Slimane ben Mohammed

sultan du Maroc de 1792 à 1822
(Redirigé depuis Moulay Slimane)

Moulay Slimane
مولاي سليمان
Titre
Sultan du Maroc
Prédécesseur Moulay Yazid
Successeur Moulay Abderrahmane
Biographie
Dynastie alaouite
Nom de naissance Slimane ben Mohammed Alaoui[réf. nécessaire]
Date de naissance
Date de décès (à 56 ans)
Père Mohammed III
Fratrie Moulay Yazid
Profession Souverain
Religion Islam Sunnite
Monarques du Maroc

Slimane ben Mohammed ou Moulay Slimane (en arabe : مولاي سليمان), né le et mort à Fès, est un sultan du Maroc. Il a régné du 23 février 1792 à sa mort[1].

BiographieModifier

Moulay Slimane était un des cinq fils du sultan Mohammed ben Abdallah qui se battit pour le contrôle du royaume. Il sortit victorieux de la guerre civile qui l'opposa à ses frères en 1795. Il appartenait à la dynastie alaouite.

Son règne est difficile et chaotique en raison des antagonismes entre tribus qu'il ne parvient pas à apaiser, teinté d'un fort clivage arabo-berbère, comme le démontre les 2 grandes révoltes qui ont marqué son règne. À Marrakech, il refait construire la mosquée Ali Ben Youssef, sans laisser la moindre trace ou vestige de l'ancienne mosquée almoravide du même nom qui datait du début du XIIe siècle.

Moulay Slimane continua le travail de centralisation et d'expansion du royaume entrepris par son père, et fait marquant, il mit fin aux actes de piraterie qui avaient lieu le long des côtes du Maroc. En raison du conflit qui opposait, depuis longtemps déjà le Maroc à l'Espagne et au Portugal, Moulay Slimane cessa tout commerce avec l'Europe. Cependant, il continua le rapprochement diplomatique que son père avait entamé avec les États-Unis.

Son règne est marqué par deux révoltes d'importance, celle de 1811, où un clivage arabo-berbère est très visible. Cette année là, les troupes Makhzen affronte une coalition de berbères du Moyen-Atlas menée par la tribu des Aït Oumalou[2].

En 1818, il doit faire face à une révolte pan-confrérique, exaspérée par sa politique rigoriste et qui a l'originalité d'être transethnique, mêlant Arabes et Berbères. Cette coalition écrase les troupes du sultan à la bataille d'El Kbab, à la fin de laquelle il est fait prisonnier pendant 4 jours. Il est libéré peu après, alors que le conflit prend peu à peu une allure de guerre confessionnelle contre le Wahabbisme du sultan, conflit qui aboutit à la prise de Fès par les révoltés en 1820. Après deux ans de lutte il est à nouveau capturé et s'efface au profit de son neveu Moulay Abd al-Rahman Ben Hisham[2].

Lutte contre l'Islam confrériqueModifier

Un des deux axes de sa politique est la lutte contre l'Islam confrérique, d'inspiration soufie. Moulay Slimane est en effet un adepte du wahabbisme[3], une vision puritaine de l'Islam, née de la prédication de Muhammed Ibn al Wahabb, un théologien originaire du Nejd. Cette politique consiste essentiellement à freiner ou gêner autant que possible les pèlerinages sur les tombes des Saints. Il déclare à ce sujet en 1815 : « La voie droite n'implique pas de nombreuses bannières, des réunions nocturnes où se coudoient femmes et enfants, la déformation des règles de droit divin par les innovations, les nouveautés, la danse rythmée des battements de mains ainsi que d'autres pratiques toutes entachées de vices et de bassesse[3]. » Cette attitude intransigeante contribue à mobiliser les forces politiques qui lui sont hostiles et catalysent la révolte de 1818, menée par trois grands leaders soufis (Bu Bakr Amhawsh, Moulay Larbi et Sidi al-Hâjj Larbi).

Rapport avec les EuropéensModifier

Un autre axe de sa politique est de limiter autant que possible les échanges commerciaux avec l'Occident allant même jusqu'à déclarer que « le plus beau jour de sa vie sera celui où l'argent des douanes ne lui rapportera plus rien ». Le contexte de son début de règne, marqué par le Blocus continental opéré par Napoléon et la politique d'encerclement maritime de la Grande-Bretagne, favorise cette tendance[3].

Ce dernier considère en effet que le commerce avec les infidèles (les Européens) contribue à une perte de force vive et constitue une source de corruption. En accord avec le point de vue des Oulémas, il interdit dès 1814 l'exportation de céréales, de viandes, d'huiles et de peaux[4]. En 1815, il relève les barrières tarifaires de l'Empire chérifien à 50% ad valorem[4]. Cette politique a pour effet d'assécher les échanges marchands avec l'Europe, politique dont son successeur prendra l'exact contrepied en recherchant à stimuler autant que possible les échanges avec les Européens.

Notes et référencesModifier

  1. « La douane marocaine à travers l'histoire », sur www.douane.gov.ma (consulté le 8 mai 2020)
  2. a et b Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Paris, Fayard, , 452 p. (ISBN 978-2-213-63847-8), p. 261
  3. a b et c Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Paris, Fayard, , 452 p. (ISBN 978-2-213-63847-8), p. 260
  4. a et b Daniel Rivet, Histoire du Maroc, Paris, Fayard, , 452 p. (ISBN 978-2-213-63847-8), p. 268

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

Liens externesModifier