Ouvrir le menu principal

Wikipédia β

Montgenèvre

commune française du département des Hautes-Alpes

Montgenèvre (en italien : Monginevro) est une commune française située entre la vallée de la Clarée et le val de Suse, dans le département des Hautes-Alpes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. La station, ayant fêté son centenaire au cours de l'hiver 2007, est la doyenne des stations de ski françaises.

Montgenèvre
Le village (2003)
Le village (2003)
Blason de Montgenèvre
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Hautes-Alpes
Arrondissement Briançon
Canton Briançon-2
Intercommunalité Communauté de communes du Briançonnais
Maire
Mandat
Guy Hermitte
2014-2020
Code postal 05100
Code commune 05085
Démographie
Gentilé Montgenèvrois
Population
municipale
536 hab. (2014)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 55′ 54″ nord, 6° 43′ 19″ est
Altitude Min. 1 400 m – Max. 3 131 m
Superficie 40,07 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

Voir sur la carte administrative des Hautes-Alpes
City locator 14.svg
Montgenèvre

Géolocalisation sur la carte : Hautes-Alpes

Voir sur la carte topographique des Hautes-Alpes
City locator 14.svg
Montgenèvre

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte administrative de France
City locator 14.svg
Montgenèvre

Géolocalisation sur la carte : France

Voir la carte topographique de France
City locator 14.svg
Montgenèvre
Liens
Site web montgenevre.com
Montgenèvre
Vue aérienne de la station.
Montgenèvre en hiver (2014)
Image illustrative de l'article Montgenèvre
Administration
Pays Drapeau de la France France
Localité Montgenèvre
Site web www.montgenevre.com
Géographie
Coordonnées 44° 55′ 54″ nord, 6° 43′ 19″ est
Massif
Altitude 1860 m
Altitude maximum 2650 m (Le Chalvet)
Altitude minimum 1860 m
Ski alpin
Domaine skiable La voie lactée
Remontées
Nombre de remontées 23
Télécabines 1

+ 2 téléportés avec sièges et cabines

Télésièges 10 (dont un débrayable)
Téléskis 9 + 1 tapis roulant
Débit 32 000 (personnes/heure)
Pistes
Nombre de pistes 49
     Noires 10
     Rouges 17
     Bleues 13
     Vertes 9
Total des pistes 90 km
Installations
Nouvelles glisses
4
Ski de fond
Nombre de pistes 26
     Noires 3
     Rouges 15
     Bleues 4
     Vertes 4
Total des pistes 77 km

Sommaire

GéographieModifier

Montgenèvre est située à proximité de la frontière franco-italienne à 1 860 mètres d'altitude. La Durance y prend sa source sur les pentes du sommet des Anges. Le bourg est traversé par la Doire ripaire affluent du , qui prend sa source au sud de la commune, près de celle de la Durance.

Le village des Alberts, situé au pied du col en direction de Briançon, fait également partie de la commune (Montgenèvre 1400).

Intégré au domaine franco-italien de la Voie Lactée comprenant Clavière, San Sicario, Césane, Sestrières et Sauze d'Oulx (plus 400 km de pistes et 70 remontées-mécaniques), le seul domaine skiable de Montgenèvre comporte environ 90 km de pistes et 23 remontées mécaniques. La station propose aussi la plus longue piste de luge sur rail de France, la luge Monty Express, longue de plus de 1400 mètres.

ToponymieModifier

Soit latine, Mons Juniper (Mont Genévrier), soit celto-ligure, Genev (débouché, passage).

HistoireModifier

 
Montgenèvre au XIXe siècle, lithographie de Victor Cassien (1808 - 1893).
 
Poteau frontière au col du Montgenèvre, carte postale ancienne.

Quelques dates :

  • Selon certains, Montgenèvre et le col de Montgenèvre auraient été traversés par les troupes d'Hannibal durant son passage des Alpes en suivant la future voie des Alpes[1].
  • 58 av. J.-C. : Jules César passe le Montgenèvre pour se rendre en Gaule.
  • 1155 : Le pays est rattaché au Dauphiné.
  • 1343 : Le dauphin Humbert II octroie une charte aux habitants des vallées alentour qui forment ainsi les Escartons, regroupement de communautés villageoises pour se répartir les contributions.
  • 1706 : Le village est incendié par les troupes du duc de Savoie
  •  : Inauguration de l’obélisque en pierre de taille par Napoléon Bonaparte, « consul à vie ».
  • 1907 : 1er concours international de ski.
  • 1940-1943 : Entrée en guerre de l'Italie et occupation du col.
  • 1944-1945 : Occupation allemande. En août 1944, les Allemands ordonnent le déplacement de la population à Bousson, près de Clavière en Italie.

Des fortificationsModifier

Montgenèvre est ceinte de fortifications élevées. Par sa position géographique à la frontière italienne, Montgenèvre a été le témoin des conflits passés. Ainsi, pour la défense et le contrôle du passage, différentes fortifications ont été construites dans les environs.

  • La plus remarquable d’entre elles est au fort du Chaberton, également nommé fort des Nuages.
    Culminant à 3 131 mètres d’altitude, il fut construit par les Italiens entre 1900 et 1914. L'Italie était alors alliée à l'Allemagne et l'Autriche au sein de la Triple Alliance. C'était alors le fort le plus haut d’Europe et ses batteries étaient tournées vers le versant français. Pour ce faire, le sommet dut être miné pour l’araser et ainsi abaisser sa hauteur de 6 mètres. Il ne fallut pas moins de 300 ouvriers civils et sapeurs mineurs pour réaliser cette prouesse technique et humaine, constituée de huit tourelles. Celles-ci formaient la partie visible de l’édifice dont l’ensemble était principalement souterrain.
    Le 10 juin 1940, Mussolini déclara la guerre à la France. Le 21 juin, les Français situés dans les forts alentour bombardèrent le Chaberton et ses 320 hommes qui pourtant les dominaient nettement. Il fallut seulement 57 obus de mortier pour détruire la majorité des batteries italiennes. Rattaché à la France en 1947 (traité de Paris), le fort est définitivement désarmé en 1957. Aujourd’hui, il est un but de randonnée où il est encore possible d’observer quelques vestiges.
  • Le fort du Gondran, construit à partir du XIXe siècle, est un ensemble de batteries et de blockhaus voués à défendre les hauteurs de Briançon depuis le sommet des Anges.
  • Le fort du Janus fut bâti entre 1886 et 1903, sur le sommet du même nom. Un ouvrage souterrain long de 900 mètres qui prolonge la ligne Maginot, fut ajouté entre 1931 et 1937. Il appartient désormais à la commune de Montgenèvre.

La station de sports d'hiverModifier

En 1906, les responsables militaires de l'École du ski français de Briançon, ainsi que les amateurs du Club Alpin Français, se désolent de la faible diffusion du ski parmi la population locale. Elle se limite à la pratique de notables et surtout à quelques sportifs bourgeois. Pour susciter un véritable engouement populaire comme il en existe en Suisse, pays alpin qui multiplie les compétitions de ski dans une atmosphère festive, le Club alpin, soutenu par l'armée française, songe alors à organiser un concours de ski[2]. Le choix du col du Lautaret initialement prévu est abandonné faute d'hôtels suffisants à proximité. Le concours pour lequel un règlement est édicté prévoit une course de fond, une course de descente (en montée, plat et descente) et un saut[3]. Heureuse surprise, il attire trois mille inscriptions de diverses nationalités.

 
Montgenèvre en hiver (2004).

Un arc de triomphe de neige est réalisé et, du 11 au 13 février 1907, les oriflammes aux couleurs norvégiennes, italiennes, suisses, anglaises, autrichiennes et françaises pavoisent la station. Les skieurs impressionnent la foule curieuse et fascinée par des vitesses de 60 kilomètres par heure. Ils la frôlent parfois, elle frisonne d'étonnement et une multitude de comptes rendus et articles de presse élogieux, de photographies-cartes prises et diffusées sur le moment, de cartes postales ensuite, sont édités pour informer ou commémorer le concours, où les invités norvégiens, aguerris, raflent la mise lors de la course de fond, Durban Hansen remportant l'épreuve spectaculaire de saut avec un bond de 26 mètres.

Montgenèvre est officiellement promue station de ski internationale ce avec l’organisation de cette première compétition internationale par le Club alpin français, en présence de plus de 3 000 spectateurs, sans compter les principales délégations italienne, suisse, autrichienne, suédoise et norvégienne.

Aujourd'hui, Montgenèvre compte parmi les plus importantes stations de ski des Alpes du Sud[réf. nécessaire]. Doyenne des stations de ski françaises, Montgenèvre propose environ 90 km de piste de ski alpin, accessibles grâce à 23 remontées-mécaniques (ces chiffres concernent uniquement le domaine skiable appartenant au territoire Montgenèvrois). Le domaine de ski alpin s'étend entre 1860 m d'altitude (hauteur de la station village) et 2650 m (hauteur du Chalvet). Un projet d'agrandissement du domaine skiable existe, prévoyant de créer un nouvel "espace 3000" en créant des pistes depuis le Mont Chaberton, point culminant de la commune (3131 m). Montgenèvre a également diversifié ses offres "après ski", et propose de nombreuses activités : la commune dispose d'un centre balnéo-ludique avec piscine et spas, d'un cinéma, ou encore de la plus longue luge sur rail été/hiver de France. Des ballades en chiens de traineau ou en motoneige sont également proposées.

La station est en plus reliée au domaine franco-italien de la Via Lattea, qui figure parmi les plus grands domaines skiables internationaux du monde[réf. nécessaire]. La Via Lattea permet de skier sur plus de 400 km de pistes de ski alpin accessibles grâce à 70 remontées-mécaniques.

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1907 1911 Pierre Merle    
1912 1913 François Balcet    
1914 1928 Emile Merle    
1929 1945 François Auguste Merle    
1946 1951 Pierre-Georges Cazeaux    
1952 mai 1953 Jean-Marie Juvenal    
1954 1964 Roger Joisson    
mars 1965 1969 Paulin Balcet    
mars 1969 1981 Jean-Michel Hurth    
1981 mars 1983 Christian Taque    
mars 1983 juin 1995 Gilbert Pavesi    
juin 1995 1998 Jean-Pierre Casses    
mars 1998 mars 2001 Murielle Jourdain    
mars 2001 en cours Guy Hermitte[4]    

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[5]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[6],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 536 habitants, en augmentation de 4,89 % par rapport à 2009 (Hautes-Alpes : 2,89 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
386 351 385 348 383 426 410 456 388
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
409 401 394 367 350 324 340 341 309
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
293 268 251 192 166 172 350 109 222
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2012 2014
246 264 338 459 519 497 466 530 536
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2006[8].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

 
L'obélisque de Montgenèvre
Don de Napoléon Ier (2007)

Église Saint-MauriceModifier

Détruite lors de l’incendie provoqué par les troupes du duc de Savoie, puis reconstruite au XVIIIe siècle, elle est d'une architecture d’influence italienne. Le clocher est caractéristique avec son fanal, copie exacte de la lampe à huile suspendue à la potence d'origine, qui dirigeait les voyageurs égarés dans le brouillard ou la tempête de neige. La restauration de la dernière tranche des fresques datant du XIXe siècle est achevée en décembre 2005. L’église a été rénovée en 2006.

Église Saint-Antoine (hameau des Alberts)Modifier

L'église Saint-Antoine, au hameau des Alberts, a été construite en 1688, sur l'emplacement d'un édifice plus ancien. Son clocher à dôme arrondi et son chevet appartiennent à la construction édifiée au XVIIe siècle, mais sa façade fut renovée en 1891.

Son mobilier comprend un bénitier réalisé par Jean Rignon en 1665, et une tribune signée et datée : « C.R. 1765 ».

L'obélisque NapoléonModifier

Érigé au bout du village, qui fut à la limite de la France et de l'Italie jusqu'en 1947, pour célébrer la fin de la construction de la route de Montgenèvre, élevé à la gloire de Napoléon Bonaparte, l’obélisque fut inauguré le .

Chapelle Notre-Dame-des-Sept-DouleursModifier

Restaurée et repeinte en 1996, elle laisse apparaître une pierre gravée datant de 1780. La coquille Saint-Jacques peinte au-dessus de l’entrée rend hommage à saint Jacques pour son périple jusqu’à Compostelle (Montgenèvre se trouvant sur l’itinéraire de son pèlerinage). La croix de la chapelle a été restaurée en 2006.

D’autres chapelles ont récemment été restaurées :

  • la chapelle Sainte-Anne à l’entrée du village, côté Italie ;
  • la chapelle Saint-Roch, le long de l’ancienne voie romaine.

Les cadrans solairesModifier

De nombreux cadrans solaires peuvent être admirés à Val-des-Prés et aux Alberts, dont un du célèbre peintre piémontais Giovanni Francesco Zarbula du XIXe siècle (Le Serre).

Val-des-Prés accueille de nombreuses chapelles et églises qui sont, pour la plupart, restaurées ou en cours de restauration : l’église saint Claude de Val des près, classée en totalité Monument Historique, fait l'objet depuis 26 ans d'une restauration très poussée, l'église Saint-Antoine (les Alberts), l’église Notre-Dame-de-l’Annonciation (la Vachette), la chapelle dite « Prat » (la Vachette), la chapelle Sainte-Élisabeth (Rosier), la chapelle Notre-Dame-du-Rosier (Rosier), la chapelle Sainte-Luce (Pra Premier), la chapelle Saint-Jean-Baptiste (Pra Premier), la chapelle Saint-Hippolyte (la Draye)…

Personnalités liées à la communeModifier

Pour approfondirModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

RéférencesModifier

  1. Dictionnaire historique et géographique de l'Italie T2 page 541
  2. La devise du club alpin français, Pour la patrie, par la montagne, explique ce rapprochement d'intérêts. Il s'agit d'assurer la formation de skieurs combattants pour défendre le pays face à un éventuel assaut sur la neige.
  3. Le règlement de la manifestation itinérante, qui devient concours international de ski, reste inchangé jusqu'en 1931.
  4. « Liste des maires du département des Hautes-Alpes (mise à jour 15 mai 2014) », sur le site de la préfecture des Hautes-Alpes, (consulté le 14 mars 2015).
  5. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  6. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .