Mylène Demongeot

actrice et productrice française
Mylène Demongeot
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Mylène Demongeot
Nom de naissance Marie-Hélène Demongeot
Surnom Mylène Demongeot
Naissance
Nice (France)
Nationalité Française
Décès (à 87 ans)
Paris 15e (France)
Profession Actrice
Productrice
Films notables Les Sorcières de Salem
Bonjour tristesse
Sois belle et tais-toi
La Bataille de Marathon
Les Trois Mousquetaires
La trilogie Fantomas
Camping
Séries notables Marion
Site internet mylene-demongeot.fr

Mylène Demongeot est une actrice, auteur et productrice française née le à Nice (Alpes-Maritimes) et morte le dans le 15e arrondissement de Paris.

Biographie modifier

Enfance et famille modifier

Marie-Hélène Demongeot naît le à Nice dans les Alpes-Maritimes[1].

Elle est la fille d'Alfred Jean Demongeot, né le à Nice, haut fonctionnaire mort en 1961 et de Claudia Troubnikova[2], née le à Kharkov (Ukraine, empire de Russie), morte en 1986.

Alfred Demongeot appartient à la haute administration du ministère de l'Économie nationale, lui-même fils de Marie Joseph Marcel Demongeot[3], militaire de carrière, commandant d'infanterie, chef de bataillon au 76e RI, né le à Langres, Haute-Marne, mort le [4],[5], et de Clotilde Caroline Innocente Marie Faussone di Clavesana[6].

Né d'un premier mariage, le demi-frère maternel de Mylène, prénommé Léonide Ivantoff, est né à Harbin (Mandchourie, Chine) le [7]. Sur ses papiers officiels est inscrite la date du , car il a été « rajeuni » de deux ans par sa mère et son beau-père pour compenser le retard qu'il avait pris à l'école à cause de leurs nombreux déménagements dans différents pays[7]. Sa date de naissance est changée par modification de ses papiers de naissance[7], qui le mentionnent comme apatride, statut des Russes blancs exilés et donc de ses parents – sa mère et le premier mari de celle-ci[7].

Durant les années 1930, Mylène Demongeot passe son enfance à Nice[2], les quatre premières années dans une maison de la rue Frédéric-Passy chez sa grand-mère paternelle, ses parents habitant Paris. Fin 1939, après la déclaration de guerre, ses parents la rejoignent à Nice.

Elle est âgée de 13 ans lorsque sa famille revient à Paris et s'y installe. Durant cette période, la jeune Mylène joue intensivement du piano[8], prenant des cours avec Marguerite Long et Yves Nat, et s'inscrit au cours Simon[2], qu’elle quitte pour suivre celui de Marie Ventura.

Carrière artistique modifier

Parallèlement à ses premiers petits rôles au cinéma à partir de 1953, elle pose pour des photos publicitaires ou de mode[8] et tombe amoureuse du photographe Henry Coste (1926-2011), qu’elle rencontre en 1956. Grâce à l’un de ces clichés, elle est remarquée par Raymond Rouleau, à la recherche d'un des rôles principaux, celui de « son Abigail », pour son prochain long-métrage Les Sorcières de Salem. Sorti en 1957, ce film apporte le succès à Mylène[8], à l'âge de 21 ans. Henry Coste divorce et l'épouse en 1958[2].

À ses débuts, sa blondeur et sa grâce mutine la font rivaliser avec une autre jeune actrice en vogue, Brigitte Bardot. Toutefois, elle se démarque de « BB », avec laquelle elle partage d'ailleurs une amitié et un même amour des animaux, en diversifiant ses emplois et choisit attentivement ses rôles. Elle tourne très tôt dans des productions étrangères et internationales, notamment dans Bonjour tristesse d'Otto Preminger Preminger en 1958 et le plus souvent en Italie. Dans ce pays, elle se hisse au rang de star populaire dès 1959 grâce au péplum La Bataille de Marathon et avec sa participation très remarquée auprès de Laurent Terzieff, dans une mémorable séquence du film Les Garçons de Bolognini.

 
Mylène Demongeot en 1961.

Notoirement étiquetée à l'époque comme « blonde sensuelle », ses louables prestations dramatiques dans les films L'Inassouvie de Risi (1960) ou Le Cavalier noir (1961) de Baker restant ignorées par la majorité du public. Elle tente de changer radicalement de registre avec quelques rôles espiègles et attendrissants, dans les marivaudages de Deville comme À cause, à cause d'une femme ou L'Appartement des filles); pour autant, producteurs et public semblent la préférer dans des fictions populaires en plusieurs épisodes, tels que Les Trois Mousquetaires ou les Fantomas[2]

Mylène Demongeot partage l'écran avec quelques-uns des acteurs les plus réputés du cinéma populaire de l'époque : Jean Marais à plusieurs reprises, dont la trilogie Fantomas, Yves Montand, Henri Vidal dans Une manche et la belle et Sois belle et tais-toi, Curd Jürgens, David Niven, Steve Reeves, Roger Moore, Dirk Bogarde dans Le Cavalier noir et Docteur en détresse, Jeffrey Hunter dans L'Or des Césars et La Marine en folie, Sami Frey, Jean-Paul Belmondo, Michel Piccoli puis plus tard, Gérard Depardieu. Elle nourrit des affinités avec de grandes figures comiques de l'écran et de la scène comme Louis de Funès, Francis Blanche, Henri Salvador et Pierre Richard.

 
Mylène Demongeot en 1965 à Rome.

En 1966, lors du tournage pour la télévision d'un des épisodes des Dossiers de l'agence O, Mylène Demongeot fait la connaissance de Marc Simenon, réalisateur et fils de l'écrivain Georges Simenon. Elle l'épouse la même année, avec comme témoins l'illustre auteur Marcel Achard et son ami Henri Salvador. Pour se consacrer à lui, elle met sa carrière professionnelle au second plan, notamment pour le seconder dans ses productions. Dans leur maison de Porquerolles, ils recueillent de nombreux animaux[2]. Mylène subit ensuite une période difficile, son époux étant victime d'alcoolémie, de quelques rémissions et de sévères rechutes.

 
Mylène Demongeot en octobre 2013 à Waterloo.

Marc Simenon meurt accidentellement le , d'une grave chute dans un escalier de leur domicile. Mylène Demongeot partage son temps entre l'écriture[2] et l'engagement pour différentes causes.

Le cinéma redécouvre sa dualité d'actrice à la fois populaire et avant-gardiste. Elle choisit de tourner tout autant avec un réalisateur spécialisé dans la comédie légère comme Michel Gérard qu'avec des auteurs-réalisateurs comme Bertrand Blier ou Cédric Kahn. Elle s'implique parfois dans des productions plus risquées comme La Piste du télégraphe de Liliane de Kermadec ou Victoire de Stéphanie Murat. Les décennies 2000 et 2010 continuent à lui offrir une grande diversité de rôles[8] ; elle alterne ainsi long-métrages à succès comme 36 Quai des Orfèvres d'Olivier Marchal et la série des Camping de Fabien Onteniente[2], avec les films du réalisateur Hiner Saleem, lequel l’emploie successivement dans Les Toits de Paris (2007)[8] et Si tu meurs, je te tue (2011).

 
Mylène Demongeot prise en photo au studio Harcourt.

Entre et Mylène Demongeot est participe régulièrement à l'émission radiophonique Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL.

Vie privée modifier

 
Mylène Demongeot au festival de Cannes 1990.

Mylène Demongeot connaît deux mariages[2], le premier en 1958 avec le photographe Henry Coste puis en 1968 avec le réalisateur Marc Simenon, lequel meurt en 1999.

Avec Marc Simenon, elle habite Poigny-la-Forêt dans les Yvelines jusqu'en 1981 ; ils achètent aussi la villa « Les Myriades » sur l'île de Porquerolles, dans le Var, tout en conservant un appartement à Paris[9].

Après la mort de son mari, elle vend la villa de Porquerolles (2009). Elle s'installe en Mayenne angevine en 2011, dans une longère de Châtelain, près de Château-Gontier et du Refuge de l'Arche. Le fondateur de ce parc animalier spécialisé dans l'accueil d'animaux saisis ou recueillis l'incite à venir dans cette région et il lui trouve sa maison, une ancienne ferme entourée d'un grand terrain avec un étang. L'actrice s'implique dans la vie du refuge et devient présidente d'honneur de l'association qui gère le site[10].

Engagements modifier

Mylène Demongeot se présente comme candidate aux élections régionales de 1992 en Provence-Alpes-Côte d'Azur sur la liste Énergie Sud de Bernard Tapie dans les Bouches-du-Rhône.

Elle s'engage en faveur de la cause animale, de la lutte contre la pollution et contre les mines anti-personnel ; elle est marraine fondatrice de l'ONG HAMAP)[11]

Elle est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD)[12].

L'actrice est victime pendant de longues années d'une escroquerie financière montée par son gestionnaire de comptes. Elle déclare avoir été volée d'une somme de deux millions d'euros, comme d'autres personnalités du cinéma telles qu'Isabelle Adjani, Alexandre Arcady, Monica Bellucci, Juliette Binoche, Olivier Martinez ou Samy Naceri[13]. La justice s'est saisie du dossier en [14],[13]. Elle relate ces années de procédure dans le livre Très chers escrocs… (2019).

Mort et obsèques modifier

Mylène Demongeot meurt le [15] en soins palliatifs à l’hôpital Cognacq-Jay (15e arrondissement de Paris[16]) des suites d'un cancer du péritoine[17].

Ses obsèques ont lieu le au crématorium du cimetière du Père-Lachaise à Paris, en présence de plusieurs personnalités du monde du cinéma, dont Pierre Richard, Daniel Prévost et Dominique Besnehard[18]. Les cendres de l'actrice sont dispersées à plusieurs endroits.

Théâtre modifier

Filmographie modifier

 
Mylène Demongeot en 2008, Studio Harcourt.
 
Mylène Demongeot en 2011 au festival du film de Cabourg.

Cinéma modifier

Années 1950
Années 1960
Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000
Années 2010
Années 2020

Télévision modifier

Publications modifier

Autobiographies modifier

Récits et essais modifier

Préfaces modifier

 
À la cérémonie des Césars 2005.

Distinctions modifier

Décorations modifier

Récompenses modifier

Nominations modifier

Notes et références modifier

  1. Extrait de naissance 2317/1935 (source : Les Gens du Cinéma). Dans ses mémoires Tiroirs secrets, Mylène Demongeot précise elle-même son jour de naissance dans sa fiche d'état-civil, soit le 29 septembre.
  2. a b c d e f g h i et j Sandrine Leconte, « Mylène Demongeot, actrice connue pour ses rôles dans « Fantômas » et « Les Sorcières de Salem », est morte », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  3. « Généalogie de Marie Joseph Marcel DEMONGEOT », sur Geneanet (consulté le ).
  4. Soit tombé au combat comme en témoigne une stèle à la ferme Mennejean à Nanteuil-la-Fosse (mais le site Mémoire des hommes du ministère des Armées ne le recense pas comme mort pour la France), soit mort à Saint-Jean-de-Luz, à l’âge de 47 ans.
  5. Il a écrit un livre, Citoyen et soldat ; voir « Mémoires 52 », sur memoires52.blogspot.com (consulté le ).
  6. Clotilde Faussone di Clavesana appartenait à une famille de noblesse piémontaise, installée à Nice et elle-même fille du comte Alfred Faussone di Clavesana et de son épouse, née Marie Laurenti-Roubaud.
  7. a b c et d « Mylène Demongeot : pourquoi la date de naissance de son frère a été modifiée ? », sur closermag.fr, (consulté le )
  8. a b c d et e Nathalie Simon, « Mylène Demongeot, bonjour tristesse », Le Figaro, supplément Le Figaro et vous,‎ , p. 33 (lire en ligne).
  9. Laurent Amalric, « Brigitte Bardot pleure son amie Mylène Demongeot: "Nous étions jumelles" », Var Matin, (consulté le ).
  10. « Décès de Mylène Demongeot : quel lien l'actrice entretenait avec la Mayenne ? », Haut-Anjou, (consulté le ).
  11. Créée le 8 mai 1999 au lendemain de la convention d'Ottawa, cette ONG française assure une présence dans plus de 40 pays afin de réaliser des actions de déminage humanitaire et de reconstruction d'infrastructures, de mettre en œuvre des unités médicales fixes et mobiles, et de former des démineurs locaux aux techniques de déminage (cf. le site officiel de HAMAP (Halte aux mines antipersonnel)).
  12. « Comité d'honneur », sur le site de l'ADMD.
  13. a et b « Deux banques condamnées », Paris Match, 8 juin 2014.
  14. « Un banquier soupçonné d'avoir escroqué des stars » sur lerepublicain-lorrain.fr (consulté le 27 décembre 2012).
  15. « Mort de Mylène Demongeot : de Sartre à Camping, la blonde qui ne se prenait pas pour une star », sur LEFIGARO, (consulté le ).
  16. « Mort de Mylène Demongeot : Ses derniers jours racontés, l'actrice a "imploré" les médecins de tout arrêter », sur www.purepeople.com (consulté le ).
  17. « La célèbre actrice Mylène Demongeot est décédée d'une longue maladie à 87 ans », midilibre.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. Léa Bitton, « Pierre Richard, Daniel Prévost… Le cinéma français aux obsèques de Mylène Demongeot », sur parismatch.com, (consulté le ).
  19. Voir sur unifrance.org.
  20. Projection en avant-première à Jérusalem le 23 décembre 2014. Source de la société de production Outside Films (diffusion prévue sur France 2).
  21. IMDb.
  22. Artmédia.
  23. Décret du 12 juillet 2017 portant promotion et nomination
  24. (en) « BAFTA - Film in 1958 », sur awards.bafta.org (consulté le ).
  25. a et b « Mylène Demongeot », sur academie-cinema.org (consulté le ).

Voir aussi modifier

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Bibliographie modifier

Liens externes modifier