Ministère de l'Armée (Espagne)

ministère espagnol

Ministère de l'Armée
(es) Ministerio del Ejército
Image illustrative de l’article Ministère de l'Armée (Espagne)
Armoirie de l'Espagne franquiste.
Situation
Création
Dissolution
Type Département ministériel
Siège Madrid (Espagne)
Langue Espagnol
Organisation
Dépend de Gouvernement espagnol

Le ministère de l'Armée (en espagnol : Ministerio del Ejército) est le département ministériel chargé de l'armée de terre espagnole sous la dictature franquiste.

HistoireModifier

À la fin de la guerre d'Espagne, le général Franco créé en 1939 par décret un département ministériel spécifique à l'armée de terre espagnole. Il existe jusqu'à la création le du Ministère de Défense par le décret royal 1558/77, pris dans le cadre de la formation du deuxième gouvernement d'Adolfo Suárez et qui intègre également les ministères de l'Air et la Marine.

Il trouve ses origines dans le ministère de la Guerre (Ministerio de la Guerra), créé en et dissous en . En , le premier gouvernement de l'État franquiste institue le ministère de la Défense nationale (Ministerio de Defensa Nacional), confié au commandant de l'Armée du Nord, Fidel Dávila Arrondo[1]. Il regroupe les trois branches des Forces Armées: Armée, Marine et Aviation[2]. Il disparaît cependant le , quand apparaissent les ministères de l'Air, de l'Armée, et de la Marine. Le , la structuration organique du ministère de l'Armée est publiée[3].

Au fil du temps, ce ministère va être qualifié de « géant bureaucratique » (gigante burocrático), restant totalement imperméable aux évolutions de la société[4],[5]. Tout au long de la dictature, il est apparu comme un organisme lent, sans aucun critère administratif standardisé et unifié en raison des contradictions internes de ses divers départements et des compétences multiples de chacun d'entre eux[6]. L'inefficacité administrative du ministère était arrivé à un point tel qu’il y avait des problèmes de coordination entre les régions militaires. Il avait fini par devenir un lieu de corruption et de népotisme, où les services rendus au régime franquiste permettaient d'obtenir un poste ou une fonction administrative[7],[8].

OrganisationModifier

Au le ministère s'organise de la façon suivante[3] :

  • État-major de l'armée de terre
  • Secrétariat général ;
  • Direction générale de l'Enseignement militaire ;
  • Direction générale du Recrutement et du Personnel ;
  • Direction générale de l'Industrie et du Matériel ;
  • Direction générale des Transports ;
  • Direction générale des Services ;
  • Direction générale des Mutilés de guerre pour la patrie ;
  • Inspection générale des Fortifications
  • Inspection générale de la Garde civile et des Carabiniers
  • Conseil supérieur de l'Armée
  • Conseil suprême de la Justice militaire

Le nouveau Conseil suprême de la Justice militaire reprend les fonctions et les compétences de l'ancien Conseil suprême de la Guerre et de la Marine, disparu pendant la Seconde République à la suite de la loi Azaña[9]. Les pouvoirs de cette nouvelle instance judiciaire ne se limitent pas uniquement à l'armée, mais également à la marine et à l'armée de l'air. En outre, cela implique le rétablissement complet du Code de justice militaire de 1890.

Dans le cas de la Garde civile, elle est soumise au ministère de l'Armée « pour tout ce qui concerne son organisation, sa discipline, son matériel et son personnel », mais elle dépend aussi du ministère de l'Intérieur et du ministère des Finances[10].

TitulairesModifier

Dictature franquisteModifier

Nom Portrait Mandat Parti politique Gouvernement
José Enrique Varela   de 1939 de 1942 Mouvement National II Gouvernement de Francisco Franco
Carlos Asensio Cabanillas   de 1942 de 1945 Mouvement National
Fidel Dávila Arrondo   de 1945 de 1951 Mouvement National Franco III
Agustín Muñoz Grandes   de 1951 de 1957 Mouvement National Franco IV
Antonio Barroso y Sánchez Guerra   de 1957 de 1962 Mouvement National Franco V
Pablo Martín Alonso   de 1962 de 1964[11] Mouvement National VI Gouvernement de Francisco Franco
Pedro Nieto Antúnez

[12]
  de 1964 de 1964 Mouvement National
Camilo Menéndez Tolosa   de 1964 de 1969 Mouvement National
VII Gouvernement de Francisco Franco
Juan Castañón de Mena   de 1969 de 1973 Mouvement National Franco XII
Francisco Coloma Gallegos   de 1973 de 1975 Mouvement National Luis Carrero Blanc
Torcuato Fernández-Miranda[13]
Arias I[14]
Arias II

Transition espagnoleModifier

Nom Portrait Mandat Parti politique Gouvernement
Félix Álvarez-Sables et Pacheco   de 1975 de 1977[15] Mouvement National Arias III
Suárez I

RéférencesModifier

  1. Hugh Thomas (1976); pág. 811
  2. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 38
  3. a et b BOE núm. 274, pág. 5485 (22 de septiembre de 1939)
  4. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 123
  5. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 127
  6. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 124
  7. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 56
  8. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 224
  9. Manuel Ballbé, Orden público y militarismo en la España constitucional (1812-1983), Madrid, Alianza Editorial, , 348 p.
  10. Mariano Aguilar Olivencia (1999); pág. 60
  11. mort pendant son mandat
  12. le ministre de la Marine assure l'intérim jusqu'à sa nomination
  13. Assure l'intérim du 20 au 29 décembre 1973
  14. En fonction du 29 décembre 1973 au 3 janvier 1974
  15. Intégration au sein du ministère de la Défense

Voir aussiModifier

BibliographieModifier