Nicolas de Méthone

Nicolas de Méthone est un théologien byzantin du XIIe siècle. Conseiller de l'empereur Manuel Ier en matière de théologie, il devint évêque de Méthone vers 1150 et mourut vers 1165.

Il a composé notamment, au nom du christianisme orthodoxe, une réfutation détaillée des Éléments de théologie du philosophe néoplatonicien païen Proclus[1]. Il a laissé également plusieurs traités de théologie chrétienne, sous forme de discours ou de dialogues, portant notamment sur la Providence divine, sur les points de controverse avec l'Église latine (deux dialogues sur la procession du Saint-Esprit, deux discours sur les azymes), sur la doctrine de Sotérichos Panteugénos sur l'eucharistie, condamnée comme hérétique par un synode en 1157 (trois discours adressés à l'empereur Manuel Ier), et des commentaires de textes bibliques. Comme hagiographe, il a écrit une Vie (BHG 1247) de saint Mélétios le Jeune († vers 1105), fondateur vers 1081 du monastère du Symbole, près de Myoupolis (l'actuelle Oinoè, entre Athènes et Thèbes).

Édition de textesModifier

  • PG, vol. 135.
  • Athanasios D. Angelou (éd.), Νικολάου ἐπισκόπου Μεθώνης Ἀνάπτυξις τῆς Θεολογικῆς Στοιχειώσεως Πρόκλου Πλατωνικοῦ φιλοσόφου (Refutation of Proclus' "Elements of Theology"), Corpus philosophorum Medii Ævi, sér. Philosophi Byzantini, vol. I, Université d'Athènes et E. J. Brill (Leyde), 1984.
  • Vasilij G. Vasilievskij (éd.), « Νικολάου ἐκ Μεθώνης καὶ Θεοδώρου τοῦ Προδρόμου συγγρραφέων τῆς ιβ' ἑκατονταετηρίδος βίοι Μελετίου τοῦ νέου », Pravloslavnyj Palestinskij Sbornik 17, Saint-Pétersbourg, 1886 / Pamela Armstrong (éd.), The Lives of Meletios of Myoupolis (introduction, traduction anglaise et commentaire), thèse, Queen's University, Belfast, 1989.
  • Andronicos Demetracopoulos (éd.), Νικολάου ἐπισκόπου Μεθώνης Λόγοι δύο κατὰ τῆς αἱρέσεως τῶν λεγόντων τὴν σωτήριον ὑπὲρ ἡμῶν θυσίαν μὴ τῇ τρισυποστάτῳ Θεότητι προσαχθῆναι ἀλλὰ τῷ Πατρὶ μόνῳ κτλ. (deux discours contre Sotérichos Panteugénos), Leipzig, 1865.
  • Andronicos Demetracopoulos (éd.), Ἐκκλησιαστικὴ βιβλιοθήκη, Leipzig, 1866 (« Πρὸς τοὺς σκανδαλιζομένους ἐπὶ τοῖς ἀποστολικοῖς ῤητοῖς τῷ "ὅταν δὲ ὑποταγῇ αὐτῷ τὰ πάντα, τότε καὶ αὐτὸς ὁ Υἱὸς ὑποταγήσεται τῷ ὑποτάξαντι αὐτῷ τὰ πάντα" καὶ τῷ "ἵνα ᾖ ὁ Θεὸς τὰ πάντα ἐν πᾶσι" », exégèse de I Cor. 15:28, p. 293-320).
  • Constantin Simonidès (éd.), Νικολάου τοῦ ἁγιωτάτου ἐπισκόπου Μεθώνης Λόγος πρὸς τοὺς Λατίνους περὶ τοῦ Ἁγίου Πνευματος (dialogue sur le Saint-Esprit), Londres, 1858.
  • Arsenij Ivascenkov (éd.), Dva neizdannija proizvedenija Nikolaja episkopa Methonskago pisatelija XII veka (deux traités contre les Latins, sur le Saint-Esprit et sur les azymes), Novgorod, 1897.
  • Johann Theodor Vömel (éd.), Nicolai Methonensis Anecdoti pars prior et posterior (2 vol., grec et latin), Francfort-sur-le-Main, Broenner, 1825-26.

Notes et référencesModifier

  1. En 1831, le cardinal Angelo Mai a publié un fragment tiré d'un manuscrit grec de la Bibliothèque vaticane datant du XIVe ou du XVe siècle, attribué par cette source à Procope de Gaza, et qui a été reconnu peu après comme un passage de l'Ἀνάπτυξις de Nicolas de Méthone. D'où l'idée défendue par certains érudits que Procope de Gaza serait le véritable auteur de ce texte, annexé abusivement par l'évêque byzantin : voir notamment Johannes Dräseke, « Nicolas von Methone als Bestreiter des Proklos », Theologische Studien und Kritiken 68, 1895, p. 589-616, et « Prokopios von Gaza, Widerlegung des Proklos », Byzantinische Zeitschrift 6, 1897, p. 55-91. Mais cette position a été contrée par Joseph Stiglmayr, « Die "Streitschrift von Gaza" gegen den Neuplatoniker Proklos », Byzantinische Zeitschrift 8, 1899, p. 263-301, réfutation qualifiée de « décisive » par Eric R. Dodds dans l'introduction de son édition des Éléments de théologie (Oxford, Clarendon Press, 1963, p. XXX-XXXI). Voir aussi Gerhard Podskalsky, « Nikolaos von Methone und die Proklosrenaissance in Byzanz (11./12. Jh.) », Orientalia Christiana Periodica 42, 1976, p. 509-523.