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Grande Tête de l'Obiou

montagne des Alpes
(Redirigé depuis Obiou)

Grande Tête de l'Obiou
Vue de l'Obiou depuis la route Napoléon (RN 85) aux environs de Corps.
Vue de l'Obiou depuis la route Napoléon (RN 85) aux environs de Corps.
Géographie
Altitude 2 789 m
Massif Massif du Dévoluy (Alpes)
Coordonnées 44° 46′ 31″ nord, 5° 50′ 22″ est
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Isère
Ascension
Voie la plus facile depuis les chalets des Baumes à l'est puis versant sud
Géologie
Âge Jurassique, Crétacé
Roches Roches sédimentaires

Géolocalisation sur la carte : Isère

(Voir situation sur carte : Isère)
Grande Tête de l'Obiou

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Grande Tête de l'Obiou
Grande Tête de l'Obiou.jpg

La Grande Tête de l'Obiou, ou plus communément l'Obiou, est un sommet situé dans les Préalpes françaises, à peu près à égale distance de Grenoble (Isère) et de Gap (Hautes-Alpes). Avec ses 2 789 mètres d'altitude, c'est le point culminant du massif du Dévoluy.

ÉtymologieModifier

De nombreuses hypothèses ont été formulées ces derniers siècles quant à l'étymologie du nom Obiou ; l'hypothèse qui semble faire aujourd'hui consensus le rattache à l'expression francoprovençale Testo do biou, ou « tête de bœuf », en rapport avec le caractère imposant du sommet[1].

GéographieModifier

SituationModifier

L'Obiou est situé à l'extrémité nord du chaînon occidental du Dévoluy, à environ 5 kilomètres au nord du Grand Ferrand, sommet secondaire du massif (2 758 mètres). Il domine au nord-ouest les vallonnements du Trièves (altitude moyenne 1 000 mètres), et au nord-est l'échancrure des gorges supérieures du Drac. Il fait face aux massifs du Vercors à l'ouest, du Taillefer au nord et des Écrins à l'est.

Sa position isolée à l'avant du Dévoluy le rend facilement identifiable depuis les autres sommets des Alpes.

GéologieModifier

Le sommet est constitué, comme le reste du massif du Dévoluy, de la superposition de deux couches géologiques : roches sédimentaires du Jurassique supérieur pour la partie inférieure et du Crétacé supérieur pour la partie supérieure.

Comme le mont Aiguille au sud-est du Vercors voisin, l'Obiou est une « butte-témoin », c'est-à-dire une structure laissée par l'érosion, autour d'elle, du plateau dont elle faisait à l'origine partie. Cette érosion est due à l'affaissement des sols karstiques et à l'action des glaciers, maintenant disparus.

HistoireModifier

Le sommet fut le lieu de deux catastrophes aériennes[2].

1946, le B-17GModifier

Le , une forteresse volante B-17G-65-DL des United States Army Air Forces, immatriculée 44-6834 et effectuant le trajet ParisLyonIstresCasablanca, s'écrase sur une face du sommet. Des opérations de recherches sont engagées, mais suspendues au bout de quelques jours, aucune trace de l'aéronef ni de ses occupants n'ayant été retrouvée. Ce n'est que le que le site de l'accident est repéré par des randonneurs, à une altitude de 2 700 m, dans une zone située entre le Petit Obiou et la Grande Tête de l'Obiou. Les quatre membres d'équipage et les sept passagers avaient tous été tués dans l'accident.

1950, le DC-4 « Pèlerin Canadien »Modifier

Le , un autre accident, provoqué par le crash d'un Douglas DC-4 canadien, fait 58 morts (7 membres d'équipage et 51 passagers). Le « Pèlerin Canadien », un avion de Curtiss-Reid Aircraft Ltd, immatriculé CF-EDN, ramenait des pèlerins[3] de Rome à Montréal via Paris, Shannon et Keflavík. Le pilote aurait fait une erreur de navigation due à la dérive vers l'est d'un vent d'ouest plus fort que prévu[4], s'éloignant d'une centaine de kilomètres de sa route normale, suivant peut-être la Durance confondue avec le Rhône par faible visibilité.

L'hypothèse d'un détournement d'avion raté (pour faire main-basse sur le matériel catholique que les pèlerins emportaient avec eux, ou sur du matériel relevant de l'espionnage) a été avancée par l'auteur et professeur-géographe Louis-Edmond Hamelin dans l'ouvrage l'Obiou, entre Dieu et Diable[5], sans toutefois correspondre aux témoignages ayant vu l'avion au-dessus de Sisteron et Gap[4], puis du Dévoluy[6].

Un cimetière-mémorial a été construit pour les victimes du crash à l'entrée du village de la Salette-Fallavaux, proche du lieu de l'accident ; dans son enceinte ont été dressées des statues de Notre-Dame de la Salette et des deux enfants auxquels elle est apparue, construites à partir des débris de l'avion.

AscensionModifier

La voie normale passe par le versant sud, à partir du parking de la cabane des Baumes, via le col des Faïsses et le col de l'Obiou (l'Épaule). Il s'agit d'un itinéraire très fréquenté, exposé aux chutes de pierres, aérien mais néanmoins accessible au randonneur sans matériel spécifique. D'autres voies d'accès, certaines historiques (voie Marie-Thérèse, et voie Paul Arthaud, rééquipée), requièrent en revanche des techniques d'escalade, dans un terrain parfois instable.

Notes et référencesModifier

  1. P. Barnola, J.M. Faure, L'Obiou, , 77 p., p. 13
  2. Bureau of Aircraft Accidents Archives, Mt Obiou
  3. La Tragédie de l'Obiou, Les Réalisations Graphiques Gidan, Québec, 1950 (consulté le 11 mars 2019).
  4. a et b « Rapport final du BEA » (consulté le 11 mars 2019)
  5. « Chapitre VIII du livre L'Obiou, Entre Dieu et Diable » (consulté le 27 novembre 2016)
  6. « Rapport initial du district aéronautique », (consulté le 27 novembre 2016)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • P. Barnola et J.-M. Faure, L'Obiou, 1982, 77 p.
  • Fabienne Gilbertas, 60 ans, après l'accident de l'Obiou. Recueil de témoignages des sauveteurs, le 60e anniversaire de la catastrophe, 2010 (ISBN 2916300007)
  • Louis-Edmond Hamelin, L'Obiou entre Dieu et diable, 1990 (ISBN 289415030X), extraits
  • Claude Péquignot, Sa Majesté l'Obiou, 2004 (ISBN 295153812X)

Liens externesModifier

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