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Nixon
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Nixon et sa famille le 9 août 1974 lors de son discours d'adieu au personnel de la Maison-Blanche, une des dernières scènes du film.

Titre original Nixon
Réalisation Oliver Stone
Scénario Stephen J. Rivele
Christopher Wilkinson
Oliver Stone
Acteurs principaux
Sociétés de production Cinergi Pictures
Hollywood Pictures
Illusion Entertainment
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre biographique
Durée 183 minutes
Sortie 1995

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Nixon est un film américain d'Oliver Stone, sorti en 1995. Ce film raconte l'histoire personnelle et politique de l'ancien président Richard Nixon. Il est interprété par Anthony Hopkins, alors que Joan Allen incarne sa femme Pat Ryan. Il dépeint Nixon comme un homme complexe et à bien des égards admirable malgré ses nombreux défauts.

SynopsisModifier

Le film couvre tous les aspects de la vie de Nixon, de son enfance à Whittier en Californie à la rencontre avec sa femme Pat Ryan. Il explore en profondeur tous les événements marquants de sa présidence, y compris sa chute due à un abus de son pouvoir exécutif à la Maison Blanche, le scandale du Watergate constituant un élément central du film.

Le penchant de Nixon (et de sa femme) pour l'alcool est clairement suggéré dans le film ainsi que la dépendance aux médicaments à laquelle il a dû faire face lors de ses années à la présidence des États-Unis. Les grands succès diplomatiques de Nixon et Kissinger vis-à-vis de la Chine et de l'Union Soviétique, plaçant les États-Unis comme arbitre entre ces deux ennemis sont bien soulignés. Nixon reste persuadé que l'élite intellectuelle de la Côte Est ne l'a jamais accepté comme président, à cause de ses origines sociales modestes : en effet, l'obsession de Nixon vis à vis de John Kennedy est clairement montrée il croit que Ted Kennedy est l'homme orchestre d'un complot contre lui dans l'affaire Watergate ; d'autre part, le soir de sa démission, errant devant les galeries des présidents à la Maison-Blanche, il s'attarde devant celui de John Kennedy et murmure : « quand les gens te voient, ils rêvent d'être ce que tu es, mais quand ils me voient, ils se voient comme ils sont ! ». Cette réflexion, ainsi que le comportement de Nixon qui se défausse de ses responsabilités sur ses collaborateurs, donne au Président la dimension d'un personnage shakespearien. La personnalité de Kissinger se démarque bien du reste de l'entourage de Nixon en montrant qu'il n'est pas mêlé aux intrigues de ceux-ci.

Le film s'achève sur la démission de Nixon et son départ de la Maison Blanche en hélicoptère. Au début du générique de fin figurent des séquences originales de l'enterrement national de Nixon à Yorba Linda auquel assistèrent tous les anciens présidents américains encore en vie à l'époque (Gerald Ford, Jimmy Carter, Ronald Reagan, George H. W. Bush). Par leur présence, les anciens présidents reconnaissaient à Nixon ses qualités d'homme d'État.

Le film est dédié à Louis Stone (1910-1995), le père du cinéaste.

Fiche techniqueModifier

  États-Unis :
  France,   Belgique :

DistributionModifier

 
Le Lincoln Memorial ou se situe une scène majeure du film : la confrontation entre le président venu se recueillir devant la statue de Lincoln avec des jeunes membres de la contestation contre la Guerre du Viêt Nam.

ProductionModifier

Genèse du projetModifier

Eric Hamburg, auteur de discours pour la United States House Committee on Foreign Affairs, lance l'idée d'un film sur Richard Nixon lors d'un diner avec Oliver Stone[3]. À cette époque, Stone est impliqué sur Evita et sur un projet sur le dictateur panaméen Manuel Noriega. Alan Parker réalise le premier alors que Stone abandonne finalement le second. Stone se concentre alors sur le projet, conforté par le fait que Richard Nixon est décédé quelque temps auparavant[4]. Il propose alors le film à Warner Bros., mais le studio n'est pas intéressé par le projet.

L'écriture du script avait débuté dès 1993, lorsqu'Eric Hamburg avait lancé le projet auprès du scénariste Stephen J. Rivele. Ils voulaient y incorporer tous les méfaits du politicien, autant ceux qui étaient connus que ceux qui étaient spéculatifs[3]. En novembre 1993, Rivele écrit donc un premier jet, avec l'aide de Christopher Wilkinson[3]. Ils créent le concept d'une « Bête », une métaphore sur les forces sombres qui ont conduit aux assassinats de John Fitzgerald Kennedy, Robert Kennedy, Martin Luther King ou encore à la Guerre du Viêt Nam. Cette bête mène Nixon au pouvoir, mais provoquera également sa chute. C'est ce concept qui séduit Oliver Stone :

« Je vois en la Bête l'essence d'un Système ... qui rabaisse l'individu ... c'est un Système de contrôles et d'équilibres qui se chassent : 1) le pouvoir de l'argent et les marchés ; 2) le pouvoir d'état, pouvoir gouvernemental ; 3) le pouvoir des entreprises, qui est probablement plus grand que le pouvoir de l'état ; 4) le processus politique, ou l'élection par l'argent (...) ; et 5) les médias, qui protègent surtout le statu quo et leurs intérêts[5]. »

— Oliver Stone

Le scénario est retravaillé à l'automne 1993. Mais Oliver Stone n'est pas convaincu par le 3e acte et la fin, qu'il décide de retravailler[3]. Stone hésitait toujours entre le biopic sur Nixon et Evita. La mort de Richard Nixon en avril 1994 firent passer le projet en priorité[6].

Peu avant le tournage, Stone s'immerge totalement dans le projet et se documente énormément. Il se rend également à Washington D.C. pour rencontrer des personnes du « cercle » de Nixon : son avocat Leonard Garment ou encore le procureur général Elliot Richardson. Il interviewe également Robert McNamara, secrétaire de la Défense sous les présidence de Kennedy et Lyndon B. Johnson, ainsi qu'Alexander Butterfield, pour décrire en détail le bureau ovale[3]. Les conseillers politiques John Dean et John Sears sont également consultés, pour vérifier la véracité des éléments du script.

CastingModifier

Le studio n'était pas très favorable à Anthony Hopkins pour le rôle-titre. Il préférait Jack Nicholson et Tom Hanks, les premiers choix d'Oliver Stone. Ce dernier avait également envisagé Gene Hackman, Robin Williams, Gary Oldman ou encore Tommy Lee Jones. Il a également rencontré Warren Beatty, mais l'acteur voulait remanier de manière trop importante le script[3]. Oliver Stone fut séduit par les performances d'Anthony Hopkins dans Les Vestiges du jour et Les Ombres du cœur. Pour mieux camper son personnage, Anthony Hopkins a visionné une bonne partie des discours de Nixon.

Le rôle de Pat Nixon a été proposé à Meryl Streep. Joan Allen a été attachée au projet lorsque Warren Beatty demanda à faire une lecture du script avec une actrice. Bien que Warren Beatty quittât finalement le projet, Joan Allen conserva le rôle.

James Woods, qui avait travaillé à Stone sur, lui demanda d'avoir le rôle de H. R. Haldeman, initialement prévu pour Ed Harris. Ce dernier eut finalement le rôle de Howard Hunt[3].

À noter un petit clin d'œil à la série Dallas : le riche et machiavélique pétrolier texan qui finance l'élection de Nixon est interprété par Larry Hagman, alias J.R. Ewing.

TournageModifier

Le tournage débute le et se déroule jusqu'en juillet[7]. Le tournage a principalement lieu en Californie (Culver City, Long Beach, Beverly Hills, Riverside, Redlands, Arcadia et Santa Monica) ainsi qu'à Washington DC[8].

Distinctions principalesModifier

RécompensesModifier

Boston Society of Film Critics Awards 1995
Chicago Film Critics Association Awards 1996
Kansas City Film Critics Circle Awards 1996
  • meilleure actrice dans un second rôle pour Joan Allen

NominationsModifier

Oscars 1996
BAFTA 1996
Golden Globes 1996
Chicago Film Critics Association Awards 1996

CommentaireModifier

Nixon est sans doute l'œuvre la plus surprenante d'Oliver Stone. En effet, réputé homme de gauche, le réalisateur dresse dans ce film un portrait tout en nuance, et même favorable à Richard Nixon. À la fin du film, il souligne qu'il fut le premier président américain à baisser le budget de la défense depuis trente ans, et que sans sa démission, il n'est pas sûr que le Viêt Nam communiste eût réussi à envahir le Viêt Nam du sud, ni les Khmers rouges à saigner le Cambodge.

Box-officeModifier

Le film ne rapporta que 14 millions USD au box-office américain[1], mais fut favorablement accueilli par de nombreuses critiques. En France, le film fait 50 034 entrées[10]. Dans le monde, le film totalisera 34 681 765 $ de recettes[10] pour un budget de 44 000 000 $[1].

Director's cutModifier

Une version « montage du réalisateur » (“director's cut”), rallongée de 28 minutes, est sortie en DVD et Blu-ray en août 2008 aux États-Unis. Principalement trois scènes coupées ont été rajoutées : une dans laquelle Nixon rencontre le directeur de la CIA Richard Helms (interprété par Sam Waterston) ; une autre se déroulant au mariage de Tricia Nixon durant laquelle J. Edgar Hoover tente de convaincre Nixon d'installer un système d'écoute dans le bureau ovale, une troisième dans un conseil des ministres ou Nixon était très furieux et où il blâmait tous ceux qui parlaient à la presse.

Clin d’œilModifier

La scène à l'hippodrome de Santa Anita entre Anthony Hopkins et Bob Hoskins rappelle une autre scène tournée au même endroit dans le film JFK entre Kevin Costner et Jack Lemmon.

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier