Ouvrir le menu principal

Nouzonville

commune française du département des Ardennes

Nouzonville
Nouzonville
Place de la Mairie.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Ardennes
Arrondissement Charleville-Mézières
Canton Charleville-Mézières-2
Intercommunalité Ardenne Métropole
Maire
Mandat
Florian Lecoultre
2014-2020
Code postal 08700
Code commune 08328
Démographie
Population
municipale
5 887 hab. (2016 en diminution de 6,73 % par rapport à 2011)
Densité 539 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 48′ 57″ nord, 4° 44′ 45″ est
Altitude Min. 132 m
Max. 361 m
Superficie 10,92 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Grand Est

Voir sur la carte administrative du Grand Est
City locator 14.svg
Nouzonville

Géolocalisation sur la carte : Ardennes

Voir sur la carte topographique des Ardennes
City locator 14.svg
Nouzonville

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Nouzonville

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Nouzonville
Liens
Site web nouzonville.com

Nouzonville est une commune française, située dans le département des Ardennes en région Grand Est.

Sommaire

GéographieModifier

La ville se trouve à la confluence des vallées de la Meuse et de la Goutelle, au nord de Charleville-Mézières, elle est desservie par la ligne de Soissons à Givet et la départementale 1.

Communes limitrophesModifier

HistoireModifier

Au départ la localité porte le nom de Nozon-de-les-Braux (de 1234 à 1400) puis Nouzon et enfin Nouzonville le 24 octobre 1921.

En 1468, les Liégeois arrivent, chassés par les exactions de Charles le Téméraire (les Thomé, Roynette, Barbette, Dehan, Malicet,… ) ; ils s’installèrent aux portes de Nouzon, le long d’un petit ruisseau nommé la Goutelle.

Alors que jusqu’au XVe siècle, ce n’était qu’un petit village vivant de pêche, des bois et d’un peu de culture, Nouzon devint la capitale du royaume du fer,

L’ancienne propriété d’un maître de forges nommé Robillard est achetée en 1688 par Maximilien Titon et Victor Fournier, alors directeur de la police et receveur des deniers de Charleville.

 
emprise de l'usine d'armes dans la vallée de la Goutelle.

Commence alors la construction d’un ensemble d’usines, entouré rapidement d’une enceinte au lieu-dit la Forge de Nouzon (en 1690-1691). La manufacture, installée au fond de la vallée de la Goutelle, utilise la force hydraulique du cours d’eau ; une prise d’eau et un canal sont construits. Le site est pourvu d’une enceinte et fait office de garnison de 80 hommes à plein temps. L’usine est spécialisée dans la fabrication des canons de fusil. Les métallurgistes utilisaient le fer de l’abbaye d’Orval, l’acier d’Allemagne et le fer refondu issu de la récupération de petites ferrailles ; le montage et l’épreuve des fusils ayant lieu à Charleville par des spécialistes et les équipes monteurs. La platinerie et la garniture du canon étaient assurées en sous-traitance par des artisans dispersés dans les bourgs. L’activité de cette manufacture se calque sur le rythme des commandes militaires ; elle fut prospère jusqu’en 1769, sous la Révolution et l’Empire. Elle s’agrandit en 1772 d’une fabrique d’armes blanches où l’on aiguisait les baïonnettes et les baguettes. En 1784, une annexe fut fondée à la Cachette, en amont de la Forge. Pendant la période 1789-1815, la production double.

Puis un déclin progressif s’est ensuivi, jusqu’à la fermeture définitive en 1836. Le choix est alors fait de privilégier la manufacture d’armes de la ville de Saint-Étienne. Après l’achat des bâtiments par le maître de forges Jean-Nicolas Gendarme en 1837, le site sera diversement occupé durant la deuxième moitié du XIXe siècle : Nicolas Maudière installe sa ferronnerie en 1859, François Fuzelier implante une fonderie en 1860, Louis-Gustave Thomé un atelier de forge en 1869. Nouzonville, fut longtemps une cité industrielle crachant du feu et des flammes, royaume du fer, elle fut surnommée « Le Creusot des Ardennes ».

Le site de la Manufacture Royale de Nouzon est presque entièrement démoli en 1986. Une salle de sport a intégré l’ancien magasin construit en 1689.

À la suite de la confusion possible entre Mouzon et Nouzon qui peut avoir lieu à la lecture d'une écriture manuscrite, notamment par La Poste, Nouzon change de nom en Nouzonville le 24 octobre 1921 par décision du conseil municipal (écartant ainsi d'autres propositions : Nouzon-la-Forge, Nouzon-les-Forges, Nouzon-sur-Meuse, et enfin Nouzon-la-Cachette… ). Mais Devant-Nouzon a gardé son nom, et les Nouzonnais le leur.

Le , lors de la bataille de France, la rive droite de Nouzonville est occupée dans l'après-midi par les Allemands de la 3. Infanterie-Division du Generalleutnant Walter Lichel, la rive gauche étant défendue par le Ier bataillon (commandant Couturier) de la 52e demi-brigade de mitrailleurs indigènes coloniaux[1] (52e DBMIC). Les Français ayant fait sauter le pont le 12 mai au soir[2], les Allemands devront franchir la Meuse en canots ; ils précèdent leur attaque par un intense bombardements aérien qui touche la ville[1]. Malgré les dégâts qu'ils ont pu subir, les défenseurs repoussent la tentative allemande de traversée du fleuve[1]. Les Allemands repassent à l'attaque le lendemain à 7 h 30 au niveau du cimetière de la ville, mais sont cloués au sol par le feu français, dont l'artillerie de la casemate de Nouzonville tire à vue[3]. Néanmoins en fin de matinée, ce feu diminue, la 102e division d'infanterie de forteresse dont dépend la 52e DBMIC se replie vers l'arrière à cause de la menace que fait peser la percée de la 6e Panzerdivision à Monthermé depuis quelques heures[3]. À 11 h ce , Nouzonville est aux mains des Allemands de la 3. Infanterie-Division[3]. La casemate de Nouzonville continuera à tirer jusqu'à la nuit lorsque sa pièce sera hors d'usage[3].

HéraldiqueModifier

  Blason D’azur à la barre d’argent accompagné en chef d’une barque contournée d’or en barre, avec un pêcheur de carnation et un aviron aussi d’argent, voguant sur des ondes de sinople mouvant du côté supérieur de la barre et en pointe d’une enclume aussi d’or adextrée d’un marteau renversé du même brochant en barre.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
octobre 1944 mai 1953 Pierre Lareppe PCF Député des Ardennes (1945 → 1951 puis 1956 → 1958)
mai 1953 septembre 1973 André Stévenin SFIO puis PS Directeur d'école
septembre 1973 février 1978 Roger Maillard    
avril 1978 mars 1983 Maurice Albert    
mars 1983 1993
(démission)
André Fuzellier[11] PS Secrétaire général de mairie
Conseiller général du canton de Nouzonville (1973 → 1992)
Chevalier de l'ordre national du Mérite, Chevalier des Palmes académiques
1993 mars 2008 Guy Istace DVG Retraité
Conseiller général du canton de Nouzonville (1992 → 1998)
mars 2008 avril 2014 Jean-Marcel Camus DVG  
6 avril 2014[12] En cours
(au 10 avril 2014)
Florian Lecoultre PS puis DVG[13] Attaché d'assemblée
Les données manquantes sont à compléter.

Nouzonville a adhéré à la charte du parc naturel régional des Ardennes, à sa création en décembre 2011[14].

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[15]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[16].

En 2016, la commune comptait 5 887 habitants[Note 1], en diminution de 6,73 % par rapport à 2011 (Ardennes : -2,73 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8569621 2081 4171 8032 0502 1532 5752 535
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
4 0225 1645 4117 0696 9926 7416 6037 7957 574
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
7 8156 5916 8487 1196 1984 6576 1556 9547 798
1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016 - -
7 7977 3556 9706 8696 4476 3125 887--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[17] puis Insee à partir de 2006[18].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

Au Moyen Âge, (Nouzon)ville n'était qu’un petit village vivant de pêche, de bois et d’un peu de culture. En 1468, les Liégeois, chassés par les exactions de Charles le Téméraire s’installèrent le long d’un petit ruisseau nommé la Goutelle.

Le XVIe siècle voit apparaître les « boutiques » de forgerons.

Le XIXe siècle, apporte la révolution industrielle et l'apparition de la métallurgie. Le chemin de fer est installé dans la vallée et permet le développement rapide des échanges et l'essor des entreprises. Les « boutiques » sont remplacées par les usines : Fonderie, emboutissage, estampage et tôlerie. Les conditions de travail sont dures et les salaires bas.

Durant la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, Nouzonville devient ainsi un important centre industriel de la vallée de la Meuse grâce aux transports fluviaux et ferroviaires, mais son activité a pratiquement disparu après les années 1970. Il ne reste aujourd'hui que quelques :

  • Fonderie, forge et estampage (Sté Nouvelle des Fonderies Nicolas) ;
  • récupération de métaux (Sorefar) ;
  • exploitation forestière ;
  • tourisme[19].

Les Ateliers Thomé-Génot, implantés depuis 1863, ont été fermés en 2007.

TransportsModifier

La commune de Nouzonville est desservie par la ligne ferroviaire Charleville-Mézières - Givet[19]

EnseignementModifier

  • École maternelles
  • Écoles élémentaires
  • Collège[19]

Lycée présent à environ 10 km à Charleville-Mézières

SantéModifier

  • Hôpital
  • Cabinet médical
  • Cabinet infirmier
  • Masseur kinésithérapeute
  • Opticien
  • Dentiste
  • Podologue
  • 3 pharmacies

Lieux et monumentsModifier

 
Château Crepel.
  • L'église Sainte-Marguerite ;
  • La chapelle de la Nativité dite aussi Notre-Dame (chapelle-mairie annexe) à Meillier-Fontaine ;
  • Gare de Nouzonville et le monument aux martyrs de la Résistance sur la place ;
  • Le musée de la forge, ancienne usine d'armes ;
  • Le château Crepel actuelle école ;
  • La voie verte longeant la Meuse [19] ;
  • Buste de Jean-Baptiste Clément (son seul buste en France[réf. nécessaire]).

Personnalités liées à la communeModifier

  • Paul Thomé (1885-1975), industriel de Nouzonville, y est né et y a vécu.
  • Jean Rogissart (1894-1961), écrivain, y est mort.
  • Pierre Lareppe (1897-1972), homme politique, y est mort.
  • Théophile Malicet (1897-1976), forgeron, syndicaliste et un écrivain, y est né.
  • Franz Bartelt (1949-°), romancier, nouvelliste, poète, dramaturge et feuilletoniste, y a vécu.

Voir aussiModifier

 
La Meuse, le village, l'église.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. a b et c Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 341-342
  2. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 207
  3. a b c et d Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal, , p. 358 à 362
  4. La vie rémoise
  5. Almanach-Annuaire historique, administratif et commercial de la Marne, de L'Aisne et des Ardennes, Matot-Braine, Reims, de 1875, p.197.
  6. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  7. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  8. a b c et d "Chronique des maires" sur le site de la mairie de Nouzonville (consultation du 27 avril 2016)
  9. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  10. Notice biographique sur Le Maitron, dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français
  11. « Maire de Nouzonville de 1983 à 1993, André Fuzellier est décédé », L'Ardennais,‎ (lire en ligne)
  12. Orianne Roger, « Florian Lecoultre fait ses premiers pas au conseil municipal : Le Nouzonnais de 25 ans a été élu sans surprise lors de la première réunion du conseil municipal, le 6 avril », La Semaine des Ardennes, no 239,‎ , p. 10
  13. « Florian Lecoultre quitte le Parti socialiste », L'Union,‎ (lire en ligne)
  14. Création du PNR des Ardennes
  15. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  16. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  17. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  18. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  19. a b c d et e « site officiel », sur Nouzonville.com

BibliographieModifier

  • Histoire-chronique de Nouzonville, Théophile Malicet, Société d'études ardennaises, 1969
  • La colonie libertaire d'Aiglemont, Théophile Malicet, Revue de l'Économie sociale n°III, 1985, Paris ISSN 0755-8902.
  • Un double hommage. À l'Ardennes. À Théophile Malicet, François-Xavier Tassel, Revue de l'Économie sociale n°III, 1985, Paris ISSN 0755-8902.

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externesModifier