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Moyen Empire

période de 2000 à 1700 avant J.-C. en Égypte ancienne
(Redirigé depuis Moyen Empire égyptien)
Égypte pharaonique
Moyen Empire

~ 2065 – ~ 1735

Description de l'image Ancient Egypt old and middle kingdom-es.svg.
Informations générales
Statut Monarchie
Capitale Thèbes
Langue Égyptien ancien
Religion Religion de l'Égypte antique
Histoire et événements
~ -2020 Prise de Héracléopolis et réunification de l'Égypte
~ -2020 XIe dynastie
~ -1991 XIIe dynastie
Pharaon
(1er) ~ 2060 Montouhotep II
(Der) ~ 1783. Ougaf

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Le Moyen Empire est une période de l'histoire de l'Égypte antique qui suit la Première Période intermédiaire, et précède la Deuxième Période intermédiaire.

Le Moyen Empire couvre une période allant des environs de -2033 à -1786 et a connu deux dynasties :

  • XIe dynastie (-2106 à -1963). Ce n'est que sous Montouhotep II, vers -2033, lorsque le pays est réunifié, qu'on considère que la première période intermédiaire prend fin et que débute le Moyen Empire.
  • XIIe dynastie (-1963 à -1786).

C'est une période prospère. La capitale principale est d'abord située à Thèbes, d'où sont originaires les rois de la XIe dynastie, puis à Itchtaouy au sud de Memphis.

Les dieux impériaux de l'époque sont Montou, le faucon belliqueux adoré à Erment, à Médamoud et à Thèbes, ainsi qu'Amon. La première construction thébaine a lieu sur la côte ouest de Thèbes, avec le temple funéraire de Montouhotep II, bâti dans le cirque rocheux de Deir el-Bahari.

C'est une période ouverte sur le Moyen-Orient, et de nombreuses expéditions y sont envoyées. Les principaux souverains qui la représentèrent sont les Sésostris et les Amenemhat.

À cette époque sont construites les fondations de Karnak, par Sésostris Ier ; les rois du Nouvel Empire les détruiront pour construire le Karnak actuel.

Sommaire

Économie du Moyen EmpireModifier

Bien que contrôlant le Nil de son embouchure à la première cataracte, la monarchie ne parvient pas à contrôler les importants flux commerciaux entre l'Afrique, via la Nubie, et le Levant et a donc des difficultés à en tirer profit. En effet, ceux-ci transitaient soit par la mer Rouge soit par les oasis du désert occidental, dont les gouverneurs locaux parviennent à se préserver du pouvoir royal. Ainsi, on retrouve peu de mentions de l'Égypte sur les sites archéologiques des villes commerçantes du Proche-Orient telles que Ebla ou Mari. Des villes telles que Tell el-Dab'a regardent ainsi de plus en plus vers l'étranger et de moins en moins vers le pouvoir central. Le pouvoir pharaonique tente donc de percevoir des recettes via les impôts perçus au sein du royaume, mais la faiblesse de son administration centrale l'oblige à s'en remettre aux potentats locaux dont le pouvoir augmente au détriment de celui du pharaon. Malgré une mise en valeur accrue de territoires tels que le Fayoum et une réorganisation de l'agriculture, les revenus tirés des récoltes ne sont pas suffisants pour permettre au régime de se maintenir[1].

Politique au Moyen EmpireModifier

Certaines régions d'Égypte, en particulier les oasis et le Delta semblent être relativement à l'écart du pouvoir pharaonique, contrairement à la Haute et à la Moyenne-Égypte. Celles-ci sont gouvernées par des élites locales dont le soutien, en particulier celui des pouvoirs locaux de Moyenne-Égypte, est indispensable au pharaon. C'est vraisemblablement la raison qui a présidé au choix de déplacer la capitale royale de Thèbes à Itchtaouy, située à proximité des villes dirigées par ces élites. De plus la XIIe dynastie, initiée par Amenemhat Ier ne peut se prévaloir d'aucune origine illustre pour asseoir sa légitimité. Pour y remédier, les pharaons adoptent un système de corégence permettant d'éviter les crises de succession, le futur souverain commençant à régner du vivant de son prédécesseur. Se développe également une cour royale au sein de laquelle les souverains tâchent de développer une culture monarchique par le biais de l'éducation des enfants des gouverneurs des diverses villes égyptiennes. Ces mesures permettent de maintenir l'assise du pouvoir royal durant plus de deux siècles, mais l'équilibre des pouvoirs bascule en faveur des potentats locaux au fur et à mesure de l'affaiblissement financier de la royauté. Cette relative stabilité politique a conduit l'égyptologue britannique Stephen Quirke (en) à considérer le Moyen-Empire comme une anomalie historique de la période comprise entre la fin de l'Ancien Empire et le début du Nouvel Empire[1].

L'art du Moyen EmpireModifier

Article détaillé : Art du Moyen Empire égyptien.

Après une Première Période intermédiaire agitée, le Moyen Empire marque un retour au calme et un nouveau chapitre dans l'art égyptien. La pyramide a toujours cours pour les inhumations royales, et on connaît quelques exemples de temples non funéraires. Les modèles gagnent en hauteur et en diversité, et des bijoux, trouvés dans une tombe inviolée à Dahchour, sont de magnifiques témoins d'une orfèvrerie quasiment disparue.

Notes et référencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b Damien Agut et Juan Carlos Moreno-Garcia, L'Égypte des pharaons - De Narmer à Dioclétien, Paris, éditions Belin, coll. « Mondes anciens », (ISBN 978-2-7011-6491-5), chap. 6 (« Dans le filet des oligarques : la monarchie d'Ititaouy (2004-1750) »)

BibliographieModifier

Ouvrages généraux sur l’Égypte antiqueModifier

Ouvrages et articles généraux sur la périodeModifier

Autres étudesModifier

  • Sydney Hervé Aufrère, Jean-Claude Golvin et Jean-Claude Goyon, L’Égypte restituée, Tome 1 : Sites, temples et pyramides de Haute Égypte, Paris, Errances, (ISBN 2877720632)
  • Sydney Hervé Aufrère et Jean-Claude Golvin, L’Égypte restituée, Tome 3 : Sites, temples et pyramides de Moyenne et Basse Égypte, Paris, Errances, (ISBN 2877721485)
  • Annie Forgeau, « L’Égypte pharaonique, III. La restauration du Moyen-Empire », dans Bernard Holtzmann (dir.), L'Art de l'Antiquité, 2. l'Égypte et le Proche-Orient, Paris, Gallimard - Réunion des musées nationaux, coll. « Manuels d'histoire de l'art », (ISBN 2070743411), p. 58-79
  • (en) Richard Jasnow, « Middle Kingdom and Second Intermediate Period », dans Raymond Westbrook (dir.), A History of Ancient Near Eastern Law, vol. 1, Leyde, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », (ISBN 9004129952), p. 256-288
  • Claude Obsomer, Sésostris Ier : Étude chronologique et historique du règne, Bruxelles, Safran, coll. « Connaissance de l’Égypte ancienne », (ISBN 2-87268-004-7)
  • (en) Stephen Quirke (dir.), Middle Kingdom Studies, New Malden, SIA Publishing, (ISBN 1-87256-102-0)
  • (en) Thomas Schneider, « The Relative Chronology of the Middle Kingdom and the Hyksos Period (dyns. 12-17) », dans Erik Hornung, Rolf Krauss et David A. Warburton (dir.), Ancient Egyptian Chronology, Leyde et Boston, Brill, coll. « Handbuch der Orientalistik », (ISBN 9004113851), p. 168-196
  • Pierre Tallet, Sésostris III et la fin de la XIIe dynastie, Paris, Pygmalion, coll. « Les grands pharaons », (ISBN 978-2857048510)
  • Harco Willems, Les textes des sarcophages et la démocratie : éléments d'une histoire culturelle du Moyen Empire égyptien, Paris, Éditions Cybele, (ISBN 9782915840063)