Officina profumo-farmaceutica di Santa Maria Novella

Le vestibule.
Le musée.

L’Officina profumo-farmaceutica di Santa Maria Novella, également nommée Antica Spezieria di Santa Maria Novella, est une ancienne officine d'apothicaire italienne devenue une maison de parfum et de soins corporels située à Florence, dans l'ensemble conventuel de la basilique Santa Maria Novella. Ouverte en 1612 par des moines dominicains[1], cette pharmacie-parfumerie est la plus ancienne du monde occidental encore en activité.

Incluse dans le complexe de la basilique qui comporte plusieurs couvents, elle est accessible par la via della Scala, au numéro 16.

Histoire du lieuModifier

Les archives de la ville montrent qu'en 1381 les dominicains de Santa Maria Novella vendent déjà de l'eau de rose comme antiseptique en période d'épidémie, notamment de peste[1]. Les moines disposent d'une connaissance des plantes médicinales, cultivées dans un jardin des simples attenant : herbes et fleurs distillées servent ensuite à préparer essences, élixirs, pommades et baumes. Il s'agit donc, dans un premier temps, d'une officine d'apothicaire (spezieria en italien) comme il en existe dans la plupart des grandes villes européennes.

La parfumerie actuelle remonte à 1612, et son activité s'ajoute à celle de la pharmacie. Réputée dans toute l'Europe, elle reçoit la visite du grand-duc Ferdinand II de Médicis qui en fait son fournisseur agréé en 1659. Dante Alighieri s'y rend également[1]. Catherine de Médicis s'y fournit en Eau de la reine, parfum conçu pour elle à base de bergamote, et qu'elle emporte en France en 1533[1]. Le responsable du lieu est alors le frère Angiolo Marchissi. Au XVIIIe siècle, les moines fondent un véritable commerce, ils exportent leurs produits en Inde et en Chine.

Malgré la disparition de l'activité monastique au milieu du XIXe siècle, l'activité commerciale, elle, reste florissante, sous Damiano Beni qui, en 1866, revend à la ville les locaux historiques. Son neveu, Cesare Augusto Stefani, hérite de la maison de parfums et ce sont ses descendants qui gèrent encore de nos jours l'entreprise. Les portraits des membres de la famille sont exposés dans la sala verde, ou « salle verte », pièce rococo, carrelée de marbre noir, ornée d'un papier peint vert d'eau et de dorures[1].

L'écrivain Giacomo Leopardi, le poète Byron ou encore Pouchkine (ce dernier pour la fragrance Peau d'Espagne) comptent parmi les clients au XIXe siècle. De nos jours, Monica Bellucci, Penélope Cruz ou encore Eva Green s'y sont fournis. Cette dernière utilise un produit de la boutique dans le film Casino Royale et Tom Hanks son après-rasage dans Da Vinci Code. Santa Maria Novella est également citée dans la série télévisée Gossip Girl[1].

Elle reste depuis quatre siècles un lieu de vente de produits de parfumerie et de soins corporels originaux : eaux de Cologne, savons, talcs, pommades, etc., ainsi que de sucreries ; cependant il ne s'agit pas aujourd'hui d'une pharmacie au sens moderne : les produits sont tous artisanaux et protégés par un label DOP (origine contrôlée).

Cette parfumerie jouxte le musée de Santa Maria Novella, composé de plusieurs salles et d'une bibliothèque située dans la chapelle du couvent.

En 2012, la Poste italienne a émis un timbre en hommage à ce lieu.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Élisabeth Philippe, « Santa Maria Novella : une odeur de sainteté », Vanity Fair n°21, mars 2015, pages 80-82.

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :