Mossi (peuple)

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Mossis
Mosse
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Chef traditionnel Mossi (Burkina Faso)

Populations significatives par région
Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso 9 310 000
Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire 1 455 000
Drapeau du Ghana Ghana 484 000
Drapeau du Togo Togo 40 000
Drapeau du Sénégal Sénégal 45 000
Drapeau du Mali Mali 46 000
Drapeau du Niger Niger 216 000
Drapeau du Bénin Bénin 39 000
Population totale 11 716 900[1]
Autres
Langues Mooré
Religions Islam (65%)[réf. nécessaire]
Christianisme (15%)[réf. nécessaire]
(Catholicisme et Protestantisme)

Religions traditionnelles[2] (20%)[réf. nécessaire]

Les Mossis (ou Mosse au pluriel et Moaga au singulier) sont un peuple d'Afrique de l'Ouest établi au centre du Burkina Faso et nord du Ghana, du Togo et de la Côte d'ivoire. Au Burkina Faso dans les villages des bassins des rivières Nazinon et Nakambé.

Les Mossis sont l'ethnie majoritaire du Burkina Faso, constituant plus de 52 % de la population, soient plus ou moins de 9 à 10 millions de personnes. Le reste de la population est composé de plus d'une soixantaine d'ethnies, principalement les Gourounsis, les Sénoufos, les Lobis, les Bobos et les Peuls. Les Mossi parlent le Mooré[3].

EthnonymieModifier

Selon les sources et le contexte, on observe de multiples variantes : Moaaga, Moaga, Moossi, Mossi, Mooré, Moré, Moosse, Mosse[4].

La dénomination Mossi a été imposée et utilisée depuis la période coloniale, mais l'ethnonyme exact utilisé par la population est Moaga au singulier et Mosse au pluriel.

LangueModifier

Leur langue est le Mooré, une langue Gur dont le nombre total de locuteurs a été estimé à plus de 17 millions, principalement au Burkina Faso où le Mooré a le statut de langue nationale[5]. Mais aussi dans les pays limitrophes tels que le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Mali, le Bénin et le Togo. Mais aussi au Sénégal.

HistoireModifier

OriginesModifier

L'histoire des sociétés et des royaumes Mossi est connue par de nombreuses études sur les traditions orales (Leo Frobenius, Michel Izard, Junzo Kawada). La chronologie des formations sociales et politiques Mossis est donc le produit de recoupement de récits et de chroniques dynastiques. La mythologie et l'histoire permettent d'avancer une origine ghanéenne.

RoyaumesModifier

Les Mossis constituèrent au XVe siècle et plus certainement au XVIe siècle, des royaumes dont les deux principaux étaient ceux du Yatenga, dont la capitale était Ouahigouya, et du Ouagadougou. Ces royaumes dominèrent l'intérieur de la boucle du Niger et leur histoire se fonde sur les relations qu'ils entretenaient, à diverses périodes, avec l'Empire du Ghana, l'Empire du Mali, l'Empire songhaï, le Royaume bambara de Ségou et l'Empire peul du Maasina.

 
Cavaliers Mossis (gravure de 1890).

Période coloniale française (1897-1960)Modifier

La conquête coloniale française du pays Mossi a été réalisée par Paul Voulet en 1897[6].

Si les Mossi sont restés longtemps réfractaires à la religion musulmane, longtemps représentée dans les cours royales et les grandes chefferies par la catégories des commerçants dits Yarcé (terme équivalent au terme Dioula pour désigner les commerçants Mandingues), ils se sont massivement convertis à l'islam durant la période coloniale française. Durant cette même période coloniale, les Mossis ont fourni une main d'œuvre importante au grands travaux d'aménagement routiers et au développement des plantations au Mali, en Côte d'Ivoire et au Ghana. Si, de nos jours, une forte communauté Mossi réside en Côte d'Ivoire, depuis la crise ivoirienne qui a commencé en 2001, beaucoup d'entre eux sont revenus s'installer au Burkina Faso.



Liste des Moogho NaabaModifier

1 Ouédraogo fils de Rialé et de Yennenga vers 1132 Fondateur

2 Zoungrana fils de Naba Ouédraogo 1132-1182 50 ans

3 Oubri fils de Naba Zoungrana 1182-1244 62 ans

4 Naskiemdé fils d'Oubri 1244-1286 42 ans

5 Nasbiré fils d'Oubri 1286-1307 21 ans

6 Soarba fils d'Oubri 1307-1323 16 ans

7 Gninemdo fils d'Oubri 1323-1337 14 ans

8 Koudoumié fils d'Oubri 1338-1358 21 ans

9 Kouda fils de Naba Koudoumié 1358-1401 43 ans

10 Dawegma fils de Naba Kouda 1401-1409 8 ans

11 Zoetre Bousma fils de Naba Kouda 1409-1441 32 ans

12 Niandfo fils de Naba Zoetre Bousma 1441-1511 70 ans

13 Nakiem (dit Nakiembzanga) fils de Naba Niandfo 1511-1541 30 ans

14 Namegué fils de Naba Nakiem 1541-1542 1 ans

15 Kiba fils de Naba Namegué 1542-1561 19 ans

16 Kimba fils de Naba Kiba 1561-1582 21 ans

17 Coabga fils de Naba Kimba 1582-1599 17 ans

18 Guirba fils de Naba Coabga 1599-1605 6 ans

19 Zanna fils de Naba Guirga 1605-1633 28 ans

20 Ouri fils de Naba Zanna 1633-1659 26 ans

21 Motiba (usurpateur) 1659-1666 7 ans

22 Warga fils de Naba Ouri 1666-1681 15 ans

23 Zombré fils de Naba Warga 1681-1744 63 ans

24 Kom Ier fils de Naba Zombré 1744-1762 18 ans

25 Sagha Ier fils de Naba Kom Ier 1762-1783 21 ans

26 Doulougou fils de Naba Sagha Ier 1783-1802 19 ans

27 Sawadogo fils de Naba Doulougou 1802-1834 32 ans

28 Karfo fils de Naba Doulougou 1834-1842 8 ans

29 Baongo Ier fils de Naba Doulougou 1842-1850 8 ans

30 Koutou fils de Naba Baongo Ier 1850-1871 21 ans

31 Sanem fils de Naba Koutou 1871-1889 18 ans

32 Wobgho fils de Naba Koutou 1889-1897 8 ans

33 Siguiri fils de Naba Koutou 1897-1905 8 ans

34 Kom II fils de Naba Sigiri 1905-1942 37 ans

35 Sagha II fils de Naba Kom II 1942-1957 15 ans

36 Kougri fils de Naba Sagha II 1957-1982 25 ans

37 Baongo II fils de Naba Kougri et de Koudpoko 1982 - Actuel mogho naaba.

Aujourd'huiModifier

CultureModifier

 
La troupe de danse de Andemtenga lors de la cérémonie Nakoobo du Naaba Zomb Wobgo à Andemtenga, province Kouritenga, Burkina Faso.
 
Masque mossi (milieu du XXe siècle).

Les anciens rois Mossi sont enterrés à Gourcy (à 40 km de Ouahigouya). Aujourd'hui encore, lorsqu'un roi Mossi est couronné, il doit le faire à Gourcy.

Société et politiqueModifier

Le souverain du royaume Mossi de Ouagadougou est le Moogho Naaba, qui réside toujours dans son palais de Ouagadougou, Panghin, et bénéficie d'une certaine reconnaissance officielle par l'État moderne du Burkina Faso. La cérémonie publique hebdomadaire du Mooghnaabyiusgu (dite « faux-départ » du roi de Ouagadougou) témoigne de la valeur patrimoniale de cette royauté dans le contexte burkinabé contemporain. Dans les villages, la structure politique traditionnelle Mossi est encore très présente. Dans la vie quotidienne, les chefs traditionnels (les Naaba) jouent un rôle important d'administration et de justice au sein de leurs communautés.

Notes et référencesModifier

  1. « Les Mossi » (consulté le 17 avril 2020).
  2. Ou parfois musulmans ou chrétiens avec des emprunts des religions traditionnelles.
  3. http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/jafr_0037-9166_1966_num_36_1_1406
  4. Source RAMEAU, BnF [1]
  5. (en) Fiche langue[mos]dans la base de données linguistique Ethnologue.
  6. Paul Voulet et Julien Chanoine, Dans la boucle du Niger au mossi et au gourounsi : la jonction du Soudan au Dahomey, Société de géographie de Lille, 1897, 33 p.

BibliographieModifier

Littérature oraleModifier

  • Doris Bonnet (et Moussa Ouedraogo, Désiré Bonogo), Proverbes et contes mossi, Paris, Conseil International de la Langue Française, 1982, 150 p.
  • Alain Sissao, Contes du pays des Moose, Karthala, 2002, 192 p.

ÉtudesModifier

  • Michel Benoît, Oiseaux de mil : les Mossi du Bwamu (Haute-Volta), ORSTOM, 1982, 116 p. (ISBN 9782709906265)
  • Benoit Beucher, Manger le pouvoir au Burkina Faso. La noblesse mossi à l'épreuve de l'Histoire, Karthala, 2017, 348 p. (ISBN 978-2-8111-1693-4)
  • Louis-Gustave Binger, Du Niger au golfe de Guinée par le pays de Kong et le Mossi, 1887-1889, Hachette, Paris, 1892 [lire en ligne]
  • Doris Bonnet, Le proverbe chez les Mossi du Yatenga, Haute-Volta, Peeters Publishers, 1982, 192 p. (ISBN 9782852971387)
  • Raymond Deniel, De la savane à la ville : essai sur la migration des Mossi vers Abidjan et sa région, Aubier-Montaigne, 1968, 224 p.
  • A. A. Dim Delobsom, L'empire du mogho-naba: coutumes des Mossi de la Haute-Volta, Les éditions Domat-Montchrestien, 1932, 303 p.
  • Pierre Ilboudo, Croyances et pratiques religieuses traditionnelles des Mossi, Stuttgart, Franz Steiner, 1990, 156 p. (ISBN 9783515056977)
  • Michel Izard, « Bibliographie générale des Mossi », Études voltaïques, nouvelle série, n° 3, 1962, p. 103-111
  • Junzō Kawada, Genèse et dynamique de la royauté : les Mosi méridionaux, Burkina Faso, L'Harmattan, 2002, 396 p. (ISBN 9782747535625)
  • Jean-Paul Lahuec et Jean-Yves Marchal, La mobilité du peuplement bissa et mossi, ORSTOM, 1979, 149 p.
  • Lucien Marc, Le pays Mossi, É. Larose, 1909, 187 p., lire en ligne.
  • Robert Pageard, Le droit privé des Mossi : traditions et évolution, CNRS, 1969, 488 p.
  • Elliot Percival Skinner, Les Mossi de la Haute-Volta, Nouveaux Horizons, 1972, 452 p. [1ère édition, The Mossi of Upper Volta, Stanford University Press, 1964]
  • Yamba Tiendrebéogo et Robert Pageard, Histoire et coutumes royales des Mossi de Ouagadougou, Larhallé Naba, 1964, 208 p.
  • Bernard Zongo, Parlons Mooré, L'Harmattan, 2004, 216 p. (ISBN 2747568024)

DiscographieModifier

  • Burkina Faso : Bisa, Gan, Lobi, Mossi (enregistrements réunis et commentés par Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Collection Prophet, vol. 9, 1999, 1 CD (47 min 13 s) + 1 brochure (15 p.)
  • Mossi du Burkina Faso : musiques de cour et de village (enregistrements réunis et commentés par Charles Duvelle), Universal Division Mercury, Collection Prophet, vol. 27, 2002, 1 CD (56 min 7 s) + 1 brochure (15 p.)

FilmographieModifier

  • Mossi, Burkina Faso, film documentaire de Gilbert Loreaux, IRD Audiovisuel, Bondy, 2007, 26 min
  • Moro Naba, film documentaire de Jean Rouch, CNRS, 1957, 26 min

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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