Murat (Cantal)

commune française du département du Cantal

Murat
Murat (Cantal)
Vue aérienne du centre-ville.
Blason de Murat
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Cantal
Arrondissement Saint-Flour
Intercommunalité Hautes Terres Communauté
(siège)
Maire
Mandat
Gilles Chabrier
2020-2026
Code postal 15300
Code commune 15138
Démographie
Gentilé Muratais, Murataise
Population
municipale
1 855 hab. (2018)
Densité 92 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 06′ 38″ nord, 2° 52′ 10″ est
Altitude Min. 868 m
Max. 1 360 m
Superficie 20,26 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Murat
(bureau centralisateur)
Législatives Deuxième circonscription
Localisation
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Liens
Site web murat.fr

Murat est une commune française située dans le département du Cantal en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Elle naît de la fusion, le , de l'ancienne commune de Murat (commune déléguée) avec la commune de Chastel-sur-Murat sous le statut de commune nouvelle[1].

Murat possède de nombreux labels : depuis 2015, la commune est Petites Cités de Caractère. En 2020, elle obtient également le label Ville et Métiers d'Art.

La cité est jumelée depuis 1982 avec la ville d'Olonne-sur-Mer.

GéographieModifier

Située au pied du volcan cantalien, la ville est entourée de trois anciennes cheminées volcaniques : les rochers de Bredons et de Chastel-sur-Murat avec leurs chapelles romanes, et le Rocher de Bonnevie surmonté de la vierge Notre-Dame de la Haute-Auvergne.

La commune est depuis tout temps considéré comme le carrefour de la Haute-Auvergne du fait de sa position centrale dans la région.

La ville de Murat est située au coeur des Monts du Cantal : le Puy Mary, le Plomb du Cantal, les plateaux du Cézallier et les plateaux du Limon. Elle est à 22 km de Saint-Flour et à 49 km d’Aurillac.

Communes limitrophesModifier

UrbanismeModifier

TypologieModifier

Murat est une commune rurale[Note 1],[2]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[3],[4]. La commune est en outre hors attraction des villes[5],[6].

ToponymieModifier

 
Orgues du rocher de Bonnevie.

Attestée sous les formes Muratum en 1095, de Murat en 1279[7].

Certains toponymistes amateurs ont tenté de faire dériver Murat de la langue celtique, le mot signifiant à leurs yeux « roc escarpé ».

Il est actuellement retenu que le toponyme vient du terme générique de langue occitane Murat[8] qui désigne, notamment au Moyen Âge, un village fortifié[9]. C'est un toponyme occitan fréquent que l'on retrouve par exemple à Murat-sur-Vèbre, dans le Tarn.

Ce terme d'ancien occitan est lui-même une dérivation directe du latin muratus, qui signifie « agglomération entourée de murs »[10],[11]. La ville corse de Murato vient également de cette racine latine via le corse.

HistoireModifier

Au XIe siècle, Murat est une vicomté puissante, fortifiée, dotée d’un château construit sur le rocher de Bonnevie par la vicomté de Murat. Au XIIe siècle, cette vicomté est à son apogée : elle compte 25 châteaux forts, 29 châteaux, 59 villages et 110 fiefs. La commune cantalienne abritait une population active d’artisans, de commerçants et de juristes. Ses foires médiévales et marchés aux fromages, blés et bestiaux étaient renommées dans la région.

La vie à Murat devient plus compliquée au XVIIe siècle, de nombreuses famines et épidémies dépeuplent les campagnes. Paradoxalement, c’est à la même époque que le commerce se développe le plus.

Quelques décennies plus tard, pendant la Révolution française, les révolutionnaires exigent que leur commune prenne une place importante, Murat devient alors chef-lieu d'arrondissement jusqu'en 1926. De nombreuses évolutions ont lieu par la suite dans la commune, notamment l’arrivée du chemin de fer en 1866, qui permet un désenclavement de la commune.

Au cours du premier conflit mondial, la commune perdra plus de 120 de ses fils mais la période la plus tragique de la ville intervient cependant durant la Seconde Guerre mondiale, en Juin 1944. Cette période marquera à jamais l’histoire de la commune : dans la foulée des combats du Mont Mouchet, et en représailles à l’assassinat du SS Geissler par un groupe de maquisards, l’armée allemande procéda à une rafle arbitraire de 115 Muratais, tous déportés au camp de concentration de Neuengamme. 75 d’entre eux n’en revinrent jamais … De ce fait, Murat est devenue le symbole de la déportation cantalienne. Le Mémorial des déportés de Murat ouvert en 2009 relate ces drames.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
janvier 2017 En cours
(au 28 mai 2020)
Gilles Chabrier[12] DVD commerçant

Communes déléguéesModifier

Liste des communes déléguées
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Murat
(siège)
15138 6,5 1 880 (2014) 289


Chastel-sur-Murat 15044 13,79 119 (2014) 8,6

Population et sociétéModifier

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis sa création.

En 2018, la commune comptait 1 855 habitants[Note 2].

Évolution de la population  [ modifier ]
2015 2016 2017 2018
1 9511 9151 8781 855
(Sources : Insee à partir de 2015[13].)

Manifestations et évènementsModifier

Murat est une cité très vivante. De nombreux événements se succèdent au fil des mois :

  • La Fête des Cornets : depuis 2005, cette manifestation, dans le cadre d’un banquet-spectacle, met à l’honneur la pâtisserie emblématique de ville : le cornet de Murat. Son succès immédiat, puis son rayonnement régional (et même au-delà), font de ce biscuit roulé à chaud en forme de petite corne l’invité d’honneur sur toutes les tables du Cantal et de tous les restaurants de la diaspora cantalienne. Il se déguste aussi bien avec des garnitures salées que des garnitures sucrées qui sont proposées chaque année aux 15.000 visiteurs d’un jour, en même temps qu’un programme copieux d’animations de rue : théâtre, magie, musique... Sa renommée est telle qu’elle fait régulièrement l’objet d’un reportage au journal télévisé de 13h de TF1.
  • La journée nationale des véhicules d'époque : depuis 2017, plus de 400 véhicules de collection investissent les rues de la ville lors de la Journée Nationale des Véhicules d’Epoque pour le plus grand rassemblement de ce type en Auvergne et attire plus de 7.000 visiteurs. Cette manifestation est en passe de devenir l’une des plus importantes de la ville, comme l’atteste le succès de l’édition de septembre 2020.
  • Le Festival des Métiers d'Art : depuis 2014, entre 35 et 50 artisans d’art, triés sur le volet, présentent, pendant 3 jours au mois d'août, leur collection et leur savoir-faire dans les boutiques vides de la cité, le pavillon des halles et sous chapiteaux. Animations musicales, démonstrations, ateliers, conférences... sont au programme de cette manifestation dont la qualité et le succès ont permis à la ville d’obtenir le label Ville et Métiers d’Art en 2019.

ÉconomieModifier

La société Imerys dispose à Murat d'un des trois sites de transformation de la diatomite en France[14]. Celle-ci est extraite d'une carrière située sur la commune de Virargues. L'entreprise emploie une quarantaine de personnes à Murat.

La ville de Murat compte près de 325 entreprises implantées sur la commune.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

La ville de Murat conserve aujourd’hui les vestiges de son riche passé, et compte pas moins de onze édifices classés. Zoom sur quelques lieux incontournables de la commune :

  • Collégiale Notre-Dame des Oliviers En 1350, Dieudonné de Canilhas, évêque de Saint-Flour fonde une congrégation de prêtres et obtient l’autorisation de bâtir une église en 1380. Ravagée par un incendie dû à la foudre en 1493, elle fut reconstruite et agrandie par des chapelles. En 1732, la paroisse obtient enfin son indépendance après plus de 700 ans de soumission à Bredons. À la Révolution, l’église Saint-Martin est vendue comme bien National et la collégiale, en partie épargnée, devient un temps Temple de la Raison. En 1926, une partie de l’actuelle place Gandilhon Gens d’Armes a été dégagée, une échauguette appartenant à une des maisons démolies a été replacée à gauche du portail sud de l’église. La collégiale de Murat possède, chose étrange dans cette région, un clocher à bulbe datant de 1842.
  • Maison de la Faune La Maison de la Faune est un ancien hôtel particulier du XVIe siècle appartenant à la famille Teilhard de Laterrisse qui s’en sépare en 1822 au profit d’un cousin, Pierre Mayenobe. Il revendra son bien le 7 août 1827 au Département qui y installera le siège de la sous-préfecture où 61 sous-préfets s’y succèderont jusqu’à la suppression du service en 1926. Témoignage architectural historique en plein coeur de Murat, l’édifice ne manque pas d’intérêt : parquets, plafond peint du XVème siècle, plafonds à la française, escalier hélicoïdal ou certains éléments de charpente constitués d’une seule pièce de bois recourbée... La Maison de la Faune mise en régie en 1988 investit les locaux pour regrouper et mettre en valeur une collection de 8000 coléoptères de France et 800 mammifères et oiseaux naturalisés, présentés dans leur biotope reconstitué.
  • Pavillon des Halles La Halle de Murat est un bel exemple des constructions à charpente métallique. Achevée en 1891, elle fut restaurée en 1988. Sous Napoléon III, on a vu naître ce type de halles, dites « Baltard », car de nouvelles technologies permettaient la production en masse du fer, augmentant ainsi la portée des charpentes.Dans ces halles, une colonne en fonte remplaçait un mur, on gagnait ainsi en emplacement pour le commerce, et élément majeur, le fer était gage de résistance au feu. Autre avantage, il permettait comme on le constate à Murat, de créer de superbes baies vitrées, inédites pour l’époque.
  • Rocher de bonnevie Surplombant la vieille ville étagée en amphithéâtre, se dresse l’imposant rocher de Bonnevie (avec ses orgues basaltiques parfaitement ordonnées, parmi les plus fines d’Europe) qui portait la forteresse des Vicomtes de Murat détruite en 1633. Le 18 Juin 1878 fut érigée la statue de Notre-Dame de la Consolation (actuellement Notre-Dame de Haute-Auvergne), représentant une Vierge à l’enfant en fonte de 8 mètres de haut et de 13 780 Kg

Personnalités liées à la communeModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. « Arrêté n° 2016 - 1480 du 16 décembre 2016 », sur Préfecture du Cantal - Recueil des actes administratifs - p 43-44, publié le 22 décembre 2016 (consulté le 26 décembre 2016).
  2. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  3. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 24 mars 2021).
  4. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 24 mars 2021).
  5. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  6. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 24 mars 2021).
  7. Ernest Nègre - Toponymie générale de la France.
  8. Cristian Omelhièr, Petit Dictionnaire Français-Occitan d'Auvergne, Ostal del Libre, 2003, p. 296, (ISBN 2-914662-06-8)
  9. Bénédicte et Jean-Jacques Fénié, Toponymie occitane, Bordeaux, Éditions Sud Ouest, coll. « Sud Ouest université », (ISBN 9782879012155), « A propos de quelques noms de rues et de villes », p. 92
  10. Stéphane Gendron - Les noms des lieux en France: essai de toponymie, Page 141.
  11. Albert Dauzat, Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des Noms de Lieux en France, Librairie Guénégaud, réédition 1984, p. 486, à Mur-de-Barrez
  12. « Gilles Chabrier réélu maire », sur La Montagne, (consulté le 31 mai 2020)
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2015, 2016, 2017 et 2018.
  14. « La diatomite, le minerai de la discorde à Saint-Flour », sur La Montagne, (consulté le 5 décembre 2019)

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier