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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Modernité (homonymie).

La modernité est un concept multiforme dont les applications varient selon l'acception que l'on donne au mot.

En tant que concept philosophique, la « modernité » est pour les uns le projet d’imposer la raison comme norme transcendantale à la société, ou pour les autres la crise de la raison dans l'histoire, ou encore les deux à la fois[note 1], d'où la définition de « crisologie » que propose Gérard Raulet.

Entré dans l'usage à partir du deuxième tiers du XIXe siècle, le substantif français « modernité » est le calque du latin médiéval modernitas, issu de l'adjectif latin tardif modernus, lui-même dérivé, par l'intermédiaire de l'adverbe modo pris dans son acception temporelle (« récemment », « tout à l'heure »), du radical latin modus (« mesure », « limite », « manière », « mode [masc.] »)[1]. En histoire, où des jalons chronologiques sont nécessaires et/ou admis, la modernité est évoquée et associée avec l'époque moderne ou « Temps Moderne(s) »[1].

Aperçu étymologique : de modernus à « moderne » et « modernité »Modifier

L'histoire du mot « moderne », depuis la racine la plus élémentaire jusqu'à l'acception le plus complexe dans la littérature, a été étudiée par Hans Robert Jauss[2].

La plus ancienne attestation du substantif modernitas figure chez le chroniqueur Berthold de Reichenau, dans sa relation (contemporaine) d'un synode romain convoqué en 1075 par le pape Grégoire VII[1] : il y est question de modernitas nostra (« notre époque moderne »)[3].

Ce substantif médiéval modernitas est lui-même dérivé de l'adjectif tardoantique modernus, qui apparaît au Ve siècle[4]. Les deux termes dérivent de l’adverbe latin modo pris dans un de ses sens classiques, à savoir l'acception temporelle de « maintenant », « récemment », « il y a peu de temps », « dernièrement », « tout à l'heure ». L'adjectif modernus qualifie donc ce qui est apparu récemment et qui vaut encore au moment où l'on parle. Sa forme francisée « moderne » apparaît vers le milieu du XVe siècle[5].

Usage historiographiqueModifier

En histoire, où des jalons chronologiques sont nécessaires et/ou admis, la modernité est évoquée et associée avec l'époque moderne ou « Temps Moderne(s) »[1]. Elle commencerait en 1453 avec la prise de Constantinople par les Turcs, et dont la fin correspond à la Révolution française pour les historiens français et à 1920 pour les écoles historiques anglo-saxonnes[réf. nécessaire]. Cependant, certaines de ces affirmations précédentes font l'objet de discussions et de débats : ainsi, par exemple, Guizot fait commencer la modernité en 1492[1], et Illich, au XIIe siècle[6].

Le vocable français « modernité » est attesté pour la première fois en 1822, sous la plume du jeune Honoré de Balzac, qui l'emploie au sens culturel de « Temps Modernes »[7]. Le mot reparaît peu après chez Chateaubriand qui, dans ses Mémoires d'outre-tombe (4e partie ; achevé peu avant 1841, publié en 1849), l'appliqua à ce qui, dans la ville de Prague qu'il visita en 1833, relevait de la vie moderne et des institutions de son époque, comme la douane et l'usage du passeport[8]. L'écrivain malouin l'emploie au sens de « caractère actuel, moderne, récent »[9].

La modernité comme criseModifier

Une autre étape dans le développement sémantique du terme est marquée par Baudelaire. Celui-ci, dans Le Peintre de la vie moderne (rédigé en 1860, publié en 1863), au chapitre précisément intitulé « La Modernité », propose cette définition : « La modernité, c'est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable ». Avec Baudelaire, ou mieux à partir de lui, « la modernité devient une valeur esthétique, toujours changeante par définition puisque liée à la mode (...), mais présente à toutes les époques »[10].Baudelaire affirme dès 1860 : « La modernité, c'est le fugitif, le transitoire, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable. » (Le Peintre de la vie moderne, « La Modernité »). Ce sens s'est imposé en esthétique et en théorie littéraire, parallèlement au terme anglais « modernism » (beaucoup plus vaste que son calque français « modernisme ») et à son pendant allemand « Moderne ».

Pour Bertrand Russell, l'absence de téléologie doit maintenant fonder toute entreprise philosophique durable :

« L'homme est la résultante de causes qui n'avaient pas prévu les effets qui en découleraient : son origine, son développement, ses espoirs et ses craintes, ses émotions et ses convictions ne sont que le produit d'associations d'atomes accidentelles… Aucun feu, aucun héroïsme, aucune pensée ni aucun sentiment aussi intenses soient-ils, ne peuvent préserver une vie au-delà de la tombe… Tout le labeur effectué au cours des âges, toute la ferveur, toute l'inspiration, toute l'éclatante expression du génie humain, sont vouées à disparaître dans l'extinction générale de notre système solaire, et tout l'édifice des réalisations humaines sera inévitablement enfoui sous les décombres d'un univers en ruines – cela n'est pas absolument indiscutable, mais si près d'être certain qu'aucune philosophie ne peut espérer perdurer si elle rejette ces notions »[11].

Le sociologue français Alain Touraine, dans son ouvrage Critique de la modernité (Paris, Fayard, 1992), estime qu'il ne faut pas dissocier les deux visages de la modernité, à savoir la rationalisation (portée par la Renaissance et la philosophie des Lumières) et la subjectivation (portée par la Réforme). Le Sujet ne doit pas se limiter au rôle d'acteur par l'engagement. Il doit aussi préserver sa liberté, sa créativité et reconnaître celle de ses semblables (dégagement). Autrement dit, si le Sujet se limite à un projet, il ne s'incarnera plus qu'à travers lui et, une fois celui-ci abouti, il sera réduit au statut d'objet (de sa création). En cas de dissociation de la rationalisation et de la subjectivation, il existe, d'une part, un risque totalitariste et, d'autre part, un risque de replis identitaires et communautaristes. [12]

La modernité comme rupture socialeModifier

Selon Georges Balandier, la notion de « moderne », sur laquelle repose celle de « modernité », est plurivoque[13].

Être moderne, c'est avant toute chose, « vivre avec son temps » et non pas désirer conserver ce qui est jugé ancestral. De ce point de vue, la modernité apparaît comme une crise, une crise des valeurs, mais aussi une crise de la pensée et une crise politique, qui concerne notamment la notion de « progrès » et conduit à interroger les principes fondamentaux de la vie politique[réf. nécessaire]. Le philosophe qui thématise fortement cette question dans la période récente est Edmund Husserl, dans son ouvrage intitulé La crise des sciences européennes et la phénoménologie et dans la conférence donnée à Vienne en 1935 (La crise de l'humanité européenne et la philosophie). Il n'est pas question ici de rendre compte de cet ouvrage[pourquoi ?], mais on peut en donner un aperçu en disant que ce que Husserl analyse est bien la modernité, perçue en tant que « crise ».

On peut aussi arguer comme beaucoup que le champ de l'interrogation intellectuelle connu sous le vocable de Philosophie n'est rien d'autre que l'ouverture d'une crise, d'une brèche ouverte dans les opinions les mieux reçues. L'étymologie grecque du terme (krisis) signifie qu'on a affaire à un « jugement ». Ce qui nous intéresse ici est donc que la modernité se reconnaît comme le champ ouvert à un certain type de problèmes et nécessite des questionnements qui mettent en crise les opinions reçues. La modernité pourrait alors être décrite avec des constantes, par exemple, le grand crédit accordé à un certain type de science : la mathématisation des données utilisées dans les sciences sociales est un indice de la recherche de la précision théorique, contre la tradition empirique et aristotélicienne de la science politique. Néanmoins, si la notion de modernité est en soi concevable du fait de sa signification globale (est moderne toute attitude qui s'en prend aux traditions ou au passé), il peut ne pas être très exact, ou en tout cas très clair d'affirmer qu'il y a une modernité. Les nouveaux horizons de la vie politique ouverte par la colère anti-théologique de Machiavel[14], et des nouveaux espace conquis par la science avec Lord Chancelor, Francis Bacon et René Descartes[15] ne sont pas nécessairement à assimiler aux Lumières médiévales chrétiennes du XIIe siècle et aux Lumières du XVIIIe siècle.[réf. nécessaire]

La modernité se veut en rupture (quelles que soient les significations du terme) avec ce qui précède, notamment les traditions. La chose est nette dans le Discours de la méthode de Descartes, qui remet en cause la scolastique aristotélicienne[16] et une certaine conception du bien vivre humain et, partant, du meilleur régime, puisque le Discours de la méthode indique que, si la recherche de la vérité est bien toujours pour lui la fin que doit poursuivre le philosophe, cette fin a cependant besoin de la recherche du « plus utile » (expression que l'on retrouvera chez un moderne paradoxal[pas clair], Jean-Jacques Rousseau, à la fin de la première partie du Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes) : devenir comme maître et possesseur de la nature, afin de prolonger la vie ou de la conserver. Pour Descartes : « [...] qu'au lieu de cette philosophie spéculative qu'on enseigne dans les écoles, on peut en trouver une pratique [...]. Ce n'est pas seulement à désirer pour l'invention d'une infinité d'artifices [...] mais principalement aussi pour la conservation de la santé [...] laquelle est sans doute le premier bien et le fondement de tous les autres biens de cette vie ». Ce mot d'ordre cartésien est paradigmatique de ce qu'il est convenu d'appeler la modernité, laquelle va produire deux camps distincts et farouchement gardés : les tenants de la nature politique de l'être humain, par définition platoniciens et aristotéliciens, que les critiques rapides taxent « d'essentialisme », et de l'autre côté les partisans de l'idéalisme subjectif, que l'on peut globalement rassembler pour la commodité de l'exposé sous la bannière de l'auto-construction du Sujet (de l'Ego). En un mot et pour être plus clair, on pourra considérer que ce qui détermine le citoyen antique, c'est sa naissance dans une Cité (laquelle va avoir ensuite à se penser par rapport à la Rome de l'Empire et à l'irruption du christianisme en Europe), tandis que le citoyen moderne est un être qui, par nature, échappe à la vie politique et n'y entre que pour constituer et renforcer ce qui lui sera propre[réf. nécessaire] (voir : les théories du contrat social). Le modèle ultime de l'abandon de la vie politique se trouve dans la Cinquième Promenade des Rêveries du promeneur solitaire de Rousseau : pour lui, certains hommes [le philosophe] ne doivent rien à la société et peuvent s'en séparer, pour mener une vie toute de passivité.

Modernité économiqueModifier

Selon Jean Andreau, la « modernité économique » correspond à une attitude sociale favorable à l'investissement marchand et productif par opposition à un modèle « archaïque » basé sur le statut qui, selon Moses Finley, prévaut dans les sociétés antiques. Il est donc possible de discuter de la « modernité » de l'économie de l'Empire romain[17]. Selon Kenneth Pomeranz, l'histoire du monde chinois représente une « autre modernité » dont l'économie, jusqu'au début du XIXe siècle, est en avance sur celle de l'Occident[18].

En termes sociologique, la modernité désigne, selon Anthony Giddens, « des modes d'organisation sociale apparus en Europe vers le XVIIe siècle, et qui progressivement ont exercé une influence plus ou moins planétaire »[19]. Il en donne 4 caractéristiques institutionnelles : le capitalisme, l'accumulation de capital dans le contexte du travail concurrentiel et des marchés de produits ; la surveillance, le contrôle de l'information et la surveillance sociale ; l'industrialisme, l'utilisation de l'industrie pour la production de biens ; et la puissance militaire, le contrôle des moyens de la violence dans le contexte de l'industrialisation de la guerre[20]. À ces quatre dimensions institutionnelles concordent des constructions internationales : l'économie capitaliste mondiale, le système d’État-nation, l'ordre militaire mondial et la division internationale du travail[21].

Critiques de la modernitéModifier

Le philosophe Alexandre Koyré montre, dans ses études sur les principaux scientifiques des XVIe et XVIIe siècles, que la révolution galiléenne et la découverte du calcul infinitésimal par Leibniz et Newton ont profondément modifié la conscience que l'homme a de lui-même et de sa place dans l'univers. La représentation héliocentrique constitue ainsi une révolution spirituelle autant que scientifique[22]. La révolution copernicienne a substitué un univers infini et homogène au cosmos fini et hiérarchiquement ordonné de la pensée antique et médiévale et a entraîné une refonte des principes premiers de la raison philosophique et scientifique[23].

Le philosophe Dominique Bourg, spécialiste de l'éthique du développement durable, évoque la découverte de la finitude écologique de la Terre dans La nature en politique ou l'enjeu philosophique de l'écologie (2000). Il souligne que cette prise de conscience récente a entraîné dans nos représentations un changement radical de la relation entre l'universel et le singulier. Alors que le paradigme moderne classique postulait que l'universel commandait le singulier, et le général le particulier, on ne peut pas y réduire la relation entre le planétaire et le local. Dans l'univers systémique de l'écologie, la biosphère (le planétaire) et les biotopes (le local) sont interdépendants. Cette interdépendance du local et du planétaire fait voler en éclats le principe moteur de la modernité, qui tendait à abolir toute particularité locale au profit de principes généraux, ce en quoi le projet moderne fut proprement utopique[24].

Dans l'encyclique Laudato si', le pape François voit dans la globalisation du paradigme technocratique apparu à l'époque moderne la racine historique de la crise écologique que nous traversons. Selon Fabien Revol, qui commente cette encyclique, la philosophie mécaniste de Descartes en constituerait la cause originelle. En effet, dans le dualisme cartésien entre le corps et l'esprit, la « res extensa » (chose étendue) est dépourvue d'esprit, et elle n'est définie que par ses mesures physiques, ses dimensions quantifiables, et la position que ses objets occupent dans l'espace (le repère cartésien). Il est alors possible d'appliquer des lois mathématiques pour transformer la nature, et les hommes peuvent se rendre « comme maîtres et possesseurs de la nature », avec l'illusion d'une disponibilité infinie des biens de la planète. Les hommes auraient ainsi été poussés à surexploiter les ressources naturelles[25].

Il existe d'autres critiques de la modernité, par exemple celle que développe René Guénon dans son livre La crise du monde moderne (1927), et plus récemment celle d'Alain Finkielkraut qui parcourt toute son œuvre, ou encore celle de Pierre-André Taguieff dans ses ouvrages sur le progrès (Du Progrès. Biographie d’une utopie moderne et Le Sens du progrès. Une approche historique et philosophique).[pas clair]

Critique de la modernité par le Magistère de l'Église (1907)Modifier

Article détaillé : Crise moderniste.

Parce que la modernité tend à contredire la tradition – celle de l'Église ou toute autre – le Magistère de l'Église parait avoir voulu, une fois au moins, clarifier sa position critique face à ce qu'il peut recevoir comme une catégorie précise au sein de laquelle la Propagation de la foi pourra toujours être observée voire pondérée de manière à établir les conditions-cadres d'une dilatatio ecclesiae, c'est-à-dire d'une extension de l'assemblée des croyants. Toutefois, cette catégorie[26] se devait d'être a priori soumise à une critique rigoureuse.[pas clair]

Par sa constitution apostolique Lamentabili sane exitu, Pie X a ainsi condamné en 1907 une série de 65 propositions modernistes[27]. Ainsi et par défaut, 30 des 95 propositions ou thèses de 1517 sur les indulgences peuvent rétroactivement apparaître comme recevables. Car l'enjeu réel du moment résidait précisément dans ce concept d'une possible dilatatio qui cependant allait encore devoir trouver sa voie de réalisation en relation avec l'assemblée des croyants de tous bords.[réf. nécessaire]

PerspectivesModifier

La question de la modernité outre qu'elle déborde largement la Querelle des Anciens et des Modernes, question qui pour autant n'est en rien seulement une affaire littéraire, elle nous renvoie à la question de la vie politique, mais surtout à la mise en cause de l'esprit historique, que dénonçait Nietzsche, pour autant que notre vision de l'histoire discrédite le passé, toujours perçu comme obscurantiste, au profit d'un aujourd'hui, encore moins radieux que demain. Cette vision s'appelle l'historicisme et semble être à l'origine du mal des modernes.[réf. nécessaire]

Dans son livre Théologie politique, Carl Schmitt écrit[28] :

« Tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l’État sont des concepts théologiques sécularisés. »

Ainsi, pour Heidegger, la modernité n’est pas une simple conception particulière du monde mais proprement « l’époque des conceptions du monde »[29]. Et dans la même veine, pour Henri Meschonnic, il s'agit d'un mot sans référent qui « désigne le présent indéfini de l’apparition », le « mode historique de la subjectivité »[30].

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. C'est notamment la position du courant postmoderniste, qui s'inscrit dans cette contradiction

RéférencesModifier

  1. a b c d et e Yves Vadé, présentation de Ce que modernité veut dire, volume 1. Talence, Presses Universitaires de Bordeaux, 1994.
  2. H.R. Jauss, « La modernité dans la tradition littéraire et la conscience d'aujourd'hui », dans Id., Pour une esthétique de la réception. Traduit de l'allemand par C. Maillard. Paris, Gallimard, « Tel, no 169 », 1978, p. 118-209.
  3. Bertholdi Annales, dans Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, tome 5 (éd. G.H. Pertz, Hannover, 1844), p. 277, lignes 25-26 : ... (constitutiones) quas modernitas nostra omnino ferme dedidicerat et annullauerat... («... [institutions] que notre modernité avait presque complètement désapprises et rejetées dans le néant...»).
  4. Pseudo-Priscien, De accentibus, 46 = 3, 528, 18. L'épithète se lit aussi dans un texte mieux daté, la lettre du pape Gélase Ier (492-496) aux évêques Rufinus et Aprilis (Patrologia Latina, tome 59, 1862, col. 152 C) : Quis aut leges principum aut patrum regulas aut admonitiones modernas dicat debere contemni... ?, « Qui dirait qu'il faut mépriser les lois des empereurs, les règles des Pères ou les admonitions modernes... ? »).
  5. Georges Chastellain, Les exposicions sur Vérité mal prise, éd. Jean-Claude Delclos. Paris, H. Champion, 2005 (= Textes de la Renaissance, 90), p. 84 : «... tout le monde se perçoit de leur venin viel et moderne...».
  6. Ivan Illich, La perte des sens. Paris, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-61391-5) « [...] les techniques de la mise en page qui, au XIIe siècle, détachèrent le texte de la page. La nouvelle suite de mots qui s'adressait directement à l'esprit par l'œil, plutôt que par l'oreille, fut la technique critique qui propulsa la mentalité occidentale dans la modernité. » (Préface, p. 7). Voir aussi l'ensemble de Du lisible au visible : la naissance du texte dans ses Œuvres complètes (ISBN 2-213-61954-9).
  7. Horace de Saint-Aubin (pseudonyme de Balzac), Le Centenaire ou les deux Béringheld (1822) : «... les peintres de tous les âges de la modernité...».
  8. M. O.-T., t. IV, p. 183 : « La vulgarité, la modernité de la douane et du passeport, contrastaient avec l'orage, la porte gothique, le son du cor et le bruit du torrent ».
  9. Voir Yves Vadé, « L'invention de la modernité », dans Id., Ce que modernité veut dire (1994), p. 51-52.
  10. Y. Vadé, op. cit., p. 52.
  11. Bertrand Russell, Pourquoi je ne suis pas un chrétien. New York, Simon and Schuster, 1957.
  12. Marie-Madeleine Bertucci, « Place de la réflexivité dans les sciences humaines et sociales : quelques jalons », Cahiers de sociolinguistique,‎ (lire en ligne)
  13. Georges Balandier, Tradition et Modernité, Dictionnaire des sciences humaines, P.U.F.
  14. cf. Machiavel, Le Prince. Chapitre XV
  15. Cf. Francis Bacon, The Advancement of Learning (tr.fr. Du progrès et de la promotion des savoirs. René Descartes, Discours de la Méthode. Particulièrement la 6e partie.
  16. Descartes, Discours de la Méthode. Partie 6
  17. Andreau Jean. Modernité économique et statut des manieurs d'argent. In: Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, tome 97, n°1. 1985. pp. 373-410.[1]
  18. Xavier de la Vega, « L'Asie, une autre modernité économique », Revue des sciences humaines, octobre 2010 [2]
  19. Anthony Giddens, Les conséquences de la modernité, Paris, , 192 p. (ISBN 2-7384-2506-2), p. 11-56-77
  20. Anthony Giddens, Les conséquences de la modernité, Paris, L'Harmattant, , 192 p. (ISBN 2-7384-2506-2), p. 56
  21. Anthony Giddens, Les conséquences de la modernité, Paris, l'Harmattan, , 192 p. (ISBN 2-7384-2506-2), p. 77
  22. Alexandre Koyré, Du monde clos à l'univers infini. Paris, Gallimard, « Tel, no 129 », 1991.
  23. Alexandre Koyré, Études d'histoire de la pensée philosophique (A. Colin, 1961 ; rééd. Gallimard, « Tel, no 57 », 1981), avant-propos
  24. Dominique Bourg, La nature en politique ou l'enjeu philosophique de l'écologie. Paris, L'Harmattan, 2000.
  25. Fabien Revol, Une encyclique pour une insurrection écologique des consciences, Parole et Silence, p. 108-115
  26. Invocation de Meyerson[Lequel ?] et Brunschvicg[Lequel ?] sur l'initiative du Père Stanislas Breton, in Entretiens du Centre romain de Comparaison et de Synthèse (1954, 1959/60), par F. Gonseth, La métaphysique et l'ouverture à l'expérience. Paris, P.U.F., 1960, p. 29.
  27. Cette constitution a été donnée trois-cent soixante deux jours avant le 30 juin 1908.
  28. C. Schmitt, Théologie politique, p. 46.
  29. M. Heidegger, « L’époque des conceptions du monde », in Chemins qui ne mènent nulle part. Paris, Gallimard, 1962, p. 99-146)
  30. H. Meschonnic, Modernité modernité (1988 et 1994).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

OuvragesModifier

Ouvrages classiques (ordre chronologique)

Ouvrages contemporains (par ordre alphabétique)


Ouvrages collectifs

ÉtudesModifier

Article
  • Raulet Gérard, « La tradition et la modernité ? », in Encyclopédie philosophique universelle, tome 4 (Agora philosophique), Paris, PUF, 1998.

Articles connexesModifier

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Liens externesModifier