Néandersovien

On appelle Néandersoviens la lignée des humains archaïques à l'origine des Néandertaliens et des Dénisoviens. Cette branche de la famille humaine se serait séparée de celle d'Homo sapiens il y a environ 750 000 ans, et se serait partiellement hybridée en Eurasie avec des humains super-archaïques, sortis d'Afrique il y a environ deux millions d'années.

Date de divergenceModifier

Une étude génétique parue en février 2020, ayant analysé l'ADN fossile néandertalien (issu de spécimens de l'Altaï et de la grotte de Vindija, en Croatie) et l'ADN dénisovien (issu de la grotte de Denisova), en tire la conclusion que l'ancêtre commun de ces deux branches, appelé Néandersovien, aurait quitté l'Afrique, et se serait ainsi séparé de la lignée africaine menant à Homo sapiens, il y a environ 750 000 ans[1],[2]. Selon le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin, les Néandersoviens s'identifient probablement avec l'espèce Homo heidelbergensis, comme on peut le voir sur le cladogramme ci-dessous.

Phylogénie des espèces récentes du genre Homo, d'après Strait, Grine & Fleagle (2015)[3], et Meyer & al. (2016)[4] :

 Homo  

 Homo antecessor †   






 Homo heidelbergensis




 Homo denisovensis



 Homo neanderthalensis †   






 Homo rhodesiensis



 Homo sapiens    






Hybridation avec les super-archaïquesModifier

Les Néandersoviens se seraient peu après leur sortie d'Afrique hybridés en Eurasie avec une population humaine locale qualifiée de super-archaïque. Celle-ci serait sortie d'Afrique (ou se serait juste séparée des autres lignées humaines) il y a environ 2 millions d'années, et serait donc très éloignée génétiquement des Néandersoviens, ce qui n'aurait pas fait barrage à l'hybridation[1],[2].

Les Néandersoviens se seraient subdivisés entre Eurasiens de l'Ouest, ou Néandertaliens, et Eurasiens de l'Est, ou Dénisoviens, il y a environ 700 000 ans, c'est-à-dire beaucoup plus tôt que les estimations des études précédentes. Il y aurait eu par la suite une deuxième hybridation des super-archaïques avec les seuls Dénisoviens en Asie orientale[1],[2].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c (en) Alan R. Rogers, Nathan S. Harris et Alan A. Achenbach, « Neanderthal-Denisovan ancestors interbred with a distantly related hominin », Science Advances, vol. 6, no 8,‎ (DOI 10.1126/sciadv.aay5483, lire en ligne)
  2. a b et c « Les super-archaïques, une population fantôme d'hominidés il y a 700 000 ans », Hominidés.com,‎ (lire en ligne)
  3. [Strait, Grine & Fleagle 2015] (en) David Strait, Frederick Grine et John Fleagle, « Analyzing Hominin Phylogeny : Cladistic Approach », dans Winfried Henke & Ian Tattersall, Handbook of Paleoanthropology, (ISBN 9783642399787, lire en ligne), p. 1989-2014.
  4. [Meyer et al. 2016] (en) Matthias Meyer et al., « Nuclear DNA sequences from the Middle Pleistocene Sima de los Huesos hominins », Nature, vol. 531, no 7595,‎ , p. 504-507 (DOI 10.1038/nature17405, résumé).

Articles connexesModifier