Mon village à l'heure allemande

livre de Jean-Louis Bory

Mon village à l'heure allemande
Image illustrative de l’article Mon village à l'heure allemande
Discussion entre Françaises et un officier allemand

Auteur Jean-Louis Bory
Pays France
Genre roman
Éditeur Flammarion
Date de parution 1945
Nombre de pages 307

Mon village à l'heure allemande est un roman de Jean-Louis Bory publié en aux éditions Flammarion et ayant obtenu le prix Goncourt la même année.

Écriture du romanModifier

Jean-Louis Bory écrit son roman durant la Seconde Guerre mondiale, de mai à juillet 1944 dans sa ville natale de Méréville[1], alors qu'il participe aux maquis d'Orléans et d'Angerville[2]. Le roman paraît à la fois aux éditions Flammarion à Paris et aux éditions de La Maison française à New York qui édite alors de nombreux auteurs français engagés dans la lutte contre les Allemands.

En raison de deux dernières années de guerre, les prix Goncourt 1944, pour Le premier accroc coûte deux cents francs d'Elsa Triolet, et 1945, pour ce roman, sont annoncés tous les deux le même jour du [3] et remis à Bory chez Drouant le [4]. Le roman de Jean-Louis Bory, fortement soutenu par Colette qui vient d'être élue à l'Académie Goncourt et fait campagne auprès de ses pairs[5], s'impose face à Travaux de Georges Navel.

RésuméModifier

Fin , à la veille du débarquement allié, Jumainville, un petit village entre l'Orléanais et la Beauce n'a pas connu directement la guerre. Ses habitants ont vécu sous l'occupation allemande en adoptant des attitudes diverses allant de la collaboration à la résistance plus ou moins passive en s'accommodant de la présence des troupes autrichiennes puis allemandes envoyées dans la région et des conditions de vie de cette période où la faim, le marché noir, le STO et les dénonciations ont été au cœur des dernières années de la guerre. Les principaux Jumainvillois — la famille Boudet, Lécheur, la famille Pluret, la Germaine, l'abbé Varêmes, le maire Morize, l'instituteur Tattignies, Mlle Vrin, etc. — présentent, chacun dans un discours narratif personnel, leur point de vue des derniers jours avant la libération de leur village.

Influence du romanModifier

La parution de ce roman et son titre ont établi l'expression « à l'heure allemande » dans le langage quotidien[5] et universitaire pour définir la vie quotidienne française sous l'occupation allemande durant la Seconde Guerre mondiale[6].

Paradoxalement, le prix Goncourt sera « mortel pour l'écrivain Bory » qui ne réussira jamais à en assumer le succès — plus de 300 000 exemplaires vendus en France — et les attentes du public et de ses éditeurs pour ses ouvrages ultérieurs qui ne rencontreront pas la même réception[7],[5]. Il déclare à ce propos en 1979 :

« Ce n'est pas tout d'avoir le prix Goncourt, le tout c'est de se le faire pardonner, et je vous assure que c'est assez coton[7]. »

— Jean-Louis Bory, 1979

En 2012, une adaptation théâtrale originale a été réalisée par Alain Quintane et fut jouée par la compagnie Art Scénic lors d'une tournée dans le sud de la France[8].

ÉditionsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Selon les dernières lignes du roman datées de « Méréville : mai-juin-juillet 1944 ».
  2. Dans La Revue de Paris, 1967, p. 125.
  3. L’Épuration des intellectuels de Pierre Assouline, vol. 105 de Historiques, éditions Complexe, Bruxelles, 1996, (ISBN 9782870276679), p. 168
  4. Jean Louis Bory reçoit le prix Goncourt, Les Actualités françaises du 14 décembre 1945 sur le site de l'INA.
  5. a b et c Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1922 à 1949 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 3 août 2013.
  6. La France à l'heure allemande par Yvonne Poulle, Bibliothèque de l'École des chartes vol.  155, Librairie Droz, 1997, (ISSN 0373-6237), p. 493
  7. a et b Jean Louis Bory à propos du prix Goncourt entretien avec Jean-Louis Bory le 19 novembre 1972 sur le site de l'INA.
  8. « Théâtre : Mon village à l'heure allemande », La Dépêche du Midi, 6 octobre 2012.