Ouvrir le menu principal

L’ontologisme est un courant de pensée et école philosophique du XIXe siècle assurant que l’on ne peut rendre compte de l’activité de l’esprit humain qu’en affirmant implicitement, à l’intérieur de toute démarche, l’existence d’un Transcendant ou Absolu, ne fût-ce que par la perception immédiate de la finitude de l’intelligence humaine. C’est une preuve ‘naturelle’ de l’existence de Dieu.

Histoire et développementModifier

L’ontologisme aurait son origine lointaine dans la pensée de saint Augustin (354-430), intuition plus tard reprise par Nicolas Malebranche (1638-1715) qui maintient que Dieu et le Transcendant sont nécessairement l’objet premier de notre intelligence, et l’intuition de l’existence de Dieu est l’acte premier de connaissance humaine.

Ce courant de pensée se développa au XIXe siècle, en Italie, autour de Vincenzo Gioberti, qui semble être le premier à avoir utilisé le mot ‘ontologisme’ (1844) et, à la même époque en Belgique, dans les cercles de l’université de Louvain animés par le professeur de philosophie Gérard Ubaghs, dont la ‘Revue catholique’ était comme l’organe officiel de l’ontologisme. En France le protagoniste principal en est le jésuite Jean-Pierre Martin (1792-1859), professeur de philosophie au scolasticat de Vals. Aux États-Unis Orestes Brownson en est proche.

Bien que relevant du domaine de la philosophie l’ontologisme est suspect aux yeux des autorités de l’Église catholique car il ne peut être adopté sans répercussions sur la réflexion théologique. Car, la position traditionnelle maintient que la connaissance de Dieu n'est pas immédiate pour la raison humaine mais qu'elle doit passer par un raisonnement partant des choses créées pour arriver à la cause première, ce que fait notamment St Thomas avec ses cinq voies. La Révélation divine peut aider l'homme dans cet effort mais elle n'est pas indispensable pour arriver à cette connaissance[1].

En 1861 le Saint-Office condamne en termes modérés, les déclarant ‘non sûres et inappropriées à l’enseignement’, des propositions qui, sans faire référence directes à l’ontologisme, relèvent bien de cette école philo-théologique. Ubaghs doit quitter son enseignement à l’université de Louvain. L'ontologisme continuera à avoir des adeptes, mais, dans l’’enseignement catholique, il sera progressivement supplanté par le néothomisme.

Notes et référencesModifier

  1. « Fides et Ratio (14 septembre 1998) | Jean Paul II », sur w2.vatican.va (consulté le 18 juillet 2015)

BibliographieModifier

  • Gérard C. Ubaghs: Du problème ontologique des universaux, Liège, 1845.
  • Vincenzo Gioberti: Introduzione alla studio della filosofia, Bruxelles, 1844.
  • Jules Fabre-d’Envieu: Défense de l'ontologisme, Tournai, Casterman, 1862, 158 p.
  • L. Foucher: La philosophie catholique en France au XIXe siècle, Paris, 1955.
  • J. Henry: Le traditionalisme et l’ontologisme à l’université de Louvain (1835-1865), Louvain, 1922.
  • Jean-Paul II, Fides et Ratio, 1998.