Molly Maguires

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Molly Maguires
Première mention historiquement attestée 1876

Les Molly Maguires étaient les membres d'une société secrète irlandaise. Les « Mollies » étaient présents dans les mines de charbon de Pennsylvanie aux États-Unis depuis la période de la guerre de Sécession jusqu'à une série d'arrestations et des procès entre 1876 et 1878. Cette société secrète est née en Irlande, parmi les métayers luttant contre l’exploitation par leurs propriétaires[1]. La répression de tout syndicalisme par les propriétaires des mines provoqua une vague de sabotages et d’agressions contre l’encadrement[1].

Les Molly Maguires ont été principalement actifs dans la région minière de Schuylkill (Pennsylvanie). Les conditions de vie des mineurs sont assez misérables : plusieurs centaines sont tués ou gravement blessés à Schuylkill, les enfants de 7 à 16 ans reçoivent moins de 3 dollars par semaine pour trier le charbon, les adultes sont rémunérés à la tonne extraite et donc soumis à une grande pression, et la plupart des habitations des mineurs sont possédées par les compagnies minières. Les éventuels grévistes s'exposent ainsi non seulement à la perte de leur emploi, mais aussi de leur logement. La grève et l'action syndicale étant impossibles, la seule forme de lutte envisageable devient l'affaire de ceux prêts à exercer secrètement des actions violentes contre le patronat et les surveillants. Les Molly Maguires auraient ainsi fait leur première apparition en 1857[2].

Avec la dépression de 1873 les conditions de vie des mineurs se dégradent encore davantage. Leurs salaires passent de 18,20 dollars par semaine en 1869 à 9,20 en 1877 ; beaucoup sont considérablement endettés auprès de leur compagnie qui, après déduction du prix des outils, de l'alimentation et du loyer leur remet souvent des bulletins de paye négatifs[2]. Une grève est alors déclenchée : 26 mineurs sont arrêtés et incarcérés pour association de malfaiteurs. Les compagnies font également interdire le syndicat des mineurs par les tribunaux. Dans un rapport ultérieur à ses actionnaires, Franklin Gowen, le président de la Reading Company, indiquera avoir dépensé 4 millions de dollars pour briser la grève. Les Molly Maguires ripostent en sabotant la production et en incendiant des bureaux. En raison de ces événements Gowen obtient l'intervention de la milice de l’État ; avec l'aide de cette dernière et de l'agence Pinkerton, il fait disperser les rassemblements ouvriers et trois dirigeants syndicaux seront assassinés (par l'agence Pinkerton ou par des tueurs engagés par Gowen). Un agent des Pinkerton, James McParland, s'infiltre au sein de la société secrète et dénonce 347 Mollies présumés[2].

La preuve que les Molly Maguires étaient responsables de crimes et d'enlèvements aux États-Unis repose en grande partie sur les allégations de Franklin Gowen et de l'agent James McParland. Les journaux mènent par ailleurs une intense campagne de criminalisation des grévistes et des Molly Maguires. Au terme du procès, le jury, comprenant des membres de comités de vigilantes anti-ouvriers et anti-irlandais, condamne vingt mineurs à la pendaison et des dizaines d'autres à des peines de prison[2].

ComplémentsModifier

Le film de 1970, Traître sur commande, de Martin Ritt avec Sean Connery et Richard Harris (titre original : The Molly Maguires) est consacré à ce mouvement ouvrier.

Sir Arthur Conan Doyle s'est inspiré des Molly Maguires pour son livre La Vallée de la peur où il relate le démantèlement d'une organisation similaire.

Le groupe irlandais The Dubliners a également écrit une chanson intitulée "The Molly Maguires".

SourcesModifier

NotesModifier

  1. a et b Thomas Sotinel, « Cinéma : un diamant noir dans une mine de charbon », Le Monde, 11 septembre 2009, p. 23
  2. a b c et d Frank Browning, John Gerassi, Histoire criminelle des États-Unis, Nouveau monde, , p. 296-298