Mouvement pour le changement démocratique

Mouvement pour le changement démocratique
Movement for Democratic Change
Image illustrative de l’article Mouvement pour le changement démocratique
Logotype officiel.
Présentation
Président Nelson Chamisa
Fondation
Disparition (de facto)
Fusionné dans MDC-T
MDC-N
Siège 44 Harvest House Nelson Mandela Avenue & Angwa Street, Harare (Zimbabwe)
Positionnement Centre gauche
Idéologie Socialisme démocratique
Social-démocratie
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs rouge et noir

Le Mouvement pour le changement démocratique (en anglais : Movement for Democratic Change, MDC) est un parti politique du Zimbabwe, fondé en 1999 par Morgan Tsvangirai, secrétaire général du Congrès des syndicats du Zimbabwe.

Il devient la principale formation d'opposition démocratique au régime dictatorial de Robert Mugabe mais se scinde en plusieurs fractions à partir de 2005.

HistoireModifier

Le MDC fait activement campagne pour le « non » au référendum des 12 et , qui se solde par le rejet, par 54,7 % des voix, du projet de constitution élaboré par la convention constituante nommée par le président Robert Mugabe.

Aux élections législatives des 24 et , le parti recueille 1 171 051 voix (47,00 %) et 57 sièges sur les 120 sièges de la Chambre de l'Assemblée (House of Assembly) soumis à élection au suffrage universel[1],[2], ce qui, malgré la faible majorité (62) de sièges remportés par le parti présidentiel (la ZANU-PF), ne menace pas le contrôle de celui-ci sur la chambre, grâce à l'appoint des 20 députés nommés par le président.

Lors de l'élection présidentielle des 9-, Morgan Tsvangirai, soutenu par le MDC, recueille 42,0 % des voix, échouant dans sa tentative de battre le président sortant, Robert Mugabe, réélu avec 56,0 % des suffrages.

Lors des élections législatives du , le parti recueille 1 041 292 voix (39,5 %) et 41 sièges sur 120, tandis que la ZANU-PF renforce son emprise sur la chambre en remportant 78 sièges.

Le , pour les élections au Sénat, le MDC recueille 123 628 voix (20,26 %) et 7 sièges sur les 50 soumis à élection au suffrage universel[3], la ZANU-PF remportant les 43 autres sièges. Le MDC connait à cette occasion une scission entre le courant majoritaire et une faction menée par Arthur Mutambara[4] (devenu vice-premier ministre du Zimbabwe en ).

En mars 2007, le MDC participe à un grand rassemblement à Harare avec d'autres mouvements politiques regroupés dans une coalition intitulée « Save Zimbabwe Campaign » (« Campagne pour sauver le Zimbabwe »). Ils entendent manifester contre l'interdiction des manifestations et rassemblements politiques, contre l'intention du président Robert Mugabe de se présenter à un nouveau mandat en 2008 et pour dénoncer la crise sociale, économique et politique que connaissait le Zimbabwe depuis l'an 2000 (inflation de 1 700 % en . La manifestation étant interdite par le gouvernement, la police anti-émeutes intervient pour disperser la foule réunie dans un stade. Une militante du MDC est tuée par balles alors que plusieurs cadres du parti, dont son président Morgan Tsvangirai, sont passés à tabac. Quatre parlementaires du MDC, ainsi que Lovemore Madhuku, le président de l'Assemblée nationale constituante, sont aussi incarcérés avec Tsvangirai[5].

L'action de la police est condamné par le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon qui demande au gouvernement d'Harare de « relâcher les détenus et garantir leur sécurité » ainsi que d'autoriser « le rassemblement pacifique » et « l'exercice de droits politiques légitimes »[6], tandis que Louise Arbour, Haut Commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme, déclare que l'intervention policière est « inacceptable » et réclame une enquête impartiale et rapide[7]. Les photos de Morgan Tsvangirai, présenté devant la justice blessé à la tête et le visage tuméfié, sont publiées dans la presse mondiale et provoquent une grande émotion. Le leader du MDC ne lâche pas pour autant son combat politique[8].

Aux élections du , le parti, malgré ses divisions, finit par l'emporter en obtenant la majorité absolue des sièges à pourvoir, infligeant du même coup un sérieux revers au parti de Mugabe, la ZANU, même si le pouvoir tarde à annoncer les résultats[9]. L'opposition est majoritaire parmi les élus, mais le pouvoir peut espérer conserver la maîtrise de la chambre des députés grâce aux députés nommés, soit directement par l'exécutif, soit par les chefs traditionnels. Morgan Tsvangirai, arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle organisée le même jour, doit se réfugier dans l'ambassade des Pays-Bas à Harare, la capitale zimbabwéenne. La pression internationale s'accentue sur Robert Mugabe. Les quinze membres du Conseil de sécurité de l'ONU estiment en , de façon unanime, que la tenue «d'élections libres et justes» au Zimbabwe n'est pas possible[10].

Le , lors d'un vote à bulletins secrets, le MDC remporte la présidence de la chambre basse du Parlement, infligeant un nouveau revers au régime du président Robert Mugabe. Par 110 voix, le directeur national du MDC, Lovemore Moyo, est élu président de l'assemblée contre 98 voix au candidat d'une faction dissidente du même parti, Paul Themba Nyathi. Le décompte des voix démontre alors contre toute attente qu'une partie des députés du Zanu-PF, le parti de Robert Mugabe, et que des députés de la faction dissidente du MDC, ont voté en faveur de Lovemore Moyo, démontrant la division interne du parti présidentiel et la défiance envers le président Mugabe alors que le pays est en plein marasme économique[11].

Des négociations difficiles s'engagent entre Robert Mugabe, et Morgan Tsvangirai, menés sous l'égide de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), pour constituer un gouvernement d'union nationale[12]. Les trois partis représentés au Parlement à l'issue du scrutin du y participent :la ZANU (PF), et les deux composantes issues de la MDC, la MDC-T et la MDC-M. Le Parlement zimbabwéen adopte un amendement constitutionnel qui crée un poste de premier ministre. Ce poste revient à Morgan Tsvangirai, pour ce gouvernement d'union[13]. Mais Robert Mugabe reste président et s'accroche au pouvoir. Il ne lâche que difficillement des ministères-clés à l'opposition, et ses concessions sont à double tranchant. Le parti de M. Tsvangirai obtient notamment deux portefeuilles importants, mais politiquement sensibles, celui de la santé, dans un pays où l'épidémie de choléra fait rage, et celui des finances, alors que l'économie est dans un état désastreux[14]. La participation du MDC à ce gouvernement d'union nationale se révèle être un piège politique.

Voir aussiModifier

NotesModifier

  1. « Zimbabwe : Robert Mugabe souhaite se présenter aux élections présidentielles », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  2. La Chambre d'assemblée (House of Assembly) comprend 150 députés dont 120 sont élus au suffrage universel, 20 sont nommés par le président de la République et 10 sont élus par les chefs traditionnels du pays.
  3. Le Sénat (Senate) comprend 66 sénateurs sont 50 sont élus au scrutin uninominal à un tour, 10 sont élus par les chefs traditionnels et 6 sont nommés par le président de la République.
  4. (en) « Split over strategy weakens MDC », BBC News, (consulté le 27 mai 2011)
  5. Christophe Ayad, « Zimbabwe : le régime Mugabe fait la chasse aux démocrates », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. « Zimbabwe : Ban Ki-moon condamne l'arrestation de chefs de l'opposition », ONU Info,‎ (lire en ligne)
  7. « Zimbabwe : Louise Arbour engage au respect de l'ordonnance de la Haute Cour sur la libération du chef de l'opposition », ONU Info,‎ (lire en ligne)
  8. « Zimbabwe : le chef de l'opposition transféré à l'hôpital », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  9. « Les résultats des élections au Zimbabwe se font attendre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  10. « Ban Ki-moon : "Des élections libres et justes sont impossibles au Zimbabwe" », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  11. « Le principal parti de l'opposition à la présidence du Parlement », Libération,‎ (lire en ligne)
  12. « Zimbabwe : nouvel échec des négociations pour former le futur gouvernement », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  13. « Zimbabwe : le Parlement ouvre la porte à un gouvernement d'union », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  14. Jean-Philippe Remy, « Le gouvernement d'union nationale au Zimbabwe connaît des difficultés dès sa mise en place », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Lien externeModifier