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Opérations militaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale

Médaille pour la victoire sur l'Allemagne dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945. Avers : portrait de Staline avec les mentions Наше дело правое (« Notre cause est juste ») et Мы победили (« Nous avons vaincu »). Verso : За победу над Германией (« Pour la victoire sur l'Allemagne ») et au centre в Великой Отечественной войне 1941—1945 гг. (« dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 »). 14,9 millions de Soviétiques ont reçu cette décoration.

Les opérations militaires soviétiques pendant la Seconde Guerre mondiale ont été menées par l'Armée rouge, c'est-à-dire les forces armées de l'Union des républiques socialistes soviétiques, pendant la Seconde Guerre mondiale. Les noms ci-dessous sont ceux de l'historiographie soviétique puis russe, souvent différents des noms données par les Allemands et par les autres auteurs occidentaux.

Sommaire

Conflits soviéto-japonaisModifier

Les forces militaires de l'Union soviétique et de l'Empire du Japon se sont affrontées lors de « conflits militaires » (en russe : военным конфликтом), appelés aussi les conflits frontaliers soviéto-japonais, de juillet à août 1938, puis de mai à septembre 1939, avec notamment :

Un cessez-le-feu est établi le , puis le pacte de neutralité soviéto-japonais est signé le à Moscou et restera en vigueur jusqu'au .

Annexions au début de la guerreModifier

 
Le partage de l'Europe orientale en 1939-1940, selon le pacte germano-soviétique.

Jusqu'au , l'Union soviétique qui avait a signé le pacte de non-agression germano-soviétique (le à Moscou), s'est livrée à une série d'opérations militaires en Europe orientale :

Après l'été 1941, l'historiographie soviétique et pro-soviétique ont décrit cette phase comme une « neutralité défensive armée » de l'Union soviétique « cherchant à assurer sa sécurité et à gagner du temps » avant une attaque nazie « prévisible et prévue », mais sur le moment, l'Union soviétique s'est bel et bien officiellement considérée en guerre contre les pays qu'elle a attaqués, comme en témoigne l'incident de l'Orzeł.

Grande Guerre patriotiqueModifier

Le , l'Allemagne, le royaume d'Italie et le royaume de Roumanie déclarent la guerre à l'Union soviétique, suivis les et par la Finlande (la guerre de Continuation est appelée en Russie la « guerre soviéto-finlandaise » Советско-финская война) et la Hongrie. Cela place l'Union soviétique parmi les nations alliées, la faisant ainsi entrer dans la « Grande Guerre patriotique » (Великая Отечественная война), mieux connue ailleurs sous le nom de front de l'Est de la Seconde Guerre mondiale, qui se termine le [n 1] par la capitulation allemande (même si l'offensive de Prague se poursuit jusqu'au ). L'URSS bénéficie du soutien du Royaume-Uni, des États-Unis (programme du Prêt-Bail), de la République populaire mongole (les cavaliers de l'Armée populaire révolutionnaire mongole), du Comité polonais de libération nationale (les unités de l'Armée polonaise de l'Est), des deux divisions roumaines alliées (« Horia-Closca-Crisan » et « Tudor Vladimirescu ») et de la France libre (l'escadrille Normandie-Niémen), tandis que se déroule l'opération iranienne (Иранская операция) du au .

En 1944, alors que l'Armée rouge victorieuse avance vers l'Ouest, la Roumanie bascule à son tour du côté des nations alliées le [1], suivie par la Bulgarie le [2] et par la Finlande le [n 2]. La Hongrie, en revanche, continue la lutte jusqu'à l'armistice du [3].

L'historiographie soviétique puis russe subdivisent la « Grande Guerre patriotique » en trois périodes chronologiques :

Les différentes opérations sont hiérarchisées, les « opérations stratégiques » (Стратегические операц) se décomposant en opérations (операция plus modestes, communément appelées batailles) ; les noms indiquent s'il s'agit, du point de vue soviétique, d'opérations défensives (оборонительная) ou offensives (наступательная), portant le plus souvent les noms des deux principaux objectifs (le plus souvent deux villes).

Articles connexes : Art opératif et Stratégie militaire.

Invasion allemandeModifier

La première période de la Grande Guerre patriotique va du au .

Campagne d'été-automne 1941Modifier

 
Les offensives allemandes de juin à novembre 1941.

La campagne de l'été et de l'automne 1941 commence le (déclenchement de l'opération Barbarossa) et se termine au (veille du déclenchement de la contre-offensive soviétique devant Moscou). Elle comprend les opérations suivantes :

Campagne d'hiver 1941-1942Modifier

 
Les contre-offensives d'hiver soviétiques, de décembre 1941 à mai 1942.

La campagne de l'hiver 1941-1942 commence au (déclenchement de la contre-offensive soviétique devant Moscou) et se termine le . Elle comprend les opérations suivantes :

Campagne d'été-automne 1942Modifier

 
Les offensives d'été allemandes de mai à novembre 1942.

La campagne de l'été et de l'automne 1942 commence le et se termine au (veille du déclenchement de l'opération Uranus). Elle comprend les opérations suivantes :

Reprise de l'initiativeModifier

Le deuxième période de la Grande Guerre patriotique va du au .

Campagne d'hiver 1942-1943Modifier

 
Les contre-offensives d'hiver soviétiques de novembre 1942 à mars 1943.

La campagne de l'hiver 1942-1943 commence le et se termine le . Elle comprend les opérations suivantes :

Campagne d'été-automne 1943Modifier

 
Les offensives d'été allemandes de 1943.

La campagne de l'été et de l'automne 1943 commence le et se termine au . Elle comprend les opérations suivantes :

  • défense de Koursk, du 5 au  :
    • défensive sur la direction Orel-Koursk, du 5 au  ;
    • défensive dans la direction Belgorod-Koursk[n 8], du 5 au  ;
  • offensive d'Orel, alias opération « Koutouzov » (операция «Кутузов»), du au  :
    • offensive Bolkhovsko-Orel, du au  :
    • offensive de Kromsko-Orlovskaya, du au  :
  • offensive Belgorod-Kharkov, alias opération « Roumiantsev » (операция «Румянцев»), du 3 au  :
    • offensive Belgorod-Bogodukhov, du 3 au  ;
    • offensive Belgorod-Kharkov, du 3 au  ;
  • offensive de Smolensk, alias opération « Souvorov » (операция «Суворов»), du au  :
  • offensive biélorusse, d'octobre à décembre 1943[8] :
  • offensive du Donbass, du au  :
    • offensive de Barvenkovsko-Pavlograd, du au  ;
    • offensive du Mious-Marioupol, du au  ;
  • offensive de Tchernigov-Poltava, du au  :
    • offensive de Tchernigov-Prypiat, du au  ;
    • offensive de Soumy-Prilouki, du au  ;
    • offensive de Poltava-Kremenchug, du au  ;
  • offensive de Novorossiïsk-Taman, du au  :
    • débarquement de Novorossiïsk, du 10 au  ;
    • offensive de Taman, du au  ;
  • offensive du Dniepr inférieur, du au  :
    • offensive de Melitopol, du au  ;
    • offensive de Zaporojié, du 10 au  ;
    • offensive de Pyatikhatki, du au  ;
    • offensive de Znamenka, du au  ;
    • offensive de Dnipropetrovsk, du au  ;
  • Kiev, du au  :
    • offensive, du 3 au  ;
    • défense, du au [9].

Plan incliné de la victoireModifier

La troisième et dernière période de la Grande Guerre patriotique va du au .

Campagne d'hiver-printemps 1944Modifier

La campagne de l'hiver et du printemps de 1944 commence par convention le et se termine le . Elle comprend les opérations suivantes :

Campagne été-automne 1944Modifier

 
Les offensives soviétiques de l'automne 1943 à décembre 1944.

La campagne de l'été et de l'automne 1944 commence par convention le et se termine le . Elle comprend les opérations suivantes :

Campagne d'Europe de 1945Modifier

 
Les offensives soviétiques de 1945 en Europe centrale.

La campagne d'Europe (sous-entendu l'Europe centrale) commence par convention le pour se terminer le . Elle comprend les opérations suivantes :

Guerre soviéto-japonaiseModifier

La « guerre contre le Japon » (война с Японией) débute le par la déclaration de guerre de l'Union soviétique à l'Empire du Japon et se termine le par la signature de la capitulation japonaise. Elle comprend les opérations suivantes de la « campagne en Extrême-Orient » (кампания на Дальнем Востоке) :

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Les signatures ayant été posée vers minuit, la date est soit le selon l'heure de Berlin, soit le selon l'heure de Moscou.
  2. La guerre de Continuation soviéto-finlandaise prend fin par l'armistice de Moscou le et est suivie par la guerre germano-finlandaise : le traité de Paris du officialise les changements survenus à l'issue de ces deux guerres.
  3. Comprenant la contre-attaque de Brody, ou de Rovne-Brody, ou de Doubno, du 26 au .
  4. À la bataille de Tallinn se rajoute l'évacuation soviétique de Tallinn.
  5. L'opération « Petite Saturne » comprend notamment le raid de Tatsinskaïa.
  6. L'opération « Don » a pour extension la troisième bataille de Rostov, du 7 au .
  7. En marge de l'opération « Étoile polaire » se déroule la bataille de Krasny Bor, du 10 au .
  8. L'opération défensive de Koursk comprend la bataille de Prokhorovka le .
  9. D'octobre 1943 à mars 1944, le front de l'Ouest de Vassili Sokolovski mène onze offensives devant Orcha et Vitebsk (en), qui échouent toutes.
  10. L'offensive de Gomel-Retchitsa (ru) est menée par le front de Biélorussie de Constantin Rokossovski.
  11. L'offensive de Gorodok (ru) est menée par le premier front balte de Hovhannes Bagramian, qui poursuit des opérations offensives jusqu'en avril 1944.
  12. L'offensive de Korsoun-Chevtchenkovski comprend la bataille de Tcherkassy.
  13. L'offensive Proskourov-Tchernovtsy comprend les combats de la poche de Kamianets-Podilskyï, du au .
  14. La première offensive de Iassy-Kishinev (en) permet à l'Armée rouge de pénétrer en Moldavie et comprend notamment la première bataille de Târgu Frumos (9 au ), celle de Podu Iloaiei () et la seconde de Târgu Frumos (2 au ).
  15. L'offensive de Kingissepp-Gdov comprend le début de la bataille de Narva, qui va durer jusqu'en août 1944.
  16. L'offensive de Svir-Petrozavodsk comprend la bataille de Tali-Ihantala, du au .
  17. C'est pendant la seconde offensive Iassy-Kishinev que l'Armée roumaine (397 000 hommes) rejoint l'Armée rouge le .
  18. L'offensive de Varsovie-Posen comprend notamment le siège de Posen, du au .
  19. L'offensive de Sandomir-Silésie comprend notamment le siège de Breslau, du au .
  20. L'offensive d'Arnswalde-Kolberg comprend notamment le siège de Kolberg, du 4 au , et la défense face à l'opération Sonnenwende, du 15 au .
  21. La ville allemande de Stettin-Altdamm, sur la rive droite de l'Oder, correspond à l'actuelle Dąbie (pl), dans la banlieue de Szczecin (anciennement Stettin).
  22. L'offensive Seelow-Berlin comprend d'abord la bataille de Seelow, du 16 au , puis la bataille de Berlin, du au , cette dernière comprenant la bataille de Halbe, du au .
  23. L'offensive de Cottbus-Potsdam comprend notamment la bataille de Bautzen, du 21 au .
  24. L'offensive de Jihlava-Benešov est marquée notamment par la bataille de Slivice, du 11 au .

RéférencesModifier

  1. (en) « Agreement Between the Governments of United States of America, the United Kingdom, and the Union of Soviet Socialist Republics, on the One Hand, and the Government of Rumania, on the Other Hand, Concerning an Armistice », sur http://avalon.law.yale.edu/.
  2. (en) « Agreement Between the Governments of United States of America, the United Kingdom, and the Union of Soviet Socialist Republics, on the One Hand, and the Government of Bulgaria, on the Other Hand, Concerning an Armistice », sur http://avalon.law.yale.edu/.
  3. (en) « Agreement concerning an armistice between the Union of Soviet socialist republics, the United Kingdom of Great Britain and Northern Ireland, and the United States of America on one hand and Hungary on the other », sur http://avalon.law.yale.edu/.
  4. (ru) В. И. Феськов [V. I. Feskov], К. А. Калашников [K. A. Kalashnikov] et В. И. Голиков [V. I. Golikov], Красная Армия в победах и поражениях 1941-1945 гг. [« L'Armée rouge dans les victoires et défaites de 1941-1945 »], Томск, Изд-во Том. ун-та [Tomsk University Press],‎ (ISBN 5-7511-1624-0, lire en ligne [PDF]), p. 24.
  5. a et b Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 25.
  6. Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 25-26.
  7. Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 26.
  8. a et b Glantz, The Failures of Historiography, 1995.
  9. Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 26-27.
  10. Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 27.
  11. Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 27-28.
  12. Феськов, Калашников et Голиков 2004, p. 28-29.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (ru) Боевой состав Советской Армии [« Ordre de bataille de l'Armée soviétique »], t. I : июнь-декабрь 1941 года [« juin-décembre 1941 »], Moscou, Académie Voroshilov de l'État-Major,‎ (lire en ligne [PDF]).
  • (ru) Боевой состав Советской Армии [« Ordre de bataille de l'Armée soviétique »], t. 2 : Январь-декабрь 1942 года [« janvier-décembre 1942 »], Moscou, Воениздат [Voenizdat],‎ (lire en ligne [PDF]).
  • (ru) Боевой состав Советской Армии [« Ordre de bataille de l'Armée soviétique »], t. 3 : Январь-декабрь 1943 года [« janvier-décembre 1943 »], Moscou, Voenizdat,‎ (lire en ligne [PDF]).
  • (ru) Боевой состав Советской Армии [« Ordre de bataille de l'Armée soviétique »], t. 4 : Январь-декабрь 1944 года [« janvier-décembre 1944 »], Moscou, Voenizdat,‎ (lire en ligne [PDF]).
  • (ru) Боевой состав Советской Армии [« Ordre de bataille de l'Armée soviétique »], t. 5 : Январь-сентябрь 1945 г. [« janvier-septembre 1945 »], Moscou, Voenizdat,‎ (lire en ligne [PDF]).
  • (en) David M. Glantz, « The Failures of Historiography: Forgotten Battles of the German-Soviet War (1941-1945) », The Journal of Slavic Military Studies, vol. 8, no 4,‎ , p. 768-808 (lire en ligne).

lien externeModifier

Articles connexesModifier