les maîtres du IIIe Reich, Joachim Fest, rapportent que Hitler lisait cette revue, tout en précisant que ce n'était qu'une brochure[1].

Wilfried Daim (de) affirme, sur la foi d'un témoignage de Josef Greiner, un ami d'Hitler à l'époque, qu'en 1910, Hitler lisait la revue Ostara.

Son fondateur, Jörg Lanz a affirmé plusieurs fois qu'Hitler était influencé par son mouvement[2]. De fait, la bibliothèque personnelle de Hitler contenait un livre de Lanz et un livre portant la dédicace : "An Adolf Hitler, meinem lieben Armanenbruder."[3].

Des historiens relativisent l'influence de Lanz sur Hitler telle qu'elle est mise en avant par Wilfried Daim. Ainsi, l'historien américain Richard Weikart (California State Univ) rapporte ainsi en 2001 la position de l'historienne autrichienne Brigitte Hamann (université de Vienne) : « L'approche de Hamann est de bon sens, admettant qu'Hitler est susceptible d'avoir lu la revue de Lanz Ostara, mais estimant que le racisme aryen de Hitler porte encore plus la marque de Guido von List »[4].

Notes et référencesModifier

  1. Joachim Fest, Les Maîtres du IIIe Reich, 1963 et Grasset, 1965. Fest écrit : "Cette confusion entre « livres » et « brochures » est caractéristique, car il s'agissait en fait, selon toute vraisemblance, de brochures de bas étage, fort répandues, que le fondateur de l'"ariosophie", Jörg Lanz von Liebenfels, intitulait : Ostara."
  2. Jackson Spielvogel (Pennsylvania State University) and David Redles(Cuyahoga Community College in Cleveland, Ohio), Hitler's Racial Ideology : Content and Occult Sources, Museum of tolerance online-The Simon Wiesenthal Center, annual 3, chapitre 9, 1997
  3. Robert G. L. Waite, Adolf Hitler's Anti-Sernitism : A Study in History and Psychoanalysis in The Psychoanalytic Interpretation of History, ed. Benjamin Wolsman, New York, 1971), p. 197 cité par Spielvogel et Redles.
  4. Richard Weikart (California state university), The Roots of Hitler's Evil, in Books and Culture : A Christian Review, mars-avril 2001, pages 18-21. Weikart écrit : Because it was so widespread it's impossible to point to any one racial thinker, such as Adolf Lanz von Liebenfels, as The Man Who Gave Hitler His Ideas, as Wilfried Daim has argued. Hamann's approach is commonsensical, admitting that Hitler likely read Lanz's periodical, Ostara, but asserting that Hitler's Aryan racism bears even more the stamp of Guido von List, the mystical writer who first introduced the swastika into Aryan racist circles.

BibliographieModifier

  • Marina Allal, "Antisémitisme, hiérarchies nationales et de gente : reproduction et réinterprétation des rapports de pouvoir", in Raisons politiques, 4/2006, p. 121-141.
  • Christophe Beaufils, Joséphin Peladan (1858-1918), essai sur une maladie du lyrisme, Grenoble, 1993, Jérôme Millon.

Voir aussiModifier