Nemat Shafik

économiste égyptienne

Nemat Talaat Shafik, (en arabe: نعمت شفيق), aussi connue sous le nom de Minouche Shafik, née le en Égypte, est une économiste de formation, ayant occupé plusieurs postes de direction dans des organisations internationales, et détentrice de trois nationalités : égyptienne, américaine et britannique. Elle a également enseigné et publié de nombreux ouvrages, notamment sur la mondialisation, les marchés émergents et l'investissement privé, le développement international, le Moyen-Orient, l'Afrique, et l'environnement. Elle est actuellement directrice de la London School of Economics.

BiographieModifier

Shafik est née à Alexandrie, en Égypte , en 1962. Sa famille, dépossédée d'une grande partie de ses biens à la suite des nationalisations décidées par le président Nasser[1], quitte l'Égypte dans les années 1960 et elle vit une partie de son enfance aux États-Unis, puis est de retour en Égypte, où elle poursuit sa scolarité. Elle entreprend ensuite des études supérieures, tout d'abord à l'université américaine du Caire, et à l'université du Massachusetts à Amherst puis à la London School of Economics, suivies d'un doctorat en économie au St Antony's College d'Oxford en 1989. Entre ses années d'études aux États-Unis et sa formation complémentaire en Angleterre, s'intercalent deux ans de travail sur les questions de développement, en Égypte, pour le bureau du Caire de l'agence américaine pour le Développement international. Bien que Shafik ait grandi en partie aux États-Unis et parle un anglais américain, elle détient la nationalité égyptienne, américaine et britannique[2].

Après Oxford, Shafik rejoint la Banque mondiale et y exerce plusieurs fonctions dans le département de la recherche, où elle travaille sur la modélisation et de la prévision économique mondiale, puis plus tard sur les questions environnementales. Elle se consacre ensuite à des travaux macroéconomiques sur l'Europe de l'Est pendant la période de transition et sur le Moyen-Orient. Elle publie plusieurs ouvrages dans cette période[3]. Elle y rencontre également son premier mari, Mohamed A. El-Erian[1].

À 36 ans, elle devient le plus jeune vice-président de la Banque Mondiale[4]. En 2002, elle épouse Raffael Jovine, son second mari, un biologiste marin, avec qui elle a deux jumeaux, un garçon et une fille[1],[5].

Puis elle est appelée par le gouvernement britannique au Département du Développement international (DFID), détachée comme Directeur Général pour les Programmes par Pays où elle a été responsable de l'ensemble de DFID des bureaux du DFID à l'étranger et des financements, notamment pour l'Afrique, le Moyen-Orient, d'Asie, d'Amérique latine et d'Europe de l'Est. À partir de 2008, elle devient Secrétaire permanent du DFID, où elle dirige le programme d'aide bilatérale dans plus de 100 pays, les politiques multilatérales de financement et les relations avec les organisations internationales, tout en étant responsable de 2 400 employés. Elle agit en lien étroit avec les ministres et apparaît régulièrement devant le Parlement[6]. Au cours de son mandat, le DFID est décrit par l'OCDE comme «un leader dans le développement, au niveau international»[7].

D'avril 2011 à 2014, elle rejoint l'équipe dirigeante du Fonds Monétaire International[3]. Elle arrive au FMI dans une période tumultueuse pour cette institution internationale, à la suite du scandale qui touche son chef, Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire en , provoquant la nomination de l'ancienne ministre des finances française Christine Lagarde, première femme à la tête du FMI[2]. En , en tant que directeur délégué aux opérations, elle remplace au pied levé, pour une réunion de l'Eurogroupe, Dominique Strauss-Kahn, placé en garde à vue, alors que la Zone Euro traverse une crise[8]. Elle devient ensuite la seule femme parmi les quatre adjoints dont s'entoure Christine Lagarde[9].

En 2014, elle est choisie comme vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, responsable notamment des marchés bancaires et membre du comité de politique monétaire[10]. Elle y secoue « le teint mâle et pâle » de la vieille institution.« Il y a des preuves que plus il y a d'hommes sur les places de marché, plus les niveaux de prise de risque sont élevés » affirme-t-elle à la presse anglaise, précisant encore : « Mon ancienne patronne (au Fonds monétaire international), Christine Lagarde, avait coutume de dire que si les Lehman Brothers avaient été les Lehman Sisters, on n'aurait pas eu le même pétrin »[5]. Le , sa désignation comme prochaine Directrice de la London School of Economics est annoncée. Elle prend ses fonctions le [11],[12].

Elle est créée pair à vie le 15 octobre 2020.

Principales publicationsModifier

  • Private investment and public policy in Egypt, 1960-1986, thèse,1989, Université d'Oxford.
  • Does devaluation hurt private investment? : the Indonesian case, en collaboration avec Ajay Chhibber, publication de la Banque mondiale, 1990.
  • Modeling investment behavior in developing countries : an application to Egypt, publication de la Banque mondiale, 1990.
  • Are high real interest rates bad for world economic growth?, en collaboration avec Jalaleddlin Jalali, publication de la Banque mondiale, 1991.
  • Reviving private investment in developing countries : empirical studies and policy lessons, en collaboration avec Ajay Chhibber et Mansoor Dailami, publication de la Banque mondiale, 1992.
  • Making a market : mass privatization in the Czech and Slovak republics, publication de la Banque mondiale, 1993.
  • Information and price determination under mass privatization, publication de la Banque mondiale, 1994.
  • Claiming the future : choosing prosperity in the Middle East and North Africa, publication de la Banque mondiale, 1995.
  • Big spending, small returns the paradox of human resource development in the Middle East, The Egyptian Center for Economic Studies, 1996.
  • Economic challenges facing Middle Eastern and North African countries : alternative futures, première édition en 1998, réédité par Springer en 2016.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. a b et c (en) Shane Croucher, « Nemat 'Minouche' Shafik: The New Lady of Threadneedle Street with Steel-capped Stilettos », International Business Times,‎ (lire en ligne)
  2. a et b (en) Jane Dudman, « Nemat Shafik: Global Public Leaders Series keynote speaker », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  3. a et b (en) « Nemat Shafik », sur le site du Fonds monétaire international,
  4. (en) « Conversations with History: Nemat Shafik », Globetrotter (Université de Californie à Berkeley),‎ (lire en ligne)
  5. a et b (en) James Ashton, « Bank of England's Minouche Shafik: ‘We want to make life difficult for the bad apples in banking’ », Evening Standard,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Sean Farrell, « Nemat Shafik : economist with stellar CV to be Bank of England deputy », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « The United Kingdom. Development Assistance Committee (DAC). Peer Review », OCDE,‎ (lire en ligne)
  8. Rédaction LM, AFP et Reuters, « Le numéro 2 du FMI remplace temporairement DSK », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. Rédaction LM et AFP, « FMI : Lagarde s'entoure d'un Chinois et d'un Américain. David Lipton et Zhu Min rejoignent la direction du Fonds », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. (en) « Bank of England announces major reorganisation », BBC News,‎ (lire en ligne)
  11. (en) Jill Treanor, « Bank of England deputy governor quits after two years », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  12. (en) « Nemat Shafik », sur le site Festival Economia

Liens externesModifier