Nouri Saïd

homme politique irakien

Nouri Saïd
نوري السعيد
Illustration.
Nouri Saïd, années 1950.
Fonctions
Premier ministre d'Irak

(2 ans, 7 mois et 11 jours)
Monarque Fayçal Ier
Prédécesseur Tawfiq al-Suwaidi
Successeur Naji Shawkat

(1 an, 3 mois et 6 jours)
Régent Abd al-Ilah
Monarque Ghazi
Fayçal II
Prédécesseur Jamil al-Midfai
Successeur Rachid Ali al-Gillani

(2 ans, 7 mois et 25 jours)
Régent Abd al-Ilah
Monarque Fayçal II
Prédécesseur Jamil al-Midfai
Successeur Hamdi al-Pachachi

(4 mois et 8 jours)
Régent Abd al-Ilah
Monarque Fayçal II
Prédécesseur Arshad al-Umari
Successeur Sayyid Salih Jabr

(11 mois et 4 jours)
Régent Abd al-Ilah
Monarque Fayçal II
Prédécesseur Muzahim al-Pachachi
Successeur Ali Jawdat al-Aiyubi

(1 an, 10 mois et 5 jours)
Régent Abd al-Ilah
Monarque Fayçal II
Prédécesseur Tawfiq al-Suwaidi
Successeur Mustafa Mahmud al-Umari

(2 ans, 10 mois et 16 jours)
Monarque Fayçal II
Prédécesseur Arshad al-Umari
Successeur Ali Jawdat al-Aiyubi

(2 mois et 15 jours)
Monarque Fayçal II
Prédécesseur Abd al-Wahhab Mirjan
Successeur Ahmad Mukhtar Baban
Biographie
Nom de naissance Nouri Pacha Saïd
نوري باشا السعيد
Date de naissance
Lieu de naissance Bagdad (Empire ottoman)
Date de décès (à 69 ans)
Lieu de décès Bagdad (République d'Irak)
Nature du décès Exécution sommaire

Nouri Saïd
Premiers ministres irakiens

Nouri Saïd, né en 1888 et mort le , est un homme d'État irakien. Il fut à plusieurs reprises le Premier ministre du Royaume d'Irak.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Nouri Saïd est né à Bagdad, alors dans l'Empire ottoman, d'une famille arabe sunnite de classe moyenne originaire du Caucase[1],[2]. Son père était comptable au service du gouvernement ottoman. Nouri Saïd obtint son diplôme d'un collège militaire à Istanbul en 1906, ou il avait appris à parler français et anglais, et devint officier de l'armée ottomane en 1911 et fut envoyé en Tripolitaine en 1912 pour participer à la guerre italo-turque. Il mena ensuite une guérilla contre les Britanniques en Libye en 1915[3]. Capturé et détenu en Égypte, il fut converti à la cause du nationalisme arabe et combattit au service de l'émir Fayçal d'Hedjaz lors de la Révolte arabe de 1916-1918.

Les accords Sykes-Picot de prévoyaient un mandat français sur la Syrie et le Liban, et un mandat britannique sur la Palestine et le futur Irak. Le Royaume-Uni occupait donc les régions de Bassorah et de Bagdad depuis 1917, à la suite du partage de l’empire ottoman.

Nouri Saïd combattit aux côtés de Lawrence d'Arabie lors de la révolte.[réf. nécessaire]

En 1919, Nouri Saïd accompagna Fayçal à Versailles lors de la Conférence de la Paix. Le 7 mars 1920, le Congrès national syrien (en) vote l’indépendance de la Syrie et son unité intégrale avec la Palestine et la Transjordanie, et proclame l'émir Fayçal ben Hussein « roi constitutionnel » du Royaume arabe de Syrie sous le nom de Fayçal Ier.[réf. nécessaire]

Le , la Syrie est placée sous mandat français par la conférence de San Remo. Cédant à l'ultimatum du haut-commissaire, le général Gouraud, et ses partisans étant écrasés par les troupes françaises à la bataille de Khan Mayssaloun, le , le roi Fayçal est contraint à l'exil. Les Britanniques le[évasif] placent alors sur le trône d'Irak en 1921, durant la période du Mandat britannique de Mésopotamie.

Premier ministreModifier

Lors de la première nomination de Nouri Saïd au poste de Premier ministre, le traité anglo-irakien fut signé en , durant la période de transition vers l'indépendance. Le Royaume-Uni conserve une partie de la tutelle britannique sur le futur Royaume indépendant d'Irak jusqu'à son indépendance formelle qui date d'. La même année, l'Irak fait son entrée à la Société des Nations

Le roi Fayçal mourut à la fin de l'année 1933 et son fils Ghazi lui succéda.

Ce dernier mourut dans un accident de voiture en 1939, certains accusèrent Nouri Saïd (à nouveau Premier ministre depuis , et peut-être homme de main des Britanniques) de l'avoir assassiné. En effet, de nombreuses preuves tendent à affirmer qu'il s'agit d'un assassinat, les médecins légistes ayant refusé de signer le document qui confirmerait la mort par accident de voiture. Le frère du médecin confirmera un peu plus tard, qu'il s'agissait de masquer la réelle mort du défunt roi.

Les causes de l'assassinat peuvent être multiples. Ghazi était un personnage légèrement efféminé et beaucoup de personnes le qualifiaient d'homosexuel, la piste d'un complot familial visant à mettre au pouvoir le frère de sa femme, Abdullah ibn Ali du Hejaz[réf. nécessaire].

Le fils de Ghazi, Fayçal, lui succéda peu de temps après la prise de pouvoir par le nouveau régent Abdelilah ben Ali el-Hachemi. Nouri Saïd resta Premier ministre.

En , le gouvernement pro-anglais de Nouri Saïd est renversé par Rachid Ali al Gaylani, pro-allemand. En , ce dernier est écarté du pouvoir sous la pression des Anglais, mais y revient par un coup d’État en avril. Le régent Abdelilah et Nouri se réfugient alors en Transjordanie. al Gaylani sera renversé lors de la guerre anglo-irakienne en .

En 1954, Nouri Saïd supprime tous les partis politiques d'Irak et gouverne le pays avec la loi martiale après l'expédition de Suez. Le secrétaire général du Parti communiste irakien, Youssouf Salman, est pendu et les journaux sont censurés. Dès 1954, appartenir au Parti communiste entraine la déchéance de nationalité. Le gouvernement irakien appuie les initiatives britanniques et américaines pour renverser le gouvernement syrien[4]. En 1955, il signe le pacte de Bagdad. Il devient alors « l'homme à abattre » pour les partis d'opposition irakiens.

Le roi, les membres de la famille royale et l'ancien régent Abd al-Ilah sont assassinés le lors du coup d'État du général Abdul Karim Qasim. Nouri Saïd se cacha, mais fut capturé le jour suivant alors qu'il essayait de s'échapper, déguisé en femme (mais avec des chaussures d'homme). Il fut abattu et enterré le même jour, mais une foule en colère exhuma son corps et le traîna dans les rues de Bagdad, où il fut pendu, mutilé et brûlé. Son corps fut ensuite placé au milieu d'une rue afin que les bus roulent dessus pour rendre son corps méconnaissable.

PhotographiesModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) Yitzhak Nakash, Reaching for Power: The Shi'a in the Modern Arab World, Princeton University Press, (ISBN 1400841461), p. 87
  2. وجوه عراقية,توفيق السويدي, p. 83
  3. Rolls, S. C., Steel Chariots in the Desert London, Jonathan Cape, 1940, p. 21-2, 41–2
  4. Matthieu Rey, « 1958. Quand l'Irak découvrait l'espérance révolutionnaire », sur Orient XXI,

Liens externesModifier