Níkos Beloyánnis

homme politique grec
Níkos Beloyánnis
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Statue de Níkos Beloyánnis, à Berlin
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 36 ans)
GoudíVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Νίκος ΜπελογιάννηςVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Homme politique, résistantVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Parti politique
Membre de

Níkos Beloyánnis (grec moderne : Νίκος Μπελογιάννης) était un chef de la résistance en Grèce pendant la Seconde Guerre mondiale et cadre dirigeant du Parti communiste grec.

BiographieModifier

Níkos Beloyánnis est né le à Amaliada (Péloponnèse). Il est issu d'une famille aisée et étudie le droit à Athènes mais en sera exclu en raison de son adhésion au Parti communiste de Grèce le KKE. En 1936, de retour à Amaliada, il s'implique alors dans l'agitation communiste et dirige le soulèvement paysan des producteurs de raisins sec. Lors des grève générale thessalonique il évite la prison en effectuant son service militaire. Officier de réserve, il sera rétrogradé comme simple soldat quand le commandement apprendra son action politique. Emprisonné puis déporté pour son travail d'agitation dans l'armée il sera libéré et récidivera ce qui lui vaudra d'être arrêté en 1938 et incarcéré à la prison Akronauplia (Nauplie) par le régime de Métaxas étant condamné à huit ans de détention. Il reste entre les mains des Allemands après l'occupation nazie du pays (1941). En , il est transféré à Corfou. Il s'évade au printemps 1943 lors de son transfert à l'hôpital après avoir feint une maladie et rejoint l'Armée populaire de libération nationale (ELAS) dans le Péloponnèse avec Áris Velouchiótis. Il devient commissaire politique de l'Armée démocratique de Grèce (DSE) au cours de la guerre civile grecque ; en , secrétaire général du KKE, il boycotte les élections législatives et reprend la lutte armée. Il est un des derniers à quitter le pays en 1949 après la défaite des communistes et rejoint en Albanie les rescapés de l'armée rebelle.

Le , Níkos Beloyánnis retourne en Grèce afin de réorganiser le Parti communiste (KKE) déclaré illégal. Il est arrêté le et accusé de transmettre des informations à l'Union soviétique.

Le procès, qui concerne 94 accusés, débute à Athènes le . L'un des trois membres de la cour martiale est Geórgios Papadópoulos, qui devint plus tard le chef de la dictature militaire de 1967 à 1974.

Níkos Beloyánnis nie toutes les accusations et insiste sur le caractère patriotique de ses actions pendant la résistance anti-nazie (1941-1944), l'intervention britannique (1944-1946) et la guerre civile grecque (1946-1949). Il fait le procès de ses accusateurs, se défendant avec panache.

En dépit des appels nationaux et internationaux à la clémence, tels ceux de Charlie Chaplin, Jean-Paul Sartre, le général de Gaulle, ou le dessin de l'homme à l'œillet de Picasso, la cour martiale le condamne à mort le ainsi que onze de ses camarades. Le lendemain, le Premier ministre Nikólaos Plastíras déclare qu'ils ne seront pas exécutés. Le un nouveau procès devant le tribunal permanent des armées pour haute trahison commence pour lui et 28 de ses camarades. Sa compagne (et co-accusée) lui a offert un œillet rouge. Le huit condamnations à mort sont prononcées. Seules quatre demandes de grâce sont acceptées. Les quatre autres, dont Níkos Beloyánnis, sont exécutés le lundi [1] dans le camp de Goudi ; les autres condamnés voient leur peine commuée en prison à vie. Ils sont libérés au milieu des années 1960.

Hommages et postéritéModifier

Níkos Beloyánnis est devenu un héros de la résistance grecque, et une victime symbolique de la guerre froide. Son nom a été donné au village de Beloiannisz, construit en Hongrie pour héberger les réfugiés politiques grecs qui vivaient en exil depuis la fin de la guerre civile (1949) jusqu'au rétablissement de la démocratie en Grèce (1974).

DocumentaireModifier

  • Níkos Beloyánnis, le martyr communiste. Dans la série "Les Oubliés de l’Histoire", France, 2016, 27 min, créée et dirigée par Jacques Malaterre, co-écrite par Jean-Yves Le Naour, réalisé par Marco Gastine. Coproduction : ARTE France, Les Films du Tambour de soie, Sara M. Première diffusion le sur arte[2].  

RéférencesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier