Ouvrir le menu principal

Occupation de la Roumanie par l'Union soviétique

L’occupation de la Roumanie par l'Union soviétique (appelée « libération de la Roumanie par la glorieuse armée soviétique » à l'époque communiste) est une conséquence de la Seconde Guerre mondiale et a eu des durées différentes selon les territoires :

Позвольте нам бороться за мир - Wir kämpfen für den Frieden - Luptăm pentru pace - calicot de 6 m x 3 m avec Staline en tête, dans le style du réalisme socialiste.
Timbre-poste de l'époque de l'occupation avec la mention „Vive la fraternité d'armes roumano-soviétique”
Achevé en 1952, le palais du quotidien „Scînteia” du Parti unique (la „Pravda” roumaine) est une copie plus modeste de l'Université Lomonossov de Moscou (ici au verso d'un billet de 100 lei).

À l'apogée de l'occupation, en 1946, l'Armée rouge ne compte pas moins de 615 000 soldats en Roumanie. Elle permet au Parti communiste roumain, initialement très minoritaire, d'imposer, par le coup d'État du sa dictature, qui aboutit le à la proclamation de la République populaire roumaine. Le régime communiste dura jusqu'au .

Au titre des 300.000.000 $ de réparations de guerre dues par la Roumanie au traité de Paris de 1947, mais dépassant de facto largement cette valeur, cette occupation s'est accompagnée d'une confiscation par l'URSS de la quasi-totalité de sa flotte maritime et de son aviation, d'une grande quantité de matériel roulant motorisé et de machines-outils, de tout l'or disponible y compris celui des particuliers (sa détention ayant été interdite en 1948), de la production pétrolière de Ploiești ainsi que de la production minière, notamment des mines d'uranium du nord du pays[1]. Par ailleurs, en 1948, quelques mois après la proclamation de la république dite « populaire » et alors que le leu royal était dévalué de 50 %, le nouveau régime changea la monnaie, sans en avertir la population, à raison d'un nouveau leu républicain pour 20 lei royaux de sorte que les économies des citoyens, des associations ou des syndicats qui en avaient, disparurent dans les caisses de l'État communiste, qui par ailleurs leur interdit la détention de métaux précieux et de gemmes[2].

En 1958, une fois écrasés les principaux foyers de résistance anti-totalitaire, une fois consolidé le régime et une fois la déstalinisation amorcée, et tandis que les gisements de Ploiești s'épuisent, le dictateur communiste Gheorghe Gheorghiu-Dej négocie avec les Soviétiques un retrait progressif de leurs troupes, qui s'achèvera en 1962 par l'évacuation de la base navale de Mangalia (l'Union soviétique ne conservera définitivement que l'île des Serpents en mer Noire et quelques petites îles aux bouches du Danube, aujourd'hui ukrainiennes). Tout en restant un fidèle membre du pacte de Varsovie, Gheorghiu-Dej établit en 1962 des relations diplomatiques avec les États-Unis, les pays occidentaux et Israël : le président américain Lyndon B. Johnson fait de la Roumanie en 1963 un « pays communiste commercialement privilégié ». L'artisan de ce virage politique, commercial et stratégique est Gheorghe Gaston Marin, vice-président du gouvernement, dernier soutien de Gheorghiu-Dej à être écarté du gouvernement en 1982 par Nicolae Ceaușescu et qui émigrera vers Israël en 1989[3].

SourcesModifier

  1. Flori Stănescu, Dragoș Zamfirescu, Ocupația sovietică în România - Documente 1944-1946, éd. Vremea, Bucarest 1998, (ISBN 973-9423-17-5).
  2. Flori Stănescu, Dragoș Zamfirescu, (ro) Ocupația sovietică în România - Documente 1944-1946, éd. Vremea, Bucarest 1998, (ISBN 973-9423-17-5).
  3. Consiliul Național pentru Studirea Arhivelor Securității, article « Gheorghe Gheorghiu-Dej », dans Dicționar al membrilor CC al PCR 1945-1989, Editura Enciclopedică, Bucarest 2004, p. 291.