Ouvrir le menu principal

Moaï

Statues de l'île de Pâques
Ensemble de moaï sur le Ahu Tongariki.
Tampon de passeport de l’île de Pâques, avec les moaï.
Un moaï restauré.

Les moaï, ou moai, localement mo'ai, sont les statues monumentales de l’île de Pâques (île appartenant au Chili située en Polynésie), datées chronologiquement des XIIIe et XVe siècles[1]. La majorité de ces monolithes sont sculptés dans du tuf issu principalement de la carrière du volcan Rano Raraku. Quelques-uns ont cependant été sculptés dans d’autres roches volcaniques de l’île (basalte, trachyte ou tuf volcanique[2]). Leur taille varie de 2,5 à 9 mètres. Selon Jo Anne Van Tilburg, le nombre de moaï sur l’ensemble de l’île s’élève à 887 avec un poids moyen de 13,78 tonnes, mais les plus grosses atteignent 80 tonnes. Toutes ne sont pas visibles, certaines étant fragmentées ou ayant été récupérées pour construire d’autres monuments[3].

Les moaï ont été dressés et installés en rang sur les ahu, plateformes cérémonielles construites à cet effet, par les matamua (« les premiers » en maori), anciens habitants de l’île qui s’identifiaient comme descendants du découvreur polynésien Hotu Matu'a, venu, selon leur tradition orale, de « Hiva », peut-être Hiva Oa ou Nuku Hiva. Achevés, ces monolithes possédaient des yeux blancs faits de corail blanc et des iris noirs en obsidienne ou rouges en tuf volcanique. Ils étaient tournés vers l’intérieur de l’île, à l’exception de l’ahu Akivi où ils regardent l’océan. Tous portaient une sorte de coiffe, le pukao, fait de tuf rouge, issu de la carrière de Puna Pau, et pouvant lui-même peser plusieurs tonnes.

Lorsque les Européens découvrent les moaï, séismes, tsunamis et troubles sociaux se sont succédé entre les XVe et XVIIIe siècles : beaucoup de statues sont inachevées, et la plupart de celles des ahu sont à terre, les yeux brisés et dispersés, les pukao ayant roulé plus loin, les sédiments les ayant en partie, voire totalement recouverts[4]. On pense qu’au XVIIe siècle l’extraction de ces effigies a cessé en raison du remplacement du culte des ancêtres par celui du dieu Make-make et du Tangata manu, l'« homme-oiseau », aux XVIe – XVIIe siècles[5]. Les ahu sont alors devenus des nécropoles, des tombes secondaires pour la réinhumation de squelettes apportés d’ailleurs y étant aménagées[6]. Depuis le XXe siècle, ahu et moaïs ont été l’objet de nombreuses études, livres et films documentaires, sont devenus emblématiques de l’île et constituent un enjeu économique majeur grâce au tourisme. Plusieurs ahu ont été partiellement restaurés, avec leurs moaï redressés, ayant retrouvé leurs yeux et leurs pukao.

Histoire de la découverte des moaïModifier

 
Jakob Roggeveen mesurant une statue de Moaï, gravure du XVIIIe siècle.

Avant le XIXe siècle, Roggeveen, González, Cook et La Pérouse trouvent et représentent l’île relativement boisée et les ahu portant des moaï debout. En revanche, au XIXe siècle et au XXe siècle l’équipage allemand de la canonnière S.M.S. Hyäne, Catherine Routledge, Alfred Métraux et Thor Heyerdahl trouvent l’île dépourvue d’arbres et les moaï renversés de leurs ahu. Que s’est-il passé entre-temps ? La tradition orale parle de guerres internes, les paléoenvironnementalistes évoquent des sécheresses, des séismes et des tsunamis (l’île, volcanique, se trouve au croisement de deux dorsales médio-océaniques), les historiens et les économistes décrivent l’appropriation de l’île par les éleveurs de moutons et l’action des missionnaires. Ces causes, bien sûr, ne sont pas exclusives les unes des autres[7].

Déjà au XIXe siècle, on connaissait trois types de positions pour les moaï : ceux qui avaient été mis à bas et gisaient de tout leur long (certains ont été redressés depuis et restaurés sur leurs ahu) ; ceux, dressés sur les flancs du Rano Raraku, dont seule la tête dépassait du sol, et ceux, inachevés, figés en position horizontale dans la carrière du même rano (volcan). La majorité des archéologues pensent[8] que les moaï dont la tête dépasse étaient au stade de la finition : glissés à bas du Rano Raraku, ils étaient fichés dans un trou pour les redresser, achever leurs sculptures (notamment dans le dos, inaccessible au moment de leur excavation de la roche). Peut-être remplissait-on le trou pour accéder aux parties hautes du moaï, à mesure que les parties basses étaient terminées. Après que la production des moaï a été interrompue lors de l’abandon du culte des ancêtres, le temps et l’érosion les ont enseveli jusqu’au haut du torse ou jusqu’au cou. Dès 1916, Catherine Routledge écrit que la partie visible n’est que le haut de statues plus grandes[9], elle est la première à effectuer une excavation permettant de mettre au jour le corps enfoui d’un moaï. En 1936, les travaux de l’expédition franco-belge d’Alfred Métraux[10] confirment que comme les tikis polynésiens, les moaï ont tous un corps pourvu de bras et de mains. Chez les statues représentant une femme, souvent au ventre gonflé, les mains sont ramenées en avant de part et d’autre du nombril, ce qui est interprété comme un signe de fertilité [réf. nécessaire]; le dos des statues présente des pétroglyphes de tailles et aux formes diverses, représentant, peut-être, des tatouages. En 2010 et 2011, une équipe d’archéologues et de bénévoles codirigée par Jo Anne Van Tilburg et Cristián Arévalo Pakarati entreprend d’excaver 90 de ces statues afin d’étudier et comparer leur partie enterrée[11].

Rôle et datationModifier

On ne sait à peu près rien des raisons qui ont poussé les matamua, le premier peuple de l’île de Pâques, à augmenter la taille de leurs statues : il peut aussi bien s’agir d’une sorte de compétition de prestige entre clans, que d’un acte sacré raffermissant la cohésion de toute la population. Les théoriciens de l’effondrement de la civilisation Haumaka comme Jared Diamond (théorie d’ailleurs contestée) supposent que cette industrie a épuisé une partie importante des ressources de l’île mais pour leurs contradicteurs, comme Benny Peiser s’appuyant sur les anciennes descriptions de l’île avant 1860, celle-ci était florissante et ce sont les animaux domestiques introduits par les Européens qui ont fait disparaître les forêts et ravagé les sols.

Les méthodes de datation permettent de dater la roche mais pas la période à laquelle elle a été taillée. Il semble que les premiers moaï sculptés au XIIIe siècle étaient de taille et de morphologie humaine, comme ailleurs en Polynésie, pour évoluer vers des morphologies plus imposantes telles que nous les connaissons aujourd’hui. Ce culte prit fin au XVIIe siècle et des auteurs comme Jared Diamond ont supposé que c’est parce que les habitants de l’île auraient anéanti leurs ressources en bois. La tradition orale n’en dit rien, mais fait état de guerres entre clans, ou peut-être entre classes sociales, si les « longues-oreilles » qu’elle évoque sont non pas un clan, mais la caste des prêtres et leurs guerriers. Toujours est-il qu’un changement religieux était en cours et qu’un culte nouveau, celui de Make-make, se mettait en place quand l’île fut découverte le 10 avril 1722 par un marin hollandais, Jacob Roggeveen.[réf. nécessaire]

Diffusion à travers le mondeModifier

La quasi-extermination de la population d’origine matamua par les esclavagistes péruviens en 1862 et son remplacement par des polynésiens évangélisés, amenés de Rapa par les missionnaires et planteurs français, fit disparaître toute trace des anciens cultes, de sorte que la plupart des souvenirs de cette civilisation furent perdus. Néanmoins, les moaï, par leur côté spectaculaire (et longtemps mystérieux) sont profondément ancrés dans la culture de Pascuans, et au-delà, à travers le monde : dix moaïs sont expatriés à Paris, Londres, Bruxelles, Washington, Viña del Mar, La Serena et Santiago-du-Chili. L’un d’eux est particulier : c’est celui surnommé Hoa Hakananai'a (l’« ami dérobé » en maori de l’île de Pâques), retiré du lieu de cérémonie d’Orongo le par l’équipage britannique du navire HMS Topaze, ramené à Portsmouth le et exposé depuis au British Museum de Londres. Il s’agit d’un moaï dont le dos est sculpté de pétroglyphes représentant le Tangata manu (« homme-oiseau », un rituel relié au culte de Make-make), qui était caché dans une grotte et toujours vénéré au XIXe siècle ; c’est peut-être pour cette raison que le missionnaire chrétien Eugène Eyraud, soucieux d’éradiquer ce qu'il tenait pour une « idolâtrie païenne », suggéra à l’équipage du Topaze d’emmener Hoa Hakananai'a hors de l’île.

La France, pour sa part, possède trois têtes de moaï :

Marseille possède aussi son moaï dans son 10e arrondissement ; ce serait une copie réalisée par un sculpteur ardéchois[12].

ÉdificationModifier

Excavation et sculpture des moaï et des pukaoModifier

La quasi-totalité des moaï de l’île a été excavée de la carrière de tuf de Rano Raraku, dans la partie Est de l’île, proche du plateau de Poike. Cette carrière montre bon nombre de moaï inachevés, qui sont autant d’exemples permettant d’avoir une idée de la façon dont les statues étaient excavées, d’autant que les outils sont encore là. Vraisemblablement, les tailleurs de pierre taillaient d’abord le bloc dans la masse du roc, sans détacher le dos de la paroi. Le bloc était dégrossi sur la face avant, puis suivait la sculpture des détails morphologiques (sauf les yeux, qui sont taillés lors de l'édification). Après quoi, le bloc était détaché de la paroi en taillant le dos de la statue. Le moaï, en position horizontale, glissait alors sur un traineau en forme de radeau roulant sur des pierres rondes jusqu’à un trou aux pieds du volcan, où il était dressé à l’aide de pierres accumulées (souvent encore là) et de leviers. Là, les pétroglyphes de son dos, peut-être conformes aux tatouages de l’ancêtre divinisé, étaient sculptés à leur tour, puis la statue recevait son pukao, coiffure de tuf rouge provenant de la carrière de Puna Pau[4]. Cependant des recherches récentes montrent une autre possibilité ; l'archéologue Nicolas Cauwe explique que les blocs n'étaient sculptés qu'une fois arrivés à l'emplacement où ils devaient être dressés, et non avant. Trop fragiles, il était trop risqué de les sculpter à l'avance. Il fait une analogie avec Michael Ange qui ne sculptait pas ses œuvres dans les carrières de Carrare[13]. Dans les années 1950, Thor Heyerdhal et une équipe de six personnes commencèrent à tailler un moaï avec des outils de l’époque. Même s’ils s’arrêtèrent avant d’avoir terminé l’excavation de leur statue, Heyerdhal calcula qu’il faudrait environ 12 à 15 mois pour extraire un moaï de taille moyenne[14].

 
Carte de l'île avec la localisation d'une partie des ahu, plates-formes cérémonielles accueillant les moaï

Transport et édificationModifier

Différentes expériences d’archéologie expérimentale ont tenté de retrouver les techniques mises en œuvre pour le transport et l’édification des Moaï. Lors des essais de Jo Anne Van Tilburg, les statues ont été déplacées sur des traineaux en bois attachés par des cordes et positionnés sur des rails à pirogue constitués de rondins de bois maintenus par des traverses. Cet essai a permis de montrer qu’entre 50 à 70 personnes tractant le traineau en synchronisation pouvaient déplacer un moaï de près de 12 tonnes, sur une distance de 14,5 km, en moins d’une semaine (à raison de 5 heures/jour, et de pas de 5 m)[4].

En 2011, Terry Hunt et Carl Lipo, deux professeurs américains en anthropologie, voulurent vérifier les récits de la tradition orale selon lesquels, une fois détachés de la carrière et glissés au bas du volcan, les moaï auraient été dressés dans des trous à l’aide de perches, coiffés de leur pukau en tuf rouge, puis auraient « marché » jusqu’à leur ahu où ils auraient été installés puis « réveillés » c’est-à-dire pourvus de leurs « yeux » en corail. Leurs essais ont montré que c’est possible selon la « technique du frigo »[15], mais « possible » ne signifie pas « certain »[16].

Pour redresser les moaï, Thor Heyerdhal demanda aux Rapanui de trouver un moyen, et ceux-ci érigèrent une rampe de pierres en pente douce pour tirer la statue la base en avant. Puis ils soulevèrent la tête de la statue de quelques centimètres grâce à des leviers de rondins. Dans l’espace créé, les ouvriers glissèrent des pierres, qui maintiennent la tête de la statue. De degrés en degrés, la statue est ainsi élevée jusqu’à sa position verticale. Il semble que les moaï surmontés de leur pukao étaient érigés en une fois, c’est-à-dire que le pukao était déjà assemblé à son moaï dans sa position couchée, l’ensemble maintenu par un châssis[4], plutôt que d’être élevé sur la tête de son moaï, une fois celui-ci debout.

Après avoir été installé sur son ahu, le moaï était paré de ses « yeux » en corail, obsidienne ou tuf. En 1979, deux scientifiques, Sonia Haoa et Sergio Rapu, découvrent un œil complet de moaï, constitué d'un demi-globe en corail blanc et d’un iris en tuf rouge, au pied d'un ahu.

Origine du culte des MoaïModifier

Le culte des ancêtres existe dans de nombreuses cultures, dont les austronésiennes et les amérindiennes, mais la taille des effigies est rarement aussi impressionnante que celle des moaï. La culture pascuane ancienne, celle des matamua (« les premiers ») ne nous est accessible qu’au travers de traditions orales largement influencées par les attentes des Européens[17] et l’on ignore tout des rites jadis pratiqués autour des moaï. Selon les archéologues et les ethnologues, les moaï sur leurs ahus sont la version locale des tikis polynésiens sur leurs maraes, ayant le même rôle symbolique, rituel et social et probablement polychromes à l’origine[10].

Selon la plupart des auteurs, les matamua affirmaient descendre du premier roi mythique, Hotu Matu'a : c’étaient les habitants d’origine de l’île avant la catastrophe démographique de 1861 et avant les immigrations qui ont suivi. Les polynésiens matamua ont été à 90% enlevés puis tués en 1861 par les esclavagistes péruviens qui les ont emmenés aux îles Chincha pour les y vendre aux exploitants de guano : cela mit fin à au moins six siècles de continuité démographique, un temps largement suffisant pour l’évolution stylistique des tikis en moaïs, dont la taille augmenta progressivement tant que les lois de la physique et les ressources de l’île le permirent[18]. Après la catastrophe démographique de 1861, qui a fait perdre une bonne partie de la mémoire collective, la population pascuane se reconstitua à partir des matamua survivants et des ouvriers agricoles venus de Polynésie française depuis 1864 pour travailler dans les plantations et les élevages des colons européens comme Dutroux-Bornier. Les marins rapanais ayant appelé l’île Rapanui (la « grande Rapa »), les polynésiens de l’île de Pâques adoptèrent aussi ce nom dans leur langue.

La taille et le poids des moaï ont suscité de très nombreuses théories qui ont toutes en commun de considérer que les matamua auraient été incapables de parvenir à les concevoir, réaliser, transporter et ériger sans influence extérieure. La théorie de l’influence extérieure remonte au missionnaire allemand Sebastian Englert qui la publia en 1948, peu avant l’expédition de Thor Heyerdahl à l’île de Pâques, mais les racines en sont antérieures et font état de migrations trans-océaniques très anciennes de « peuples civilisateurs » (qu’Heyerdahl tenta aussi de démontrer) de l’Égypte antique à la méso-Amérique, de celle-ci à l’Amérique du Sud, et de là vers la Polynésie[19]. Ainsi, dans l’île de Pâques, ce seraient donc les Incas qui auraient importé leur expertise poussée en architecture monumentale, que les Polynésiens issus de Hotu Matua auraient ignorée auparavant. Dans cette théorie, une ségrégation se serait maintenue entre les indigènes et les hanau eepe (« hommes forts ») instigateurs de la construction des différents monuments de pierre élaborés et des moaï, qui seraient des effigies des Incas dont ils auraient les traits caractéristiques : long nez effilé, lèvres minces et le menton proéminent. Le pukao des moaï représenterait le llautu, turban sacré de l’Inca Tupac Yupanqui et de sa garde d’élite, arrivés vers 1465 sur leur flotte[20],[21].

Cette thèse affirme que la tradition orale qui mentionne sur l’île des « courtes oreilles » et des « longues oreilles » (aux lobes distendus par de lourds pendentifs) ne distinguerait pas, comme ailleurs en Polynésie, les hanau momoko (« hommes ordinaires ») des ariki nui (« grands guerriers ») ou hanau eepe (« hommes forts »), mais les plébéiens polynésiens des aristocrates incas[20],[21]. Elle rapproche l’ahu Vinapu, une plate-forme de pierres parfaitement taillées, situé au sud-est de l’île et ayant supporté plusieurs moaï, d’un monument funéraire en particulier, appelé Chullpa, encore visible près du lac Titicaca sur le plateau andin[22]. Les moaï auraient été descendus du sommet de la carrière du volcan Rano Raraku à l’aide de cordes et d’un système de treuils d’inspiration inca, dont les vestiges seraient encore visibles au sommet du cratère de l’ancien volcan[23].

Les archéologues Claudio Cristino et Edmundo Edwards ayant découvert sur l’îlot Motu Nui de grosses pierres de hare paenga, taillées dans du keho, un basalte provenant du volcan Rano Kau, ainsi que des débris de tuf volcanique provenant du Rano Raraku, la journaliste Georgia Lee en déduisit, comme Sebastian Englert avant elle, que des pierres taillées massives ont été transportées par mer sur une distance de 3 km à partir de l’île principale[24] d’autant que certains moaï enlevés de l’île pour être emmenés dans des musées européens, ont bien été transportés sur des barges jusqu’aux navires[25]. Ce mode de transport a été intégré à la théorie de l’influence inca[26]

Toutefois, selon Nicolas Cauwe, compte tenu des ressources en bois et des conditions de navigation et d’abordage de l’île, l’archéologie expérimentale ne permet pas de corroborer cette supposition, car pour que les Haumaka puissent tenter de tels transports maritimes, il eût fallu que d’épaisses forêts de cocotiers à croissance rapide tapissent l’île, et dans tous les cas, les fonds marins devraient regorger de moaï et de mégalithes perdus en raison des grandes lames de fond qui frappent presque en permanence la côte, où seule la plage d’Anakena permettrait d’embarquer ou débarquer de lourdes charges, et pas sans danger[27].

En fait les données archéologiques montrent que peu avant la découverte de l’île par les Européens, la production de moaï cessa parce que le culte des ancêtres fut remplacé par celui de Make-make avec le rituel du Tangata manu, mais les causes de ce changement sont discutées et probablement multiples : problèmes climatiques, disette, guerre civile (si l’on suit la tradition orale), séisme et tsunami ayant renversé des statues (si l’on suit les traces de charriage), ces causes ne s’excluent pas l’une l’autre[28].

Galerie comparativeModifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Autres sculptures de l'Île de Pâques.Modifier

  Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

RéférencesModifier

  1. The island at the end of the world (ISBN 1861892829)
  2. VAN TILBURG, Jo Anne. 1994. Easter Island: Archaeology, Ecology and Culture. Washington D.C.: Smithsonian Institution Press. page 24
  3. (en) Jan J. Boersema, The Survival of Easter Island, Cambridge University Press, , p. 283
  4. a b c et d Crépuscule sur l'île de Pâques, dans Effondrement de Jared Diamond
  5. Nicolas Cauwe (dir.), Île de Pâques, faux mystères et vraies énigmes, Les éditions du CEDARC, 2008 et Île de Pâques, le grand tabou : dix années de fouilles reconstruisent son histoire, Louvain-la-Neuve, Éditions Versant Sud, 2011.
  6. Gilles Van Grasdorff, Secrets & mystères de l'île de Pâques, Presses du Châtelet, , p. 221
  7. Nicolas Cauwe (dir.), Île de Pâques, faux mystères et vraies énigmes, éd. du CEDARC, 2008 et Le grand tabou de l'île de Pâques : dix années de fouilles reconstruisent son histoire, Louvain-la-Neuve, Éditions Versant Sud, 2011
  8. Nicolas Cauwe (dir.), Op. cit..
  9. Van Tilburg, Jo Anne : Among Stone Giants: The Life of Katherine Routledge and Her Remarkable Expedition to Easter Island, (ISBN 0-7432-4480-X)
  10. a et b Alfred Métraux : Introduction à la connaissance de l'Ile de Pâques, éditions du Muséum national d'histoire naturelle, Paris 1935, relatant les résultats de l'expédition franco-belge de Charles Watelin en 1934.
  11. http://www.eisp.org/
  12. Le mystérieux moaï du boulevard Schloesing. Tourisme Marseille
  13. Les mystères de l'île de Pâques, France Inter "Le temps d'un bivouac"
  14. Easter Island: Giant Stone Statues Tell of a Rich and Tragic Past, Caroline Arnold, p. 27
  15. Cristian Moreno Pakarati, Terry Hunt et Carl Lipo, The statues what walked (Les statues qui marchent), Free Press 2011, (ISBN 1439150311) et films sur [1] et [2]
  16. "La Recherche" no 470, December 2012, p. 22 : [3] et article du 2 juillet 2012 de Sciences et Avenir sur [4]
  17. Thor Heyerdahl, Aku-Aku, Albin Michel, Paris 1958, page. 100
  18. (en) Thomas S. Barthel, The Eighth Land: The Polynesian Settlement of Easter Island, Honolulu University of Hawaii, 1978
  19. R. T. Carroll, article Pseudohistory in The Skeptic’s Dictionary, 2001, sur [SkepDic.com/pseudohs.html]
  20. a et b Jean Hervé Daude, Île de Pâques : Le transport et l'édification des moai, Canada, 2013.[5]
  21. a et b Denise Wenger, Charles-Edouard Duflon, L'île de Pâques est ailleurs, éd. Frédéric Dawance, 2011, p. 80.
  22. Jean Hervé Daude, Île de Pâques - L'empreinte des Incas, Canada, JHD, , 297 p. (ISBN 9782981044976, lire en ligne), pp. 105-132
  23. Jean Hervé Daude, Île de Pâques : Le transport et l'édification des moai, Canada, 2013.[6], [7].
  24. (en) Georgia Lee, « Motu Nui revisited », Rapa Nui Journal, vol. 5, no. 1, pp. 6-7,‎  ; Sebastian Englert affirmait que les moaï de l'ahu Rikiriki, situés à flanc de falaise près du village d'Orongo auraient été apportés par mer et hissés jusqu'à l'ahu.
  25. « Le transport de moai par la mer », sur youtube.com, (consulté le 15 mars 2017)
  26. Jean Hervé Daude, Île de Pâques : Le transport et l'édification des moai déjà cité et Île de Pâques : l'énigme des moai élucidée par la tradition orale, Canada 2017.
  27. Conditions de navigation que Thor Heyerdahl évoque dans Aku-Aku et qui, à Anakena même, coûtèrent des vies, dont celle de l’instituteur de l’île, durant son expédition (pages 108-111 de l'édition française de 1958).
  28. Nicolas Cauwe (dir.), Île de Pâques, faux mystères et vraies énigmes, Les éditions du CEDARC, 2008 et Île de Pâques, le grand tabou. Dix années de fouilles reconstruisent son histoire, Louvain-la-Neuve, Éditions Versant Sud, 2011.
  29. Tiré de : Dr Stephen-Chauvet , 1935, fig. no 99, collection Morice en 1935, H 38 inches. "Les crêtes en relief sont destinées à représenter, très stylisé, le faciès humain". Notice extraite du livre indiqué en source :Traduction anglaise en ligne de Ann Altman
  30. Dr Stephen-Chauvet, 1935. Planches XXXIX et XL, fig 106, 107, 108

BibliographieModifier

  • Henri Lavachery, Île de Pâques. Une expédition belge en 1934, Grasset 1935, (ASIN B0000DQVUV).
  • Alfred Métraux, Ethnologie de l'Île de Pâques 1935 et L'Île de Pâques, Gallimard, Collection idées 1941.
  • Jean Hervé Daude, Île de Pâques - L'énigme des moai élucidée par la tradition orale, Canada 2017 (lire en ligne : http://rapanui-research.com), et La signification et la fonction des statuettes et des grands mannequins de Rapanui confectionnés en étoffe d’écorce de mahute, Paris 2017, et Île de Pâques - L'empreinte des Incas, Les monuments, Canada 2016, et Île de Pâques - Niuhi, la redoutable créature marine, Canada 2014, et Île de Pâques - L'empreinte des Incas, Canada 2013, et Île de Pâques - Le transport et l'édification des moai, Canada 2013, et Île de Pâques - Le mythe des sept explorateurs de l'ahu Akivi, Canada 2013, et Île de Pâques - Guerre de clans et chute des moai, Canada 2012, et Île de Pâques - La forêt disparue, Canada 2012, et Île de Pâques - Mystérieux Moko, Canada 2011 (tous à lire en ligne : http://rapanui-research.com).

Liens externesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :