Mohammed ben Zayed Al Nahyane

prince héritier et ministre de la défense d'Abou Dabi
Mohammed ben Zayed Al Nahyane
محمد بن زايد بن سلطان آل نهيان
Description de cette image, également commentée ci-après
Le prince Mohammed ben Zayed Al Nahyane

Titre

Prince héritier d'Abou Dabi

Depuis le
(16 ans, 6 mois et 6 jours)

Prédécesseur Khalifa ben Zayed Al Nahyane
Biographie
Dynastie Al Nahyane
Nom de naissance Mohamed bin Zayed bin Sultan bin Zayed bin Khalifa bin Shakhbut bin Dhiyab bin Issa Al Nahyan Al Falahi
Naissance (60 ans)
Abou Dabi (Émirats arabes unis)
Père Zayed ben Sultan Al Nahyane
Mère Fatima bint Mubarak Al Ketbi
Religion Islam

Mohammed ben Zayed ben Sultan (arabe : محمد بن زايد بن سلطان آل نهيان) ou MBZ — né le à Abou Dabi, est un membre de la famille Al Nahyane, prince héritier et ministre de la Défense d'Abou Dabi, la capitale et le plus riche des sept émirats arabes unis.

BiographieModifier

Mohammed ben Zayed ben Sultan est le fils de cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane, fondateur des Émirats arabes unis, dont il fut le président jusqu’à sa mort en 2004, et frère cadet de Khalifa ben Zayed Al Nahyane, leur président actuel, émir d'Abou Dabi (il a succédé à son père). Son autre frère Abdallah Ben Zayed est l'actuel ministre des Affaires étrangères du pays.

Il a étudié à l'université Oum Gosaysa, Al kasba Mohammedia.

Mohammed ben Zayed ben Sultan est le président d'Abu Dhabi Executive Council, qui est responsable du développement et de la planification de l'émirat d'Abou Dabi et membre du conseil suprême du pétrole. 

Depuis sa nomination au poste de ministre de la Défense, il est considéré comme le nouvel homme fort des Émirats arabes unis, notamment par les autorités françaises[1]

ControversesModifier

En novembre 2015, un homme politique genevois, Pierre Maudet, s'est vu offrir un voyage de luxe payant à Abu Dhabi par la maison de Mohammed bin Zayed. Le comité de soutien de Maudet a également reçu un paiement d'environ 105 000 francs.[2] En juillet 2020, le procureur a annoncé que l'enquête sur la procédure pénale engagée contre le conseiller d'État genevois, qui se poursuivait depuis près de deux ans, devait être close prochainement et un acte d'accusation contre l'accusé[3].

En visite en France, ben Zayed est visé par deux plaintes à Paris le [4]. L’une de ses plaintes est déposée par Me Joseph Breham au nom de l'ONG l'Alliance internationale pour la défense des droits et des libertés (AIDL) et de six citoyens yéménites pour complicité de torture, traitements inhumains et crimes de guerre[5],[6]. La deuxième plainte est déposée auprès du pôle crimes contre l'humanité et crimes de guerre du parquet de Paris par des citoyens qataris accusant Mohammed Bin Zayed de « complicités d'actes de torture et disparition forcée »[7]. Le 17 juillet 2020, l'AFP a révélé qu'un juge d'instruction français est chargé de l'enquête liant Mohammed Ben Zayed aux crimes de guerre au Yémen[8].

Politique intérieureModifier

Sur le plan intérieur, il a réprimé sévèrement les Frères musulmans et bâti un État policier où l'ensemble de la population est surveillé en vue de détecter la moindre trace de penchant islamiste ou pouvant contrer son absolutisme [9].

Politique étrangèreModifier

Avec son allié saoudien, il soutient le coup d’État de 2013 en Égypte visant à destituer en 2013 le président Mohamed Morsi.

Très proche des États-Unis, il se montre néanmoins critique au sujet de Barack Obama et de sa politique d'apaisement à l'égard de l'Iran (lui-même étant considéré comme un faucon à l'égard de ce pays). Ses rapports sont meilleurs avec Donald Trump. Le Pentagone le considère toujours comme un allié loyal et utile [10].

Présenté comme le mentor de Mohammed ben Salmane (MBS)[11], prince héritier du royaume saoudien, il fait jouer aux Émirats un rôle clé dans la guerre civile yéménite, accordant son soutien aux « sudistes » du Conseil de transition du Sud qui se déclarent ouvertement favorables à une partition du pays. Ceci, alors que l'Arabie saoudite et ses alliés soutiennent toujours le président Abdrabbo Mansour Hadi[12].

Il combattit la milice Shabab en Somalie, tirant parti des ports commerciaux de son pays pour devenir un courtier influent dans la Corne de l’Afrique. En , les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar et imposent contre celui-ci un embargo. Les ressortissants qataris sont par ailleurs expulsés des É.A.U. Manifester de la sympathie pour le Qatar sur Internet est assimilé à de la cybercriminalité et puni de trois à quinze ans de prison[13].

En Libye, en 2015, MBZ entra dans la guerre civile, défiant l’embargo des Nations unies. Selon le Middle East Eye, Mohammed ben Zayed aurait offert, en mars 2020, 3 milliards de dollars à Bachar el-Assad pour frapper des troupes soutenues par la Turquie en Syrie. Les tentatives des Émirats arabes unis pour influencer la Syrie et relancer l'offensive d'Idleb auraient pour but d'attacher les forces turques dans le conflit et de les détourner de la campagne en Libye, où elle aide le gouvernement Fayez el-Sarraj (GNA) soutenu par l'ONU contre l'allié des Émirats arabes unis Khalifa Haftar[14].

Décorations et distinctionsModifier

AnnexesModifier

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Liens externesModifier

Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. « source »
  2. « Pierre Maudet a menti sur son voyage à Abu Dhabi », sur tdg.ch,
  3. « Un procès attend Pierre Maudet pour les fastes d’Abu Dhabi »,
  4. « Le prince héritier d’Abou Dhabi Mohamed bin Zayed al-Nahyan visé par une plainte en France », sur Linfo.re (consulté le 3 octobre 2019)
  5. « Le prince héritier d'Abou Dhabi visé par deux plaintes en France », sur ouest-france.fr
  6. « MBZ accusé de "complicité de crimes de guerre" », LExpress.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2018)
  7. « Le prince héritier d’Abou Dhabi visé par une plainte en France pour crimes de guerre », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2018)
  8. « Actes de torture : le prince héritier d'Abou Dhabi dans le viseur de la justice française », sur lexpress.fr,
  9. Christophe Ayad et Benjamin Barthe, « « MBZ », le véritable homme fort du Golfe », sur https://www.lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 17 mai 2020) : « La répression n’a pas touché que les « barbus ». Après les « printemps arabes » de 2011, qui ont donné des sueurs froides à tous les monarques du Golfe, les EAU se sont transformés en Etat policier. Cybersurveillance généralisée, médias mis au pas, quadrillage des villes par les caméras. Toutes les voix critiques de l’absolutisme émirati ont été embastillées, y compris les libéraux comme le militant des droits de l’homme Ahmed Mansour. Sous la férule de « MBZ », les Emirats ont pris la tête de l’axe contre-révolutionnaire dans le monde arabe. »
  10. Robert F. Worth, « Pour Mohamed Ben Zayed, l’autoritarisme est l’avenir du Proche-Orient », sur https://orientxxi.info, Orient XXI, (consulté le 17 mai 2020)
  11. Catherine Gouëset, Macron reçoit MBZ, le "Prince va-t-en guerre", lexpress.fr, 21 novembre 2018
  12. Jihâd Gillon, DIPLOMATIE Yémen : la sale guerre de Mohamed Ibn Salman, jeuneafrique.com, 13 septembre 2018
  13. (en) « UAE: Showing sympathy for Qatar on social media is a cybercrime », sur english.alarabiya.net
  14. UAE offers Assad $3bn to strike Turkey-backed troops in Syria, middleeastmonitor.com, 9 avril 2020
  15. The National, « Sheikh Mohamed bin Zayed arrives in Jordan for talks with King Abdullah », The National,‎ (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2020).
  16. « Qui sont les personnalités arabes les plus influentes selon le "Time"? », sur Al HuffPost Maghreb, (consulté le 17 avril 2019)