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Un agent mucolytique est une substance (un agent chimique, un médicament) qui fluidifie le mucus. Ce type de médicament est déconseillé chez le nourrisson[1].

HistoireModifier

Le mucus de limaces ou d'escargots était autrefois (depuis l'antiquité au moins) utilisés pour soigner des maladies pulmonaires et respiratoires, grâce à des propriétés mucolytiques[2] .

Usages médicauxModifier

En médecine humaine ou vétérinaire[3] les mucolytiques sont principalement utilisés afin de fluidifier le mucus des voies respiratoires, facilitant ainsi l'expectoration et la respiration, par exemple en cas d'asthme bronchique[4], de mucoviscidose[5], de bronchite, de bronchite chronique[6],[7] (avec éventuellement en complément une kinésithérapie, par exemple en cas de bronchopneumonopathie obstructive[8].
On les utilise également lors de certains examens comme le lavage broncho-alvéolaire.

Exemples d'agents mucolytiquesModifier

On peut citer la carbocystéine[7] ou l'acétylcystéine, fréquemment utilisées.

On peut également utiliser les propriétés fluidifiantes de l'Ambroxol chlorhydrate, Aminothiazoline camphorate, Bromhexine chlorhydrate[9],[10], Carbamide, Carbocisteine, Diacetylcysteinate de methyle, Dornase alfa, Erdosteine, Letosteine, Mecysteine chlorhydrate, Mesna, Tiopronine. Des huiles essentielles (Inula graveolens, Eucalyptus radiata, Lavandula latifolia,...) ont également de telles propriétés.[réf. nécessaire]

Certaines molécules mucolytiques sont d'origine végétale (Phytothérapie ; c'est le cas par exemple d'un extrait de Diplotaxis tenuifolia[11]).

Limites, contre-indicationsModifier

Chez le nourrisson, les mucolytiques (ainsi que comme les fluidifiants, l'Hélicidine, les antihistaminiques et suppositoires terpéniques) sont en France selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) dans deux avis diffusés en 2010 et 2011 considérés comme contre-indiqués. Et une évaluation faite chez 29 pharmaciens et préparateurs en pharmacie (du 4 au 25 août 2012) ainsi que chez 289 parents de nourrissons (de décembre 2011 à avril 2012) a montré un taux de non-respect des contre-indications de 23,8 % chez les parents et de 34,5 % chez les pharmaciens et préparateurs en pharmacie. L'Agence note aussi que « La consommation d’antitussifs était inversement corrélée à la capacité à réaliser une désobstruction rhinopharyngée (DRP) » (21 % des parents seulement savaient pratiquer la DRP). L'objectif de l'Agence est de « parvenir à l’arrêt de la délivrance des médicaments antitussifs chez les nourrissons » via une meilleure information et éducation des parents.

Notes et référencesModifier

  1. F. Alauzet, S. Blanc, I. Montaudié, C. Piccini-Bailly, M. Berlioz-Baudoin, M. Bégassat, M. Albertini, L. Giovannini-Chami (2014) Recommandations de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) concernant la prise en charge de la toux aiguë du nourrisson : impact sur les familles et les pharmacies , Archives de pédiatrie ; 2014 > 21 > 5 > 469-475
  2. Bonnemain, B. (2003). Hélices et médicaments: l'escargot au service de la santé depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours. Revue d'histoire de la pharmacie, 91(338), 211-218.
  3. Kieffer P (1985) Les Thérapeutiques non spécifiques en pathologie respiratoire: contribution à l'étude d'un mucolytique chez le veau de boucherie (Doctoral dissertation).
  4. Soejima, K. (1987) Étude clinique du mucolytique, S-carboxyméthyl cystéine chez des malades avec asthme bronchiqueThe clinical effects of expectorant, S-carboxymethyl cysteine, in patients with bronchial asthma ; 1987, vol. 15, no1, pp. 371-379 (14 ref.) Notice Inist-CNRS
  5. BISERTE, G., FONTAINE, G., HAVEZ, R., DEGAND, R., FARRIAUX, J., ROUSSEL, P., & BONIFACE, L. (1966, January). Evolution d'une forme pulmonaire de mucoviscidose sous traitement mucolytique. In Lille medical (Vol. 11, No. 10, p. 1310). Faculté de médecine, Université Lille II.
  6. Guérin J.C & Garcia-Macé J.L. (1989) Étude de l'efficacité du Mucomyst forme orale en traitement au long cours dans la bronchite chronique. Gazette médicale de France, 96(25), 61-63.
  7. a et b Malka M & Lablache-Combier B (1990) Intérêt d'un mucolytique, la carbocistéine, dans la bronchite aiguë de l'enfant. Med. Infant., 8, 687-691.
  8. Lulling J & Dubois G (1973) Étude controlée d'un mucolytique associé à la kinésithérapie dans les bronchopneumonopathies obstructives. Acta Tuberc. Pneumol. Belg., 64, 74-79.
  9. Bergogne-Berezin, E., Pierre, J., & Dournovo, P. (1979). Étude de l'influence d'un agent mucolytique (bromhexine) sur le passage de l'erythromycine dans les secretions bronchiques. Therapie, 34(6), 705-711.
  10. El-Faham T.H (1994) Transdermal delivery of bromhexine hydrochloride from various formulations through excised hairless mouse skin. STP pharma sciences, 4(3), 240-244 (résumé).
  11. CAUDRON, D. (2005). Un mucolytique d'origine végétale Diplotaxis tenuifolia. La Phytothérapie européenne, (25), 26-28.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier

BibliographieModifier

  • Bergogne-Berezin, E., Pierre, J., & Dournovo, P. (1979). Étude de l'influence d'un agent mucolytique (bromhexine) sur le passage de l'erythromycine dans les secretions bronchiques. Therapie, 34(6), 705-711
  • Bontognali, E. (1991). Clinical effectiveness and tolerance of cithiolone in the prophylaxis of acute infective exacerbations in patients suffering from chronic bronchitis. Acta therapeutica, 17(2), 155-162.
  • Gobert, J., Risack, L., & Close, J. (1971). Études biochimiques, métaboliques et pharmacologiques d'un mucolytique: le Mistabron. Acta Anaesth Belg, 22, 85-114.