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Noblesse du Saint-Empire

Armoriale du Saint-Empire

La noblesse du Saint empire ou noblesse impériale, est l’ensemble des personnes ayant reçu un titre ou sa confirmation à le porter directement de l'empereur du Saint-Empire, formant d'une part, une noblesse dite "immédiate" et souveraine, relevant uniquement de l'empereur; et de l'autre une noblesse honorifique médiate, soumise aux seigneurs locaux. Médiate ou immédiate, cette noblesse était reconnue dans tout l'empire. Celle ci ne doit pas être confondue avec les noblesses territoriales des États qui composaient l'empire, qui elles, n'étaient reconnues que dans leurs territoires respectifs[1].

Les Noblesses au sein de l'EmpireModifier

Il existe quatre types de noblesse au sein de l'empire[2],[3].

  • La noblesse impériale immédiate
  • La noblesse impériale dite "honorifique"
  • La noblesse mixte
  • La noblesse médiate des états de l'empire

Celle dite « territoriale » est issue des états composant le saint empire. Elle relève des princes locaux, et n'est donc pas directement aux ordres de l'empereur[4]. De plus, les titres de cette noblesses, que seuls les princes électeurs peuvent accorder, ne seront d'abord valables et reconnus que dans leur province d'origine[5],[6]. Plus étoffée que la noblesse impériale, elle possède plus de titres différents. Mais celle ci se voit être inférieure en termes de préséance. En effet, un baron de l'empire possède un rang supérieur à un baron d'un état de l'empire. Ceci étant valable pour tous les titres. Vient ensuite la noblesse dite « mixte ». Ce sont des nobles qui possèdent des titres à la fois impériaux et étatiques[3]. En sois elle n'a pas d'existence officielle ; par exemple, pour une personne qui appartient à cette noblesse,son interlocuteur s'adressera tantôt au membre du saint empire, tantôt au noble territorial suivant le cas. On trouve enfin la noblesse impériale, qui elle possède une reconnaissance et une préséance de rang dans tout l'empire. Elle est composée des personnes anoblis par l'empereur mais aussi par les souverains des états du Saint empire. Cette noblesse est reconnue dans toutes les provinces de l'empire[7], et en signe de supériorité, chaque titre possède un prédicat. Pour les comtes, par exemple, le prédicat est: "votre excellence".

Noblesse ImpérialeModifier

 
Diète impériale de Ratisbonne en 1640, d'après une gravure de Matthäus Merian

Contrairement à une idée assez répandue, un titre accordé par l'empereur, même élevé comme celui de prince, ne suffit pas pour prétendre bénéficier de l'immédiateté[8]. Ainsi, la noblesses impériale se divise en deux catégories qui sont aussi deux rangs hiérarchiques:

  • La noblesse Immédiate
  • La noblesse honorifique

Les titres souverains sont, soit accordés à la base par l'empereur (chevalier, baron, comte et prince) ou, sont reconnus par lui[9] quand le territoire fait partie de l'empire (ex: Landgrave, duc, électeur, etc.). L'immédiateté est toujours liée à la souveraineté, soit l'anoblissement octroie l'immédiateté aux possessions actuels ou futurs de l'individu, soit ce dernier acquiert un territoire déjà reconnu comme immédiat. Un landgrave héréditaire de l'empire était membre de la noblesse du saint empire en tant que souverain d'un état sous le titre de "prince du Saint-Empire"; même si initialement il n'était pas créé par l'empereur.Ce qui était également le cas des autres souverains dans l'empire comme les marquis, burgraves, palatins et ducs qui sont automatiquement intégrés la hiérarchie nobiliaire du Saint-Empire en tant Prince d'empire et non sous leur titre initial. Ces titres souverains étaient supérieurs en préséance sur la catégorie suivante et forment la noblesse d'empire immédiate. Ceci explique que la hiérarchie des titres du saint empire est moins fournie que celle du monde germanique en général.

Article détaillé : Immédiateté impériale.

Les titres honorifiques (noble, chevalier, baron, comte et prince) sont rattachés a un nom et peuvent être personnel ou héréditaires. Ils sont conférés exclusivement par l'empereur par lettres patentes. Cette noblesse est la plupart du temps médiate et se résume a un simple octroi de titre, également reconnu dans tout l'empire.

Ainsi par exemple pour un titre de baron on comptera trois rangs au sein de l'empire:

  1. *Baron de l'empire souverain
  2. *Baron de l'empire honorifique
  3. *Baron territorial médiat

Mais plusieurs autres facteurs rentrent en compte. La noblesse du saint empire est un monde hétéroclite complexe dans lequel s'enchevêtre plusieurs groupes: Haute et petite noblesse, noblesse médiate et immédiate, noblesse personnelle ou héréditaire, noblesse d'extraction et noblesse par anoblissement et noblesse qui donne accès ou non à la diète d'empire. Toutes ces catégories influent sur les titres, leurs valeurs et leurs prérogatives créant ainsi une structure nobiliaire très complexe parfois floue. Par exemple un prince fraîchement anobli dont le titre est personnel aura nettement moins de poids et de prestige qu'un baron héréditaire de la noblesse immémoriale. Cela devient encore plus flou lorsqu'il s'agit de la noblesse mixte qui peut posséder des titres très différents de la noblesse d'empire et territorial. Néanmoins le critère le plus important reste celui de la médiateté et de l'immédiateté. Sans être non plus automatique, la haute noblesse est souvent immédiate: elle relève donc directement de l'empereur et possède des droits régaliens et des pouvoirs presque étatiques: droit de justice, de lever des armées, de lever des impôts, de battre monnaie, et de choisir sa religion. Aucun organe ou autorité ne peut s'interposer entre eux et l'empereur. Elle a également accès à la diète d'empire. C'est d'ailleurs cette configuration en réseau de micro-états qui permettra la protection, puis l'expansion du protestantisme[10]. La haute noblesse comprend les titre de roi, princes; ducs, archiduc et comtes. La petite noblesse (barons, chevaliers, nobles libres et sans titres)[11] est elle-même est le plus souvent médiate et n'a pas accès à la diète d'empire. Si initialement les premiers baron du saint-empire étaient tous immédiat, le titre tendra à devenir de plus honorifique au fil des anoblissements. Les chevaliers font un peu exception car sont, comme la haute noblesse, en grande majorité immédiats[12]. Les nobles libre, un peu plus rare mais de même rang que les chevaliers, se voient confiés souvent l'immédiateté malgré la fréquente absence de souveraineté. [13]. Leur immédiateté est attachée à leur nom mais peu devenir une réalité territoriale en cas d'acquisition d'un fief. Ce titre était souvent un premier pas dans la noblesse impériale. Les nobles sans titres, bien souvent cadets de grandes familles, sont eux toujours médiats. Bien que tenant également leur noblesse de l'empereur, ils dépendent de leur souverain local. À la différence de la noblesse étatique, ils possèdent certains recours devant l'empereur en cas de litiges avec leur souverain. Les Nobles immédiats n'étaient justiciables que devant la Chambre impériale,et le Conseil aulique.

Transmission de la noblesseModifier

 
Brevet attribuant le titre de comte impérial au baron Anton Schenk von Stauffenberg , par l' empereur Joseph II , 1785

Là aussi le Saint-Empire recèle plusieurs cas de figure dans le domaine transmission du titre. Il y a d'abord les titres concédés à titre personnel et non héréditaire. Le titre de l’anobli disparaîtra à sa mort, il n y aura en principe pas de "de" (von) dans son nom de famille qui représente habituellement un lien a une terre ou un fief: Comte Jean X et du Saint Empire. Il peut arriver que la famille et les héritiers d'un titre personnel se voient quand même octroyer le statut de "noble"; et sont intégrés à la noblesse sans titre du saint-Empire. Pour celui qui le possède de façon héréditaire (ce qui était le plus souvent le cas), rien n'empêche plus tard au possesseur du titre, de l'associé au nom de leur terre en y ajoutant un « von ». Dans le cas d'un titre associé à un fief ou une terre, le fief revenait à l’aîné mais en cas d'absence d’héritier mâle, le fief pouvait éventuellement passer dans une branche féminine.

Les règles de transmission étaient généralement plus souples et beaucoup moins uniformes que dans d'autres pays d'Europe, et les titres pouvaient parfois être transmis par les femmes. En France ou en Angleterre, la succession était toujours dans le sens du premier né mâle. Dans le cadre du Saint Empire cela est loin d'être une généralité[14]. Dans certains cas même, la transmission du titre et de la noblesse, s'applique à tous les descendants, à la simple condition de légitimes mariages, quand cela était précisé dans les lettres patentes et dans le cadre d'un titre sans fief[15]. Ceci était hérité directement du droit romain. Dans le Saint-Empire, la transmission est toujours déterminée par les lettres patentes qui sont alors supérieures aux traditions locales ou régionales de succession. L'empereur avait le choix de donner les caractéristiques qu'il voulait aux titres qu'il accordait, ainsi que de donner des modalités précises de succession selon sa volonté et sans forcément tenir compte des coutumes locales.

Nom et particuleModifier

Comme en France, la particule dans le Saint-Empire n'est pas une preuve d'appartenance à la noblesse, ni son absence pour prétendre l'inverse. Mais dans le cas d'un titre associé à une terre il était incontournable. Le "von" représentait une attache ancienne voire immémoriale à la terre, alors que le "zu" marquait un changement de terre ajouté au nom ou une acquisition récente. Dans un même titre on pouvait trouver ensemble "von" et "zu" pour montrer l'ancienneté de l'attache à une terre par rapport à une seconde.

Il y eut aussi beaucoup de familles nobles qui ne portaient pas de particule « de » dans le nom parce que celui ci ne provenait pas d'une propriété et donc d'un nom de lieu. En règle générale, ils venaient de la ministerialité et étaient anobli pour services rendus et leur titre était simplement attaché à leur nom de famille . Plus tard, ils ont parfois associé leurs noms à celui de leur propriété pour afficher leur noblesse (par exemple, Fuchs von Bimbach, Riedesel d’Eisenbach, Rabe von Pappenheim ). Dans le monde germanophone, il pouvait même arriver que ces familles ajoutent un prénom au nom de famille comme B. Levin Ludwig Hahn; quand celui ci n'avait pas de particule. Dans la noblesse du Saint-Empire, plus particulièrement germanophone, la possibilité d'ajouter le nom de sa terre à son nom ou le prénom du premier de la lignée à son nom était relativement libre.

Hiérarchie des titres de la noblesse impériale et leurs attributionsModifier

Titre Traduction Prédicat Type Accès à la diète d'empire Association du titre
Empereur Kaiser Votre majesté impériale -
Oui
Saint-Empire
Roi König Votre majesté Immédiate
Oui
Royaume
Archiduc Erzherzog Votre altesse impériale Immédiate
Oui
Heritier d'Autriche
Prince élécteur Kurfürst Votre altesse Immédiate
Oui
Électorat
Prince du Saint-Empire Reichsfürst Votre altesse sérénissime Immédiate/médiate
Oui si souveraineté territoriale
Nom ou fief
Comte du Saint-Empire Reichsgraf Votre excellence Immédiate/médiate
Oui si souveraineté territoriale
Nom ou fief
Baron du Saint-Empire Reichsfreiherr Votre excellence Immédiate/médiate
Oui si souveraineté territoriale
Nom ou fief
Chevalier impérial Reichsritter Votre excellence Immédiate/médiate
Non
Nom ou fief
Noble libre du Saint-Empire Edelfrei Votre excellence Immédiate
Non
Nom ou fief
noble sans titre Landmann von Herr Médiate
Non
Fief ou terre

Haute noblesse d'empireModifier

Titres de RoiModifier

 
Couronne héraldique du roi des romains.

Il existe plusieurs titres royaux au sein de l'empire, comme : « Roi des romains » et « Roi de Bohême ».

Article détaillé : Liste des souverains de Bohême.
Article détaillé : Royaume de Bohême.
Article détaillé : Roi des Romains.

ArchiducModifier

Article détaillé : Archiduc.

Le titre d'archiduc n'est pas à proprement parler un titre du saint-empire mais un titre autrichien. Cependant il est reconnu par l'empereur qui lui accorde une place et un rang important au sein de la haute noblesse de l'empire depuis 1453.

Prince électeurModifier

Article détaillé : Prince-électeur.

Prince du Saint-EmpireModifier

Article détaillé : Prince du Saint-Empire.

La catégorie des princes du Saint-Empire regroupait en fait plusieurs cas différents: ceux qui l'étaient de droit et ceux qui l'étaient directement. Les souverains des territoires de l'empire étaient considérés de droit comme princes d'empire. Ainsi les burgraves, margraves (marquis), landgraves, comtes palatins et ducs régnants n'existaient pas en tant que tel dans la hiérarchie des titres du saint-Empire. On y trouvait également les princes évêques, abbés et prévôts qui étaient également princes de l'empire de droit. Enfin toutes les personnes anoblies par l'empereur et qui ont reçu directement ce titre avec un territoire ou seulement attaché à leur nom de famille.

Principautés souveraines du Saint-Empire:

État Drapeau Famille régnante Blason Dernier souverain
Principauté d'Anhalt-Dessau   Maison d'Anhalt   Léopold III d'Anhalt-Dessau
Principauté d'Aschaffenbourg   Maison de Dalberg   Karl-Theodor von Dalberg
Principauté d'Augsbourg   Maison de Wettin   Clément Wenceslas de Saxe
Principauté de Hohenzollern-Sigmaringen   Maison de Hohenzollern-Sigmaringen   Charles-Antoine de Hohenzollern-Sigmaringen
Principauté de Liechtenstein   Maison de Liechtenstein   Hans-Adam II de Liechtenstein
Principauté de Liège   Maison de Méan   François-Antoine de Méan
Principauté de Lippe   Maison de Lippe-Biesterfeld   Léopold IV de Lippe
Principauté de Minden   Maison de Hohenzollern   Frédéric-Guillaume III de Hohenzollern
Principauté de Montbéliard   Maison de Wurtemberg   Charles II de Wurtemberg
Principauté Reuss-Gera   Maison Reuss   Henri XXVII Reuss-Gera
Principauté Reuss-Greiz   Maison Reuss   Henri XXIV Reuss-Greiz
Principauté de Salm-Salm   Maison de Salm   Constantin-Alexandre de Salm-Salm
Principauté de Schaumbourg-Lippe   Maison de Schaumbourg-Lippe   Adolphe II de Schaumbourg-Lippe
Principauté de Schwarzbourg-Rudolstadt   Maison de Schwarzbourg   Georges-Albert de Schwarzbourg-Rudolstadt
Principauté de Schwarzbourg-Sondershausen   Maison de Schwarzbourg   Günther-Victor de Schwarzbourg
Principauté épiscopale de Strasbourg   Maison de Rohan   Louis-René de Rohan
Principauté épiscopale de Trente   Maison de Thun und Hohenstein   Emanuel-Josef-Maria-Peter von Thun-Hohenstein
Principauté de Waldeck-Pyrmont   Maison de Waldeck-Pyrmont   Frédéric de Waldeck-Pyrmont

Duchés souverains du Saint-Empire:

État Drapeau Famille régnante Blason Dernier souverain
Duché d'Anhalt   Maison d'Anhalt   Joachim-Ernest d'Anhalt
Duché d'Arenberg   Maison d'Arenberg   Louis-Engelbert d'Arenberg
Duché de Bar   Maison Leszczyński   Stanislas Leszczynski
Duché de Bavière   Maison de Wittelsbach   Louis III de Bavière
Duché de Berg   Maison de Wittelsbach   Louis III de Bavière
Duché de Brabant   Maison de Habsbourg-Lorraine   François Ier de Habsbourg-Lorraine
Duché de Brunswick-Lunebourg   Maison de Hanovre   Charles-Guillaume de Brunswick-Wolfenbüttel
Duché de Carinthie   Maison de Habsbourg-Lorraine   Charles Ier d'Autriche
Duché de Carniole   Maison de Habsbourg-Lorraine   Charles Ier d'Autriche
Duché de Clèves   Maison de Hohenzollern   Anne de Prusse
Duché de Franconie   Maison de Hohenstaufen   Conrad de Hohenstaufen
Duché de Gueldre   Maison de Clèves   Guillaume de Clèves
Duché de Holstein   Maison de Schleswig-Holstein-Sonderbourg-Augustenbourg   Frédéric de Schleswig-Holstein
Duché de Juliers   Maison de Wittelsbach   Charles-Théodore de Bavière
Duché de Limbourg   Maison de Habsbourg-Lorraine   Francois II
Duché de Lorraine   Maison Leszczyński   Stanislas Leszczynski
Duché de Luxembourg   Maison de Luxembourg   Henri de Luxembourg
Duché de Magdebourg   Maison de Hohenzollern  
Duché de Mantoue   Maison de Gonzague   Charles de Mantoue
Duché de Mecklembourg-Schwerin   Maison de Mecklembourg-Schwerin   Frédéric-François Ier
Duché de Mecklembourg-Strelitz   Maison de Mecklembourg   Charles II de Mecklembourg-Strelitz
Duché de Méranie   Maison de Bourgogne   Othon de Bourgogne
Duché du Palatinat-Neubourg   Maison de Wittelsbach   Maximilien Ier de Bavière (roi)
Duché de Poméranie   Maison de Poméranie   Bogusław XIV de Poméranie
Duché de Saxe   Maison d'Ascanie   Albert II de Saxe
Duché de Saxe-Altenbourg   Maison de Wettin   Frédéric-Guillaume III
Duché de Saxe-Weimar   Maison de Saxe-Weimar   Charles Ier d'Autriche
Duché de Saxe-Gotha   Maison de Saxe-Gotha   Frédéric IV de Saxe-Gotha-Altenbourg
Duché de Saxe-Gotha-Altenbourg   Maison de Saxe-Gotha-Altenbourg   Frédéric IV de Saxe-Gotha-Altenbourg
Duché de Saxe-Cobourg   Maison de Wettin   Christian-Ernest de Saxe-Cobourg-Saalfeld
Duché de Saxe-Saalfeld   Maison de Wettin   Christian-Ernest de Saxe-Cobourg-Saalfeld
Duché de Saxe-Eisenberg   Branche ernestine   Christian de Saxe-Eisenberg
Duché de Saxe-Römhild   Maison de Wettin   Ernest Ier de Saxe-Gotha
Duché de Saxe-Iéna   Maison de Wettin   Jean-Guillaume de Saxe-Iéna
Duché de Saxe-Eisenach   Maison de Wettin   Charles-Auguste de Saxe-Weimar-Eisenach
Duché de Saxe-Marksuhl   Maison de Wettin   Guillaume-Henri de Saxe-Eisenach
Duché de Saxe-Cobourg-Saalfeld   Maison de Wettin   Ernest Ier de Saxe-Cobourg et Gotha
Duché de Saxe-Hildburghausen   Maison de Saxe-Hildburghausen   Frédéric Ier de Saxe-Hildburghausen
Duché de Saxe-Lauenbourg   Maison de Hohenzollern   Guillaume Ier de Hohenzollern
Duché de Saxe-Meiningen   Maison de Saxe-Meiningen   Bernard III de Saxe-Meiningen
Duché de Styrie   Maison de Habsbourg-Lorraine   Charles Ier d'Autriche
Duché de Wurtemberg   Maison de Wurtemberg   Guillaume II de Wurtemberg

Comte princier ou landgrave

Le comte princier (landgraf) était initialement, un haut fonctionnaire royal ou impérial qui, se trouvait originairement à l'intérieur des frontières de l'empire et détenait la haute juridiction directement du souverain. Plus tard il a été intégré à la hiérarchie nobiliaire du saint empire, se situant entre prince et comte. Ce titre était toujours rattaché à une province (landgraviat) et était systématiquement immédiat et faisant partie de l'empire. Leur territoire était en principe, beaucoup plus important et étendu que ceux des comtes.

Les comtés princiers ou landgraviats du Saint-Empire:

État Drapeau Famille régnante Blason Dernier souverain
Landgraviat de Hesse-Cassel   Maison de Hesse   Guillaume de Hesse
Landgraviat de Hesse-Darmstadt   Maison de Hesse-Darmstadt   Louis X de Hesse-Darmstadt
Landgraviat de Thuringe   Maison de Thuringe   Frédéric de Thuringe
Landgraviat de Haute-Alsace   Maison de Habsbourg   Léopold Ier
Landgraviat de Basse-Alsace   Maison de Oettingen   Louis X. d'Oettingen

Comtés palatins du Saint-Empire:

Article détaillé : Comte palatin.
État Drapeau Famille régnante Blason Dernier souverain
Comté palatin de Bourgogne   Maison de Habsbourg   Charles II
Comté palatin du Rhin   Maison de Wittelsbach   Robert Ier du Palatinat

Comte du Saint-EmpireModifier

Article détaillé : Comtes du Saint-Empire.

Comtés immédiats de l'empire:

État Drapeau Famille régnante Blason Dernier souverain
Comté d'Altena   Maison de Berg   Dietrich Ier de Berg
Comté d'Andechs   Maison d'Andechs   Berthold III (Andechs)
Comté d'Artois   Maison de Habsbourg   Philippe IV
Comté de Barby   Maison de Saxe-Weissenfels   Georges-Albert de Saxe-Weissenfels-Barby
Comté de Bentheim   Maison de Bentheim-Steinfurt   Louis Guillaume Geldricus Ernest de Bentheim et Steinfurt
Comté de Créhange   Maison de Créhange   Frédéric-Louis de Wied-Runkel
Comté de Dabo   Maison de Linange   Charles-Frédéric-Guillaume de Leiningen
Comté de Deux-Ponts   Maison de Sarrebruck   Eberhard II de Sarrebruck
Comté de Fagnolle   Maison de Ligne   Charles-Joseph de Ligne
Comté de Genève   Maison de Thoire-Villars   Odon de Villars
Comté de Gimborn   Maison de Wallmoden  
Comté de Goritz   Maison de Goritz   Léonard de Goritz
Comté de Hanau-Lichtenberg   Maison de Hanau   Jean-Reinhard III de Hanau-Lichtenberg
Comté de Holzappel   Maison d'Anhalt-Bernburg  
Comté de Hoya   Maison de Hoya   Otto VIII
Comté de La Marck   Maison de la Marck   Adolphe III de La Marck
Comté de Maurienne   Maison de Savoie   Amédée de Savoie
Comté de Moers   Maison d'Orange-Nassau   Guillaume III d'Orange-Nassau
Comté de Montfort   Maison d'Orange-Nassau   Anton IV de Montfort
Comté de la Petite-Pierre   Maison de Wittelsbach   Léopold Louis de Palatinat-Veldenz
Comté de Rietberg   Maison de Kaunitz-Rietberg-Questenberg   Dominik Andreas de Kaunitz-Rietberg-Questenberg
Comté de Savoie   Maison de Savoie   Amédée VIII de Savoie
Comté de Schaumbourg   Maison de Brunswick-Lunebourg  
Comté de Sponheim   Maison de Wittelsbach   Maximilien Ier de Bavière (roi)
Comté de Tyrol   Maison de Habsbourg   Sigismond-François d'Autriche
Comtes de Weimar-Orlamünde   Maison de Weimar-Orlamünde   Frédéric II de Weimar
Comté de Wied-Neuwied   Maison de Wied-Neuwied   Johann Friedrich Alexander (Wied-Neuwied)
Comté de Wurtemberg   Maison de Wurtemberg   Eberhard V de Wurtemberg
Comté de Zutphen   Maison de Gueldre   Henri Ier de Gueldre

Petite noblesse d'empireModifier

Les Nobles libres du Saint-Empire: la genèse de la petite noblesseModifier

Article détaillé : Edelfrei.

Les nobles libres du Saint-Empire (Edelfreï) forment entre le XIIe et le XVIe siècle, le noyau originel de la petite noblesse du Saint-Empire, qui donnera naissance aux catégories des barons et chevaliers de l'empire. Au XIIe siècle, il n’existait que trois titres de noblesse impériale : Prince,Comte et Noble libre[16].

Confusions entre Edelfrei et Edler:

Le terme de "Noble" pose beaucoup de problème en français car il désigne plusieurs choses différentes dans le monde germanique. Il désigne à la fois la condition noble mais aussi, deux titres différents. Avant 1577 les anoblissements de la petite noblesse comprenaient, soit le titre de baron (Freiherr), sois le titre de Noble libre (Edelfrei): officieusement les futurs chevaliers de l'empire. Tous les deux étaient immédiats. Le terme de chevalier commence à faire timidement son apparition au début du XVIe siècle dans les lettres patentes mais reste rare. A partir du XVIIe siècle, dans le cas d'un anoblissement, les chevaliers sont clairement intitulés comme tel, et ne le sont plus sous le simple terme de "noble". Le titre de "Edler" ne fait pas partie de noblesse impériale mais des noblesses autrichiennes et du sud de l'Allemagne comme la Bavière[17]. Leurs rangs et prérogatives ne sont absolument pas les mêmes. Alors que l'immédiateté, est clairement exprimée et accordée dans les lettres patentes de l'Edelfrei, elle n'est pas pour les edlers qui est son équivalent médiat.

Baron du Saint-EmpireModifier

 
Couronne héraldique des barons du saint empire

Le mot Freiherr (baron) remonte à la fin du moyen-âge, il vient de l'allemand vrīherre et signifie «seigneur libre». Appartenir à la noblesse était presque toujours associé à la propriété foncière et à la domination territoriale.Jusqu'au XIVe siècle, il n'y avait toujours pas de barrière entre la haute noblesse et la petite noblesse; ainsi les comtes et barons en tant que dirigeants territoriaux étaient presque égaux aux princes impériaux. Les barons du Saint-Empire étaient soit les propriétaires de baronnies désignées comme immédiate ou ayant été anobli par lettres patentes par l'empereur. Les propriétaires de baronnies immédiates étaient libres d'exercer leur pouvoir sur leurs territoires et le titre se transmettait selon le droit d’aînesse. Pour les anoblis, le titre pouvait ériger une terre en une nouvelle baronnie immédiate ou était en fait le plus souvent lié a un nom sans association de fief. Ce qui n’empêchait parfois pas en cas d'acquisition d'un fief, qu' il puisse devenir immédiat; ce qui devait être confirmé et accordé par l’empereur. Les barons se nommaient: Jean baron de x et du saint empire. Le titre s'interposait entre le prénom et le nom.

Chevalier impérialModifier

 
Couronne de noblesse utilisée par les chevaliers de l'empire
Article détaillé : Chevalier d'Empire.

Le titre de chevalier (Reichsritter) n'a fait partie que très tardivement de la hiérarchie nobiliaire et ainsi, demeure un titre un peu à part avec un statut particulier. Les chevaliers impériaux sont des nobles qui ont acquis "l'immédiateté"; et pour se distinguer des nobles médiats, ils se donnèrent le titre de chevalier. S'ils existent depuis le XIVe siècle, ils n’obtinrent la reconnaissance officielle de leur statut de Chevalier par l'empereur, qu'en 1577[18]. Ils tiennent de lui, des privilèges importants et le servent dans la cavalerie sur le champ de bataille. Les souverains locaux ne pouvaient s'interposer entre eux et l'empereur. Un Chevalier du Saint-Empire n'est guère comparable à son homologue français tant les pouvoirs et prérogatives sont importants pour le premier. L’élément qui classe ce titre à part, est le fait que, malgré l'immédiateté qui lui était accordé, il ne donnait pas accès à la diète d'empire[19]. Ce qui est le seul et unique cas dans la noblesse du saint empire. Également, il ne possède pas de couronnes héraldique propres: dans leurs armoiries les chevaliers portent en général, soit la couronne de noblesse à feuilles et à perles; soit, un peu moins fréquent, le tortil, ou plus rarement encore, les deux simultanément[20].

Noblesse sans titre du Saint-EmpireModifier

 
Le Tortil du Landmann

À l'origine issue de branches cadettes nobles qui n'ont pas hérité de titres, la noblesse sans titre a pour seul marque de noblesse le "von" ou le "zu" attaché a leur non. Elle forme une petite aristocratie foncière composée de gentilshommes propriétaires de domaines ruraux. Ces petits nobles avaient le droit de rattacher le nom de leur terre à leur nom pour marquer leur appartenance à la noblesse. Le "von" représentait une attache ancienne voire immémoriale à la terre alors que le "zu" marquait un changement de terre ajouté au nom ou une acquisition récente. Bien souvent les membres de la noblesse sans titre étaient d'une noblesse assez ancienne et ainsi pouvaient se sentir supérieur à des titres plus élevés et plus récent. L'ancienneté de la noblesse était, comme dans de nombreux autres pays, un élément de prestige qui pouvait parfois être plus important que le rang du titre. Les armoiries des nobles sans titre, sont souvent surmontés d'un heaume et d'un tortil.

Article détaillé : Landmann (titre).

Voir aussiModifier

RéférencesModifier

  1. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.81:172:23./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/, sur portail.atilf.fr (consulté le 4 janvier 2019)
  2. Christophe Duhamelle, « Les noblesses du Saint-Empire du milieu du XVIe au milieu du XVIIIe siècle », Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine, vol. 46, no 1,‎ , p. 146–170 (DOI 10.3406/rhmc.1999.1954, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2019)
  3. a et b Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.81:172:57./var/artfla/encyclopedie/textdata/IMAGE/, sur portail.atilf.fr (consulté le 6 janvier 2019)
  4. Claire Gantet et Christine Lebeau, Le Saint-Empire: 1500-1800, Armand Colin, (ISBN 9782200620578, lire en ligne)
  5. Commission d'information et de liaison des associations nobles d'Europe, C.I.L.A.N.E. (Commission d'information et de liaison des associations nobles d'Europe), 1989, Ediciones Hidalguia, (ISBN 9788487204074, lire en ligne)
  6. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://portail.atilf.fr/cgi-bin/getobject_?a.81:172:55./var/artfla/encyclopedie/textdata/image/, sur portail.atilf.fr (consulté le 4 janvier 2019)
  7. Commission d'information et de liaison des associations nobles d'Europe, C.I.L.A.N.E. (Commission d'information et de liaison des associations nobles d'Europe), 1989, Ediciones Hidalguia, (ISBN 9788487204074, lire en ligne)
  8. « Titularfürst », sur Histoire du Saint-Empire – regards franco-allemands (consulté le 8 janvier 2019)
  9. Traite Sistematique touchant la Connoissance de L'etat du Saint Empire Romain de la Nation Allemande, (lire en ligne)
  10. Jean Paul Rabaut Saint-Etienne, Annuaire, ou répertoire ecclesiastique à l'usage des églises réformées et protestantes de l'empire français: Contenant une Notice historique sur la Situation civile, politique et religieuse des Réformés en France depuis l'Edit de 1787 ..., Rabaut-Pomier, (lire en ligne)
  11. (en) The popular encyclopedia; or, 'Conversations Lexicon': [ed. by A. Whitelaw from the Encyclopedia Americana]., (lire en ligne)
  12. « Reichsritterschaft », sur Histoire du Saint-Empire – regards franco-allemands (consulté le 11 janvier 2019)
  13. Charles Emmanuel Joseph Poplimont, La Belgique héraldique: recueil historique, chronologique, généalogique et biographique complet de toutes les maisons nobles reconnues de la Belgique, Adriaens, (lire en ligne)
  14. Adolphe LANG, Éloge de M. le Maréchal de Merci, baron du Saint-Empire d'Allemagne, général en chef des armées bavaroises ... né à Merci (Moselle) en 1605, mort au champ d'honneur le 3 août 1645, à Nordlingen (Bavière)., (lire en ligne)
  15. Le Marquis de Magny, Illustrations européennes... Livre d'or de la Noblesse, secrétariat général du collège Héraldique, (lire en ligne)
  16. Philippe Josserand, Élites et ordres militaires au Moyen Âge: Rencontre autour d'Alain Demurger, Casa de Velázquez, (ISBN 9788490961476, lire en ligne)
  17. (en) « What does edler mean? », sur www.definitions.net (consulté le 30 octobre 2019)
  18. (en) « Imperial Knight of the Holy Roman Empire », sur www.holyromanempireassociation.com (consulté le 24 août 2018)
  19. Bertrand Auerbach, La France et le Saint Empire romain germanique, Slatkine, (lire en ligne)
  20. CHAS-DIEU, Adriaens, (lire en ligne)