Omaha (cheval)

cheval de course américain

Omaha
Image illustrative de l’article Omaha (cheval)
Stèle en hommage à Omaha à Omaha, Nebraska

Race Pur-sang
Père Gallant Fox
Mère Flambino
Père de mère Wrack
Sexe M
Robe Alezane
Naissance 24 mars 1932
Pays de naissance Drapeau des États-Unis États-Unis
Mort (à 27 ans)
Pays d'entraînement Drapeau des États-Unis États-Unis
Éleveur Claiborne Farm
Propriétaire Belair Stud
Entraîneur James E. Fitzsimmons
Jockey Earl Sande
Nombre de courses 22
Nombre de victoires 9 (9 places)
Gains en courses $ 154 755
Distinction Poulain de 3 ans de l'année (1935)
U.S. Racing Hall of Fame (1965)
Principales victoires Kentucky Derby
Preakness Stakes
Belmont Stakes
Arlington Classic
Dwyer Stakes

Omaha (1932-1959) est un cheval de course pur-sang américain. Membre du Hall of Fame des courses américaines, il remporte la Triple Couronne en 1935, cinq ans après son père Gallant Fox.

Carrière de course modifier

 
Casaque de Belair Stud

Né comme son père Gallant Fox à Claiborne Farm, Omaha est comme lui la propriété de la vénérable écurie Belair Stud, fondée en 1747 par le Gouverneur du Maryland et reprise à la fin du XIXe siècle par de riches banquiers, les Woodward, qui en font une place forte des courses américaines notamment grâce à William Wooward, Sr. Comme tous les chevaux de l'écurie, il est confié à l'entraîneur Sunny Jim Fitzsimmons qui le fait débuter à 2 ans. Cette première saison ne laisse rien envisager de la suite de sa carrière : Omaha est certes l'un des bons poulains de sa génération, il prend des accessits dans des bonnes courses mais il ne gagne qu'une seule de ses neuf sorties et sa meilleure performance reste sa deuxième place, à un nez, dans les Champagne Stakes.

De retour en avril 1935, Omaha se classe troisième des importants Wood Memorial Stakes en finissant comme une balle. Une prestation impressionnante qui lui ouvre les portes du Kentucky Derby avec un statut de deuxième favori derrière, chose rare, une pouliche, la surdouée Nellie Flag. Omaha gagne, facilement, sous la pluie. Le voilà en route pour la Triple Couronne. Dans la deuxième manche, les Preakness Stakes, la démonstration est plus saisissante encore : il termine six longueurs devant. Pourtant il est battu dans les Withers Stakes, malgré une belle fin de course. Mais lors des Belmont Stakes, la piste est à nouveau boueuse et Omaha nage mieux que quiconque : vainqueur autoritaire, il devient le troisième lauréat de la Triple Couronne après Sir Barton en 1915 et Gallant Fox en 1930.

Il est temps pour lui de se frotter au chevaux d'âge, et là ça coince : il est pulvérisé dans le Brooklyn Handicap par le 4 ans Discovery, qui le laisse troisième à 12 longueurs dans un temps record. Cette défaite, rétrospectivement, comptera beaucoup à l'heure des bilans de l'année. Année qu'Omaha finit bien, avec deux victoires dans les Dwyer Stakes et l'Arlington Classic. Mais à la remise des prix en décembre, si Omaha est logiquement sacré 3 ans de l'année, il abandonne le titre de cheval de l'année à son vainqueur de Brooklyn, Discovery[1]. Il est donc le seul lauréat de Triple Couronne de l'histoire à n'avoir pas été élu cheval de l'année.

En janvier 1936, Omaha embarque sur le RMS Aquitania direction l'Angleterre, Newmarket, et l'écurie de l'entraîneur Cecil Boyd-Rochfort. L'objectif : devenir le premier cheval américain à remporter la Gold Cup d'Ascot depuis Foxhall en 1882. Le 9 mai 1936, Omaha devient le premier (et dernier à ce jour) vainqueur de Triple Couronne à se produire hors du continent nord-américain. Ça se passe sur l'hippodrome de Kempton. Tout est nouveau pour l'Américain : l'Angleterre, le jockey (Pat Beasley), le gazon, la corde à droite. Mais il s'impose brillamment. Et remet ça le 30 mai dans le Queen's Plate. Les rêves de Gold Cup n'étaient donc pas des chimères et Omaha s'élance en favori devant 150 000 personnes inquiètes que ce Yankee leur ravisse la grande course de fond d'Ascot[2]. Il s'en faudra d'un nez, au bout d'une bagarre épique face à la lauréate des Oaks 1935, Quashed[3], une jument hors normes qui n'est pas inscrite au stud-book puisqu'on lui conteste la qualité de pur-sang (sa mère, de fait, est une demi-sang). La lutte soulève la foule et The Observer voit dans cette Gold Cup 1936 rien moins que la plus grande course de l'histoire[4]. Omaha revient en juillet dans les Princess of Wales's Stakes où il est battu cette fois d'une encolure par Taj Akbar et par les 138 livres de plomb que les handicapeurs lui mettent sur le dos, 18 de plus que son adversaire du jour[5], qui venait de terminer deuxième du Derby d'Epsom. Ce sera sa dernière course : Cecil Boyd-Rochfort déclare envisager une candidature à la Gold Cup 1937, mais une blessure oblige Omaha à prendre sa retraite.

S'il n'a pas eu l'honneur d'être sacré Cheval de l'année, Omaha est intégré au Hall of Fame des courses américaines en 1965. Pour autant, il moins considéré que les autres vainqueurs de Triple Couronne, comme en témoigne la liste des 100 chevaux américains du siècle établi par le magazine The Blood-Horse où, 61ème, il est le moins bien classé d'entre eux.

Résumé de carrière modifier

Date Hippodrome Pays Course Distance Jockey Place Écart Vainqueur ou deuxième
1934, 2 ans
18 juin Aqueduct   États-Unis Maiden Special 1 000 m J. Stout 2e / 13 nez Sir Lamorak
23 juin Aqueduct   États-Unis Allowance 1 000 m J. Stout 1er / 5 tête Allen Z.
4 août Saratoga   États-Unis US Hotel Stakes 1 200 m T. Murray 4e / 10 5 ¾ Balladier
11 août Saratoga   États-Unis Saratoga Special 1 200 m T. Murray 4e / 7 2 Boxthorn
22 août Saratoga   États-Unis Sanford Stakes 1 200 m L. Humphreys 2e / 9 2 Psychic Bid
1er septembre Saratoga   États-Unis Hopeful Stakes 1 300 m C. Kurtsinger 4e / 16 7 Psychic Bid
6 septembre Belmont Park   États-Unis Champagne Stakes 1 300 m L. Humphreys 2e / 12 nez Balladier
15 septembre Belmont Park   États-Unis Futurity Stakes 1 300 m C. Kurtsinger 4e / 14 5 Chance Sun
29 septembre Aqueduct   États-Unis Junior Championship 1 600 m C. Kurtsinger 2e / 5 tête Sailor Beware
1935, 3 ans
22 avril Jamaica   États-Unis Allowance 1 700 m W. Saunders 1er / 4 2 Black Gift
27 avril Jamaica   États-Unis Wood Memorial Stakes 1 700 m W. Saunders 3e / 12 2 Today
4 mai Churchill Downs   États-Unis Kentucky Derby 2 000 m W. Saunders 1er / 18 1 ½ Roman Soldier
11 mai Pimlico   États-Unis Preakness Stakes 1 900 m W. Saunders 1er / 8 6 Firethorn
25 mai Belmont Park   États-Unis Withers Stakes 1 600 m W. Saunders 2e / 9 1 ½ Rosemont
8 juin Belmont Park   États-Unis Belmont Stakes 2 400 m W. Saunders 1er / 5 1 ½ Firethorn
22 juin Aqueduct   États-Unis Brooklyn Handicap 1 800 m W. Wight 3e / 6 12 Discovery
29 juin Aqueduct   États-Unis Dwyer Stakes 1 800 m W. Wight 1er / 5 1 ½ Good Gamble
20 juillet Arlington Park   États-Unis Arlington Classic 2 000 m W. Wight 1er / 10 1 ½ St. Bernard
1936, 4 ans
9 mai Kempton   Royaume-Uni Victor Wild Stakes 2 400 m P. Beasley 1er / 6 1 ½ Montrose
30 mai Kempton   Royaume-Uni Queen's Plate 3 200 m P. Beasley 1er / 5 enc. Bobsleigh
18 juin Ascot   Royaume-Uni Gold Cup 4 000 m P. Beasley 2e / 9 cte tête Quashed
2 juillet Newmarket   Royaume-Uni Princess of Wales's Stakes 2 400 m P. Beasley 2e / 6 enc. Taj Akbar

Au haras modifier

Retiré comme étalon à Claiborne Farm, mais sa deuxième carrière tourna au fiasco, bien que son sang se soit perpétué via sa fille Flaming Top, troisième mère du grand Nijinsky. En 1943, le Jockey Club's Breeding Bureau du Kentucky le jugea trop piètre étalon pour rester dans l'état où le cheval est roi. Il fut alors transféré dans l'état de New York où il resta sept ans, puis dans le Nebraska où il passa les neuf dernières années de sa vie dans un haras situé près de la ville d'Omaha. Dégagé de ses obligations de reproducteur, le lauréat de la Triple Couronne 1935 était régulièrement invité pour les remises de prix aux vainqueurs sur le petit hippodrome d'Ak-Sar-Ben, où il a d'ailleurs été enterré après son décès survenu à 27 ans, en 1959.

Origines modifier

Omaha est donc issu de la première génération des produits de Gallant Fox, le seul vainqueur de Triple Couronne à avoir engendré un autre vainqueur de Triple Couronne. Et s'il échoua d'un rien dans la Gold Cup 1936, son petit frère Flares (lui aussi par Gallant Fox) le vengea puisqu'il s'adjugea le grand marathon d'Ascot deux ans plus tard. Flares avait été envoyé en Angleterre yearling, et il s'y est bâti un beau palmarès, triomphant également dans les Newmarket Stakes, les Champion Stakes, les Lowther Stakes et les Princess of Wales's Stakes.

Flambino, leur mère, donna aussi Anaflame (Sir Andrew) : deuxième des Test Stakes, troisième des Alabama Stakes et de la Saratoga Cup, ainsi que Fleam (General Lee) : lauréate des Acorn Stakes et du Continental Handicap, deuxième du Whitney Handicap, troisième des Alabama Stakes et du Brooklyn Handicap. Formidable poulinière, donc, mais aussi remarquable compétitrice, qui s'adjugea les Gazelle Stakes et se classa troisième dans les Belmont Stakes et les Coaching Club American Oaks.

Il s'agit là d'une grande famille d'origine française et provenant de l'élevage d'Edmond Blanc. En effet la mère de Flambino, Flamberge, avait été importée de France en 1919 en même temps que sa mère La Flambée et, rebaptisée Flambette par William Woodward, elle remporta les importants Coaching Club American Oaks. Cette double acquisition fut plus que judicieuse, comme on peut le constater en résumant la descendance des deux poulinières :

La Flambée, mère de :

Cette famille connaîtra une grande fortune au fil des générations, avec Phalanx (Belmont Stakes, Wood Memorial Stakes, Jockey Club Gold Cup), Decidedly (Kentucky Derby), Danzig Connection (Belmont Stakes), l'Anglais Raven's Pass (Breeders' Cup Classic, Queen Elizabeth II Stakes) et bien d'autres.

Pedigree modifier

Origines de Omaha (USA), mâle alezan né en1932[6]
Père
Gallant Fox
Sir Gallahad Teddy Ajax
Rondeau
Plucky Liege Spearmint
Concertina
Marguerite Celt Commando
Maid of Erin
Fairy Ray Radium
Seraph
Mère
Flambino
Wrack Robert Le Diable Ayrshire
Rose Bay
Samphire Isinglass
Chelandry
Flambette Durbar Rabelais
Armenia
La Flambee Ajax
Medeah (famille 17-b)

Références modifier

  1. « Discovery and Omaha Make Turf History », sur Evening Independent, (consulté le )
  2. « Middlesboro Daily News - Google News Archive Search », sur news.google.com (consulté le )
  3. « Omaha Defeated in Ascot by Stout-hearted Filly », sur Middlesboro Daily News (consulté le )
  4. « The 10 greatest horse races of all time | Sport | The Observer », sur www.theguardian.com (consulté le )
  5. (en-US) the Associated Press, « Woodward's Omaha Loses by Neck To Taj Akbar in Newmarket Race », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  6. « Omaha pedigree », equineline.com, (consulté le )

Liens externes modifier

  • Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste  :