Ouvrir le menu principal

Milieu (crime organisé français)

crime organisé en France

Milieu
Date de fondation fin du XIXe siècle
Lieu Marseille, Corse, Paris, Toulon (Var), Nice, Lyon, Grenoble, Nantes, Toulouse, Montpellier, Nord-Pas-de-Calais et dans la plupart des grandes villes de France.
Territoire France, Afrique, Amérique latine
Ethnies présentes toutes
Activités criminelles

Le Milieu, dit aussi haute-pègre (XIXe siècle), Mitan (1920-1970 environ, de l'occitan Mitan, signifiant "milieu") ou grand banditisme (actuel) est l'appellation donnée au crime organisé en France. Abréviation utilisée pour la première fois par Francis Carco, dérivée de l'expression journalistique « un milieu très spécial »[1]. Il n'existe pas de Mafia française à proprement parler mais il existe différents gangs, réseaux... Le Milieu définit la pègre en France.

Depuis quelques années, le grand banditisme a adopté un nouveau visage, avec des parrains majoritairement issus des cités de banlieue. Cette nouvelle génération surarmée et très déterminée, a supplanté le « milieu » traditionnel des années 1970 et 1980[2].

Répartition géographique du crime organisé françaisModifier

Les plus connus et les plus importants sont :

ActivitésModifier

Leurs activités sont multiples: jeux, braquages, extorsion, corruption, trafic de stupéfiants. Ils possèdent des ramifications en Amérique du Sud et en Afrique.

LocalisationModifier

Le Service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité organisée (Sirasco) identifie quatre grands groupes implantés de Lille à Ajaccio en passant par le bassin parisien et les régions Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA)[3].

CorseModifier

Le milieu corse est très actif. Dans les années 2000, en Corse, la criminalité organisée est distribuée en deux groupes, le gang de la Brise de mer en Haute-Corse et la mouvance autour de Jean-Jérôme Colonna, décédé en 2006. Elles forment à elles seules la plus grande activité criminelle du territoire français et s'étendent jusqu'en Afrique. Récemment, la mafia corse est tristement célèbre pour ses règlements de comptes sanglants responsables de nombreux morts sur l'île. Sa recomposition « amorcée en 2006, s'est accentuée en 2008 avec 79 règlements de comptes ou tentatives enregistrées entre le 1er janvier 2009 et le 1er juin 2013 » selon le rapport annuel 2012-2013 du Sirasco. Par ailleurs, « des malfaiteurs insulaires sont souvent associés à des organisations criminelles de la région de Marseille, donnant corps au milieu criminel dit “corso-marseillais” ». Des équipes corses sont aussi présentes à Paris, notamment dans les cercles de jeu. En 2012, les investigations ont mis en évidence le rôle du milieu corse et les affrontements entre bandes rivales insulaires autour du cercle de jeu Wagram[3].

Marseille et région PACAModifier

Historiquement, le sud-est de la France est une région où se développe le crime organisé. Le milieu marseillais est toujours présent, « subordonné(es) à des chefs, ou parrains, historiquement impliqués dans des braquages, le trafic de stupéfiants, le racket d'établissement de nuit, l'exploitation de machines à sous et les règlements de comptes » (SIRASCO 2012-2013).

ParisModifier

Selon le SIRASCO, « le milieu parisien historique s'est désagrégé et a été remplacé par des groupes criminels issus des cités sensibles ». Un « milieu affairiste » spécialisé dans les infractions financières, comme la fraude à la TVA sur les quotas de carbone ou les escroqueries aux faux ordres de virement survit. Des équipes issues de la communauté des gens du voyage, comme les frères Hornec, font également partie du banditisme parisien.

NordModifier

Dans le Nord, le grand banditisme traditionnel est lié à des équipes belges, capable de mener des actions de grande envergure : braquages de fourgon, vols à main armée de bijouterie.

Le nouveau visage du grand banditismeModifier

Depuis quelques années, le grand banditisme a adopté un nouveau visage. Ce « narcobanditisme » a succédé au règne du banditisme « traditionnel » corso-marseillais, puis au « néobanditisme » des caïds de cités des années 2000. Selon le Sirasco, on assiste à la victoire des « chefs de clan issus des quartiers » sur le milieu marseillais et désormais « ce sont eux qui ont le pouvoir »[4].

Articles connexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Historia spécial no 125, « Les grands bandits : Le Milieu », p. 62, par Jérôme Pierrat, mai-juin 2010
  2. Jérôme Pierrat, Parrains de cités : Enquête chez les millionnaires du trafic de stups,Manufacture de livres, 2014
  3. a et b La persistance d'un « milieu » traditionnel français, Le Monde, 14 décembre 2013
  4. Le nouveau visage du banditisme, Le Monde, 18 juillet 2015

SourcesModifier

  • Mafias du monde : Organisations criminelles transnationales, actualité et perspectives de Thierry Cretin
  • « Comment le milieu Marseillais traite avec la mafia italienne » article de Romain Luongo sur la provence.com
  • Le Monde des mafias. Géopolitique du crime organisé de Jean-François Gayraud