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Njinga du Ndongo et du Matamba

(Redirigé depuis Nzinga)
Nzinga du Ndongo et du Matamba
Ann Zingha.jpg
Fonction
Reine (en)
Titre de noblesse
Reine (en) (Royaume de Ndongo et Royaume du Matamba)
Biographie
Naissance
Décès
Domicile
Royaume du Matamba (à partir de )Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Religion

Anna Nzinga, Ana de Sousa Nzinga Mbande ou Njinga Mbandi[Note 1],[1], connue également sous le nom de Nzinga du Ndongo et du Matamba (1583 (?) – 17 décembre 1663), fut reine du royaume de Ndongo et du royaume de Matamba dans l'actuel Angola.

Sommaire

Enfance et ascensionModifier

Nzinga, née vers 1583, est la fille du roi Kiluanji et de la reine Kangela, qui eurent également trois autres enfants : un fils, Mbandi, et deux filles, Kifunji et Mukambu. Elle fut prénommée Njinga parce qu'elle est née avec le cordon ombilical autour du cou (« kujinga » signifiant « tordre » ou « enrouler » en kimbundu). La tradition voulait que les enfants nés ainsi deviendraient des adultes fiers et hautains ; une femme sage aurait dit à sa mère que Nzinga serait reine un jour. Elle se souvint avoir été choyée par son père, qui l'autorisa à l'assister lorsqu'il gouvernait son royaume et qui l'emmena avec lui lorsqu'il allait faire la guerre.

La première mention de Nzinga dans les archives européennes remonte à 1622, lorsque son frère, devenu le Ngola Mbande, l'envoya comme émissaire à une conférence de paix à Luanda avec le gouverneur du Portugal João Correia de Sousa.

Prise du pouvoir et règneModifier

 
Nzinga lors des négociations avec le gouverneur portugais en 1657 à Luanda.

L'objectif du Ngola Mbande était de chasser les Portugais de la forteresse d'Ambaca que le prédécesseur de Sousa, Mendes de Vasconcelos, avait construite en 1618 sur son territoire, de récupérer certains de ses sujets tenus captifs, notamment des groupes de serfs ijiko, et de convaincre le gouverneur de faire cesser les raids des mercenaires imbangala à son service. Le gouverneur accéda à toutes ses demandes et signa un traité de paix ; les avis divergent toutefois sur le fait que Nzinga accepta un statut de vassalité ou non. Une histoire veut que le gouverneur n'offrit aucune chaise à Nzinga, l'invitant à s'asseoir sur une paillasse pendant les négociations, ce qui, selon la tradition Mbundu, ne convenait qu'aux subordonnés. Refusant de s'abaisser ainsi, Nzinga ordonna à l'une de ses servantes de se mettre à quatre pattes pour s'asseoir sur son dos.

Nzinga se convertit au christianisme, possiblement pour renforcer son traité de paix avec le Portugal, et adopta le nom de Dona Ana de Sousa en hommage à l'épouse du gouverneur, qui fut également sa marraine. Le Portugal n'honora cependant pas sa part du traité, refusant de se retirer d'Ambaca, de rendre les sujets du Ndongo et de contenir les assauts des Imbangala.

Cet échec poussa le frère de Nzinga au suicide, convaincu qu'il ne pourrait jamais récupérer ce qu'il avait perdu à la guerre. Des rumeurs circulèrent accusant Nzinga de l'avoir empoisonné, rumeurs que le Portugal repris à son compte pour refuser de la reconnaître dans le successeur de son frère.

Nzinga assura la régence de son neveu et fils de son frère, Kaza, alors sous la garde des Imbangala. Nzinga envoya des émissaires le chercher, puis le fit assassiner. Elle endossa ensuite le pouvoir au Ndongo. En 1624, elle signait ses lettres Madame du Ngondo puis, à compter de 1626, elle prit le titre de Reine du Ndongo.

Alliance avec les Pays-BasModifier

 
Illustration de l'alliance avec les Pays-Bas. UNESCO.

En 1641, les Pays-Bas, soutenus par le royaume du Kongo, s'emparèrent de Luanda. Nzinga s'empressa de leur envoyer un émissaire et conclut une alliance avec eux contre le Portugal. Espérant, grâce à l'aide des Pays-Bas, reconquérir ses territoires perdus, elle déplaça sa capitale vers Kavanga, au nord des anciens domaines du Ndongo. En 1644, elle défit l'armée portugaise à Ngoleme mais fut incapable de conclure. Deux ans plus tard, elle essuya une défaite à Kavanga, vit sa sœur capturée et ses archives saisies, ce qui révéla son alliance avec le Kongo. Ces mêmes archives révélèrent que sa sœur avait tenu une correspondance secrète avec elle, lui révélant des plans portugais. Les sources divergent quant au sort que connut sa sœur. Certaines affirment qu'elle fut noyée dans le Kwanza en rétorsion, d'autres qu'elle parvint à s'échapper et à gagner l'actuelle Namibie.

Les Pays-Bas envoyèrent alors des renforts à Nzinga depuis Luanda et cette dernière remporta une victoire en 1647 avant d'assiéger la capitale portugaise de Masangano. Cependant, le Portugal, avec l'aide du Brésil, reprit Luanda l'année suivante et Nzinga se replia sur Matamba d'où elle continua à défier les armées portugaises. Passé l'âge de soixante ans, elle assurait toujours personnellement la conduite de ses armées sur les champs de bataille.

Dernières annéesModifier

En 1657, fatiguée de ses incessantes luttes, Nzinga signa un traité de paix avec le Portugal. Elle y inséra une clause engageant les Portugais à soutenir le maintien de sa famille au pouvoir et, faute d'un fils pour lui succéder, elle tenta de marier sa sœur à João Guterres Ngola Kanini. Le mariage ne fut toutefois pas autorisé, les prêtres affirmant que ce dernier avait déjà une femme à Ambaca.

Malgré de nombreuses tentatives de coup d'État, en particulier du Kasanje, dont les groupes imbangala rôdaient toujours au sud, elle mourut paisiblement le 17 décembre 1663 au Matamba, à l'âge de 80 ans. Une guerre civile éclata mais Francisco Guterres Ngola Kanini parvint à lui succéder.

HéritageModifier

 
Illustration de Pat Masioni pour Njinga Mbandi, reine du Ndongo et du Matamba (série Unesco)[2], représentant sa statue érigée à Kinaxixi.

Les Angolais se souviennent de Nzinga pour ses compétences politiques et diplomatiques ainsi que pour sa brillante tactique militaire. Une grande artère porte son nom à Luanda et une statue fut érigée à Kinaxixi en 2002 à l'occasion du 27e anniversaire de l'indépendance.

Dans la fictionModifier

  • Nzinga, reine du Ndongo et du Matamba, un chapitre de la bande dessinée Pénélope Bagieu, Culottées 1 - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, Gallimard, (ISBN 9782070601387) consacré au destin de la reine.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La forme Njinga est la plus exacte et correcte en kimbundu, la reine étant née dans une population Mbundu d’Angola. Les premiers missionnaires l'écrivaient d’ailleurs sous la forme Ginga. Sur sa statue en Angola, le nom inscrit est bien « Mwene Njinga Mbandi ». L'équivalent en kikongo est « Nzinga ». Jean Cuvelier, qui travaillait alors dans le Congo belge, dans sa biographie de la reine publiée en 1957, utilisa l’orthographe kikongo et contribua ainsi à répandre cette forme dans la littérature et les médias

RéférencesModifier

  1. Njinga, reine d’Angola, 2° éd. 2014, p. 397-398 (note de John Thornton et Xavier de Castro).
  2. Série Femmes dans l'histoire de l'Afrique, Unesco [1]
  3. Fiche de Njinga, reinha de Angola sur l'Internet Movie Database. Page consultée le 17 mai 2016.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Antonio Cavazzi de Montecuccolo, Njinga, reine d'Angola, 1582-1663 : la relation d'Antonio Cavazzi de Montecuccolo, 1687 (organisation et notes de Xavier de Castro, traduction de Xavier de Castro et Alix du Cheyron d'Abzac), Chandeigne, Paris, 2° éd., 2014, 446 p. (ISBN 978-236732-087-8)
  • Jean-Michel Deveau, La reine Nzingha et l'Angola au XVIIe siècle, Karthala, Paris, 2015, 163 p. (ISBN 978-2-8111-1085-7)
  • (en) Elizabeth Orchardson-Mazrui, Nzinga, the warrior queen, Jomo Kenyatta Foundation, Nairobi, 2006, 205 p. (ISBN 978-9966-22547-4)
  • (pt) Inocência Mata, A rainha Nzinga Mbandi : história, memória e mito (1° Colóquio International sobre a Rainha Nzinga Mbandi, Rome, 2 et 3 mars 2010), Edições Colibri, Lisboa, 2014, 223 p. (ISBN 978-989-689-184-8)

Article connexeModifier

Liens externesModifier

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