Moyse Charas

apothicaire français

Moyse Charas (ou Moïse) est un pharmacien français, né à Uzès le , et mort à Paris le (à 78 ans).

Moyse Charas
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Biographie
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BiographieModifier

Après des études classiques, puis des études d'apothicaire, il ouvre une officine à Orange, qu'il quitte pour venir à Paris vers 1646.

En 1667, il réalise la première fabrication publique de la thériaque, contrepoison très en vogue au XVIIe siècle. Il publie l'année suivante la Thériaque d'Andromachus, connue aussi sous le titre Histoire naturelle des animaux, des plantes et des minéraux qui entrent dans la composition de la thériaque d'Andromachus, dispensée et achevée publiquement à Paris.

En 1672, Antoine d'Aquin, intendant du Jardin du roi, le recrute pour le poste de sous-démonstrateur de chimie pour le jardin en remplacement de Christophe Glaser.

Sur les conseils d'Aquin, il fait paraître en 1676, une Pharmacopée royale galénique et chimique. Elle connaît un grand succès et est traduite dans de très nombreuses langues, dont le chinois.

En 1680, suite aux débuts de la persécution qui frappe les protestants, Charas doit quitter la France. Il séjourne deux ou trois ans en Grande-Bretagne, où il obtient un titre de docteur en médecine, avant de gagner les Pays-Bas en 1683. De là, il part en Espagne où il exerce à Madrid. Il est dénoncé à l'Inquisition en 1686, mais il est sauvé de l'expulsion par son protecteur, le diplomate hollandais. Il part alors en Galice, où il est à nouveau dénoncé en 1688 et arrêté. Il finit, après de nombreux interrogatoires, par se convertir au catholicisme et il est libéré en 1689.

Il revient alors en Hollande, puis en France en 1691, où il devient membre de l'Académie des sciences en 1692.

Sa pratique est encore empreinte du poids des connaissances du Moyen Âge et d'un peu d'alchimie. Il se spécialise notamment sur les vipères. Outre leur utilisation dans la préparation de la thériaque, on considérait à son époque que la chair de ces animaux était le meilleur antidote aux envenimations causées par cette espèce ou par d'autres. L'ignorance autour de leur biologie en faisait de véritables panacées. Charas publie en 1669 les Nouvelles expériences sur la vipère, les effets de son venin, et les remèdes exquis que les artistes peuvent tirer du corps de cet animal où il étudie son anatomie, sa reproduction et ses mœurs et, même s'il continue à propager certaines croyances erronées, il établit notamment une meilleure connaissance de leurs vertus thérapeutiques. Charas fut d'ailleurs en opposition avec Francesco Redi au sujet de la formation du venin, Charas affirmant que la salive de l'animal devenait toxique seulement si celui-ci était en colère, tandis que Redi pensait qu'elle était constamment toxique.

PublicationsModifier

 
La Pharmacopée royale
de Moyse Charas (1676).
  • Thériaque d'Andromachus, dispensée et achevée publiquement à Paris par Moyse Charas, avec les réformations et les observations de l'auteur tant sur l'élection et sur la préparation, que sur le dernier mélange de tous les ingrédiens de cette grande composition. Titre alternatif : Histoire naturelle des animaux, des plantes et des minéraux qui entrent dans la composition de la thériaque d'Andromachus, dispensée et achevée publiquement à Paris, par Moyse Charas, avec les réformations et les observations de l'auteur (1668) Texte en ligne
  • Nouvelles expériences sur la vipère, où l'on verra une description exacte de toutes ses parties, la source de son venin, ses divers effets et les remèdes exquis que les artistes peuvent tirer de la vipère, tant pour la guérison de ses morsures que pour celle de plusieurs autres maladies (1669) Texte en ligne
  • Pharmacopée royale galénique et chimique (1676) Texte en ligne
  • Pharmacopée royale galénique et chimique (seconde édition revue et corrigée, 2 volumes, 1681) Texte en ligne 1 2
  • Opera (3 volumes, 1684) Texte en ligne 1. Pharmacopea regia galenica 2. Pharmacopea regia chymica 3. Historiam naturalem et ici : [1]
  • Opera : Tome I : Pharmacopoea Regia Galenica, Tome II : Pharmacopoea Rgia Chymica, Tome III : Tractatus de Theriaca & tractatus de Vipera., Genève, Jean Louis du Four, (lire en ligne)
  • Thériaque d'Andromacus : avec une description particulière des plantes, des animaux et des minéraux employez à cette grande composition (nouvelle édition revue et augmentée, 1685) Texte en ligne
  • Traité abrégé des Eaux minerales de France : des Eaux minérales en général & de la Manière d'en faire l'Analyse. Bruyset, Lyon 1753 (digital)
  • Pharmacopée royale galénique et chymique. Nouv. Ed. Bruyset, Lyon 1753 (digital)

FamilleModifier

  • Moyse (Mouïse) Charas marié à Marguerite Fauchière,
    • Moyse Charas a été marié en premières noces, par contrat du , avec Suzanne Félix (née à Orange, le -décédée à Paris en ) dont il eut sept enfants nés à Orange entre 1643 et 1658, et quatre nés à Paris, puis en secondes noces avec Madeleine Hadancourt dont il eut neuf enfants entre 1669 et 1678. Tous les enfants nés à Orange étaient morts en bas âge, avant le départ de Charas pour Paris, en 1659. Seuls trois enfants du second mariage étaient encore vivants à la mort de leur père, Madeleine, François et Suzanne.
      • Catherine Charas (1660-1661)
      • Frédéric Charas (baptisé le -décédé le ), apothicaire privilégié de Monsieur, frère du roi, marié en premières noces, par contrat du , avec Marie-Anne Boulot, décédée le , puis en secondes noces, par contrat du , avec Jacqueline Rohais, décédée le ,
        • Henry Charas, né en 1690, a suivi la carrière de son père. Il est reçu maître apothicaire en , garde de la communauté parisienne de 1736 à 1738, mort le . Il s'est marié avec Marie-Anne Regnault par contrat passé le , décédée le ,
          • Adrien-Henry Charas, il suit la carrière de son père, est reçu maître apothicaire en , élu garde en 1770, 1771 et 1772. Il est mort en 1789.
          • Angélique Charas, mariée à Marin-Imbert de Tréméolles, avocat au parlement de Paris, par contrat du ,
          • Clément-Georges Charas, reçu maître apothicaire en , mort aux Antilles en ,
          • Marie-Madeleine Charas, née le , mariée à Louis-François Juvet par contrat du ,
        • Marie-Madeleine Charas, née en 1692,
        • François-Armand Charas, né vers , mort avant 1718
      • Charles-Samson Charas, baptisé le . Il s'est fait naturalisé anglais en 1682. Il a été horloger à Londres, puis à Bristol. Il s'est marié avec Elisabeth Colbatch.
      • Madeleine Charas, religieuse au couvent des Dames religieuses du Précieux-Sang de Jésus-Christ à partir de 1688, puis prieure du couvent. Sa mère, Madeleine Hadancourt, s'y retire après le décès de Moyse Charas,
      • François Charas, né le , marié en Angleterre, revenu en France, il est accusé de complot et embastillé en 1699. Il a abjuré en 1703 mais n'a été libéré qu'en 1706. Il a exercé le métier de maître en langues étrangères. Il a rédigé son testament le .

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Nicolas de Condorcet, Œuvres complètes de Condorcet. Éloges des académiciens de l'Académie royale des sciences , morts depuis l'an 1666, jusqu'en 1699, chez Henrichs, Paris, 1804, tome 1, p. 132-137 (lire en ligne)
  • Eugène Haag, Émile Haag, La France protestante, ou Vies des protestants français qui se sont fait un nom dans l'histoire depuis les premiers temps de la réformation jusqu'à la reconnaissance du principe de la liberté des cultes par l'Assemblée nationale, chez Joël Cherbuliez libraire-éditeur, Paris, 1852, tome 3, p. 341-342 (lire en ligne)
  • Paul Dorveaux, Les grands pharmaciens : Apothicaires membres de l'Académie royale des Sciences - II- Moyse Charas, dans Bulletin de la Société d'histoire de la pharmacie, 1929, Volume 17, no 65, p. 329-340 (lire en ligne), II- Moyse Charas (suite), 1929, Volume 17, no 66, p. 377-390 (lire en ligne)
  • Maurice Bouvet, Les grandes familles pharmaceutiques. Les Charas, dans Revue d'histoire de la pharmacie, 1949, Volume 37, no 124, p. 453-463 (lire en ligne)
  • Christian Warolin, « Étude de la descendance de Moyse Charas, apothicaire, médecin, auteur de la pharmacopée royale galénique et chymique », Revue d'histoire de la pharmacie, vol. 93, no 346,‎ , p. 187-198 (lire en ligne)

Article connexeModifier

Liens externesModifier