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Nouzonville

commune française du département des Ardennes

Nouzonville est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.

Nouzonville
Place de la Mairie
Place de la Mairie
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Charleville-Mézières-2
Intercommunalité Ardenne Métropole
Maire
Mandat
Florian Lecoultre
2014-2020
Code postal 08700
Code commune 08328
Démographie
Population
municipale
6 107 hab. (2014)
Densité 559 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 48′ 57″ nord, 4° 44′ 45″ est
Altitude Min. 132 m
Max. 361 m
Superficie 10,92 km2
Localisation

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Nouzonville
Liens
Site web [1]

Sommaire

GéographieModifier

La ville se trouve à la confluence des vallées de la Meuse et de la Goutelle, au nord de Charleville-Mézières, elle est desservie par la ligne de Soissons à Givet et la départementale 1.

HistoireModifier

Au départ la localité porte le nom de Nozon-de-les-Braux (de 1234 à 1400) puis Nouzon et enfin Nouzonville le 24 octobre 1921.

En 1468, les Liégeois arrivent, chassés par les exactions de Charles le Téméraire (les Thomé, Roynette, Barbette, Dehan, Malicet,… ) ; ils s’installèrent aux portes de Nouzon, le long d’un petit ruisseau nommé « La Goutelle ».

Alors que jusqu’au XVe siècle, ce n’était qu’un petit village vivant de pêche, des bois et d’un peu de culture, Nouzon devint la capitale du royaume du fer,

L’ancienne propriété d’un maître de forges nommé Robillard est achetée en 1688 par Maximilien Titon et Victor Fournier, alors directeur de la police et receveur des deniers de Charleville.

 
emprise de l'usine d'armes dans la vallée de la Goutelle.

Commence alors la construction d’un ensemble d’usines, entouré rapidement d’une enceinte au lieu-dit La Forge de Nouzon (en 1690-1691). La manufacture, installée au fond de la vallée de La Goutelle, utilise la force hydraulique du cours d’eau ; une prise d’eau et un canal sont construits. Le site est pourvu d’une enceinte et fait office de garnison de 80 hommes à plein temps. L’usine est spécialisée dans la fabrication des canons de fusil. Les métallurgistes utilisaient le fer de l’abbaye d’Orval, l’acier d’Allemagne et le fer refondu issu de la récupération de petites ferrailles ; le montage et l’épreuve des fusils ayant lieu à Charleville par des spécialistes et les équipes monteurs. La platinerie et la garniture du canon étaient assurées en sous-traitance par des artisans dispersés dans les bourgs. L’activité de cette manufacture se calque sur le rythme des commandes militaires ; elle fut prospère jusqu’en 1769, sous la Révolution et l’Empire. Elle s’agrandit en 1772 d’une fabrique d’armes blanches où l’on aiguisait les baïonnettes et les baguettes. En 1784, une annexe fut fondée à La Cachette, en amont de La Forge. Pendant la période 1789-1815, la production double.

Puis un déclin progressif s’en est suivi, jusqu’à la fermeture définitive en 1836. Le choix est alors fait de privilégier la manufacture d’armes de la ville de Saint-Étienne. Après l’achat des bâtiments par le maître de forges Jean-Nicolas Gendarme en 1837, le site sera diversement occupé durant la deuxième moitié du XIXe siècle : Nicolas Maudière installe sa ferronnerie en 1859, François Fuzelier implante une fonderie en 1860, Louis-Gustave Thomé un atelier de forge en 1869. Nouzonville, fut longtemps une cité industrielle crachant du feu et des flammes, royaume du fer, elle fut surnommée « Le Creusot des Ardennes ».

Le site de la Manufacture Royale de Nouzon est presque entièrement démoli en 1986. Une salle de sport a intégré l’ancien magasin construit en 1689.

À la suite de la confusion possible entre Mouzon et Nouzon qui peut avoir lieu à la lecture d'une écriture manuscrite, notamment par La Poste, Nouzon change de nom en Nouzonville le 24 octobre 1921 par décision du conseil municipal (écartant ainsi d'autres propositions : Nouzon-la-Forge, Nouzon-les-Forges, Nouzon-sur-Meuse, et enfin Nouzon-la-Cachette… ). Mais Devant-Nouzon a gardé son nom, et les Nouzonnais le leur.

Le , lors de la bataille de France, la rive droite de Nouzonville est occupée dans l'après-midi par les Allemands de la 3. Infanterie-Division du Generalleutnant Lichel, la rive gauche étant défendue par le Ier bataillon (commandant Couturier) de la 52e demi-brigade de mitrailleurs indigènes coloniaux[1] (52e DBMIC). Les Français ayant fait sauter le pont le 12 mai au soir[2], les Allemands devront franchir la Meuse en canots ; ils précèdent leur attaque par un intense bombardements aérien qui touche la ville[1]. Malgré les dégâts qu'ils ont pu subir, les défenseurs repoussent la tentative allemande de traversée du fleuve[1]. Les Allemands repassent à l'attaque le lendemain à 7h30 au niveau du cimetière de la ville, mais sont cloués au sol par le feu français, dont l'artillerie de la casemate de Nouzonville tire à vue[3]. Néanmoins en fin de matinée, ce feu diminue, la 102e division d'infanterie de forteresse dont dépend la 52e DBMIC se replie vers l'arrière à cause de la menace que fait peser la percée de la 6e Panzerdivision à Monthermé depuis quelques heures[3]. À 11h ce , Nouzonville est aux mains des Allemands de la 3. Infanterie-Division[3]. La casemate de Nouzonville continuera à tirer jusqu'à la nuit lorsque sa pièce sera hors d'usage[3].

HéraldiqueModifier

  Blason D’azur à la barre d’argent accompagné en chef d’une barque contournée d’or en barre, avec un pêcheur de carnation et un aviron aussi d’argent, voguant sur des ondes de sinople mouvant du côté supérieur de la barre et en pointe d’une enclume aussi d’or adextrée d’un marteau renversé du même brochant en barre.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
avant 1870   Charles Jeunehomme-Rousseau
(1827-1877)
  Fabricant de ferronnerie
Membre du conseil d’arrondissement
Lors de la guerre de 1870, il subit 3 mois de captivité en Allemagne[4].
avant 1875 après 1876 M. Joset[5]    
1877  ? M. Henrot    
1896 1900 Pierre Isidore Grisard[6]
(1856-1942)
FTSF
POSR
Ouvrier métallurgiste, contremaître, industriel
Syndicaliste
Secrétaire de la Fédération des travailleurs socialistes des Ardennes (1888)
1900 1914 Célestin Léger[7]
(1862-1943)
POSF
SFIO
Ouvrier métallurgiste, représentant de commerce
1914 1915 M.Mailfait[8]    
1915 1919 Délégation spéciale[8]
(Présidée par M. Crépel)
   
1919 1919 M. Mailfait[8]    
1919 1935 Omer Delaval[9]
(1879-1963)
SFIO Tailleur d'habits
1935 1940
(déchu de ses mandats)
Pierre Lareppe[10]
(1897-1972)
PC Ouvrier mouleur
Syndicaliste
Secrétaire du Parti communiste ardennais (1933 → 1936)
Député des Ardennes (1936 → 1940)
1940 1945 Délégation spéciale[8]    
1945 1953 Pierre Lareppe PCF Député des Ardennes (1945 →1951 et 1956 → 1958)
1953 1974 André Stévenin SFIO puis PS Directeur d'école
 ? 1983 Maurice Albert    
1983 1993 André Fuzellier PS Secrétaire général de mairie
Conseiller général du Canton de Nouzonville (1973-1992)
1993 mars 2008 Guy Istace DVG Conseiller général du Canton de Nouzonville (1992-1998)
mars 2008 avril 2014 Jean-Marcel Camus DVG  
6 avril 2014[11] en cours
(au 10 avril 2014)
Florian Lecoultre PS Attaché d'assemblée

Nouzonville a adhéré à la charte du Parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[12].

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[13]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[14],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 6 107 habitants, en diminution de -3,42 % par rapport à 2009 (Ardennes : -1,28 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
856 962 1 208 1 417 1 803 2 050 2 153 2 575 2 535
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
4 022 5 164 5 411 7 069 6 992 6 741 6 603 7 795 7 574
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
7 815 6 591 6 848 7 119 6 198 4 657 6 155 6 954 7 798
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014 - -
7 797 7 355 6 970 6 869 6 447 6 312 6 107 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

Au Moyen Âge, (Nouzon)ville n'était qu’un petit village vivant de pêche, de bois et d’un peu de culture. En 1468, les liégeois, chassés par les exactions de Charles le Téméraire s’installèrent le long d’un petit ruisseau nommé « La Goutelle ».

Le XVIe siècle voit apparaître les « boutiques » de forgerons.

Le XIXe siècle, apporte la révolution industrielle et l'apparition de la métallurgie. Le chemin de fer est installé dans la vallée et permet le développement rapide des échanges et l'essor des entreprises. Les « boutiques » sont remplacées par les usines : Fonderie, emboutissage, estampage et tôlerie. Les conditions de travail sont dures et les salaires bas.

Durant la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, Nouzonville devient ainsi un important centre industriel de la vallée de la Meuse grâce aux transports fluviaux et ferroviaires, mais son activité a pratiquement disparu après les années 1970. Il ne reste aujourd'hui que quelques :

  • Fonderie, forge et estampage (Sté Nouvelle des Fonderies Nicolas) ;
  • récupération de métaux (Sorefar) ;
  • exploitation forestière ;
  • tourisme[17].

Les Ateliers Thomé-Génot, implantés depuis 1863, ont été fermés en 2007.

TransportsModifier

La commune de Nouzonville est desservie par la ligne ferroviaire Charleville-Mézières - Givet[17]

EnseignementModifier

  • École maternelles
  • Écoles élémentaires
  • Collège[17]

Lycée présent à environ 10 km à Charleville-Mézières

SantéModifier

  • Hôpital
  • Cabinet médical
  • Cabinet infirmier
  • Masseur kinésithérapeute
  • Opticien
  • Dentiste
  • Podologue
  • 3 pharmacies

Lieux et monumentsModifier

 
Château Crepel .
  • Gare de Nouzonville et le monument aux martyrs de la Résistance sur la place,
  • Le musée de la forge, ancienne usine d'armes,
  • Le château Crepel actuelle école,
  • L'église,
  • La voie verte longeant la Meuse [17],
  • Buste de Jean-Baptiste Clément (son seul buste en France).

Personnalités liées à la communeModifier

Voir aussiModifier

 
La Meuse, le village, l'église.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

RéférencesModifier

  1. a, b et c Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 341-342
  2. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 207
  3. a, b, c et d Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 358 à 362
  4. La vie rémoise
  5. Almanach-Annuaire historique, administratif et commercial de la Marne, de L'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, de 1875, p.197.
  6. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  7. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  8. a, b, c et d "Chronique des maires" sur le site de la mairie de Nouzonville (consultation du 27 avril 2016)
  9. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  10. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  11. Orianne Roger, « Florian Lecoultre fait ses premiers pas au conseil municipal : Le Nouzonnais de 25 ans a été élu sans surprise lors de la première réunion du conseil municipal, le 6 avril », La Semaine des Ardennes, no 239,‎ , p. 10
  12. Création du PNR des Ardennes
  13. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  14. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  17. a, b, c, d et e « site officiel », sur Nouzonville.com

BibliographieModifier

  • Histoire-chronique de Nouzonville, Théophile Malicet, Société d'études ardennaises, 1969
  • La colonie libertaire d'Aiglemont, Théophile Malicet, Revue de l'Économie sociale n°III, 1985, Paris ISSN 0755-8902.
  • Un double hommage. À l'Ardennes. À Théophile Malicet, François-Xavier Tassel, Revue de l'Économie sociale n°III, 1985, Paris ISSN 0755-8902.

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