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BiographieModifier

Naïm Kattan étudie à l'université de Bagdad de 1945 à 1947, puis à la Sorbonne de 1947 à 1951. Il émigre à Montréal en 1954. Il vit en Ontario depuis 1967 ; il y dirige le Service des lettres et de l'édition du Conseil des Arts du Canada pendant une trentaine d'années[1]. Il s'intègre bientôt au milieu culturel québécois et canadien-français ; son rôle au Conseil des arts et ses écrits sont un apport important à la littérature québécoise et à la littérature franco-ontarienne, de même qu'à l'avancement de la langue française au Québec et au Canada[2]. Il est le père de l'écrivain Emmanuel Kattan.

Kattan est l'auteur d'une cinquantaine d'ouvrages. Il publie un premier essai en 1970 ; il est intitulé Le réel et le théâtral[3]. Il entretient des échanges et lie des amitiés avec plusieurs intellectuels et écrivains québécois tels André Laurendeau, Jean Éthier-Blais, Jean-Guy Pilon, Nicole Brossard, Gaston Miron, Jacques Godbout et Jacques Allard[4]. Invité par André Laurendeau, il écrit des critiques littéraires dans le quotidien Le Devoir entre les années 1950 et 2015[2],[5].

Thématique et esthétiqueModifier

Naïm Kattan a écrit plusieurs romans et essais importants qui parlent de l'écrivain qui est un migrant. Le thème du voyage et de l'exil est récurrent et prend une dimension presque religieuse au regard de la tradition juive[6] Il s'interroge ainsi sur l'expérience d'émigration et d'immigration, ce qui le conduit à développer d'importantes considérations transculturelles.

Sa réflexion s'attache au concept de lieu   comme constitutif des relations aux autres et de l'identité. Dans ce cadre, sa pensée nourrie de cosmopolitisme intellectuel s'avère parfois critique, notamment en ce qui concerne l'orientation de la mondialisation[7]. Le droit à l'altérité, au centre de sa fiction, se trouve menacé par la postmodernité néolibérale : l'ouverture aux autres ne doit pas devenir pour autant une soumission aveugle à la différence mais un « dialogue » entre les divers acteurs de la société. Kattan s'interroge sur le rôle de la culture dans la construction des identités collectives et comme base d’un dialogue entre communautés et des nations. Il s'intéresse plus particulièrement sur les transformations culturelles au Québec et ses effets sur son évolution nationale et ses relations avec les autres cultures en Amérique du Nord, en Europe et ailleurs dans le monde[4].

Son premier roman, Adieu, Babylone (1975), récit largement autobiographique et premier d'une trilogie retraçant son parcours depuis le Moyen-Orient jusqu'en Amérique, décrit la vie de la communauté juive irakienne au cours de la période du coup d'État et de l'indépendance de l'Irak en 1941, à travers l'histoire d'un projet commun d'écriture de jeunes copains musulmans, juifs et chrétiens, projet d'où le jeune juif, francophile, se sent mis à l'écart, à l'instar de sa communauté dans le projet national. La seule solution qui s'offre est l'exil vers l'Occident, plus spécialement vers la France[8].

ŒuvreModifier

RomansModifier

  • 1975 - Adieu, Babylone : Mémoires d'un juif d'Irak, Éditions La Presse, Albin Michel, 2003, Hurtubise HMH, 2005
  • 1977 - Les Fruits arrachés, Hurtubise HMH
  • 1983 - La Fiancée promise, Hurtubise HMH
  • 1989 - La Fortune du passager, Hurtubise HMH
  • 1990 - Le Père, Hurtubise HMH
  • 1991 - Farida, Hurtubise HMH
  • 1997 - La Célébration, Hurtubise HMH
  • 1999 - L'Amour reconnu, L'Hexagone
  • 1999 - Le Silence des adieux, Hurtubise HMH
  • 2000 - L'Anniversaire, Québec-Amérique
  • 2003 - Le Gardien de mon frère, Hurtubise HMH
  • 2005 - Je regarde les femmes, Hurtubise
  • 2006 - Châteaux en Espagne, Hurtubise HMH
  • 2009 - Le Veilleur, Hurtubise HMH
  • 2011 - Le long retour, Hurtubise HMH

NouvellesModifier

  • 1974 - Dans le désert, Leméac
  • 1976 - La Traversée, Hurtubise HMH
  • 1979 - Le Rivage, Hurtubise HMH et Gallimard
  • 1981 - Le Sable de l'île, Hurtubise HMH et Gallimard
  • 1985 - La Reprise, Hurtubise HMH
  • 1994 - La Distraction, Hurtubise HMH

Éditions sous sa directionModifier

  • 1965 - Les Juifs et la communauté française
  • 1967 - Juifs et Canadiens

EssaisModifier

  • 1970 - Le réel et le théâtral, Prix France-Canada
  • 1978 - La mémoire et la promesse
  • 1983 - Le désir et le pouvoir
  • 1987 - Le repos et l'oubli
  • 1994 - A.M. Klein

BiographieModifier

  • 2016 - Carrefours d'une vie, Hurtubise

HonneursModifier

Notes et référencesModifier

  1. Gaétan Gervais et Jean-Pierre Pichette (dir.), Dictionnaire des écrits de l'Ontario français : 1613-1993, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, , 1097 p. (ISBN 978-2-7603-0757-5), p. 7 et 981.
  2. a et b Jacques Lanctôt, « Naïm Kattan, un immigrant bien de chez nous », Journal de Montréal,‎ (ISSN 0839-5179, lire en ligne, consulté le 25 mai 2017).
  3. Danielle Laurin, « Naïm Kattan, les détours d’une vie », Le Devoir,‎ (ISSN 0319-0722, lire en ligne, consulté le 25 mai 2017).
  4. a et b Boréal, « Naïm Kattan. Entretiens » (consulté le 25 mai 2017).
  5. Le Devoir, « Liste des articles de Naïm Kattan » (consulté le 25 mai 2017).
  6. Daniel S. Larangé, « L’esprit nomade : lieux de l’espace et du temps de Gérard de Nerval à Naïm Kattan », dans "Migrations, exils, errances, écritures", Corinne Alexandre-Garner (éd.), Nanterre, Presses de l’Université Ouest Nanterre La Défense, 2012, p. 301-319.
  7. Daniel S. Larangé, "La mondialisation au prix de l’effacement des identités québécoises : démesures postmodernes et fin des grands récits", TransCanadiana 5 (2012), p. 143-161. http://cejsh.icm.edu.pl/cejsh/element/bwmeta1.element.desklight-cb1a6082-cba7-4e39-bebc-d50ea1fb07b4/c/Pages_from_TC5_2012-12.pdf.
  8. John Hare, « Adieu, Babylone. Roman », dans Gaëtan Gervais et Jean-Pierre Pichette (dir.), Dictionnaire des écrits de l'Ontario français : 1613-1993, Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa, , p. 7.

Voir aussiModifier