Ouvrir le menu principal

Olfa Terras

mécène et philanthrope franco-tunisienne

BiographieModifier

Formation et carrière professionnelleModifier

Née en 1974 à Menzel Bourguiba, Olfa Terras est la fille de Noureddine Terras, médecin spécialiste en gynécologie obstétrique et ancien président du planning familial tunisien[2].

Olfa Terras grandit à Bizerte auprès de son père, de sa mère d'origine corse, ainsi que de son frère et de ses trois sœurs. Attachée à ses racines et marquée par sa famille, Olfa Terras n'hésite pas à témoigner : « Mes parents m'ont tout appris ! Ils sont ma source d'inspiration ! »[2].

C'est au sein des écoles publiques de cette ville côtière située au nord de la Tunisie qu'elle effectue l'ensemble de ses études primaires et secondaires. Après avoir obtenu son baccalauréat, elle rejoint Tunis pour poursuivre des études universitaires au sein de l'École supérieure de commerce de Tunis[2]. L'obtention d'un master en finance lui donne alors l'occasion de s'installer dans la City de Londres et de se spécialiser dans le domaine des produits dérivés européens[2]. Plus tard, elle complète sa formation supérieure par correspondance en obtenant une licence en droit public à la Sorbonne[2].

En 2002, vivant à Londres et fréquentant le milieu de la finance, Olfa Terras rencontre le Franco-Canadien Guillaume Rambourg[2]. Ce dernier devient son époux en 2003 et se fait connaître comme l'un des gérants du fonds d'investissement britannique Gartmore Group[2].

En 2011, Olfa Terras quitte Londres avec sa famille et s'installe à Paris. Elle y crée et dirige BetterCan & Co., entreprise spécialisée dans la recherche, la conception et la fabrication d'emballages, bouteilles et canettes[3]. C'est aussi l'occasion pour son mari de créer Verrazzano Capital et de devenir propriétaire de sa propre société de gestion, qu'il installe à deux pas de l'arc de triomphe et du Fouquet's. Pour accompagner leurs succès financiers, le couple influencé par la culture anglo-saxonne s'investit de plus en plus dans le mécénat et la philanthropie[2],[4].

Fondation Rambourg pour l'art et la cultureModifier

Fin 2011, soutenue par son mari et avec pour objectif de rendre plus efficient son engagement philanthropique, Olfa Terras crée avec ce dernier la Fondation Rambourg pour l'art et la culture. Elle en prend alors les rênes en occupant la présidence et en confiant la direction exécutive à son frère Karim Terras[5]. Elle donne à sa fondation la mission de favoriser l'accès à la culture, à l'art ainsi que de promouvoir l'éducation, le sport et l'artisanat. La fondation se lance dès le départ dans plusieurs projets à travers le monde, intervenant successivement au Maroc, à Gaza, au Yémen, en Syrie, au Liban et en Jordanie.

Début 2012, se sentant concernée par la révolution qui vient d'avoir lieu dans son pays, Olfa Terras se rapproche d'abord du monde des ONG, en devenant ambassadrice de Human Rights Watch en Tunisie[6], puis choisit de dédier son engagement et celui de sa fondation exclusivement en faveur de son pays natal[4]. Elle explique que « la culture est un enjeu fondamental pour promouvoir la Tunisie »[7] et déclare : « J'ai grandi en Tunisie et ce pays a fait de moi celle que je suis aujourd'hui. Je souhaite lui rendre un peu de ce qu'il m'a donné et les besoins sont immenses »[4].

En l'espace de quelques années, notamment à travers la mise en place de partenariats public-privé avec l'État tunisien[8], la fondation réalise de nombreuses actions lui apportant célébrité et notoriété, ainsi qu'à Olfa Terras.

En août 2018, déclarant qu'« il faut savoir partir et laisser la place aux autres en donnant l'exemple »[9], Olfa Terras quitte la direction de la fondation en remettant les commandes à Shiran Ben Abderrazak[10],[11].

Mouvement Aïch TounsiModifier

Article détaillé : Aïch Tounsi.

En avril 2018, Olfa Terras se lance avec Selim Ben Hassen[12], Aïda Doggui[13] et d'autres jeunes Tunisiens dans la création d'un nouveau mouvement baptisé Aïch Tounsi (arabe : عيش تونسي soit « Vis tunisien »). Ils se définissent comme « un groupe de Tunisiens qui pensent que la vie est faite pour être vécue, pas pour être subie »[14]. Écartant toute fatalité en Tunisie, ils déclarent vouloir « challenger le statu quo et montrer qu'un changement vers le meilleur est possible ». S'exprimant en qualité de mécène et membre fondatrice de la nouvelle structure, Olfa Terras déclare en « avoir marre de la situation humiliante que le pays connait et n'avoir pas envie de rester les bras croisés face à cela »[15],[16].

Considérant que les partis politiques sont incapables de répondre aux attentes des Tunisiens, Olfa Terras défend l'idée d'une nouvelle génération d'organisations plus aptes à redorer le blason d'une Tunisie jugée fracturée et à rendre espoir aux Tunisiens. En mai 2019, interpellée sur sa manière d'entremêler le caritatif, l'associatif et le politique, Olfa Terras explique avoir opté pour une méthode novatrice qui demande d'avancer pas à pas[17]. Interrogée sur ses intentions politiques, elle rejette l'idée de transformer son association en parti politique ou de se présenter à la prochaine élection présidentielle mais se réserve néanmoins le droit de le faire un jour si elle y voyait un intérêt pour la Tunisie[16]. Admettant la difficulté des gens à comprendre sa démarche, elle reconnaît l'existence en Tunisie d'un grand problème de confiance et demande, « à défaut de confiance, qu'on on lui donne une chance »[17].

Nominations, prix et distinctionsModifier

Elle est élue en 2016 comme promotrice culturelle de l'année par le journal L'Expert pour « honorer des personnalités hors du commun qui nuancent le monde culturel par leur art ou leur pensée, leur engagement »[18].

Le 13 août de la même année, à l'occasion de la fête nationale de la femme, Olfa Terras reçoit un trophée des mains du chef du gouvernement Habib Essid. Le jour même, elle est décorée de l'ordre de la République (troisième classe soit officier) par le président de la République Béji Caïd Essebsi pour son engagement en faveur de l'éducation, l'art et la culture[19],[20].

En avril 2017, elle est nominée pour les trophées New African Woman dans la catégories « Femme africaine dans les arts et la culture »[21].

Le 5 mai 2017, au nom de sa fondation, Olfa Terras reçoit le prix du meilleur investisseur de la culture en Tunisie des mains du ministre des Affaires culturelles, Mohamed Zine El Abidine,[22].

Vie privéeModifier

Mariée à Guillaume Rambourg, Olfa Terras est mère de cinq enfants.

Prix Olfa Terras Rambourg pour l'art et la cultureModifier

En mai 2016, la Fondation Rambourg pour l'art et la culture et l'association Lumières d'ailleurs créent les prix Olfa Terras Rambourg[3],[23], renommé ensuite Prix Fondation Rambourg pour l'art et la culture[18]. L'objectif affiché est de mettre à l'honneur de jeunes talents et de les aider à rayonner en Tunisie et dans le monde. À travers les médias, Olfa Terras rappelle que « la culture n'est pas seulement un bienfait pour l'âme mais aussi une source de richesse économique qu'on oublie trop souvent »[4].

Lors de la première édition, les prix incluent chacun une dotation financière d'un montant de 20 000 dinars tunisiens et concernent les domaines des arts plastiques et visuels, de l'écriture, des spectacles vivants, de l'industrie culturelle et numérique et enfin de l'artisanat[8].

RéférencesModifier

  1. « La Franco-Tunisienne Olfa Terras Rambourg au secours de la culture et des arts », sur baya.tn (consulté le 1er juin 2019)
  2. a b c d e f g et h Khawla Hamed, « Success Story - Olfa Terras : la vertu au service des arts et de la culture », sur businessnews.com.tn, (consulté le 1er juin 2019)
  3. a et b « Tunisie – Mécénat : Olfa Terras Rambourg au secours de la culture et des arts », sur webmanagercenter.com, (consulté le 2 juin 2019)
  4. a b c et d « Olfa Rambourg, portrait d'une femme mécène engagée », sur prismes.neuflizeobc.fr, (consulté le 1er juin 2019)
  5. « Fondation Rambourg Tunisie : Shiran Ben Abderrazak nouveau directeur exécutif », sur realites.com.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  6. « Olfa Terras : une princesse des temps modernes au service des arts et de la culture », sur ala-une-mag.com, (consulté le 2 juin 2019)
  7. « La Franco-Tunisienne Olfa Terras Rambourg : « La culture est un enjeu fondamental pour promouvoir la Tunisie » », sur rtci.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  8. a et b « Lancement de la 2e édition du prix Fondation Rambourg pour l'art et la culture », sur leaders.com.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  9. Laameri Dorsaf, « TN Fame : rencontre avec madame Olfa Terras, créatrice de la Fondation Rambourg », sur tunisienumerique.com, (consulté le 1er juin 2019)
  10. « Olfa Terras… L'interview », sur lasultanemag.com, (consulté le 1er juin 2019)
  11. « Fondation Rambourg Tunisie : Shiran Ben Abderrazak nouveau directeur exécutif », sur realites.com.tn, (consulté le 1er juin 2019)
  12. Maryem Ben Yahia, « 3ich Tounsi : un relais de l'espoir transparent ? », sur realites.com.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  13. « 3ich Tounsi : une alternative politique qui monte en puissance ? », sur realites.com.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  14. Mohamed Khalil Jelassi, « Le cas douteux de 3ich Tounsi : d'une association à un parti politique ! », sur webdo.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  15. « Enquête : 3ich Tounsi, un « mouvement citoyen » aux ambitions politiques », sur nawaat.org, (consulté le 2 juin 2019)
  16. a et b « Olfa Terras exclut la transformation de 3ich Tounsi en un parti politique », sur radiomedtunisie.com, (consulté le 2 juin 2019)
  17. a et b « Olfa Terras : l'avenir de 3ich Tounsi sera déterminé à la fin du mois de ramadan », sur businessnews.com.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  18. a et b « Interview avec Olfa Terras Rambourg : altruisme, rigueur et amour infini », sur lexpertjournal.net, (consulté le 1er juin 2019)
  19. « Fête nationale de la femme : hommage à 7 brillantes Tunisiennes », sur kapitalis.com, (consulté le 1er juin 2019)
  20. « À l'occasion du 13-Août, le président de la République décore des personnalités nationales féminines », sur businessnews.com.tn, (consulté le 2 juin 2019)
  21. « Trophées New African Woman 2017 : deux femmes novatrices nominées », sur letemps.com.tn, (consulté le 1er juin 2019)
  22. Wafa Samoud, « Olfa Terras Rambourg reçoit le prix du meilleur investisseur dans la culture », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 1er juin 2019)
  23. « Tunisie : une philanthrope culturelle de la diaspora lance le "Prix Olfa Rambourg" », sur fr.allafrica.com, (consulté le 2 juin 2019)