Nijinsky II

Nijinsky II
Image illustrative de l’article Nijinsky II
Nijinsky lors du Derby d'Irlande, en 1970

Père Northern Dancer
Mère Flaming Page
Père de mère Bull Page
Sexe Mâle
Naissance 1967
Pays de naissance Drapeau du Canada Canada
Mort 1992
Pays d'entraînement Drapeau de l'Irlande Irlande
Éleveur E.P. Taylor
Propriétaire Charles W.Engelhard Jr.
Entraîneur Vincent O'Brien
Jockey Lester Piggott
Rating Timeform 138
Nombre de courses 13
Nombre de victoires 11 (2 places)
Gains en courses $ 677 177
Récompense Cheval de l'année en Angleterre (1970)
Tête de liste des étalons en Angleterre et en Irlande (1986)
Tête de liste des pères de mères en Amérique du Nord (1993, 1994)
Hall of Fame des courses britanniques (2021)
Production Lammtarra, Caerleon
Principales victoires Dewhurst Stakes
2000 Guinées
Derby d'Epsom
Derby d'Irlande
King George VI and Queen Elizabeth Diamond Stakes
St. Leger Stakes

Nijinsky (1967-1992), de son nom exact Nijinsky II, est un cheval de course pur-sang anglais issu du croisement de Northern Dancer et Flaming Page, par Bull Page. Il est considéré comme l'un des meilleurs chevaux de courses du XXe siècle et il est membre du Hall of Fame des courses britanniques

Carrière de coursesModifier

 
Nijinsky remportant les Gladness Stakes sur l'hippodrome du Curragh, en 1970.

Né au Canada à Windfields Farm, le célèbre haras de E.P. Taylor où naquit également son père Northern Dancer, considéré comme l'étalon du siècle, Nijinsky fut acheté 84 000 $ lors de la vente annuelle du haras par l'industriel Charles W. Engelhard Jr, l'homme qui inspira le personnage de Goldfinger, éponyme du film Goldfinger. Le poulain fut envoyé en Irlande, à Ballydoyle, chez le grand entraîneur Vincent O'Brien, où il révéla rapidement un potentiel hors du commun. À deux ans, il fut sacré meilleur poulain en Angleterre et en Irlande, gagnant notamment les Dewhurst Stakes.

À trois ans, en 1970, il devint le 15e cheval de l’histoire à s’adjuger la triple couronne britannique : 2000 Guinées (1 600 m), Derby d’Epsom (2 400 m) et St. Leger Stakes (2 900 m), où il vainquit malgré des soucis physiques. Personne n’avait plus réalisé cet exploit depuis Bahram en 1935, personne ne l’a réédité depuis.

Il ne se contenta pas de cette performance et devint double "derby winner" en gagnant le Derby d’Irlande. Durant l’été, cet été où, d'après Lester Piggott (son jockey attitré depuis les Dewhurst Stakes), il était "imbattable"[1], Nijinsky se rendit maître de ses aînés dans les King George VI and Queen Elizabeth Diamond Stakes, prouvant qu’il n’avait aucun rival à sa mesure. Toujours invaincu, il se présenta logiquement dans le Prix de l’Arc de Triomphe pour couronner une carrière absolument exceptionnelle. Il en était naturellement le grandissime favori. Pourtant, au bout de la ligne droite de l’Hippodrome de Longchamp, "la surprise du siècle" attendait le pressenti "cheval du siècle". Nijinsky fut devancé d’une courte tête par Sassafras, le meilleur 3 ans français, monté par Yves Saint-Martin. On se perdit en conjectures pour expliquer pareille sensation : Lester Piggott avait-il été trop sûr de lui ? Le cheval avait-il suffisamment récupéré de sa victoire dans l’éprouvant St. Leger Stakes ? Nijinsky reparut une dernière fois en compétition, dans les Champion Stakes, et il fut pareillement battu, cette fois par Lorenzaccio. Cette nouvelle déconvenue s’expliquait mieux : le cheval avait fait preuve de nervosité avant la course, et avait laissé de l’influx lors de son échauffement. Mais surtout, Piggott et O'Brien déclarèrent que le cheval avait tout simplement "perdu la flamme"[2]. La carrière de courses de celui qui était appelé à disputer à Sea Bird le titre officieux de "cheval du siècle", et qui l’aurait fait sans sa défaite parisienne, était terminée. Il fut syndiqué pour un prix record (5,5 millions de dollars) et envoyé aux États-Unis pour y devenir un grand étalon.

Si Timeform lui attribua un rating de 138, à la fois exceptionnel (à l'époque le deuxième plus haut rating pour un Derby-winner[3]) et étrangement bas pour un "cheval du siècle", Nijinsky fut naturellement sacré cheval de l'année en Angleterre, tandis que son entourage fut élu en 1970 "personnalité sportive de l'année" par la BBC, dans la catégorie groupe. Il a par la suite collectionné les distinctions. En 2000, les lecteurs du tabloïd britannique The Sun l'ont élu "Horse of the Millennium". En 2018, c'est un panel d'experts rassemblés par The Daily Telegraph qui l'a élu plus grand vainqueur de l'histoire du Derby d'Epsom. Dans leur livre A Century of Champions, John Randall et Tony Morris le classent meilleur cheval irlandais du XXe siècle[4]. En 1970, Jo Durden-Smith réalise un documentaire sur le champion, A Horse Called Nijinsky, qui bénéficia d'une sortie sur les écrans anglais. La narration du film était assurée par la voix d'Orson Welles en personne[5]. Deux statues en bronze de Nijinsky accueillent les visiteurs au centre d'entraînement de Ballydoyle et sur l'hippodrome du Curragh[6]. En 2021, il est l'un des premiers élus du Hall of Fame des courses britanniques.

Résumé de carrièreModifier

Date Hippodrome Pays Course Distance Jockey Place Écart Vainqueur ou deuxième
1969, 2 ans
12 juillet Curragh   Irlande Earn Stakes 1 200 m L. Ward 1er / 5 Everyday
16 août Curragh   Irlande Railway Stakes 1 200 m L. Ward 1er / 7 5 Decies
30 août Curragh   Irlande Anglesey Stakes 1 200 m L. Ward 1er / 6 Everyday
27 septembre Curragh   Irlande Beresford Stakes 1 600 m L. Ward 1er / 7 3/4 Decies
10 octobre Newmarket   Royaume-Uni Dewhurst Stakes 1 400 m L. Piggott 1er / 6 3 Recalled
1970, 3 ans
4 avril Epsom   Royaume-Uni Gladness Stakes 1 400 m L. Piggott 1er / 12 5 Deep Run
29 avril Newmarket   Royaume-Uni 2000 Guineas 1 600 m L. Piggott 1er / 14 2 ½ Yellow God
3 juin Epsom   Royaume-Uni Derby 2 400 m L. Piggott 1er / 11 2 ½ Gyr
27 juin Curragh   Irlande Irish Derby 2 400 m L. Ward 1er / 13 3 Meadowville
25 juillet Ascot   Royaume-Uni King George VI & Queen Elizabeth St. 2 400 m L. Piggott 1er / 6 2 Blakeney
12 septembre Doncaster   Royaume-Uni St. Leger 2 900 m L. Piggott 1er / 9 1 Meadowville
4 octobre Longchamp   France Prix de l'Arc de Triomphe 2 400 m L. Piggott 2e / 15 cte tête Sassafrás
17 octobre Newmarket   Royaume-Uni Champion Stakes 2 000 m L. Piggott 2e / 8 1 ½ Lorenzaccio

Au harasModifier

Nijinsky prit ses quartiers d'étalon au grand haras de Claiborne Farm, à Paris, dans le Kentucky, où il demeura jusqu'à sa mort en 1992. Il y repose désormais. En bon fils de Northern Dancer, il allait vite s'affirmer comme un reproducteur de premier plan, et un excellent père de mères. Champion Sire en Angleterre et en Irlande en 1986, tête de liste des pères de mères aux États-Unis en 1993 et 1994, il est le père de 155 "stakes winners" (vainqueurs de courses importantes), parmi lesquels trois lauréats du Derby d'Epsom. Sa progéniture étaient particulièrement convoitée lors des ventes aux enchères, et c'est l'un de ses fils, Seattle Dancer, qui devint en 1985 le yearling le plus cher du monde, faisant tomber le marteau à 13,1 millions de dollars.

Parmi ses meilleurs produits, on peut citer (avec le père de mère entre parenthèses) :

Comme père de mères, on lui doit le champion Fantastic Light (par Rahy), le classique Colonial Affair (par Pleasant Colony) et trois membres du Hall of Fame américain, Flawlessly (par Affirmed), Heavenly Prize (par Seeking The Gold) et Sky Beauty (par Blushing Groom).

Nijinsky est euthanasié en avril 1992, à 25 ans, en raison des infirmités dues à son âge[7], lui qui souffrait de fourbure depuis 1985. Il est enterré à Claiborne Farm[8].

OriginesModifier

Nijinsky est issu d'un magnifique croisement, entre Northern Dancer et la championne Flaming Page, lauréate du Queen's Plate et des Canadian Oaks, membre du Canadian Horse Racing Hall of Fame. Outre Nijinsky, Flaming Page est la mère de Fleur (Victoria Park) qui, présentée à Northern Dancer a donné un autre grand vainqueur de Derby, The Minstrel.

PedigreeModifier

Origines de Nijinsky
Père
Northern Dancer
Nearctic Nearco Pharos
Nogara
Lady Angela Hyperion
Sister Sarah
Natalma Native Dancer Polynesian
Geisha
Almahmoud Mahmoud
Arbitrator
Mère
Flaming Page
Bull Page Bull Lea Bull Dog
Rose Leaves
Our Page Blue Larkspur
Occult
Flaring Top Menow Pharamond
Alcibiades
Flaming Top Omaha
Firetop

RéférencesModifier

  1. Archived at GhostarchiveModèle:Cbignore and the Wayback MachineModèle:Cbignore: « Lester Piggott relives Nijinsky's King George VI and Queen Elizabeth QIPCO Stakes win », sur YouTubeModèle:Cbignore
  2. « The Montreal Gazette - Google News Archive Search », sur news.google.com (consulté le )
  3. « Dosage » [archive du ], Chef-de-race.com (consulté le )
  4. Tony Morris et John Randall, A Century of Champions, Portway Press, (ISBN 1-901570-15-0)
  5. « A Horse Called Nijinsky », sur imdb.com
  6. Paul Hayward, « Aidan O'Brien and Camelot ready for their race into the history books by completing Triple Crown with St Leger », sur www.telegraph.co.uk,
  7. (en-US) Reuters, « Nijinsky II Destroyed at Claiborne Farm », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  8. « Grave Matters Claiborne Farm », sur www.tbheritage.com (consulté le )