La Fédération
Histoire
Fondation
Cadre
Sigle
LFVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique
Objet social
Promouvoir un mouvement d'opinion en faveur de l'intégration politique, économique et sociale des différents pays d'Europe par la décentralisationVoir et modifier les données sur Wikidata
Pays
Organisation
Fondateurs
Jacques Bassot (d), Max Richard (d), André Voisin (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Affiliation
Identifiants
RNA

La Fédération est un mouvement fédéraliste français fondé en 1944 qui cherche à promouvoir un État décentralisé dans une France fédérale et une Europe des nations.

La Fédération a notamment :

HistoriqueModifier

La Fédération naît en 1944[1] autour d'un Centre d’études institutionnelles pour l’organisation de la société française; elle est déclarée à la préfecture de police de Paris au mois d’. Ses fondateurs sont André Voisin (pseudonyme d'André Bourgeois) et Jacques Bassot, secrétaire général et administrateur de la Compagnie des machines Bull de 1932 à 1964, et président-directeur général de sa propre entreprise de conditionnement d’air à partir de 1946.

Le politiste Antonin Cohen a montré que la Fédération est issue des milieux corporatistes ayant accueilli favorablement l'idéologie communautaire de la Révolution nationale et hérité des réflexions de la jeune droite catholique et maurrassienne des années 1930. Bassot a dirigé les services parisiens de l’Office des comités sociaux fondé en 1941, Voisin a été le premier directeur de cet Office. Bassot a été aussi le directeur du service d'information et de propagande de l'Institut d'études corporatives et sociales. Voisin est un ancien de L’insurgé, de La Justice sociale et du Courrier Royal. Tous deux ont appartenu au Parti social français. La circulaire interne du mouvement ne devient une véritable revue, Fédération, qu'en 1947. Une Société à responsabilité limitée est constituée au début de l'année 1947 pour l'appuyer. Elle est appelée Les études fédérales. André Voisin est son gérant, et les autres associés sont Jacques Bassot, René Bazin de Jouy[2], Jean de Fabrègues, Marcel Felgines, autre ancien militant corporatiste, qui a aussi enseigné à l'Institut d'études corporatives et sociales, Eugène Hervouet, Pierre Masquelier, Max Richard, qui est aussi un ancien de L'Insurgé, et Luc Robert. L'équipe rédactionnelle de la revue, dirigée par Max Richard[3]est alors constituée de Voisin, Robert Aron, le Belge Marcel de Corte, Daniel-Rops, Robert Fabre, Daniel Halévy, Thierry Maulnier, l'économiste catholique et corporatiste Louis Salleron, Claude Saint-Jean, le philosophe Gustave Thibon. En 1948, La Fédération rejoint le Mouvement Européen, et se donne un « comité directeur » composé de Jacques Bassot et André Voisin, avec René Bazin de Jouy, Lucien De Broucker, patron d'une petite entreprise de métallurgie et délégué général de l'Union des chefs d'entreprise-Action pour des structures humaines (UCE-ACT), Jean de Fabrègues, Marcel Felgines, Raymond Marcellin, qui a été le secrétaire général de l'Institut d'études corporatives et sociales, Robert Aron, Alexandre Marc, Claude-Marcel Hytte, le député Robert Bichet, François Mitterrand[4].

En , la SARL Les études fédérales change de nom et devient la revue Fédération, au capital de 500 000 francs, apportés par André Voisin (240 000 francs), l'homme d'affaires Eugène Schueller (100 000 francs), Jacques Bassot (70 000 francs), Daniel Halévy (50 000 francs), Bertrand Motte, Louis Salleron, René Bazin de Jouy et Max Richard (10 000 francs chacun)[5].

Le mouvement a pour objet social : « promouvoir un mouvement d'opinion en faveur de l'intégration politique, économique et sociale des différents pays d'Europe par la décentralisation »[6].

Il est depuis 1990[7] sous la responsabilité de Joël Broquet, secrétaire général, et de son président Laurent Grégoire, par ailleurs fondateur[8] de la section nationale française du Parlement européen des jeunes.

PériodiquesModifier

La Fédération a lancé plusieurs périodiques, à partir de sa Circulaire intérieure de la Fédération (1944-1946). Ont suivi Fédération: revue de l'ordre vivant, de 1947 à 1956, le Bulletin fédéraliste (1948-1953), Le 20e siècle fédéraliste, à partir de 1954, Les enjeux de l'Europe, revue diffusée aux décideurs politiques et économiques des pays d'Europe en trois langues à 10 000 exemplaires[9] ; notamment Les enjeux technologiques de l'Europe, publié en 2007 et dont le sommaire annonçait :

    • Jacques Delors, Inventons notre propre modèle de développement
    • Bernard Bosson, L'Europe doit rester maître de son destin !
    • Lord Henry Plumb, Préserver l'idéal européen
    • Franz Josef Strauß, La force de l'Europe : sa matière grise
    • Pierre Aigrain, Le handicap des barrières nationales
    • Dominique Reymond, directeur scientifique de l'Oréal, Une priorité : l'inventaire des compétences et des produits
    • Frédéric d'Allest, Les défis de l'Europe spatiale
    • Jean-Claude Martin, DG de Lucas-France, Coopération à la base
    • Yves Sillard, Les riches promesses des fruits de mer
    • Henri Delauze, Du pétrole ... à la navette Hermès
    • Philippe Chartier, directeur scientifique de l'AFME, L'énergie de demain : l'intelligence artificielle ... mais aussi la betterave
    • Michel Rolant, ancien président de l'AFME, Attention aux fluctuations des prix
    • Jean Teillac, Le nucléaire est majeur
    • Jérôme Monod, Vers un « service » européen
    • Jacques Poly, Demain, le pouvoir des consommateurs
    • Patrick Ricard, Mes cultures, sinon rien !
    • Philippe Lazar, Technologie du vivant et santé de l'homme
    • Jacques Martin, DGA Mérieux, Il faudrait un MITI européen
    • François Blamont, PDG de Sopha-Développement, Exportation et coopération
    • Michel Carpentier, DG TIC à la Communauté européenne, Des projets pour un grand marché
    • Jean-Paul Figer, Informatique, Télécom, Bureautique : vers l'an 2000
    • Jean-Pierre Forestier, La révolution productique
    • Jean-Claude Goaer, Les robots industriels : le savoir-gagner
    • Jean Gandois, A l'aube des matériaux du XXe siècle
    • Jean-Marie Caro, Pas d'unité européenne sans défense commune
    • Pierre Aigrain, Harmonisons les programmes d'équipements militaires
    • Paul Graziani, Le 92 prépare 1992
    • Marcel Rudloff, Alsace, Bade-Wurtemberg et Bâle vers une région européenne modèle
    • Charles Béraudier, Rhône-Alpes : l'atout-recherche
    • Jacques Servier, Tout déclin trouve sa source dans une défaite de la culture
    • Claude Potelle, La nouvelle stratégie des entreprises industrielles
    • Henri Augier, Et l'emploi ?
    • François Ceyrac, Une société de responsabilité
    • Étienne Davignon, Pour une logique « entrepreneuriale »
    • Claude Barbier, 'DG de Jones Lang-Wooton, « Le rêve européen », une réalité pour les entreprises
    • Laurent Grégoire, président exécutif de la Fédération, Une solidarité de fait
    • Joël Broquet, secrétaire général de la Fédération, Les bons dossiers

ObjetModifier

Le mouvement fédéraliste « La Fédération » s'inspire des idées proudhoniennes en appliquant le principe fédéraliste à l’organisation de la société. C'est un catalyseur d’initiatives œuvrant pour la décentralisation, l’unification européenne et le développement des corps intermédiaires dans la société.

Le mouvement fédéraliste cherche à promouvoir le principe de subsidiarité qui devrait s’appliquer ainsi tant de façon verticale (la commune, le « pays », la région, la nation, l’Europe) que de façon horizontale (répartition des fonctions entre les corps intermédiaires de la société : institutions politiques, entreprises, syndicats, familles, associations, Églises, etc.).

Le principe de subsidiarité au sens européen est ainsi défini dans le Traité sur l'Union européenne, aussi appelé « Traité de Maastricht » : « La Communauté agit dans les limites des compétences qui lui sont conférées et des objectifs qui lui sont assignés par le présent traité. Dans les domaines qui ne relèvent pas de sa compétence exclusive, la Communauté n'intervient, conformément au principe de subsidiarité, que si et dans la mesure où les objectifs de l'action envisagée ne peuvent pas être réalisés de manière suffisante par les États membres et peuvent donc, en raison des dimensions ou des effets de l'action envisagée, être mieux réalisés au niveau communautaire. L'action de la Communauté n'excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs du présent traité. »[10].

Tendance politiqueModifier

Ce mouvement dépasse les clivages politiques. En effet, au sein du comité directeur, siègent ou ont siégé par exemple Jean-Marie Daillet, Nicole Fontaine, François Mitterrand (jusqu'en 1956)[7], Jacques Chaban-Delmas, Antoine Pinay, Roger Duchet, René Coty, Raymond Marcellin, Jean Lecanuet, Maurice Schumann (président de La Fédération en région Nord)[11]...

Le mouvement fédéraliste « La Fédération » est le seul mouvement qui adhère[12] à la fois au Mouvement européen et à l'Union paneuropéenne internationale.

ActionsModifier

Le mouvement fédéraliste « La Fédération » mène une action discrète depuis 60 ans dans de nombreux secteurs ; par exemple : la création des premiers jumelages européens[13], la publication de l’ouvrage Paris et le désert français de Jean-François Gravier, l’essor des mouvements d’élus locaux (André Voisin fonde en 1952 le « Mouvement national des élus locaux »), l’émergence de la notion de « pays », etc.

« La Fédération » est à l'initiative en 1950 de la création des Jeunes chambres économiques. La première jeune chambre, celle de Paris, a été créée dans les locaux même de La Fédération, avant qu'Yvon Chotard ne la développe[14].

De même, en 1950, « La Fédération » avait pris l'initiative d'organiser à Versailles les 24 et , quelques mois avant la fondation à Genève du Conseil des Communes d'Europe, « Les états-généraux des communes et départements de France »[15].

Ce mouvement est peu connu du grand public, ne cherchant pas à se mettre en avant des médias et préférant rester un catalyseur d'idées.

Ces dernières années, « La Fédération » a notamment été un membre actif du Comité d’action pour l’Union européenne, issu du cercle Chateaubriand qu’elle avait fondé. Elle participe actuellement aux activités du Carrefour des acteurs sociaux et au développement du « Partenariat Eurafricain »[12].

La Fédération a coorganisé le un colloque scientifique pour le 210e anniversaire de la Fête de la Fédération ()[16],[17] et organise des conférences-débats[18].

BibliographieModifier

  • Antonin Cohen, De la révolution nationale à l’Europe fédérale. Les métamorphoses de la troisième voie aux origines du mouvement fédéraliste français : La Fédération (1943-1948), in Le mouvement social, p. 53-72, octobre-, éditions La découverte (Lire en ligne)
  • Véronika Heyde, Le mouvement fédéraliste français « La Fédération », 1944-1960, Revue d’histoire diplomatique, 2003, no 2, p. 133-170.
  • Ibid., De Vichy à la Communauté européenne, Presses Universitaires de France, 2016
  • Romain Pasquier, L’invention de la régionalisation « à la française » (1950-1964), Journée d’études AFSP/Groupe Local et politique, IEP de Rennes/CRAP — , [lire en ligne]
  • Antoine Vion, Les jumelages ou la commune libre : invention d'une tradition et mobilisations pour un droit (1951-1956), Journée d’études AFSP/Groupe Local et politique, IEP de Rennes/CRAP — , [lire en ligne]

RéférencesModifier

  1. « L’invention de la régionalisation « à la française » (1950-1964) », sur Journée d’études AFSP/Groupe Local et politique, IEP de Rennes/CRAP, (consulté le 28 février 2013)
  2. Né en 1906, petit-fils de René Bazin, secrétaire général de l'Union départementale des associations familiales de la Seine, Journal officiel, 11 octobre 1945
  3. auteur en 1956 de l'essai PRINCIPES ET MÉTHODES DU FÉDÉRALISME, [lire en ligne]
  4. Antonin Cohen, De la révolution nationale à l’Europe fédérale. Les métamorphoses de la troisième voie aux origines du mouvement fédéraliste français : La Fédération (1943-1948), op. cit.
  5. La Loi, 5 mai 1951
  6. https://entreprise.data.gouv.fr/etablissement/751P00006595.
  7. a et b Toutes éditions du QUID, chapitre « Institutions françaises »
  8. « Laurent Grégoire, Fondateur du PEJ-France reçoit les insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur », sur site du Parlement européen des jeunes, (consulté le 28 février 2013).
  9. QUID, édition 2007, p. 1205b
  10. « TRAITÉ SUR L'UNION EUROPÉENNE », sur eur-lex.europa.eu, (consulté le 28 février 2013).
  11. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées HIST
  12. a et b « Associations nationales membres », sur site du Mouvement européen, (consulté le 28 février 2013).
  13. « Les jumelages ou la commune libre : invention d'une tradition et mobilisations pour un droit (1951-1956) », sur Journée d’études AFSP/Groupe Local et politique, IEP de Rennes/CRAP, (consulté le 28 février 2013).
  14. Michel Meyer, « La JCE de Strasbourg - Histoire », sur site de la Jeune chambre économique de Strasbourg (consulté le 28 février 2013).
  15. « Discours de Lucien Sergent, membre fondateur du CCRE », sur site du Conseil des communes et régions d'Europe), (consulté le 28 février 2013).
  16. « Commémorer la fête de La Fédération et contribuer au débat sur l’identité nationale », sur site de l'hebdomadaire France catholique, (consulté le 23 février 2013).
  17. Actes du colloque du 25 juin 2010, 117 pages, [lire en ligne].
  18. 7 avril 2013 : Un reférendum qui interpelle les Français de l’Intérieur et les diasporas issues de l’immigration, rencontre du 21 février 2013 à Strasbourg, [lire en ligne].