Musée des Tombes royales d'Aigai

musée situé à Vergína, en Macédoine-Centrale, en Grèce
Musée des Tombes royales d'Aigai
Entrance to the Royal Tombs, Vergina - panoramio.jpg
L'entrée des tombes royales.
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Le musée des Tombes royales d'Aigai, en grec moderne : Μουσείο Βασιλικών Τάφων Αιγών / Mousío Vasilikón Táfon Egón, est situé à Vergína, en Macédoine-Centrale, en Grèce, à 75 km à l'ouest de Thessalonique. Il est centré sur les tombes royales construites par l'ancien royaume de Macédoine à Aigai. Le musée souterrain contenant le groupe de tombes de Philippe II de Macédoine commence sa construction en 1993 et est inauguré en 1997. Les expositions sont présentées dans quatre zones interconnectées, dont le palais, le groupe de tombes royales de la dynastie des Téménides (groupe de tombes "C"), le groupe de tombes de Philippe II et une porte d'entrée avec une exposition en plein air des sculptures trouvées dans les sanctuaires de la ville et l'étage supérieur restauré de la façade du palais de Philippe II.

Les collections conservées dans le musée sont les objets funéraires récupérés lors d'une série de fouilles archéologiques débutant en 1861 et se poursuivant jusqu'à aujourd'hui[1].

Depuis 1996, le site archéologique d'Aigai est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO[2].

ArchéologieModifier

Les archéologues se sont intéressés aux tumulus autour de Vergína dès l'année 1855, supposant que le site d'Aigai se trouvait dans les environs. Cependant, seules des tombes vides sont trouvées[3] . Les fouilles reprennent en 1861, sous la direction de l'archéologue français Léon Heuzey, parrainé par Napoléon III. Des parties d'un grand bâtiment considéré comme l'un des palais d'Antigone III Doson (263-221 av. J.-C.), en partie détruit par un incendie, sont découvertes près de Palatítsia, qui conserve le souvenir d'un palais de son nom moderne. Les fouilleurs suggérent qu'il s'agissait du site de l'ancienne ville de Válla (el), une opinion qui a prévalu jusqu'en 1976. Cependant, les fouilles ont dû être abandonnées en raison d'un risque de paludisme.

La première tombe royale est découverte par Konstantínos Rhomaíos, professeur d'archéologie à l'université Aristote de Thessalonique, qui la met au jour alors qu'il travaille dans les vestiges du palais, entre 1937 et 1940. Une grande partie du palais avait été récupérée comme matériaux de construction par des réfugiés grecs, qui avaient été réinstallés en Anatolie turque après la guerre gréco-turque (1919-1922). Ils construisent une nouvelle colonie sur le site, qu'ils baptisent Vergína, du nom d'une reine légendaire, en 1922. Mais les fouilles sont abandonnées lorsque la guerre avec l'Italie éclate en 1940. La Seconde Guerre mondiale est suivie par la guerre civile grecque (1946-1949).

En 1949, les fouilles sont reprises par Manólis Andrónikos. Celui-ci a terminé les fouilles du palais en 1970 puis s'est tourné vers le Grand Tumulus dont il est convaincu qu'il s'agit d'un tumulus dissimulant les tombes des rois macédoniens (en). C'est là qu'en 1977, Andrónikos met au jour quatre tombes enterrées, dont deux n'ont jamais été dérangées. Andrónikos les identifie comme étant les tombes de Philippe II, père d'Alexandre le Grand (tombe II) et d'Alexandre IV de Macédoine, fils d'Alexandre le Grand et de Roxane (tombe III).

En 1987, un ensemble de sépultures comprenant la tombe de la reine Eurydice est découvert. Entre 1991 et 2009, plus de 1 000 tombes sont fouillées ainsi que des quartiers de la ville, des fermes, des cimetières, des rues, des sanctuaires et des parties de la fortification de la ville. Un ensemble de sépultures royales des Téménides, une ancienne maison royale macédonienne (en) de provenance grecque dorienne, est également révélé. Puis en , cinq autres tombes royales dont on pense qu'elles pourraient appartenir à Alexandre Ier de Macédoine et à sa famille ou à la famille de Cassandre sont découvertes[1].

Espaces d'expositionModifier

Le palais, une structure trois fois plus grande que le Parthénon avec une superficie de 21 336 m2, aurait été construit par l'architecte Pythéos de Priène, connu pour sa contribution à la construction du Mausolée d'Halicarnasse. Près de 30 grandes colonnes qui entouraient le péristyle principal du palais ont été reconstituées, certaines atteignant une hauteur de 7,62 m[4]. La frise de la partie sud du péristyle a également été reconstruite. Plus de 1 524 m2 de mosaïques représentant diverses scènes, dont l'enlèvement d'Europe et des motifs naturels, ont été soigneusement conservés. Le renforcement des murs de fortification doit être achevé pour 2022. La conception du bâtiment suit le prototype mathématique et philosophique basé sur le nombre d'or. Celui-ci incarne à la fois le triplet pythagoricien et l'idée de Platon sur la construction de « l'âme du monde » formulée dans le Timée[5].

À la limite sud-ouest du cimetière des tumulus, à côté de l'ancienne mairie de Vergína et sur la route menant au Palais, des travaux sont en cours pour la modification et la mise en valeur de l'ensemble funéraire royal de la dynastie des Téménides. Cet ensemble funéraire se compose de trois tombes macédoniennes, de deux tombes hypostyles et d'une série de tombes cistes monumentales datées d'une période allant de la première moitié du VIe siècle av. J.-C.. au début du IIIe siècle av. J.-C. Le groupe de quatre tombes connu sous le nom de groupe de tombes de Philippe II contient les sépultures de Philippe II, de sa sixième épouse, la reine Méda d'Odessos (en), à l'origine une princesse thrace, d'Alexandre IV, fils d'Alexandre le Grand et de Roxana, et d'un autre membre distinctif de la famille qui serait Nicesipolis (parfois orthographié Nikesipolis), l'épouse thessalienne de Philippe[1].

Parmi les objets trouvés dans la tombe de Philippe II, on trouve un larnax en or portant sur son couvercle le soleil de Vergina à seize rayons. La tombe contient également les ossements du roi, une couronne funéraire en or, un diadème en argent et en or avec un nœud d'Héraclès, des récipients en argent et en bronze provenant de la fête funéraire et des ornements en ivoire sculptés provenant de la couche funéraire. Des armures et des crevasses en or, dont une adaptée à la jambe de Philippe déformée par une fracture du tibia mal soignée, des boucliers incrustés d'ivoire, des armes, des reliefs en ivoire, des bijoux et des figurines votives en terre cuite ont également été trouvés. Des objets similaires trouvés dans les autres tombes, notamment les bijoux et les parures corporelles de la Dame d'Aigai du IXe siècle av. J.-C., sont également présentés. Beaucoup de ces objets étaient initialement exposés au Musée archéologique de Thessalonique, mais sont maintenant exposés dans ce musée.

Un musée virtuel, Alexandre le Grand, d'Aigai au monde, ainsi qu'une maquette de l'ensemble du site archéologique sont installés dans le hall d'entrée principal[1]. Le financement du projet provient du programme commercial CRSN de l'UE sur la « Compétitivité, l'esprit d'entreprise et l'innovation », qui doit fournir dix millions d'euros au total pour la reconstruction, qui devrait être achevée à la fin de 2022.

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

  1. a b c et d (en) « Aigai The royal capital of Macedon », sur le site aigai.gr [lien archivé] (consulté le ).
  2. « Site archéologique d'Aigai (nom moderne Vergina) », sur le site de l'Unesco (consulté le ).
  3. (en) David Grant, « The Royal Macedonian Tombs at Vergina », World History Encyclopedia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) Dattatreya Mandal, « Philip II’s massive palace at Aigai to be opened for the public in May », sur le site realmofhistory.com, (consulté le ).
  5. (en) « Philip II's Palace at Vergina: new discoveries », sur carolynperry.blogspot.com, (consulté le ).

Voir aussiModifier

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