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Nouvelle France (Paris)

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nouvelle-France (homonymie).

Nouvelle France
Nouvelle France (Paris)
La Nouvelle France en 1737 sur plan Turgot
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Ville Paris
Arrondissement municipal 9e

La Nouvelle France est un ancien quartier de Paris qui était situé aux alentours de l’actuel square Montholon entre l'ancien quartier des Porcherons à l’ouest, le faubourg Poissonnière au sud et le faubourg Saint-Laurent à l’est.

OrigineModifier

Deux propriétaires de 3 arpents de vignes (environ 1 hectare), Jean Piédaleu et Charles Mareuil, vendent en 1644 leur terrain compris entre la rue du Faubourg-Poissonnière, la rue Jollivet, actuelle rue de Bellefond et le chemin de Saint-Lazare au Roule, actuelle rue Bleue, pour y construire 19 maisons. Jean Piedaleu donne également un terrain au 77 rue du Faubourg-Poissonnière pour l’érection d’une chapelle. Cette chapelle dédiée à Sainte-Anne en hommage à la Reine fut construite en 1656.

Ce nom de « Nouvelle France » proviendrait d’un établissement d’éducation de jeunes gens destinés à partir au Canada sur lequel on a aucune information précise. La Nouvelle France fut rattachée à la paroisse de Montmartre et non à celle de Saint-Laurent dont le curé avait des prétentions d’annexer le nouveau quartier. Le litige fut définitivement réglé par un arrêt de 1723 confirmant le rattachement du hameau à l’abbaye de Montmartre. À sa fondation, cette petite agglomération est isolée de la ville par un territoire essentiellement agricole s’étendant entre les boulevards Poissonnière et de Bonne-Nouvelle au sud et le chemin du Roule à Saint-Lazare, actuelles rue Bleue et rue de Paradis au nord. La zone urbanisée n'atteindra la Nouvelle France que lors de la construction du quartier du Faubourg Poissonnière au cours du XVIIIe siècle autour du grand égout couvert après 1760. Les parties bâties du faubourg Saint-Denis et du faubourg Saint-Laurent, à l’est et du quartier des Porcherons à l’ouest étaient également éloignées. Une barrière d’octroi était installée rue Sainte-Anne, autrement dit rue du Faubourg-Poissonnière, au croisement avec la rue de Paradis et la rue d’Enfer (actuelle rue Bleue). Le château de Charolais et son vaste domaine fut construit XVIIIe siècle au nord du quartier. La partie de la rue du Faubourg-Poissonnière au nord de la rue Bellefond fut nommée rue Saint-Anne ou rue du Faubourg-Saint-Anne jusque dans les années 1770 avant de prendre sa dénomination actuelle.

Les habitants de la Nouvelle France sont exemptés de taille par un arrêt de 1650.

 
Caserne de la Nouvelle-France

La maison du bourreau Charles Sanson était située dans le quartier de la Nouvelle France à l'angle de la rue d'Enfer (rue Bleue) et de la rue du Faubourg Poissonnière. Ses héritiers vendirent en 1778 cette propriété sur laquelle furent ouvertes en 1780 les rues Papillon et Riboutté.

La caserne des gardes françaises construite en 1771 rue du Faubourg-Poissonnière face au hameau prend le nom de Nouvelle France qu’elle a conservé après sa reconstruction en 1922.

Les habitants de la Nouvelle France restent de condition modeste au XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle et les constructions assez médiocres à une époque où de somptueux hôtels particuliers se construisent dans les quartiers environnants, Chaussée d’Antin à l’ouest, faubourg Poissonnière au sud, nouveau quartier Poissonnière à l’est qui fut parfois dénommé Nouvelle France.

La chapelle Sainte-Anne supprimée en 1790 et vendue comme bien national en 1795 est remplacée par la première église Saint-Vincent-de-Paul bâtie en 1805 rue de Montholon en attendant l’édification de l’actuelle église de 1824 à 1844 sur une butte de l’ancien clos Saint-Lazare[1]

Transformation du quartierModifier

Le quartier est bouleversé par les opérations d’urbanisme.

* Dans sa partie sud, par l’ouverture en 1780 des rues de Montholon, rue Papillon et Riboutté par lotissement de terrains acquis par l’architecte Samson-Nicolas Lenoir.

* Dans son ensemble, sous le Second Empire par le prolongement de la rue Lafayette et par les percements des rue Blandin (actuelle rue Pierre-Sémard), Mayran, Rochambeau et la création du square Montholon. Cette opération d’urbanisme s’est accompagnée d’importants terrassements, d'où le passage de la rue Pierre-Semard sous la rue de Bellefond, qui ont rendu méconnaissable le site.

Les immeubles de rapport édifiés après 1850 ont fait disparaître l’habitat ancien et le souvenir de l’ancien quartier n’est préservé que par le nom de la caserne.

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RéférencesModifier

  1. Pascal Etienne, Le Faubourg Poissonnière. Architecture, élégance et décor, Paris, Délégation à l'Action artistique de la Ville de Paris, , 312 p., p. 29-33

Liens externesModifier