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Moulin de Poyaller
Moulin Poyaller 2.JPG
Moulin de Poyaller en rotation ; sortie de l'eau sous la voûte arrière
Présentation
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Le moulin de Poyaller ou moulin de Poyaler est un moulin à eau et parc animalier ouvert au public. Il se situe sur la commune de Saint-Aubin, dans le département français des Landes et tient son nom du hameau voisin de Poyaler, autrefois paroisse principale de Saint-Aubin.

PrésentationModifier

Le moulin se situe en Chalosse, pays vallonné du département des Landes, au sud de l'Adour, près de Mugron.

Il devient en 1994 un site touristique associant un moulin à eau en fonctionnement et un parc animalier, présentant quelques espèces comme des cerfs élaphes, des wallabies de Bennett, des alpagas, des chevaux miniatures etc.

OrigineModifier

Les pierres de taille de la base du moulin sont les mêmes que celles de la tour de Poyaler située à 500 m à vol d'oiseau. L'origine du moulin remonte donc probablement, comme celle de la Tour, au XIIIe siècle.

Le Moulin à EauModifier

HistoriqueModifier

Le moulin de Poyaller a été construit par les seigneurs de l'ancienne maison de Saint-Aubin de Poyaler, au pied du donjon édifié au XIIIe siècle, probablement par Arnaud, dernier seigneur de cette maison, ou par Arnaud de Cauna qui avait épousé la dernière héritière, Agnette de Poyaler. La date exacte de la construction du moulin n’a pu être déterminée. Passé donc par mariage aux barons de Cauna, qui prient le titre de seigneurs de Poyaler dès la fin du XIIIe siècle et jusqu'au milieu du XVIe, il fut à nouveau transmis par mariage en 1559 de Jeanne de Cauna, fille aînée du baron Etienne de Cauna, à Bertrand-Jean-Antoine de Bassillon, dont la fille, Tabitha de Bassillon, le porta dans la maison de Montaut-Bénac-Navailles, également par mariage, en 1578, avec Bernard de Montaut. À cette époque, les époux vivaient au château accolé à la tour et c'est de leur présence que vient sans doute la légende de Bos de Bénac. Les biens de Judith de Montaut-Bénac-Navailles, héritière, furent mis en criée en 1694 par les Bénédictins de Saint-Sever et échurent à ses proches parents, les Gontaut-Biron de Saint-Blancard qui les conservèrent jusqu'à la Révolution. Le moulin, qui existait déjà depuis plusieurs centaines d’années, était équipé, lors de l'inventaire de 1654, de 3 paires de meules et de 3 roues horizontales. Il resta en activité jusqu’en 1952 pour la farine de blé de maïs et l’alimentation des animaux (orge, maïs).

À cette époque, le monde rural connaît des changements sans précédent. A Poyaller, le meunier est obligé de moderniser le moulin. Il remplace 2 des 3 meules par des broyeurs à cylindres, toujours actionnés par l'eau. Il installe une minoterie, comprenant :

  • des élévateurs à godets
  • des tamis ou plansichter
  • des transmissions et des courroies reliant toutes ces machines
  • des poulies directement actionnées par l'eau, carburant naturel

L'allergie à la farine, mais aussi la concurrence avec les grandes minoteries modernes, obligent le dernier meunier, Jeannot Ducos à se reconvertir.

L'activité meunière est définitivement arrêtée en 1967.

En 1994, les propriétaires actuels remettent le moulin en fonctionnement et en font un lieu de visite, montrant aux nouvelles générations comment les anciens produisaient la farine avec comme seule source d'énergie, l'eau de la rivière.

FonctionnementModifier

 
Schéma du moulin à roue verticale
 
Mécanisme du moulin

Comme tous les moulins à eau, le moulin de Poyaller est construit à proximité d'une rivière et l'eau est amenée sur la roue par un canal ou bief d'amenée (déviation de la rivière). Un barrage ou déversoir permet de maintenir une réserve d'eau suffisante dans le canal ; l'eau de débordement ou trop-plein rejoignant le cours normal de la rivière.

À l'arrière du moulin, l'eau regagne le cours d'eau d'origine en empruntant un autre bief, appelé canal de fuite. La rivière qui apporte l'eau au Moulin de Poyaller est la Gouaougue, sous-affluent de l'Adour.

L'originalité tient au fait que la roue d'entraînement est horizontale ; l'axe vertical transmet directement le mouvement de la roue à la meule. Ce type d'entraînement horizontal est d'ailleurs à l'origine des moulins ; les moulins à roue verticale sont apparus bien plus tard avec la découverte de l'engrenage.

L'utilisation d'une roue horizontale s'explique aussi en Aquitaine par :

  • la faiblesse des pentes, générant des chutes d'eau à entraînement plus faible
  • les petits débits des rivières
  • le grand nombre de moulins à eau répondant à de petits besoins locaux

Le schéma exposé ci-après détaille le mode d'entraînement et les différents éléments intervenant dans le moulin à eau.

Le parc animalierModifier

Parmi les espèces présentées, le cerf blanc demeure l'élément dominant, par sa rareté et par le nombre de cerfs et biches blancs que l'on peut voir au Moulin de Poyaller. Le premier cerf blanc est arrivé du parc de Dyrehaven au Danemark, en 2002. Depuis, le groupe de cerfs et biches a atteint la trentaine de spécimens blancs, résultant de croisements du premier cerf blanc avec des biches brunes, puis de croisements entre cerfs blancs et biches blanches, frères et sœurs par l'un des 2 parents.

Des wallabies de Bennett sont également présents, avec, parmi eux, des spécimens albinos, donc blancs.

Le cerf sika, originaire du Japon, est une autre espèce de cervidés parmi les plus petites.

L'alpaga et le cheval miniature, type falabella, sont venus enrichir le groupe en 2009.

BibliographieModifier

  • Jacques de Cauna, La tour de Poyaler et la baronnie de Mugron. De la légende à l'histoire, Bulletin de la Société de Borda, n° 440, 4e trim. 1995. Jacques de Cauna fait état de l'inventaire de 1778 qu'il a retrouvé aux Archives Nationales dans les papiers séquestrés de la maison de Gontaut-Biron (référence ci-dessous). Il y est fait état, dans un procès verbal de visite, p. 29, du Moulin de Poyaler, de 15 pieds et demi sur 30 et demi, sur la Gouaougue, bâti depuis plusieurs siècles en maçonnerie : moulin à 3 meules avec sa porte au levant ; au midi, un autre bâtiment de 14 pieds et demi sur 30 et demi qui sert de logement au meunier, ayant le même toit que le moulin, une cuisine, une écurie, un grenier et un pont en bois.. On trouve dans cet inventaire un état précis des biens de la Baronnie de Mugron et Poyaller sous l'ancien régime. Louis Antoine de Gontaut-Biron, y est porté comme Seigneur Baron de Mugron, Poyaller, Saint-Aubin (Landes), Sega, Lourquen..., etc.
  • Archives Nationales, section Ancienne, Série T479/29, papiers Gontaut-Biron.

Voir aussiModifier

Liens externesModifier