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Muséum départemental du Var

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Muséum départemental du Var
Museum-toulon-logo.jpg
Logotype du Muséum
Informations générales
Type
Surface
600 m2 ouverts au public, 1,1 ha pour le jardin
Visiteurs par an
67 108 (2014)
43 744 (2015)
43 400 (2016)[1]
Site web
Collections
Collections
Nombre d'objets
75 000
Localisation
Pays
Commune
Adresse
737 chemin du Jonquet, 83200 Toulon

Le muséum départemental du Var[2] est un musée d'histoire naturelle situé à Toulon, dans le département du Var. En droit français le muséum départemental du Var est aussi bien un « établissement public » qu'un « établissement recevant du public » (ERP). Dépendant du Conseil départemental du Var, il est classé « Musée de France » et ses collections, composées en partie d'espèces protégées (faune et flore), sont régies par la loi de protection de la Nature de 1976[3].

HistoireModifier

 
Le premier bâtiment à avoir accueilli le muséum de Toulon (de 1888 à 2010) abrite toujours la bibliothèque de la ville et le musée d'Art.
 
Au jardin du Las, le site du Muséum depuis 2011.
 
Plan du jardin des plantes de Toulon (dit « jardin du Las »).

L'histoire du muséum d'histoire naturelle de Toulon débute par son inauguration, en avril 1888, en présence du maire Henri Dutasta. Initialement mis en place comme section d'histoire naturelle générale (y compris tropicale) du « Musée municipal » consacré à l'« instruction publique », il était alors situé dans des locaux qu'il partageait avec la « section des Arts » (aujourd'hui musée d'Art) et la bibliothèque centrale, en centre-ville. Initialement, il présentait surtout des espèces exotiques ramenées de l'empire colonial français, à un public encore bon connaisseur de la nature provençale, mais friand de plantes et d'animaux exotiques alors encore méconnus[4].

Le premier conservateur de l'établissement, de 1906 à 1936, fut Léon Pourcel, fondateur de la Société de Sciences naturelles et d'Archéologie du Var (SSNATV)[5], qui jusqu'en 2011 fit office de comité scientifique du Muséum[6]. Au décès de Pourcel, la gestion des collections du Muséum fut confiée par la Ville de Toulon à la SSNATV qui nomma Paul Royer (membre de l'Institut Français d'anthropologie) délégué à la conservation en 1938. Paul Georgeot, délégué à la restauration, lui succéda en 1945, fut nommé conservateur et 1948 et exerça cette fonction jusqu'à sa mort en 1965. Jean-Pierre Risterucci lui succéda l'année suivante.

Avec le développement de la télévision, puis des réseaux informatiques, et des documentaires sur la biodiversité, la connaissance par les publics des espèces exotiques a beaucoup progressé durant la seconde moitié du XXe siècle, tandis que celle de la biodiversité du Var diminuait. C'est pourquoi sous les mandats des conservateurs successifs Jean-Pierre Risterucci et Philippe Orsini entre 1966 et 2013, le Muséum s'est de plus en plus consacré à la nature provençale et varoise (géodiversité, biodiversité, anthropologie), mise en valeur à la fois dans l'exposition permanente et dans diverses expositions temporaires (en moyenne deux par an). Il s'agit plus précisément de la nature terrestre, car plusieurs projets de musées maritimes ou aquariums se succédaient par ailleurs dans l'agglomération, dont aucun n'a finalement abouti.

La Ville de Toulon a administrativement transféré le Muséum en 2003 au Conseil départemental du Var, déménageant en 2010 l'établissement dans de nouveaux locaux au nord-ouest de la ville, dans la vallée du Las, le long de ce fleuve, dans le jardin des plantes de Toulon, dit « jardin du Las », classé ENS (« Espace naturel sensible ») et JR (« Jardin remarquable »), au 737 chemin du Jonquet (607 pour les GPS). La redéfinition du territoire d'action et cette nouvelle implantation confèrent au Muséum une responsabilité départementale dans la conservation et la présentation du patrimoine naturel, ainsi que dans la transmission des savoirs naturalistes associés.

Le nouveau site du muséum départemental du Var, d'une superficie de 650 m2, est l'ancienne résidence secondaire (à colombages) d'une famille britannique, mais le domaine a en fait changé à plusieurs reprises de propriétaire. Pour sa réouverture sur ce site en 2011, la nouvelle présentation a été conçue par le conservateur Philippe Orsini[7] et son adjoint Stephen Giner[8], avec l'assistance d'un scénographe parisien, d'illustrateurs naturalistes locaux[9], de Michel Van Praët du Muséum national d'histoire naturelle et des services d'architecture du département du Var.

La direction de la Culture, des Sports et de la Jeunesse du Conseil départemental du Var gère également d'autres établissements de diffusion de la culture naturaliste comme la « Maison de la Nature des Quatre-Frères » près du Castellet ou l'« Écoferme de La Barre » à Toulon. Le Var figure ainsi parmi les rares départements français à posséder un musée d'histoire naturelle entièrement consacré à la mise en valeur de son patrimoine biologique et naturaliste.

MissionsModifier

Ses quatre principales missions sont :

  • l'acquisition, la conservation et l'animation des collections d'histoire naturelle du département ;
  • la diffusion de la culture scientifique dans les spécialités propres à l'établissement ;
  • la recherche sur le territoire départemental (biodiversité, milieux, géologie, paléontologie, muséologie...) ;
  • l'expertise scientifique.

Ces spécialités concernent les disciplines propres à l'histoire naturelle[10], à savoir :

  • l'étude du monde animal (zoologie et disciplines dérivées) ;
  • l'étude du monde végétal (botanique et disciplines dérivées) ;
  • l'étude de la Terre et du monde minéral (géomorphologie, écologie, minéralogie… et disciplines dérivées) ;
  • l'étude de l'évolution de la biodiversité et des paysages au cours du temps (Paléontologie et disciplines dérivées).

Présentations et activitésModifier

Le muséum départemental du Var présente les principaux domaines de l'histoire naturelle dans des espaces spécifiques : le « règne minéral » dans les salles permanentes du rez-de-chaussée, le « règne végétal » dans le jardin attenant et dans une vitrine du rez-de-chaussée, et le « règne animal » à l'étage. Il comporte trois sections dont la visite peut se faire librement ou commentée (sur rendez-vous pour des groupes à partir de 7 personnes) ; des ateliers pédagogiques sont organisés (également sur rendez-vous) pour les jeunes, scolaires ou non, pour les enseignants ou les professionnels de l'éducation. Les trois sections sont :

D'autres activités du Muséum sont les expertises naturalistes ou environnementales (géodiversité et biodiversité du Var, aménagement du territoire, saisies de douanes, prospections naturalistes et paléontologiques) et des collaborations avec le monde des arts et de la culture (par exemple avec le théâtre de Toulon en relation avec l'entomologie et l'œuvre de Jean-Henri Fabre).

Le muséum départemental du Var initie le public à la diversité des spécimens issus des différentes sciences de la vie (zoologie, botanique, mycologie, microbiologie…) et de la terre (paléontologie, géologie, minéralogie), en présentant un aperçu des quelques dizaines de milliers d'objets constituant les collections. Comme tout ne peut être présenté en une seule fois, les expositions temporaires thématiques mettent en valeur d'autres spécimens. Le Muséum se situe bien sûr dans le champ culturel, tant par les objets patrimoniaux qu'il présente, que par la culture naturaliste qu'il met en exergue et transmet. Il est également un lieu de médiation scientifique, qui rend compte des avancées de la recherche dans le champ des sciences naturelles. Les deux trajectoires s'entrecroisent pour apporter et susciter de nouveaux regards sur l'environnement de l'espèce humaine. L'institution accueille une moyenne de plus de 80 000 visiteurs chaque année, dont environ 7 500 scolaires. Le Muséum participe aussi à des études et recensements de la biodiversité hors du Var, comme sur l'île albanaise de Sazan[12].

Dirigé par les conservatrices Rebecca Bilon puis Andréa Parés, l'équipe du Muséum départemental du Var compte un adjoint de conservation, une spécialiste en biodiversité et espèces invasives), une technicienne en logistique, un technicien spécialisé en gestion et mise en valeur des collections, un médiateur scientifique et illustrateur, une spécialiste de la programmation et des publics et une secrétaire ; le Conseil départemental du Var y missionne également des personnels d'accueil, d'entretien, techniques, de gardiennage et de sécurité, le jardin étant entretenu par le service gérant les espaces naturels sensibles. Le Conseil départemental du Var fait également appel, non seulement pour le Muséum mais aussi pour ses Maisons de la Nature et et pour l'Écoferme de La Barre (établissements tous rattachés à la Direction de la Culture, des Sports et de la Jeunesse) à des sociétés savantes et des groupements d'associations de médiation culturelle, scientifique et naturaliste, dont certaines ont d'ailleurs participé à la rénovation de l'établissement en 2011 et assurent une partie de ses activités pédagogiques ; ce sont les sociétés savantes suivantes[13].

Le muséum départemental du Var est ouvert tous les jours de 9h à 17h ou 18h (selon la saison) sauf lundi, et deux lignes de bus passent à proximité : le 6, fréquent, et le 36 B, rare. Un parking se trouve devant l'entrée du Jardin au 607 chemin du Jonquet. Il participe régulièrement aux manifestations annuelles de diffusion de la culture naturaliste telles que les Rendez-vous aux jardins, Nuit des musées, Portes du Temps, Journées du Patrimoine et Fête de la Science et organise ses propres Dimanches des sciences.

CollectionsModifier

Le muséum départemental du Var conserve plus de 75 000 objets et spécimens dans ses réserves ou exposés dans ses vitrines. Il présente au public :

La majorité des collections ne sont pas présentées au public mais peuvent être consultées dans un but scientifique. Elles recouvrent les principales disciplines naturalistes :

  • Minéralogie : 1 523 spécimens identifiés
  • Paléontologie : 10 831 spécimens
  • Préhistoire, Anthropologie, Archéologie : 667 spécimens et 243 pièces de la collection Sempéré
  • Zoologie :
  • Botanique : plus de 30 000 spécimens répartis dans 11 herbiers
  • Ethnologie : 91 objets de Provence, d'Afrique et d'Océanie.

La réorganisation, le reconditionnement après déménagement et la numérisation de ces collections sont des missions de longue haleine, commencées sous le mandat du conservateur François Dusoulier (2013-2018).

Galerie d'imagesModifier

FréquentationModifier

Chiffres de fréquentation du Muséum (2001-2016)[1]
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016
19 364 20 368 42 774 23 104 29 645 29 159 43 666 20 657 40 794 5 755 44 159 91 244 77 454 67 108 43 744 43 400

Notes et référencesModifier

  1. a et b Fréquentation sur la plate-forme de données ouvertes du ministère de la Culture et de la Communication
  2. Ainsi renommé le 27 juin 2017 par la Délibération exécutoire du Conseil départemental du Var n° A-39 publiée sur [1]
  3. Sources de cet article : Sites [2] ; [3] ; [4], dépliants du MHNTV et rapports d'activités annuels des conservateurs Philippe Orsini et François Dusoulier.
  4. Selon le dépliant de l'exposition « 130 d'histoire du Muséum » (2018)
  5. La Société des Sciences naturelles et d'Archéologie du Var existe toujours et publie régulièrement des articles scientifiques et de vulgarisation : [5]
  6. Source : [6]
  7. Philippe Orsini sur [7] consulté le 13-09-2018
  8. Stephen Giner sur [8] et sur [9] consultés le 13-09-2018
  9. Association Mer Nature sur [10] consulté le 13-09-2018
  10. Dans l'expression « histoire naturelle », le terme « histoire » renvoie à son sens étymologique : « histoire » vient du grec ancien historia, signifiant « enquête », « connaissance acquise par l'enquête », qui lui-même vient du terme ἵστωρ, hístōr signifiant « sagesse », « témoin » ou « juge ». Ainsi, l'« histoire naturelle » est une enquête approfondie sur la nature, en résultant une collection de données prétendument acquises, une « sagesse » accumulée au sujet des questions naturelles. En un sens chronologique récemment acquis, le terme « histoire » dans « histoire naturelle » peut aussi être interprété, à la lumière de l'approche actuelle de cette discipline, comme l'histoire de notre planète, de la vie (paléontologie) et de la lignée humaine (anthropologie). Selon cette vision récente de ce que serait l'« histoire naturelle », le terme « naturelle » renverrait alors à la biodiversité actuelle de notre planète. Au XXIe siècle, l'« histoire naturelle » est ainsi plus que jamais d'actualité en tant qu'approche systémique pluridisciplinaire, englobant sans les opposer aussi bien l'homme que la nature, l'environnement que le développement, la préservation que la valorisation.
  11. Site de l'établissement et expos temporaires : [11]
  12. Frédéric Médail, Daniel Pavon et Philippe Ponel (IMBE), Notes naturalistes de l'île de Sazani (Albanie) avec la collaboration de Laurence Berville, Hervé Brustel, Ivan Boudinski, Ludovic Charrier du muséum départemental du Var, Céline Damery, Christian Darcemont, Xavier Espadaler, Mark Judson, Christoph Germann, Jean-Pierre Hébrard, Michèle Lemonnier-Darcemont, Armand Matocq, Michel Pascal, Vincent Rivière, Fabien Soldati, Stefano Taiti et Philippe Théou : [12], [13] ou [14].
  13. D'après [15]) :

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • Les animaux domestiques par Philippe Orsini, coll. "Entre Nature & Culture", muséum d'histoire naturelle de Toulon et centre archéologique du Var, 2001;
  • Miroirs de la terre : histoire géonomique de la Provence et du Var par Stephen Giner et Ion Cepleanu, Presses du Midi, Toulon 2010, (ISBN 978-2-8127-0188-7);
  • La Provence, terre de dinosaures par Stephen Giner, Presses du Midi, Toulon 2014, (ISBN 978-2-8127-0624-0);
  • Compte-rendu d’une sortie entomologique à Serre Menu (Pierrefeu-du-Var, département du Var): liste des Orthoptères, Mantes, Blattes, Dermaptères et Hémiptères par François Dusoulier, muséum départemental du Var, 2015 sur [35] ;
  • Préhistoire : les hommes paléolithiques du Var, Revue du Conseil départemental du Var, n°4 hiver 2017-2018, pp. 55 à 59.

Articles connexesModifier

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Lien externeModifier