Musée des Arts et Traditions populaires du Val d'Arly

musée en France

Le musée des Arts et Traditions populaires du Val d'Arly est un musée français situé sur la commune d'Ugine, dans le département de la Savoie.

Il a pour but de sauvegarder, mettre en valeur et faire connaitre les témoignages du passé, de la vie quotidienne et traditionnelle du Val d'Arly. Sa collection compte plus de 1 500 objets, 100 gravures et une collection de cartes postales anciennes, présentés dans un ensemble de douze salles.

Il est installé dans le château de Crest-Cherel.

Le château de Crest-CherelModifier

Le château du Crest-Cherel est une maison forte nobiliaire qui complétait le système défensif de la châtellenie d'Ugine. Il a été construit pour remplacer le château comtal qui avait été détruit lors d'un incendie. Il est planté sur une butte dite du Crest-Cherel, terme dont l'origine fait débat parmi les étymologistes.

Plusieurs théories s'opposent :

  • Crest-Cherel viendrait de « Querquerelles » signifiant « lieu planté de chênes » ;
  • du col de Cherel et de pré Cherel dans les Bauges ;
  • un terme venant du latin crestum, signifiant « crête » ;
  • du crest d'un nommé Cherel ?

Quoi qu'il en soit, c'est bien ce nom que le comte Boniface de Savoie, seigneur temporel d'Ugine, a exigé que porte la famille de Becket de Hollande lorsqu'il lui remit la maison forte vers 1248, en précisant que les deux blasons devaient être fusionnés (une tête de cerf d'or sur champ d'azur pour la famille de Hollande et une croix partagée de fleurs de lys pour la famille de Savoie). En fait, l'origine de cette famille est très controversée : seule la découverte des documents authentiques antérieurs au XIVe siècle pourrait éclaircir la question. Dans les documents jusqu'à présent exploités, les Crécherel apparaissent en 1340 seulement.

Cependant, une coïncidence mérite d'être soulignée : entre 1240 et 1340, les seigneurs d'Allondaz ont un rôle important dans les actes uginois (Hugues d'Allondaz notamment en 1321) tandis que depuis 1340 leur nom disparait quand paraît celui des Crécherel : Hugues de Crécherel serait mentionné dans un acte de 1339. S'agit-il de la même personne ? Le changement du nom patriotique à la suite du changement de fief ou de lieu d'habitation ne serait pas un cas isolé dans la noblesse savoyarde.[réf. nécessaire]

L'ascension de la famille se poursuit jusqu'au XVe siècle.

Jusqu'en 1740, nous retrouvons toute une lignée de Crécherel, date à laquelle la famille Geny d'Ugine prendra possession du château. Les descendants de la famille Geny céderont le château du Crécherel à la commune d'Ugine.

À présent, le château du Crest-Cherel est un bâtiment bien diminué en hauteur et considérablement remanié depuis le Moyen Âge. Il a connu les différents goûts de ses propriétaires successifs et a même dû répondre aux nécessités scolaires : la commune y installa une classe primaire et y logea deux ménages d'instituteurs puis des employés municipaux.

Le château semblait même à une époque voué à l'oubli mais le conseil municipal décida de le restaurer et y installa le musée d'Arts et Traditions populaires du Val d'Arly. Les travaux de restauration durèrent environ dix ans et furent conduits par l'architecte des Bâtiments de France.

À l'arrière du château, dans la grande cour pavée, des restes d'un bâtiment secondaire et de nouveaux aménagements réalisés à la fin du XVe siècle et durant le siècle suivant furent mis au jour lors de fouilles réalisées à la fin des années 1980. Ces aménagements, mis à nu lors des fouilles de 1978, comportent :

  • une tourelle carrée ;
  • une citerne alimentée par l'eau des toits ;
  • un édifice avec au rez-de-chaussée une grande salle basse comprenant l'emplacement d'une sorte de dressoir ;
  • une petite salle plus haute de deux marches à côté de la première.

Les différentes découvertes tels que des éléments d'escalier à vis, la cheminée, les blocs chanfreinés, révèlent la présence d'au moins un étage supérieur de construction extrêmement soignée. Il semblerait y avoir eu une chapelle, un magasin, un verger flanqué de son dépotoir et peut-être une écurie ou de nouveaux communs mais ces constructions étaient en bois et tout a été détruit pour être remanié.

Ces produits de fouilles attestent vraiment l'évolution de la maison forte vers la résidence : pas le moindre fragment d'arme mais des clefs et ferrures de coffrets médiévaux, une penture à crémaillère, un fragment de récipient de cuivre, une serpe, un cercle de tonneau : tout cela évoque l'aisance d'une famille et la gestion des terres voisines.

En fait, après la paix installée en 1355 dans la région, les Crécherel ont abandonné leur souci défensif pour se mettre plus à l'aise que dans l'étroite tour d'origine : de là, ils ne s'enrichissent non plus par les armes mais par les offices. Le mur d'enceinte, en l'état actuel des lieux, fait songer à la protection d'une promenade à l'usage des derniers de Crécherel, plus qu'à un parapet abritant des tireurs.

Par ailleurs, la seconde moitié du XVIe siècle ouvre la période dite moderne avec plusieurs siècles d'attaques françaises et le temps des résidences qui a succédé à l'ère des châteaux forts et des maisons fortes. Cette période est sans doute remplacée par celle des forteresses d'un type nouveau.[réf. nécessaire]

Le Musée d'Arts et Traditions Populaires du Val d'ArlyModifier

Différents métiers d'antan sont mis en scène, avec outils et ustensiles. Plusieurs thèmes sont représentés :

  • rez-de-chaussée (5 salles)
    • costumes
    • salles d'armes et drapeaux
    • taillandier
    • maréchal-ferrant
    • bourrelier
  • étages (7 salles)
    • travaux de la terre : labour, fenaison, moisson
    • menuisier
    • cordonnier
    • salle à vivre
    • fileuse et cadreuse
    • collections de poteries, cloches dentelles et rabots
    • objets concernant les pompiers
    • travail du lait : fabrication familiale du beurre et du fromage

Une extension a été mise en place en 2000 : le préau. Y est disposé le gros matériel : charrues, corbillards, tombereaux. Les fouilles y sont aussi mises en valeur.

Notes et référencesModifier

  • Archives municipales d'Ugine
  • Archives du musée d'Arts et Traditions populaires du Val d'Arly
  • DVD, Ugine, un siècle de mémoire, film de Jean-Stéphane Doignon, office de Tourisme d'Ugine/Cinémathèque des Pays de Savoie. 52 minutes.
  • Dossier « demande de bourse culturelle » adressée par le président du musée au service culturel de la mairie d'Ugine, en .

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier