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Nico (chanteuse)

chanteuse du Velvet Underground
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Nico
Description de cette image, également commentée ci-après
Nico en 1985
Informations générales
Nom de naissance Christa Päffgen
Naissance
Cologne, Allemagne
Décès (à 49 ans)
Ibiza, Espagne
Activité principale Chanteuse
Activités annexes Mannequin, actrice
Instruments harmonium
Années actives 1958-1988

Christa Päffgen, dite Nico, née le à Cologne et morte le à Ibiza, est une chanteuse, compositrice, actrice et mannequin allemande.

Principalement connue comme chanteuse dans le premier album du Velvet Underground, The Velvet Underground and Nico (1967), elle a pourtant enregistré six albums en solo et s'est produite en concert pendant les vingt années suivantes. Elle a également joué au cinéma avec Federico Fellini et surtout Philippe Garrel, et publié un recueil de poèmes, Chemin d'une vie.

Sommaire

BiographieModifier

FamilleModifier

Christa Päffgen est la fille de Margarete Päffgen (1910-1970).

MannequinatModifier

Christa Päffgen commence une carrière de mannequin à quinze ans et devient célèbre par sa présence dans de nombreuses revues. Jeune fille, elle vit à Paris et y rencontre le photographe Herbert Tobias, qui la surnomme Nico, d'après le prénom de son ancien amant, le réalisateur Nico Papatakis. Elle travaille, avant d'être connue, pour Jeanloup Sieff[1], pour les magazines Vogue, le Jardin des Modes (1956), Tempo, Vie Nuove, Mascotte Spettacolo, Camera, Elle, et pour la créatrice de mode Coco Chanel.

La dolce vitaModifier

Après être apparue dans plusieurs publicités, Nico joue en 1958 un petit rôle dans La Tempête d'Alberto Lattuada, puis, à la fin de cette même année, apparaît dans For the First Time de Rudolph Maté avec Mario Lanza, et dans le court-métrage documentaire de dix minutes sur Montparnasse (35 mm couleur) du photographe Willy Maywald, avec Vieira da Silva, Árpád Szenes, Pierre Soulages, Francis Bott[2].

En 1959, invitée sur le plateau du tournage du film de Federico Fellini La dolce vita, elle attire l'attention du réalisateur qui lui offre aussitôt un rôle dans le film. À cette époque, Nico partage son temps entre Paris et New York, où elle a déménagé pour prendre des cours avec Lee Strasberg afin de devenir actrice.

Elle tient le rôle principal dans Strip-Tease de Jacques Poitrenaud et, à cette occasion, enregistre une chanson produite par Serge Gainsbourg.

Le , Nico donne naissance à un fils, Ari, dont le père serait l'acteur Alain Delon, mais celui-ci ne reconnaît pas l'enfant et déclare ne trouver aucune ressemblance physique avec lui[3]. Contre le gré de l'acteur français, l'enfant est recueilli par la mère et le beau-père d'Alain Delon, qui l'élèveront et lui donneront leur nom, Boulogne[4],[5].

Premiers films avec Andy WarholModifier

En 1964, Nico rencontre Brian Jones, des Rolling Stones. En mai 1965, elle enregistre son premier titre en anglais, I'm Not Sayin[6], reprise par Jimmy Page du compositeur Gordon Lightfoot, sur un single produit par Brian Jones pour le label Immediate d'Andrew Loog Oldham.

Pendant l'été, l'acteur Ben Carruthers la présente à Bob Dylan à qui elle inspire la chanson I'll Keep It With Mine[7]. À cette époque elle commence à travailler pour Andy Warhol et Paul Morrissey dans leurs films expérimentaux, Chelsea Girls, The Closet, Sunset, et Imitation of Christ.

En 1966, elle signe un contrat avec l'agence de mannequinat Ford (New York)[8].

Nico et The Velvet UndergroundModifier

Après l'avoir fait jouer dans ses films, Warhol impose Nico au Velvet Underground, qui joue à l'époque pour la performance de Warhol, Exploding Plastic Inevitable, associant à la fois film, musique, lumières et danseurs pour une expérience théâtrale « totale ». Chanteuse à la voix grave, intense et sépulcrale, Nico travaille ainsi sur quatre chansons de leur premier album The Velvet Underground and Nico. L'album sort en 1967 et deviendra une des grandes références du rock. Nico a une brève relation avec Lou Reed (comme elle en aura avec d'autres musiciens tels que John Cale, Jim Morrison, Iggy Pop, Jackson Browne, Brian Jones et Tim Buckley).

Cependant Nico quitte assez rapidement le Velvet Underground pour des raisons incertaines, la plus vraisemblable étant le peu de place que Lou Reed lui laissait au sein du groupe. Elle commence alors une carrière solo, et enregistre dans les deux décennies suivantes une série d'albums acclamés aujourd'hui par les critiques, avec notamment Brian Eno et Phil Manzanera. John Cale surtout s'est particulièrement impliqué : il l'a encouragée à écrire et composer, a produit quatre de ses albums, tout en s'occupant des arrangements et en jouant de plusieurs instruments.

En soloModifier

Les années 1960Modifier

En 1967, Nico sort son premier album solo, Chelsea Girl, dont certaines chansons sont composées par Bob Dylan, Tim Hardin, Jackson Browne et par les membres du Velvet Underground. Cet album un peu folk contient des arrangements de cordes et de flûtes ajoutés par son producteur Tom Wilson sans concertation avec Nico[9], arrangements dont elle semble ne pas avoir été du tout satisfaite.

Pour son second album, The Marble Index, sorti en 1969, et grâce aux encouragements de John Cale, Nico écrit toutes les paroles et la musique. John Cale, producteur de l'album, considère que c'est le premier album de rock à abandonner les instrumentations et structures traditionnelles. Nico y joue de l'harmonium, instrument qui deviendra le sien pour le reste de sa carrière. L'album est influencé par la musique classique et les chansons traditionnelles européennes.

Les années 1970Modifier

 
Nico jouant de l'harmonium (1974)

Pendant cette décennie, Nico partage son temps entre les films de Philippe Garrel, son compagnon, les concerts, et son fils Ari. Elle devient peu à peu héroïnomane. On a longtemps attribué son comportement idiosyncratique à cette dépendance, mais ce comportement était antérieur à sa consommation d'héroïne, et serait aujourd'hui peut-être attribué au syndrome d'Asperger.

Nico reforme, avec Lou Reed et John Cale, le groupe Velvet Underground pour un concert au Bataclan le 29 janvier 1972. À cette occasion le réalisateur Claude Ventura tournera un documentaire pour le magazine "Pop 2" présenté par Patrice Blanc-Francard.

Cale produit ses albums Desertshore (1971) et The End (1974) : Nico est à l'harmonium, les arrangements glissent du néo-classique à l'avant-gardisme, les textes parlent de solitude, de pouvoir, d'héroïsme, de l'oscillation entre désir et détresse. Le 1er juin 1974, elle chante The End, reprise des Doors, et morceau-titre de son album, aux côtés de Brian Eno, Kevin Ayers et John Cale, lors d'un concert de promotion des artistes du label Island, au Rainbow Theatre de Londres, enregistré dans le 33 tours June 1, 1974. La même année, elle chante sur l'album d'Ayers The Confessions of Dr. Dream and Other Stories.

Le 13 décembre 1974 Nico se produit en concert avec le groupe Tangerine Dream à la cathédrale de Reims devant plus de 5 000 personnes.

Entre 1970 et 1979, Nico joue dans sept films du réalisateur Philippe Garrel, qu'elle a rencontré en 1969. Sa première contribution à l'œuvre de Garrel est la chanson The Falconer pour Le Lit de la vierge. Elle vit avec lui, et devient alors une figure centrale de son œuvre et de sa vie. Elle apparaît pour la première fois dans La Cicatrice intérieure, en 1971, où elle tient le rôle principal auprès de Pierre Clémenti, de Philippe Garrel lui-même et de son fils Ari. Elle compose également la bande originale, éditée dans l'album Desertshore, et participe à la réalisation. Sa participation diminue cependant dans les films suivants, dont Les Hautes Solitudes, en 1974. Après sa mort, Garrel réalisera J'entends plus la guitare, inspiré par leur amour.

Les années 1980Modifier

Installée à Ibiza, Nico vit alors avec le poète punk John Cooper Clarke. Elle enregistre en 1981 Drama of Exile, qui contraste avec ses travaux précédents avec John Cale en mêlant rock et arrangements moyen-orientaux, puis en 1985 son dernier album, Camera Obscura. Cet album, très expérimental, aux instrumentations jazz, comprend une reprise du standard My Funny Valentine.

De nombreux concerts de cette époque sont enregistrés et édités, notamment Heroine en 1982, Behind the Iron Curtain en 1986. Son tout dernier concert, Nico's Last Concert: Fata Morgana, est enregistré le , à peine plus d'un mois avant sa mort.

DécèsModifier

 
Tombe de Nico au cimetière des sans nom à Berlin.

Le , à 49 ans, Nico meurt à l'hôpital d'une hémorragie cérébrale, quelques heures après une chute de bicyclette sur l'île d'Ibiza, conséquence, selon certaines sources, d'une insolation[10]. Elle est inhumée auprès de sa mère au cimetière des sans nom à Berlin-Grunewald.

PostéritéModifier

En 2001, son fils Ari publie L'Amour n'oublie jamais, un hommage à sa mère avec des photos inédites.

Dans son album Kissin' Time (2002), Marianne Faithfull la célèbre dans la chanson Song for Nico, co-écrite avec Dave Stewart. Elle y évoque les relations de Nico avec Brian Jones, Andy Warhol et Alain Delon.

En 2005, son single Vegas de 1981 fait partie de la bande originale de film du long métrage Les Amants réguliers de Philippe Garrel[11].

En juin 2007, le groupe de musique industrielle Throbbing Gristle enregistre une ré-interprétation de Desertshore, pour son installation performance The Desertshore Installation publiée en coffret collector de 12 CD-R.

En octobre 2018 John Cale organise le Life Along The Borderline au Royal Festival Hall de Londres[12]. Un concert en hommage à Nico avec la participation, notamment, de Guillemots, Peter Murphy, Mark Lanegan, Lisa Gerrard, Soap & Skin.

En 2012, le groupe, sous le nom X-TG, présente une nouvelle interprétation de Desertshore avec de nombreux invités (Antony, Blixa Bargeld, Gaspar Noé...). Le disque est publié par le label Industrial Records (IR2012CD)[13].

En 2009, dans son roman Vous n'étiez pas là, Alban Lefranc imagine une biographie de Nico où le comique américain Lenny Bruce et le photographe allemand Herbert Tobias sont les personnages centraux de la vie de la chanteuse.

Sur son album Never Take Friendship Personal, le groupe Anberlin enregistre la chanson Dance, Dance, Christa Päffgen.

Dans le roman de Timothée Rocca, L'Horizon et l'Abîme[14], paru en 2016, le personnage d'Herman Conradi, lui aussi né à Cologne, en 1988, est hanté par la personnalité de la chanteuse morte trois jours avant sa naissance, et en qui il reconnaît une sœur de silence et de tristesse. Elle devient, par ce biais, un des personnages principaux du roman.

DiscographieModifier

Films sur NicoModifier

Nico - In MemoriamModifier

Nico - In Memoriam est un film documentaire du concert donné en 1986 à la boîte de nuit « Quartier Latin » à Berlin Ouest. Nico joue une sélection de ses propres classiques ainsi que ceux du Velvet Underground.

Nico IconModifier

1995 : Nico Icon, film documentaire biographique germano-américain réalisé par Susanne Ofteringer, avec les témoignages de quelques proches de « l'icône » et d'artistes underground ayant collaboré avec elle.

Par ailleurs, dans son livre, L'amour n'oublie jamais, Ari, le fils de Nico, précise que le témoignage de sa grand-mère repose en partie sur des faits inexacts.

Rock goes to the cathedral - Reims 1974Modifier

Film documentaire réalisé par Benoit Garel, et diffusé le 15 décembre 2012 à 15 h 30 sur France 3 Champagne-Ardenne, Alsace, Lorraine. Retour sur le mythique concert, organisé par Assaad Debs en association avec Gérard Drouot et Musique Action Reims avec Tangerine Dream et Nico, qui s'était déroulé dans la cathédrale de Reims et qui avait défrayé la chronique à l'époque.

Nico, 1988Modifier

Nico, 1988, tourné en novembre-décembre 2016 est sorti en France en avril 2017[17]. La réalisatrice italienne Susanna Nicchiarelli réalise un biopic sur Nico, intitulé Nico, 1988 assez bien accueilli par la critique[18]. Le tournage a lieu dans l'est de la Belgique : Malmedy et Spa ainsi qu'à Liège (Seraing) où un concert est reconstitué. Nico est interprétée par l'actrice et chanteuse danoise Trine Dyrholm, qui chante plusieurs morceaux de Nico avec les musiciens du groupe italien Gatto Ciliegia Contro il Grande Freddo. Le film a obtenu le Prix Orizzonti du meilleur film à la Mostra de Venise 2017.

Notes et référencesModifier

  1. Jean-Noël Liaut, Modèles et mannequins : 1945 - 1965, Paris, Filipacchi, , 220 p. (ISBN 9782850183416, notice BnF no FRBNF35660421, présentation en ligne), « Témoignage de Jeanloup Sieff », p. 123
  2. Dossier de presse de l'exposition du Musée Carnavalet de 2007 en hommage au photographe Willy Maywald.
  3. Martine de Rabaudy, « Ari, fils de personne », L'Express, 24 mai 2001.
  4. Il deviendra photographe sous le nom de Christian Aaron Boulogne
  5. Judith Perrignon, « Le fils errant. », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 22 avril 2018)
  6. (en) « I'm Not Sayin' », Wikipedia,‎ (lire en ligne, consulté le 22 avril 2018)
  7. « How Dylan's 'Bringing It All Back Home' 'Stunned the World' », Rolling Stone,‎ (lire en ligne, consulté le 13 mars 2018)
  8. (en) Design Museum et Paula Reed, Fifty fashion looks that changed the 1960s, Londres, Conran Octopus, coll. « Fifty Fashion Looks », , 114 p. (ISBN 978 1 84091 604 1, présentation en ligne), « Nico: Counterculture femme fatale », p. 44
  9. (en) « Chelsea Girl (album) », Wikipedia,‎ (lire en ligne, consulté le 22 avril 2018)
  10. Le Rock de A à Z, paru en 2000 chez Albin Michel
  11. générique
  12. (en-GB) « Life Along The Borderline @ Royal Festival Hall, London | Live », sur musicOMH, (consulté le 20 décembre 2018)
  13. http://www.discogs.com/X-TG-Desertshore-The-Final-Report/release/4056102
  14. Timothée Rocca, L'Horizon et l'Abîme, Paris, L'Harmattan, , 640 p. (ISBN 978-2-343-06945-6, lire en ligne)
  15. « Nico (3) - Reims Cathedral - December 13th, 1974 », sur Discogs (consulté le 22 avril 2018)
  16. Bruno Juffin, « Nico, à l’aube du Velvet », Le magazine en ligne de la Cité de la musique - Philharmonie de Paris,‎ (lire en ligne)
  17. "Nico, 1988". allocine.fr. Consulté le 8 août 2018
  18. "Nico, 1988 - critiques". allocine.fr. Consulté le 8 août 2018

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

Liens externesModifier