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Mohamed Kacimi

romancier et essayiste algérien
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mohamed, Kacimi et Hassani.
Mohamed Kacimi
Description de l'image Mohamed Kacimi.jpg.
Nom de naissance Mohamed Kacimi-El-Hassani
Naissance
El Hamel (Algérie)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture français, arabe
Genres

Œuvres principales

  • La Confession d'Abraham (2012)
  • L’Orient après l’amour (2009)
  • Le Jour dernier (1995)

Mohamed Kacimi-El-Hassani[1] (Muḥammad Qāsimī, en forme internationale système ISO) est un écrivain et dramaturge né en 1955, à la zaouïa d'El Hamel, une cité des Hauts plateaux d'Algérie.

Sommaire

BiographieModifier

Élevé dans une famille de théologiens[2], Mohamed Kacimi fréquente très tôt l'école coranique, en plus de l'école publique. Il passe son enfance à Bou Saâda avant de parcourir l'Algérie avec son père, inspecteur de l’Éducation nationale dont les mutations sont fréquentes. Après des études en littérature française à l’École normale supérieure de Kouba, il effectue son service militaire à l'Académie inter-armes de Cherchell entre 1980 et 1982.

En 1982, il quitte l'Algérie pour s'installer à Paris. Il publie ses premiers textes dans la revue Iztok[3] revue libertaire consacrée aux dissidents[4] des pays de l'Est. Il rencontre alors Adonis, ainsi que Guillevic et Bernard Noël avec qui il publie notamment des traductions du poète irakien Chawki Abdelamir. En 1987, il publie son premier roman, Le Mouchoir, aux éditions l'Harmattan. L'auteur est salué par le quotidien Le Monde comme « le fils de Kafka et de Courteline »[5]. En 1990, et en collaboration avec Chantal Dagron, il publie aux Éditions Balland, Arabes ? vous avez dit Arabes, une anthologie des regards et opinions des auteurs européens sur le monde arabe et l'Islam, depuis Eschyle jusqu'au général de Gaulle. Deux années plus tard, il écrit, toujours avec Chantal Dagron, Naissance du désert, éditions Balland. C'est un essai consacré à la genèse du désert à travers les imaginaires de la Grèce antique, du judaïsme, du christianisme et de l'islam. Il collabore au magazine Actuel, dirigé par Jean-François Bizot, pour lequel il effectue des reportages. Il est envoyé spécial à La Mecque pour couvrir la guerre d'Irak en 1990 et séjourne à Sanaa durant la guerre civile du Yémen en 1994. Par ailleurs, il signe un certain nombre d'articles avec Michel-Antoine Burnier.

Il devient producteur à France Culture, pour les émissions Les Chemins de la connaissance et L'Usage du Monde.

En 1990, il participe à l'animation de la Maison Rimbaud à Aden au Yémen, aux côtés du poète irakien Chawki Abdelamir. En 1995, il publie aux Éditions Stock, Le Jour dernier, un roman autour de l'exil et de la violence religieuse. Il participe au Théâtre du Soleil, à la relance de l'AIDA, association internationale de défense des artistes, par Ariane Mnouchkine, aux côtés de Jacques Derrida, Hélène Cixous et de Patrice Chéreau. L'AIDA se proposait de venir en aide aux artistes algériens persécutés par les islamistes. En 1995, il écrit son premier spectacle Le Vin, le Vent, la Vie qui sera mis en espace au lycée Saint-Joseph par Ariane Mnouchkine dans le cadre du Festival d'Avignon. Il écrit ensuite 1962, publiée chez Actes Sud, créée au Festival de Limoges par Valérie Grail. Le spectacle fait une tournée en France et à l'étranger, il est accueilli au Théâtre du Soleil[6].

En 1999, Mohamed Kacimi, participe à une résidence d'auteurs à Byblos, au Liban où il fonde avec Eric Durnez, Carole Fréchette, Robert Marignier, Yves Laplace, Jean-Yves Picq, et Koffi Kwahulé, l'association Écritures vagabondes qui se proposait de faire intervenir les auteurs dramatiques dans les régions sensibles du monde.

En 2000, il effectue un séjour à Jérusalem, Hébron et dans le Sinaï pour écrire La Confession d'Abraham. Le texte, publié chez Gallimard, est créé au festival d'Avignon par Pierre Forest et sera sélectionné par Jean-Michel Ribes pour faire l'ouverture du Théâtre du Rond-Point en 2002[7].

En 2001, il élabore L’Encyclopédie du monde arabe. En 2003, il conçoit pour la Comédie-Française, le spectacle Présences de Kateb, texte qui relate le parcours de l'écrivain algérien Kateb Yacine et qui est mis en scène par Marcel Bozonnet à la salle Richelieu. Il adapte en même temps, le roman Nedjma de Kateb Yacine, qui sera mis en scène par Ziani Chérif Ayad au studio du Vieux Colombier en 2003.

Devenu président de l'association Écritures Vagabondes, association organisant des résidences d’écritures internationales[8], il parcourt le monde pour mettre en place des chantiers d'écriture. Il travaille à Toronto, Montréal, Anvers, Damas et Alep aux côtés d'Olivier Py ainsi qu'à Beyrouth.

En 2005, il reçoit le prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques de la francophonie[9]. La même année, il est l'un des invités du Salon du livre de Beyrouth[10].

En 2006, il adapte pour le théâtre al Madina le roman de Rachid El-Daïf, Qu'elle aille au diable Méryl Streep, mis en scène par Nidal al Achkar. Le spectacle sera accueilli un an plus tard au Théâtre du Rond-Point. En 2006, accueilli en résidence au Panta Théâtre de Caen, il écrit Terre Sainte publié à l'Avant scène. La pièce est traduite dans plusieurs langues et jouée à Paris, Kaiserslautern, Jérusalem, Milan[11], Rio de Janeiro, Prague [12], Vienne[13], Stockholm et New York en 2014[14].

En 2008, il publie chez Actes Sud, L'Orient après l'amour, un récit qui reprend ses périples à travers les villes du Maghreb et de l'Orient. Il poursuit l'action d’Écritures vagabondes, devenue Écritures du monde, en organisant des chantiers d'écriture à Prague, Budapest, Rabat, Londres, Genève[15] Ramallah et Gaza[16]. En 2012, il écrit Babylon City, mise en scène par Marjorie Nakache au Studio théâtre de Stains[17]. En 2014, il achève sa pièce La Table de l'éternité, mise en scène par Isabelle Starkier, qui se joue au Théâtre du Girasole au Festival d'Avignon 2014[18].

En 2015, au lendemain de l’attentat de Charlie, le témoignage de Mohamed Kacimi sur sa rencontre avec les étudiants d’un lycée dans le Val-de-Marne crée la polémique…

« Ils l’ont bien cherché » (Crédit : Lucky Business/Shutterstock)

Le témoignage de l’écrivain et dramaturge Mohamed Kacimi est-il vrai ? Telle est la question que se sont posés plusieurs médias après l’avoir relayé.

A l’origine : un post FacebookModifier

Au lendemain de la marche républicaine organisée en hommage aux victimes des attentats survenus à Paris entre le 7 et 9 janvier, Mohamed Kacimi postait un témoignage glaçant sur son mur Facebook dans lequel il relatait sa rencontre avec des étudiants du lycée Michelet, dans le Val-de-Marne :

« Bon je vois que le théâtre ne vous passionne pas beaucoup, pouvez-vous me dire comment vous avez vécu les…. événements du journal… satirique.

Un frisson parcourt les deux classes :

– Vous parlez de Charlie ?

– Oui c’est ça.

– Vous l’avez vécu comment, vous monsieur ?

– Je dois vous avouer que j’ai eu beaucoup de peine.

– Ah, s’esclaffent certains, pas nous.

– Pourquoi ?

– Ils l’ont bien cherché.

– Ils l’ont voulu.

– Ils ont eu ce qu’ils voulaient.

– On n’insulte pas les gens comme ça.

– Surtout notre Prophète, personne ne l’a vu, personne ne lui a serré la main, comment peuvent-ils le dessiner. »

L’écrivain concluait alors son récit par l’avertissement d’un des lycéens :

« Monsieur, faut que je vous dise une chose, c’est la guerre, ça va être la guerre nous les musulmans et les autres, les juifs et les chrétiens, la guerre à mort. »

Emballement médiatiqueModifier

Les Echos, Le Parisien, Marianne, Arte,… le témoignage est repris à tord et à travers sans que jamais l’information ne soit vérifiée auprès d’un quelconque témoin. Néanmoins, dans son édition de vendredi, Marianne s’excuse. « Ce témoignage avait tous les gages de la véracité. Las ! Le 19 janvier, l’équipe enseignante de l’établissement s’offusqua sur Twitter de ce qu’elle qualifiait de ‘témoignage fiction’. Jamais les élèves n’auraient tenu de tels propos ».

Interrogé par l’hebdomadaire, l’écrivain déclare alors avoir « condensé dans sa chronique ce qu’il avait entendu dans plusieurs établissements, mais pas dans ce lycée-là en particulier ». Mais l’auteur se refuse a révéler le nom de ces établissements. « Au moment où l’on arrête des gamins de 8 ans, où l’on suspend de leur fonction des enseignants parce qu’ils ont refusé de participer à cette communion nationale autour de Charlie, je n’allais tout de même pas livrer le nom d’un établissement quelconque. Je sais que pour certains, la délation est une tradition nationale mais, désolé, je ne m’y adonne pas », déclare-t-il ainsi dans un message publié sur Facebook vendredi matin.

Pour lui, il n’a « aucune maladresse à[se] reprocher ». Il a seulement « recoup[er] plusieurs témoignages de différents endroits, mais ce n’est pas grave puisque rien n’est inventé ».

En juin 2017, sa pièce La Table de l'éternité est mise en scène, en russe, par Patrick Sommier au Maly Drama Théâtre de Saint Pétersbourg et entre au répertoire de la troupe de Lev Dodine.

En juillet de la même année, sa pièce Moi, la mort, je l’aime, comme vous aimez la vie fait polémique lors de sa création au festival d’Avignon. Pour écrire ce texte, Mohamed Kacimi a repris la retranscription de la conversation échangée entre Mohamed Merah, retranché dans son appartement, et les policiers. Certains voient dans cette pièce l’apologiste de l’islamisme ou du terrorisme. Elle suscite de nombreuses controverses : une plainte est déposée contre son auteur par les avocats de proches des victimes de Merah. Puis, une pétition est lancée à l’attention de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, pour faire interdire la pièce. Elle recueille plus de 4 000 signatures. Le 18 juillet, Miri Regev, ministre de la Culture d’Israël écrit une lettre à Françoise Nyssen pour lui faire la même demande : « Cette pièce doit être interdite et ne devrait être montrée sur aucune scène » écrit-elle. « Il est grand temps que nous, les ministres d’États démocratiques, joignions nos forces afin d'arrêter cela, plutôt que de soutenir le terrorisme et des formes terroristes de propagande, déguisés en exercices de liberté d'expression[19]. » En réponse à ces critiques, Mohamed Kacimi déclare : « Je suis accusé d'apologie du terrorisme pour avoir voulu dénoncer le fanatisme religieux » [...] Ma pièce sur Mohamed Merah dérange parce qu'elle montre ce qu'est la haine islamiste. » Pour lui, un autre élément bien particulier pose ici problème et justifie les vives réactions. « La figure de Merah, monstrueuse, cristallise à elle seule toutes les haines et les épouvantes de la société française : Arabe-musulman-algérien-beur-délinquant-racaille-tueur d'enfants juifs, assassin de soldats[20]. »

ŒuvresModifier

Romans, PublicationsModifier

 
La confession d'Abraham.
  • La Confession d'Abraham, Gallimard Folio, 2012
  • L’Orient après l’amour, Actes Sud, 2009. Prix de littérature Armorice
  • Beyrouth, XXI siècle, Pensée du Midi, Actes Sud, 2008.
  • Terre Sainte, l’Avant Scène, mention spéciale du jury du grand prix de littérature dramatique
  • Cléopâtre, Reine d’Égypte, Milan, 2010.
  • Le Monde arabe, encyclopédie jeunesse, Milan, 2001
  • 1962, théâtre, Actes Sud Papiers, 1998
  • Enfance algérienne, collectif, Gallimard, 1997
  • Le Jour dernier, roman, Stock, 1995
  • Mémoire verticale, anthologie de la poésie yéménite, Aires, 1994
  • Ababyl, de Chawki, traduction avec Bernard Noël, PAP, 1993
  • Enfances d’ailleurs, collectif, Belfond, 1993
  • Naissance du désert, avec Chantal Dagron, Balland, 1992
  • Arabe ? vous avez dit Arabe ? Vingt-cinq siècles de regards occidentaux, essai, avec Chantal Dagron, Balland, 1990
  • Parole du Qarmate, de Chawki Abdelamir, traduction avec Guillevic, Arfuyen, 1988.
  • Le Mouchoir, roman, L’Harmattan, 1987.

ThéâtreModifier

 
Holy Land de Mohamed Kacimi.
  • Moi, la mort, je l’aime, comme vous aimez la vie, mise en scène Yohan Manca, Festival off d'Avignon, 2017
  • Holy Land, mise en scène Tracy Cameron Francis, Broadway, New-York, 2014
  • La table de l'éternité, mise en scène d'Isabelle Starkier, Festival d'Avignon, 2014
  • Histoire des oiseaux qui voulaient connaître le bout du monde. Mise en scène de Marja Njakänen. Festival de Charleville-Mézières, 2013[21]
  • C'est comment le bout du Monde ? Réalisation Justine Heymann, France Culture, 2013[22]
  • La Confession d'Abraham, mis en scène par Moni Ovadia, Piccolo théâtre, Milan, 2009
  • Qu’elle aille au diable Meryl Streep, mise en scène de Nidal al Ashkar, Théâtre du Rond Point, 2008
  • Babel-Taxi, mise en scène par Alain Timár, Clarence Brown Theatre, Knoxville, USA, 2003.
  • Présences de Kateb, mise en scène de Marcel Bozonnet, Comédie française, salle Richelieu, 2003
  • Nedjma, de Kateb Yacine, adaptation, mise en scène de Ziani Chérif, Comédie française, 2003
  • 1962, mise en scène de Valérie Grail, Limoges, Théâtre du Soleil, 2003
  • Le vin, le vent, la vie, joute poétique, mise en espace par Ariane Mnouchkine, Avignon, 1997.

DocumentairesModifier

MediasModifier

Notes et référencesModifier

  1. Ne doit pas être confondu avec Mohamed Kacimi (artiste peintre et poète marocain).
  2. http://dzactiviste.info/a-la-tete-dune-grande-zaouia-en-1897-lalla-zineb-linsoumise/
  3. http://www.la-presse-anarchiste.net/spip.php?article1040
  4. Parole du Qarmate, traduit par Guillevic et Mohamed Kacimi, éditions Arfuyen, 1987, Ababyl, traduit par Mohamed Kacimi et Bernard Noël, PAP, 1995
  5. « D'emblée cet Algérien, né en 1955 sur les Hauts-Plateaux et vivant en France depuis 1982, où il a traduit de la poésie arabe, s'affirme avec belle assurance comme un héritier à la fois de Courteline et de Kafka. », Jean-Pierre Péroncel-Hugoz, « Un fils de Kafka et de Courteline », Le Monde, 5 juin 1987 lemonde.fr
  6. http://www.festi.tv/Captation-en-direct-Cie-Italique_v258.html
  7. http://www.theatre-video.net/video/La-confession-d-Abraham
  8. Association Écritures vagabondes sur le site Chartreuse.org.
  9. Présentation sur le site Theatre-contemporain.net.
  10. https://www.dailymotion.com/video/x11x6ys_objectif-diffusion-adami-sacd-terre-sainte-bande-annonce_creation
  11. https://www.youtube.com/watch?v=RmWAx9pAhOQ
  12. http://www.radio.cz/fr/rubrique/culture/mohamed-kacimi-la-litterature-est-essentielle-car-elle-est-superflue
  13. https://www.youtube.com/watch?v=ydPqY83eh5I
  14. http://www.3rdkulturekids.com/#!holy-land/c1gci
  15. http://www.saintgervais.ch/programme/detail/les-algeriennes
  16. http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/04/05/a-gaza-non-plus-badine-lamour-251075
  17. http://www.studiotheatrestains.fr/newsite/babylon-city/
  18. https://www.facebook.com/Alatabledeleternite?fref=ts
  19. Laurène Bertelle, « Israël demande à Françoise Nyssen d'interdire une pièce de théâtre sur Mohamed Merah », sur ActuaLitté, (consulté le 6 janvier 2019)
  20. « Pièce sur Merah à Avignon: "Elle montre la haine islamiste", se défend l'auteur », L'Express,‎ (lire en ligne)
  21. https://www.dailymotion.com/video/x1lcb2w_histoire-des-oiseaux-qui-voulaient-connaitre-le-bout-du-monde_creation
  22. http://www.franceculture.fr/emission-fictions-theatre-et-cie-11-12-c%E2%80%99est-comment-le-bout-du-monde-2012-06-17
  23. http://www.senscritique.com/film/A_la_recherche_de_l_Emir_Abdelkader/414199

Liens externesModifier