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Nouvelle Résistance
Présentation
Fondateur Christian Bouchet
Fondation 1991
Positionnement Extrême droite
Troisième voie
Idéologie Nationalisme révolutionnaire
Antiaméricanisme
Antisionisme
Sécularisme


Fondé en août 1991, Nouvelle Résistance était un mouvement politique français qui se situait, idéologiquement parlant, dans une optique tercériste nationaliste révolutionnaire, succédant ainsi aux mouvements français Troisième voie, ou Jeune Europe.

HistoriqueModifier

OrigineModifier

Nouvelle Résistance est née suite à une scission du mouvement Troisième Voie de Jean-Gilles Malliarakis. Depuis 1989, Christian Bouchet, cadre du mouvement à Nantes, faisait paraître un bulletin mensuel, Alternative tercériste - Feuille de combat des Tercéristes radicaux. Selon les auteurs, il ne s'agissait pas de "faire concurrence à la presse tercériste déjà existante" (comprendre les publications Révolution européenne et Troisième Voie), mais de donner "la parole aux nationalistes révolutionnaires les plus résolus"[1]. Les tensions internes entre le courant dominé par Malliarakis, partisan d'un rapprochement avec le Front National, et le courant animé par Bouchet, les "nationalistes révolutionnaires radicaux", hostiles au "lepénisme", violemment anticapitalistes et tiers-mondistes, aboutit à une crise, le 13 juillet 1991. Ce jour-là, lors d'une réunion interne, les partisans de Malliarakis se retrouvent en minorité et quittent la salle[2]. Le 31 août, le Comité Exécutif Provisoire, dominé par Bouchet, se réunit à Lyon. Toutes les fédérations du mouvement y étaient représentées. Le nom de Troisième Voie est abandonné pour celui de Nouvelle Résistance. La ligne stratégique adoptée est celle du "Front Uni anti-système". On y jette aussi les bases d'une "Coordination européenne", "embryon d'un Parti Européen"[3].

Pour "une nouvelle résistance"Modifier

Le nom de Nouvelle Résistance était inspiré par l'acronyme de "nationalisme révolutionnaire", NR. Le mouvement lance un nouveau mensuel, Lutte du Peuple, dont le premier numéro paraît en novembre 1991[4]. Le nom de la revue est une référence à l' Organisation lutte du peuple (OLP), mouvement nationaliste-révolutionnaire issu d'une scission du mouvement Ordre nouveau, auquel avait appartenu Christian Bouchet dans les années 70[5],[6].

La maison d’édition de Christian Bouchet, ARS (puis Ars Magna), devient la maison d'édition officielle du mouvement. Elle fera entre autres paraître une Revue d'histoire du nationalisme révolutionnaire[4].Animée par Christian Bouchet, Nouvelle Résistance refusait à la fois le capitalisme libéral et le communisme égalitariste, et prônait un socialisme à échelle continentale, un empire européen respectant les différences culturelles et ethniques, débarrassé du capitalisme destructeur des identités.

Les combats de Nouvelle Résistance étaient divers et se situaient en totale opposition avec ceux menés par l'extrême-droite classique :

  • Contrairement à l'extrême droite, Nouvelle Résistance ne niait pas l'existence des classes sociales, et soutenait les mouvements ouvriers de lutte. L'organisation possédait en l'occurrence une structure ouvrière du nom de Résistance ouvrière.
  • Laïque, Nouvelle Résistance était très investie dans la lutte anti-cléricale Modèle:Comment? de quelle manière?.
  • Dans son combat contre l'impérialisme américain, Nouvelle Résistance impulsa divers comités contre Disneyland et contre les Mc Donalds.
  • Enfin, et la liste n'est pas exhaustive, elle s'investit dans le combat écologiste radical en contrôlant en France la section nationale d'Earth First.

Nouvelle Résistance, comme toutes les organisations tercéristes, soutenait les mouvements nationalistes arabes, et rejetait violemment le sionisme. L'organisation militait pour la création d'un front anti-système, regroupant les ennemis radicaux de celui-ci qu'ils soient de droite comme de gauche. Parmi ses références historiques, Nouvelle Résistance mentionnait le Comité central socialiste révolutionnaire, un mouvement blanquiste et nationaliste de la fin du XIXe siècle[7].

Lors de son troisième congrès, tenu à Aix-en-Provence à la Toussaint 1996, Nouvelle Résistance se transforma en l'Union des cercles résistance qui donna ultérieurement naissance au mouvement Unité radicale.

Le journal de Nouvelle Résistance se nommait Lutte du Peuple et connaissait deux éditions, une hebdomadaire sur abonnement et une bimestrielle diffusée dans les kiosques par les NMPP.

Relations trans-européennes et internationalesModifier

Nouvelle Résistance était membre de Front européen de libération, fondé au début des années 1990 par Marco Battara, Christian Bouchet et Juan Antonio Llopart.

Le mouvement affichait des liens officiels avec des mouvements en Espagne (Tercera Via Solidarista, puis Vanguardia), Grande Bretagne (Third Way), Italie (Nuova Azione), Pologne (Przelom Narodowy), Portugal (Ideograma, puis Area Terceirista), Russie (Elements), Suisse (Troisième Voie, puis Troisième Voie - Nouvelle Résistance) et Ulster (Ulster Nation)[8].

Plusieurs militants de Nouvelle Résistance combattront aussi en Croatie au début des années 90. L'un d'entre eux, Pierre André, sera grièvement blessé[9],[10].

Jeune RésistanceModifier

  Ne pas confondre avec le mouvement homonyme Jeune résistance de réfractaires à la guerre d'Algérie.

Nouvelle Résistance possédait un mouvement de jeunesse, Jeune Résistance, disposant d'une revue éponyme.

Lors de l'autodissolution du mouvement en 1996, la structure de jeunesse subsiste. En , elle participe avec l'Union des cercles résistance et le Groupe union défense à la création d'Unité radicale. JR soutient l'organisation d'un courant nationaliste révolutionnaire au sein du Front national[11].

L'association Jeune Résistance publiait la revue éponyme, fondée en 1995 et arrêtée en 2005 pour être remplacée par ID magazine[12].

RéférencesModifier

  1. « Déclaration d'intention », Alternative Tercériste no 25,‎
  2. « Les NR écrivent leur histoire », Alternative Tercériste no 9 [nouvelle série]],‎
  3. « En avant, pour une nouvelle résistance », Alternative Tercériste no9,‎
  4. a et b Lutte du Peuple - Mensuel pour une Nouvelle Résistance no 1,
  5. « Joakim Andersen: Interview with Christian Bouchet | Motpol.nu » (consulté le 22 avril 2019)
  6. « La Horde – Christian Bouchet : Docteur Jeckyll et Mister Hyde », sur lahorde.samizdat.net (consulté le 22 avril 2019)
  7. Lutte du Peuple, no 14, avril 93, cité par Ariane, « L'anarchisme est-il soluble dans l'extrême-droite ? », L'Affranchi, no 10, printemps 1995.
  8. « De Galway à Vladivostok, Le Front Européen de Libération », Lutte du Peuple - Mensuel pour une Nouvelle Résistance, no 11,‎
  9. « Nouvelle Résistance en Croatie », Lutte du Peuple - Mensuel pour une Nouvelle Résistance no 1,‎ , p. 2-7
  10. Venner, Fiammetta., Extrême France : les mouvements frontistes, nationaux-radicaux, royalistes, catholiques traditionalistes et provie, Grasset, (ISBN 2246666015 et 9782246666011, OCLC 76246184, lire en ligne)
  11. dossier extrême droite radicale
  12. « Notre presse », sur Les Identitaires (version du 12 janvier 2014 sur l'Internet Archive).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Jean-Yves Camus, « Une avant-garde populiste : « peuple » et « nation » dans le discours de Nouvelle Résistance », Mots, n°55, juin 1998, p. 128-138.
  • Nicolas Lebourg, Les Nationalismes-révolutionnaires en mouvements : idéologies, propagandes et influences (France : 1962-2002), Thèse de doctorat en histoire, Université de Perpignan.
  • Jeffrey Bale, « National revolutionary groupuscule and the resurgence of left-wing fascism : the case of France’s Nouvelle Résistance », Patterns of Prejudice, 36/3, 2002.

Liens externesModifier