Navire de croisière

type de navire
Le Carnival Vista du leader mondial des croisières, Carnival Cruise Lines.
L'AIDAnova premier navire au monde propulsé au GNL.
Le Royal Clipper, navire de croisière à voile.
Wind Surf, navire-jumeau du Club Med 2.
Le Symphony of the Seas plus gros navire au monde en 2020.
Balcons et embarcations de sauvetage sur un bateau de croisière. Juillet 2016.

Un navire de croisière ou bateau de croisière est un navire (généralement un paquebot ou un navire de plaisance à utilisation commerciale) spécialisé dans le transport de passagers, dont le but n'est pas comme pour les paquebots de ligne de transporter les passagers d'un port à un autre, mais de proposer un voyage touristique en mer. En général, le navire accoste plusieurs destinations touristiques intéressantes, ce qui permet aux passagers, à chaque nouvelle escale, de découvrir de nouvelles impressions culturelles tout au long de son voyage.

La croisière est devenue une activité importante de l'industrie touristique, dont le marché augmente chaque année davantage. Ce marché en pleine expansion permet à certains chantiers navals de survivre.

Aujourd'hui, les plus imposants navires de croisière au monde sont les navires de Classe Oasis avec près de 6 300 passagers de la compagnie Royal Caribbean International. La compagnie Costa Croisières s'est vu livrer en 2019 le second navire de classe Excellence, les plus gros navires de croisière du monde en termes de passagers allant jusqu'à plus de 6 600 passagers.

Dans le nautisme de loisir, on peut distinguer les bateaux de taille modeste naviguant en « croisière côtière » (ou « petite croisière ») et ceux, normalement plus importants, pratiquant la « croisière au long-cours » (dite aussi « grande croisière »).

HistoriqueModifier

L'idée des croisières est attribuée à l'Allemand Albert Ballin, directeur de la compagnie maritime Hapag. En hiver, les réservations de traversées transatlantiques étaient, à cause du mauvais temps et de la mer houleuse, moins importantes. Pour rentabiliser ses navires en hiver, Ballin organisa du au un premier « voyage d’agrément » en mer Méditerranée avec le paquebot Auguste Viktoria et ses 241 passagers. Fort du succès remporté, les croisières étaient nées et les autres compagnies maritimes commencèrent à l'imiter.

D'autres sources mentionnent le Francesco I, battant pavillon Royaume des Deux-Siciles (Italie), comme le premier navire de croisière. Ce dernier est embarqué en 1833 par les nobles, autorités et les princes royaux de part et d'autre de l'Europe. En seulement trois mois, le bateau navigua vers Taormine, Catane, Syracuse, Malte, Corfou, Patras, Delphes, Zante, Athènes, Smyrne et Constantinople enchantant ses passagers avec des excursions et visites guidées, de la danse, cartes de tables sur le pont et des soirées à bord.

Au milieu des années 1920, avec l'apparition du transport aérien, le nombre de passagers des compagnies maritimes commença à diminuer. Pour compenser cette baisse, ces compagnies se sont de plus en plus tournées vers les croisières.

Jusque dans les années 1970, les navires de croisière étaient surtout des paquebots reconvertis. Les navires actuels, sont essentiellement des navires de croisière construits pour cet usage. Les paquebots classiques n'occupent plus qu'un petit créneau (par exemple le Queen Mary 2 de la compagnie maritime Cunard Line, qui est l'un des plus beaux et luxueux paquebots construits jusqu'à ce jour, propose des voyages transatlantiques saisonnièrement entre New York et Southampton). Le premier paquebot spécifiquement conçu pour la croisière, le Tropicale, est lancé en 1981 par le groupe Carnival.

Le Symphony of the seas et son jumeau l'Harmony of the seas de Royal Caribbean Cruise Line sont actuellement les plus gros navires de croisière avec leurs 225 000 tonneaux et près de 6 300 passagers.

ProspectiveModifier

Avec un nombre croissant de retraités, de plus en plus riches, le marché européen de la croisière se porte bien dans les années 2000, en particulier au Royaume-Uni où environ 1,35 million d'insulaires anglais auront fait une traversée en paquebot en 2007 (+ 11 % par rapport à 2006, chiffre à comparer aux 242 000 Français qui avaient choisi de passer des vacances sur un bateau en 2006). Les compagnies anglaises annoncent des taux encore plus élevés en 2008 (1,55 million de voyageurs, soit + 14 % par rapport à 2007), grâce à l'entrée en service de nouveaux paquebots : Queen Victoria de la compagnie Cunard, inauguré le et le Ventura, de P&O en 2008[1]. En 2010, un total de 14,8 millions de personnes ont effectué une croisière et plus de 10 millions d'entre elles étaient américaines, c'est une augmentation de plus de 10 % par rapport à 2009[réf. nécessaire].

HistoriqueModifier

Année Nombre de
passagers français
Évolution (%)
2003 212 000
2004 222 000   +5
2005 233 000   +5
2006 242 000   +4
2007 280 000   +16
2008 310 000   +11
2009 347 000   +12
2010 387 000   +12
2011 441 000   +14
2012 481 000   +9
2013 522 000   +8
2014 593 000   +14
2015 615 000   +3,6
2016 574 000   −6,2

ClassificationModifier

Les navires de croisière peuvent être regroupés en plusieurs catégories. D'une part selon la taille, d'autre part selon le niveau de confort classé par des étoiles. Théoriquement, chaque compagnie maritime peut s'attribuer elle-même ses étoiles, mais le plus souvent les compagnies utilisent le classement de Douglas Ward, qui publie chaque année un livre (Berlitz complete guide to cruising & cruise ships) ; en quelque sorte un Guide Michelin des hôtels flottants.

CertificationModifier

Comme tout navire marchand, un navire de croisière avant d'être mis en service, doit satisfaire aux critères de la SOLAS, il doit surtout obtenir un certificat de classe d'une société de classification reconnue[2]. Malgré tout, la taille des navires ainsi que le nombre de passagers augmentant très vite, les réglementations qui sont souvent des adaptations rédigées à la suite d'accidents ou de presque-accidents, évoluent en permanence mais avec un décalage dans le temps[3]. Les architectes navals chargés des projets doivent, faire face à de nouveaux problèmes, préparer de nouvelles situations, ce dans l'urgence que demande le marché. Le poste d'abandon est un problème qui doit gérer le nombre de passagers mais aussi la rapidité d'évacuation en tenant compte de l'âge et de la mobilité des passagers. Sont également soulevés les problèmes de santé à bord, en particulier les risques de contagion par l'eau comme la légionellose[4].

Différents types de croisièresModifier

Généralement, on différencie les croisières en deux secteurs  :

  • les croisières fluviales pratiquées sur fleuve ou sur lac ;
  • les croisières maritimes pratiquées en mer.

Selon le caractère, l'âge des passagers et leurs centres d'intérêt, les thèmes de croisières peuvent être assez diversifiés : croisière de luxe, croisière d'aventure, croisière culturelle, croisière de divertissement ou encore croisière de repos. La taille et l'équipement du navire s'adaptent au public visé. Les navires de croisière peuvent être très divers : du voilier ou yacht pour les petits groupes jusqu'au paquebot de croisière avec des centaines ou des milliers de passagers.

Le pays d'origine des passagers peut aussi avoir une influence sur l'organisation des croisières. Les passagers allemands, par exemple, préfèrent les croisières avec de nombreuses escales dans des ports intéressants. Pour les passagers britanniques, le séjour en mer est un facteur de premier choix. Quant aux passagers nord-américains, ils préfèrent les croisières courtes avec beaucoup de divertissements à bord. Ces dernières années, on a pu noter une certaine tendance, d'une part pour le luxe et d'autre part pour l'atmosphère légère des clubs. La structure d'âge des passagers s'en est par conséquent modifiée. Auparavant, on pouvait dire que c'était un eldorado pour les personnes âgées et riches qui cherchaient une façon agréable et confortable de voyager. Aujourd'hui cela s'est démocratisé jusqu'à proposer des offres pour petits budgets avec service minimum (par ex. EasyCruise de la firme EasyGroup).

Impact environnementalModifier

Ces navires consomment entre 60 tonnes (selon Clia France) et 150 tonnes (selon The Guardian) de fioul par jour, en raison de l'énorme masse à déplacer et surtout de la consommation d'électricité générée à bord nécessaire à leurs prestations (hôtellerie, restauration, climatisation, loisirs), soit l'équivalent d'une station balnéaire « flottante » de plusieurs milliers d'habitants. De plus, ces navires utilisent un carburant extrêmement polluant (du fioul lourd, un pétrole quasiment brut), qui contient notamment trois mille fois plus de soufre que le diesel automobile[5]. Chaque navire à l'arrêt pollue autant qu'un million de voitures selon un rapport de France Nature Environnement de 2015, en termes d'émission de particules fines et de dioxyde d'azote[6],[7] ; le taux de particules ultrafines y avoisine celui présent dans les villes les plus polluées de la planète. La pollution persiste à quai car l'entretien du bateau de croisière nécessite de faire tourner les moteurs pour alimenter de nombreux équipements[8],[9].

Cependant, certains ports prévoient l'installation de branchements électriques permettant d'alimenter les navires en énergie pendant leurs escales. Il en est ainsi, par exemple, de Marseille - un des ports les plus concernés par cette pollution - qui doit être équipée à l'horizon 2025[10].

Par ailleurs, sous la pression des opinions publiques et des groupes écologistes, les compagnies de croisières et les chantiers navals sont amenés à étudier de nouveaux modes de propulsion, comme le gaz naturel liquéfié (GNL) mis en œuvre sur les paquebots les plus récents, tels l'AIDAnova et le Costa Smeralda lancés en 2018 et 2019, qui limite de façon très importante les émissions nocives.

Notes et référencesModifier

  1. Newsletter Mer et Marine (3 décembre 2007)
  2. Certification BV
  3. Classification BV
  4. Dossier sur le gigantisme sur le site de l'association française des capitaines de navire
  5. « Les paquebots géants sont une source géante de pollution marine », Reporterre, le quotidien de l'écologie,‎ (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2018)
  6. « La croisière abuse ! », sur France Nature Environnement, (consulté le 18 décembre 2018)
  7. « Un navire de croisière à l'arrêt pollue autant qu'un million de voitures », sur Franceinfo, (consulté le 7 mai 2019)
  8. « Les paquebots géants sont une source géante de pollution marine », Reporterre, le quotidien de l'écologie,‎ , voir à 19 min 30 (lire en ligne, consulté le 7 octobre 2018)
  9. « [Série d'Été] Pollution : la croisière ne s'amuse plus », sur novethic.fr (consulté le 18 décembre 2018)
  10. Sur France-3 Régions

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Alain A. Grenier, « Le tourisme de croisière », dans Téoros, no 27-2, 2008, consulter en ligne
  • Olivier Dehoorne et Nathalie Petit-Charles, « Tourisme de croisière et industrie de la croisière », Études caribéennes, no 18, 2011, consulter en ligne

Articles connexesModifier