Observatoire du journalisme

site Web français d'extrême droite
Observatoire du journalisme
Logo de l’association
Logo de l'association.
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Zone d’influence France
Fondation
Fondation
Fondateur Claude Chollet
Identité
Site web ojim.fr

L'Observatoire du journalisme (anciennement Observatoire des journalistes et de l'information médiatique, OJIM) est une association française loi de 1901, dont l'objectif revendiqué est d'« informer sur ceux qui informent », autrement dit proposer une critique des médias. L'association est classée à l'extrême droite, une étiquette contestée par le fondateur de l'Observatoire.

Historique et orientation politiqueModifier

L'association est créée en par Claude Chollet[1]. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1970[2] et d'études supérieures en science politique en 1972[3], Claude Chollet a été président du GRECE en 1984, et est proche de Fabrice Robert[4], qui le qualifie de « compagnon de route du Bloc identitaire[5] ».

L'association est classée à l'extrême droite par les journalistes Dominique Albertini et David Doucet. Ce dernier voit en elle le symbole d'une « professionnalisation de la critique des médias » au sein de cette partie de l'échiquier politique. L'association se veut dédiée au « monde de l'information, son évolution, son influence, mais aussi des dérives »[6],[1]. Selon David Doucet, l'association, cherchant à « délégitimer les médias traditionnels », en proposant des portraits de journalistes ou bien encore des infographies fouillées sur les différents groupes médiatiques, essaye de débusquer les engagements militants ou associatifs des journalistes afin de remettre en cause leur objectivité[1]. L'objectif revendiqué de l'association est d'« informer sur ceux qui informent », donc, selon Le Monde, de devenir le pendant à l'extrême droite du site Acrimed, « le célèbre observatoire critique des médias ancré très à gauche ». L'Observatoire est soutenu par Jean-Yves Le Gallou et Phillipe Milliau, un « autre pilier » de la Nouvelle Droite, ancien dirigeant du Bloc identitaire[7],[8].

Claude Chollet, qui refuse l’étiquette d’extrême droite, revendique une certaine neutralité et se définit comme « un populiste tendance Beppe Grillo ». David Doucet estime que « pourtant, dans ses portraits, l’Ojim tourne parfois à l’entreprise voyeuriste », les origines ethniques ou orientations sexuelles supposées des journalistes classés à gauche prenant selon lui souvent le pas sur la description de leur carrière professionnelle. Laurent Ruquier est ainsi présenté comme « le gay passe-partout » et Harry Roselmack comme le « gendre martiniquais idéal », tandis que Robert Ménard est célébré pour son positionnement contre le politiquement correct et décrit comme le nouveau « Voltaire »[1].

Europe 1 estime qu'il n'est pas surprenant que l'Observatoire des journalistes et de l'information médiatique (ancien nom de l'association) soit félicité pour son travail lors de la cérémonie des Bobards d'or étant donné ses liens avec l'extrême droite, tout en notant également que lors de cette cérémonie, le travail du site de critique des médias Acrimed, « réputé proche de la gauche alternative », a également été salué[9].

L'association, fondée avec 10 000 euros de capital, aurait récolté 100 000 euros de dons selon son président après 18 mois d'existence, essentiellement venant des personnes âgées qui en ont « marre de la désinformation »[5]. En , le fondateur de l'association revendique 120 000 visiteurs uniques par mois.

Bien que ne mettant pas en avant ses liens avec les autres sites d'extrême-droite, l'observatoire est souvent cité en exemple par ces mêmes sites et les autres médias qui leur sont liés[10]. Participante à la « réinformation »[11], l'association a notamment été l'invitée de la 5e « journée de réinformation » de la fondation Polémia[7].

Lors d'une interview donnée au site d'information Atlantico, l'essayiste Jean-Paul Gourévitch estime que « l’opinion publique est soumise à un véritable matraquage sur le problème de l’immigration », prenant en exemple l'analyse du traitement médiatique de la crise des migrants de l'été 2017, effectuée par l'OJIM[12].

En , l'OJIM change de nom pour devenir l'Observatoire du journalisme[13].

Identité visuelleModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d David Doucet, « L'extrême droite développe sa critique des médias », Les Inrockuptibles, .
  2. « Claude Chollet », sur sciences-po.asso.fr.
  3. Claude Chollet et Raoul Girardet (dir.), Nationalisme et syndicalisme révolutionnaire en France avant 1914 (mémoire de Diplôme supérieur de recherches et d'études politiques), Fondation nationale des sciences politiques, (SUDOC 076421767).
  4. « OJIM », Œil sur le Front, Libération, .
  5. a et b Albertini et Doucet 2016, p. 219.
  6. Albertini et Doucet 2016, p. 216.
  7. a et b Olivier Faye, Abel Mestre et Caroline Monnot, « Jean-Yves Le Gallou lance un Acrimed d’extrême droite », Droite(s) extrême(s), Le Monde, .
  8. Dominique Albertini, « La fachosphère se paie la tournée des “bobards” », Libération, .
  9. Antoine Bayet, « Le chef de cabinet de Marine Le Pen fait des petites fiches sur les journalistes », sur Le Lab, Europe 1, .
  10. Henri Maler et Blaise Magnin, « L’extrême droite à l’assaut des médias et de la critique des médias », Acrimed, .
  11. Samuel Laurent, « Nordactu, Breizh Info, Info-Bordeaux... Les vrais faux sites d’infos locales des militants identitaires », sur Le Monde, (consulté le 4 août 2020).
  12. Jean-Paul Gourévitch, « Immigration et migrants : les Français ne sont pas du tout informés correctement », sur Atlantico, (consulté le 26 janvier 2018).
  13. Claude Chollet, « Décryptage des médias : L'OJIM devient l'Observatoire du journalisme », sur Boulevard Voltaire, (consulté le 26 janvier 2018).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • « Ficher les journalistes », dans Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : comment l'extrême droite remporte la bataille du net, Paris, Flammarion, (ISBN 978-2-0813-5491-3), p. 216–223.

Lien externeModifier