Octavie la Jeune

citoyenne romaine, sœur d'Auguste
(Redirigé depuis Octavia Thurina Minor)
Octavie la Jeune
8106 - Roma - Ara Pacis - Ottavia Minore - Foto Giovanni Dall'Orto - 30-Mar-2008.jpg
Biographie
Naissance

Nola, Italie
Décès

Rome
Sépulture
Nom dans la langue maternelle
OctaviaVoir et modifier les données sur Wikidata
Époque
République romaine tardive (d), Haut Empire romainVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Octavii Rufi (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Père
Mère
Beau-parent
Fratrie
Octavie l'Aînée (sœur aînée consanguine)
AugusteVoir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Enfants
Gens
Octavii (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Octavie la Jeune, ou simplement Octavie (en latin Octavia Thurina Minor, 69 - ), est la sœur du premier empereur romain, Auguste, et la demi-sœur d'Octavie l'Aînée. Elle est la fille de Caius Octavius et d'Atia Balba Caesonia, la nièce de Jules César. Elle a été l'une des femmes les plus en vue de l’histoire romaine, respectée et admirée par ses contemporains pour sa fidélité, sa noblesse et son humanité. De plus, Octavie a survécu dans une période de la Rome antique où beaucoup ont succombé aux trahisons et aux intrigues.

BiographieModifier

Son enfanceModifier

Octavie naît à Nola en Italie. C'est la deuxième fille de Caius Octavius, mais la seule de son second mariage avec la nièce de Jules César, Atia Balba Caesonia. De ce second mariage naît également Octave, qui deviendra par la suite le premier empereur romain sous le nom d’Auguste.

Son père, gouverneur et sénateur romain, meurt en de causes naturelles. Par la suite, sa mère se remarie avec le consul Lucius Marcius Philippus.

Son premier mariageModifier

Vers , son beau-père s’arrange pour la marier à Caius Claudius Marcellus Minor. Ce dernier est un homme de haut rang qui deviendra d’ailleurs consul en et qui appartient à une branche de la puissante famille plébéienne des Claudii Marcelli, branche de la gens Claudii, et qui descend de Marcus Claudius Marcellus, un grand général qui s’est illustré lors de la deuxième guerre punique[1].

En , son grand-oncle César est impatient qu'elle divorce de son mari, afin qu'elle puisse se marier avec Pompée, qui vient juste de perdre son épouse Julia (fille de Jules César)[2]. Cependant, Pompée a apparemment décliné courtoisement la proposition, et le mari d'Octavie continue à s'opposer à César, notamment pendant son année de consul en

Ami de Cicéron, Marcellus est déjà un opposant de Jules César quand celui-ci envahit l'Italie, mais il ne prend pas les armes contre le grand-oncle de son épouse à la bataille de Pharsale. Il sera par la suite pardonné par celui-ci. Dès lors, Octavia continue vraisemblablement de vivre avec son mari jusqu’à la mort de celui-ci en Elle a alors 29 ans — elle en avait environ 15 quand ils se sont mariés.

Ils ont trois enfants : deux filles Claudia Marcella Major et Claudia Marcella Minor, ainsi qu’un fils Marcus Claudius Marcellus.

Son mariage avec Marc AntoineModifier

Par un décret sénatorial, Octavie se marie avec Marc Antoine en , et devient ainsi sa quatrième épouse — sa troisième épouse Fulvie étant morte peu avant. Ce mariage a dû être approuvé par le sénat car elle était enceinte de son premier mari, récemment décédé. De plus, il s'agissait d’un mariage politique permettant de cimenter une alliance instable entre son frère Octave et Marc Antoine lors de la paix de Brindes. Malgré cela, Octavie semble avoir été une épouse fidèle et loyale.

Entre 40 et , Octavie et Marc Antoine vivent ensemble à Athènes. Elle élève les enfants de son premier mariage avec Marcellus, les deux fils du premier mariage de Marc Antoine ainsi que les deux filles qu’ils ont eues ensemble, Antonia Major et Antonia Minor. Durant cette période elle voyage avec son mari à travers les diverses provinces de la République.

Alors que les relations entre Auguste et Marc Antoine se dégradent de plus en plus, ce dernier abandonne son épouse et ses enfants pour rejoindre son ancien amour, la reine Cléopâtre VII d'Égypte — ils s'étaient déjà rencontrés en et avaient eu des jumeaux. En , Octavie rentre à Rome avec ses enfants. À plusieurs occasions, elle joue le rôle de conseillère et de négociatrice politiques entre son mari et son frère. En témoignent des monnaies en bronze frappées en Achaïe sur lesquelles figurent au droit les bustes d'Antoine et d'Octave faisant face à celui d'Octavie. Le message est explicite : l’entente entre les deux triumvirs était garantie par Octavie[3],[4],[5].

Par la suite, Marc Antoine divorce d’Octavie en , puis meurt en après avoir été défait par Auguste. Octavie vit alors tranquillement en élevant ses cinq enfants, ainsi que les enfants de Marc Antoine : Iullus Antonius, Alexandre Hélios, Cléopâtre Séléné et Ptolémée Philadelphe.

La fin de sa vieModifier

Auguste avait adopté le fils d'Octavie Marcus Claudius Marcellus en tant qu’héritier, mais celui-ci meurt de maladie en Octavie crée la Bibliothèque de Marcellus en sa mémoire, alors que son frère Auguste érige un théâtre, le théâtre de Marcellus, en son honneur. Ne parvenant pas à se remettre de sa mort, elle se retire de la vie publique et passe ses dernières années dans l'obscurité en portant le deuil de son fils.

Octavie décède en Son enterrement public a lieu la même année ; ses beaux-fils portent le cercueil. Bien que son frère, l’empereur Auguste ait proclamé le discours solennel funéraire et lui ait donné les honneurs posthumes les plus élevés (par exemple en édifiant la Porte d'Octavie et le Portique d'Octavie en sa mémoire, ou encore en la proclamant déesse et en construisant des temples en son honneur), il a cependant refusé, pour des raisons inconnues, plusieurs des honneurs décrétés pour elle par le sénat.

Octavie était l'une des premières femmes romaines à avoir des pièces de monnaie frappées à son effigie. Son portrait de profil accompagne celui de Marc Antoine sur des émissions datées de la période 39-[6].

GénéalogieModifier

AscendanceModifier

FamilleModifier

ReprésentationModifier

Notes et référencesModifier

  1. M.E. Albertini, La clientèle des Claudii, Mélanges d'histoire et d'archéologie, 1904, 24, p. 251. [1].
  2. Suétone, César, 27.
  3. (en) Elizabeth Donnelly Carney et Sabine Müller, The Routledge companion to women and monarchy in the ancient Mediterranean world, New-York, Routledge, , 537 p. (ISBN 978-0-429-43410-5, 0-429-43410-3 et 978-0-429-78399-9, OCLC 1154099146, lire en ligne), p. 380.
  4. (en) « Roman Provincial Coinage Online », sur rpc.ashmus.ox.ac.uk (consulté le ).
  5. (en) Tracene Harvey, Julia Augusta : images of Rome's first empress on the coins of the Roman Empire, London, Routledge, , 278 p. (ISBN 978-0-429-65114-4, 0-429-65114-7 et 978-0-429-64586-0, OCLC 1098230246, lire en ligne), p. 44.
  6. Henry Cohen, Description historique des monnaies frappées sous l'Empire romain, Paris, 1892, tome 1, p 52-56.

Liens externesModifier