Monolithe

bloc de pierre de grande dimension, constitué d’un seul élément

Un monolithe (du grec μόνος / mónos, « un seul », et λίθος / líthos, « pierre[1] ») est un bloc de pierre massif, constitué d'un seul élément, naturel ou taillé. Il est parfois monumental, voire de très grande dimension. L'architecture monolithe (ou monolithique) est une construction réalisée dans un bloc unique constitué d'un seul matériau. Quand on a affaire à un relief résiduel non monobloc créé par l'érosion, on parle d'inselberg et non de monolithe.

Monolithes naturelsModifier

Un monolithe peut être naturel : le mont Augustus (souvent qualifié de plus grand monolithe du monde bien qu'il soit un monoclinal composé de plusieurs types de roches) et Uluru (en fait un inselberg), en Australie, le monolithe de Ben Amira en Mauritanie, ou le monolithe Zuma Rock au Nigeria. Certaines masses rocheuses peuvent être qualifiés de monolithe bien que constituées en réalité d'amas de roches agglomérées : c'est par exemple le cas en France du monolithe cargneulitique de Sardières (93 m de haut).


Monolithes taillés ou déplacés par l'hommeModifier

Un bloc de pierre taillée, par opposition à un assemblage de pierres, comme un linteau par exemple, est un monolithe taillé. Le linteau ayant été taillé dans un monolithe. Il n'est donc pas nécessairement de très grande taille.

Un monolithe peut aussi constituer un monument à lui seul (statue, pierre monolithique). On retrouve des pierres monolithiques sacrées dès la Préhistoire (menhirs) et dans de nombreuses civilisations, comme la civilisation maya (stèles représentant des souverains ou encore les « zoomorphes » originaux de Quiriguá) et Aztèques (le monolithe de Coatlicue qui représente la déesse de la mort, ou encore le monolithe décoré de Tizoc représentant les quinze victoires de ce souverain). Parmi les premiers édifices constitués de monolithes figurent les menhirs, les cromlechs, et les alignements mégalithiques, à partir du Ve millénaire av. J.‑C..

Un monolithe peut aussi constituer un élément architectural d'un édifice composé d'un seul élément (colonne, linteau, etc.). On considère un édifice en béton armé comme « monolithe » (par opposition à un mur en briques ou en blocs de béton).


Les plus grands monolithes d'origine anthropiqueModifier

 
Transport du piédestal de granite monolithe du Cavalier de bronze vers Saint-Pétersbourg en 1770.

La plus grosse pierre déplacée par l’hommeModifier

Le piédestal de granite du Cavalier de bronze (du tsar de toutes les Russies Pierre le Grand) transporté à Saint-Pétersbourg en 1770 (en présence de l’impératrice Catherine II de Russie) est réputé pour être la plus grosse pierre jamais déplacée par l'homme. On cite les chiffres suivants : 7 × 14 × 9 m, pour 1 500 tonnes[2].

La plus grosse pierre jamais taillée par l’hommeModifier

L’obélisque inachevé d’Assouan est donné pour 1 200 tonnes. Mais il n’est jamais sorti de sa carrière. Il n’est pas détaché du socle rocheux.

La plus grosse pierre taillée jamais déplacée par l’hommeModifier

La pierre de Baalbek dite Hadjar-el-Qoublé (la Pierre du sud ou Pierre de la femme enceinte) est donnée pour 21,5 × 4,8 × 4,2 m, soit de 900 à 1 100 tonnes selon des estimations assez constantes. Elle n'est pas sortie de la carrière, et elle est restée plantée en oblique, au lieu de son extraction.

Le plus grand de tous les obélisques égyptiensModifier

L’obélisque du Latran, à Rome a été brisé en trois morceaux, mais reconstitué et ré-érigé (ou le contraire) par le pape Sixte V. On donne des chiffres variables, sans doute 32 m de haut pour un poids de 400±50 tonnes.

Quelques autres monolithes renommésModifier


Au cinémaModifier

Notes et référencesModifier

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « monolithe » dans le Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales.
  2. Article signé A. de Rochas (peut-être l'ingénieur Alphonse Beau de Rochas), « Transport du piédestal », sur cnum.cnam.fr, La Nature, .
  3. Antoine-Jean Letronne, « La statue vocale de Memnon étudiée dans ses rapports avec l'Égypte et la Grèce », sur persee.fr (consulté le ).
  4. « Baalbek », sur whc.unesco.org (consulté le ).

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier